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title: "Maintenance préventive et corrective : plan de maintenance, le cours"
description: "Maintenance préventive et corrective : types, cinq niveaux, MTBF, MTTR, disponibilité, gamme et plan de maintenance, thermographie, GMAO, exercices corrigés."
url: "https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-maintenance-preventive-corrective-plan-de-maintenance/"
author: "Raphaël Bossoreil"
date: "2026-10-03T14:02:47+02:00"
modified: "2026-10-03T14:02:54+02:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Cours d'électricité"]
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# Maintenance préventive et corrective : plan de maintenance, le cours

En bref

La maintenance regroupe tout ce qu'on fait pour qu'un équipement continue à remplir sa fonction. Elle est **préventive** quand on agit avant la panne : **systématique** (à échéance fixe), **conditionnelle** (quand une mesure franchit un seuil) ou **prévisionnelle** (d'après la tendance d'une mesure). Elle est **corrective** quand on agit après la panne, par un dépannage provisoire ou une réparation durable. On la pilote avec trois indicateurs : **MTBF**, **MTTR** et **disponibilité D = MTBF / (MTBF + MTTR)**. Chaque opération est décrite dans une **gamme**, l'ensemble est programmé dans un **plan de maintenance**, et tout est tracé dans la GMAO et le dossier machine.

Un vendredi à 16 h, la ligne d'emballage s'arrête : une borne du [contacteur](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/contacteur/ "Contacteur") principal a chauffé jusqu'à brûler l'isolant du câble. Deux heures de recherche, une pièce à aller chercher, une équipe qui attend. Six mois plus tôt, un passage de caméra thermique devant l'armoire aurait montré cette borne plus chaude que ses voisines, et dix minutes de resserrage pendant un arrêt programmé auraient suffi. Toute la maintenance tient dans cet écart : subir la panne ou la devancer.

Ce chapitre correspond au bloc « maintenance » du bac pro MELEC et prépare le bloc « analyse, diagnostic, maintenance » du BTS Électrotechnique. Il donne le vocabulaire normalisé, les calculs d'indicateurs et la méthode pour écrire une gamme et un plan de maintenance. La recherche de panne proprement dite est traitée dans le cours sur [la méthode de dépannage et de diagnostic](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-depannage-electrique-methode-diagnostic/) : ici, on s'occupe de tout ce qui se passe avant et après.

## Maintenance : définition et vocabulaire

La norme européenne NF EN 13306 fixe le vocabulaire du métier. Elle définit la maintenance comme l'ensemble des actions techniques, administratives et de management menées pendant le cycle de vie d'un bien pour le maintenir ou le rétablir dans un état où il peut accomplir la fonction requise. Trois mots comptent dans cette phrase.

**Le bien**, c'est ce qu'on entretient : un moteur, une armoire, un convoyeur, l'installation électrique d'un bâtiment. **La fonction requise**, c'est ce qu'on attend de lui, avec des chiffres : une pompe qui tourne mais ne fournit plus que la moitié de son débit ne remplit plus sa fonction. **Maintenir ou rétablir** annonce déjà les deux familles : on maintient par la maintenance préventive, on rétablit par la maintenance corrective.

Deux autres termes sont souvent confondus dans les copies. La **défaillance** est un événement : l'instant où le bien cesse d'accomplir sa fonction. La **panne** est l'état qui en résulte. Un roulement qui se grippe à 14 h 32, c'est la défaillance ; le moteur arrêté jusqu'au lendemain, c'est la panne. On parle aussi de **dégradation** quand les performances baissent sans que la fonction soit encore perdue : c'est la période pendant laquelle la maintenance préventive peut agir.

La maintenance n'est pas qu'une affaire d'usine : un tableau d'école, un éclairage de parking ou une chaufferie d'immeuble se surveillent selon la même logique. Notre article [la maintenance électrique préventive de votre installation](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/securite-electrique/maintenance-electrique-preventive/) en donne la version pratique pour un bâtiment ; ce cours pose la méthode attendue à l'examen.

## Maintenance préventive : systématique, conditionnelle, prévisionnelle

La maintenance préventive, selon la NF EN 13306, est celle qu'on exécute pour évaluer ou atténuer la dégradation d'un bien et réduire sa probabilité de défaillance. Autrement dit, on intervient sur un matériel qui fonctionne encore. On en distingue trois formes, qui diffèrent par ce qui déclenche l'intervention ; pour la norme, la troisième (prévisionnelle) est un cas particulier de la deuxième (conditionnelle).

![Schéma des types de maintenance (vocabulaire NF EN 13306 et usage français) : préventive systématique, conditionnelle et prévisionnelle, corrective palliative et curative, avec un exemple pour chacune](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-types-de-maintenance-preventive-corrective.png)Ce qui distingue les types de maintenance, c'est le déclencheur : une échéance, un seuil, une tendance ou une panne.### La maintenance systématique

Le déclencheur est une **échéance** : une durée (tous les six mois) ou un nombre d'unités d'usage (toutes les 5 000 heures de marche, tous les 100 000 cycles). On intervient sans regarder l'état de la pièce. Remplacer le filtre de ventilation d'une armoire deux fois par an, changer les ventilateurs d'un variateur après le nombre d'heures indiqué par le constructeur, resserrer les connexions à chaque arrêt annuel : tout cela est systématique.

Son avantage est la simplicité : l'opération se planifie des mois à l'avance, avec la pièce déjà en stock. Son défaut est le gaspillage : on remplace parfois une pièce qui aurait tenu deux fois plus longtemps, et chaque démontage est une occasion de créer un défaut. On la réserve aux pièces dont la durée de vie est bien connue et aux opérations dont un texte ou le constructeur impose la périodicité.

### La maintenance conditionnelle

Le déclencheur est un **seuil**. On surveille un paramètre représentatif de l'état du bien, et on n'intervient que s'il sort de la plage admise. La surveillance peut être une ronde avec un appareil de mesure ou un capteur en continu. Exemples d'électricien : la température d'une connexion relevée à la caméra thermique, le courant absorbé par un moteur comparé à sa plaque, la résistance d'isolement d'un enroulement, le niveau de vibration d'un palier, le compteur de manœuvres d'un contacteur.

L'intérêt est d'utiliser la pièce jusqu'au bout de sa vie utile sans attendre la casse. La condition est d'avoir un paramètre qui prévient : une connexion qui se desserre chauffe pendant des semaines avant de brûler, elle se prête bien à la surveillance. Une lampe à LED ou un [fusible](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/fusible/ "Fusible") ne préviennent pas : inutile de les surveiller.

### La maintenance prévisionnelle

Le déclencheur est une **tendance**. On ne se contente pas de comparer la mesure à un seuil : on trace son évolution dans le temps et on prolonge la courbe pour estimer la date à laquelle le seuil sera atteint. Si l'isolement d'un moteur passe de 200 MΩ à 120 MΩ puis à 60 MΩ en trois relevés annuels, la valeur est encore bonne, mais la pente annonce un problème : on commande le moteur de rechange et on programme l'échange au prochain arrêt. Dans le langage courant, on l'appelle souvent maintenance prédictive.

## Maintenance corrective : dépanner, puis réparer

La maintenance corrective est exécutée après la détection d'une panne, pour rétablir le bien dans un état où il peut accomplir sa fonction. Le vocabulaire français de la maintenance distingue deux niveaux de réponse, que l'on retrouve dans la plupart des cours et des sujets d'examen.

La maintenance **palliative**, c'est le **dépannage** : une remise en service provisoire, pour que la production reprenne ou que les occupants retrouvent le courant. On bascule sur la pompe de secours, on alimente provisoirement un départ depuis un autre tableau, on remplace un détecteur par le modèle approchant qu'on a en stock. Un dépannage se signale par écrit et appelle toujours une suite. Il a une limite absolue : on ne neutralise jamais une fonction de sécurité, ni un arrêt d'urgence, ni un différentiel, ni un interverrouillage, pour « faire tourner en attendant ».

La maintenance **curative**, c'est la **réparation** : une remise en état durable, qui traite la cause et pas seulement l'effet. Remplacer un contacteur aux pôles soudés est un début ; trouver pourquoi ils se sont soudés (démarrages trop fréquents, calibre insuffisant, court-circuit en aval) fait la différence entre réparer et recommencer dans trois mois.

La NF EN 13306 n'emploie pas les mots « palliative » et « curative » ; elle classe la corrective selon l'urgence : elle est **d'urgence** quand on intervient sans délai pour éviter des conséquences inacceptables, **différée** quand on décide de reporter l'intervention selon des règles données, par exemple parce qu'un équipement redondant prend le relais.

Pour un matériel bon marché, vite remplacé et sans conséquence sur la sécurité, attendre la panne est un choix raisonnable. La corrective devient un problème quand elle est la seule politique d'un site. L'INRS relève que la maintenance corrective, et notamment les dépannages, sont les interventions les plus accidentogènes : on travaille dans l'urgence, sur un équipement dans un état inconnu, souvent sans préparation.

## Les cinq niveaux de maintenance

Toutes les opérations ne demandent pas la même compétence. La norme NF X 60-000 (avril 2016, qui a remplacé le fascicule de documentation FD X 60-000 de 2002) les classe en cinq niveaux de complexité croissante. Les cours et les sujets citent encore souvent l'ancienne référence.

| Niveau | Nature des opérations | Qui | Exemple en électricité |
|---|---|---|---|
| **1** | Actions simples, sans démontage, sur des éléments accessibles en sécurité | L'utilisateur du bien | Ronde visuelle, relevé d'un compteur, essai d'un voyant, nettoyage extérieur |
| **2** | Opérations mineures selon des procédures simples, échange standard | Personnel qualifié | Remplacement à l'identique d'un fusible, d'une lampe, d'un filtre ; contrôle de serrage |
| **3** | Diagnostic, réparation par échange de composants, réglages | Technicien qualifié | Recherche de panne sur un départ moteur, remplacement et réglage d'un relais thermique |
| **4** | Travaux importants de maintenance préventive ou corrective | Technicien ou équipe spécialisée | Révision d'un moteur, remplacement d'un jeu de barres |
| **5** | Rénovation, reconstruction | Constructeur ou société spécialisée | Rebobinage d'un moteur en atelier, rénovation d'un tableau général |

On ne confond pas le niveau de maintenance et l'habilitation électrique : le premier décrit la difficulté technique, la seconde le droit d'approcher le risque électrique. Une opération de niveau 1 dans une armoire ouverte reste interdite à une personne non habilitée.

## MTBF, MTTR et disponibilité : les indicateurs

On ne pilote pas la maintenance à l'impression. Trois indicateurs se calculent à partir de l'historique des pannes, et reviennent à chaque épreuve.

La **MTBF** est la moyenne des temps de bon fonctionnement entre deux défaillances. Elle mesure la **fiabilité** : plus elle est grande, moins l'équipement tombe en panne.

**MTBF = somme des temps de bon fonctionnement / nombre de pannes**

La **MTTR** est la moyenne des temps de réparation, du constat de la panne à la remise en service. Elle mesure la **maintenabilité** : plus elle est courte, plus l'équipement est facile à remettre en état, parce que la panne se localise vite, que la pièce est en stock et que l'accès est simple.

**MTTR = somme des temps d'arrêt pour réparation / nombre de pannes**

La **disponibilité** est la part du temps requis pendant laquelle le bien est réellement utilisable. Elle combine les deux précédentes.

**D = MTBF / (MTBF + MTTR)**

![Chronogramme marche et arrêt d'une pompe sur 500 h avec 4 pannes, et calcul de la MTBF (123 h), de la MTTR (2 h) et de la disponibilité (98,4 %)](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-mtbf-mttr-disponibilite-calcul.png)L'historique d'une pompe sur 500 heures : quatre pannes, huit heures d'arrêt.Prenons la pompe de relevage du schéma. Sur 500 h de temps requis, elle a connu 4 pannes qui ont coûté 2 h, 3 h, 1 h et 2 h, soit 8 h d'arrêt. Le temps de bon fonctionnement vaut 500 − 8 = 492 h. La MTBF vaut 492 / 4 = 123 h, la MTTR 8 / 4 = 2 h, et la disponibilité 123 / (123 + 2) = 0,984, soit 98,4 %. On vérifie avec le calcul direct : 492 / 500 = 0,984.

Ces trois chiffres disent où agir. Une MTBF faible appelle un travail sur la fiabilité : maintenance préventive, pièce de meilleure qualité, correction de la cause. Une MTTR longue appelle un travail sur l'organisation : pièces de rechange disponibles, schémas à jour, repérage des câbles, formation des dépanneurs.

Une précaution : certains documents, d'après le sigle anglais *mean time between failures*, comptent dans la MTBF l'intervalle complet d'une défaillance à la suivante, réparation comprise. Dans ce chapitre, elle ne compte que le temps de bon fonctionnement. Lisez toujours la définition donnée dans l'énoncé.

## Gamme et plan de maintenance

### La gamme : le mode opératoire d'une opération

Une **gamme de maintenance** est la fiche qui décrit une intervention préventive, de façon que deux techniciens différents la fassent de la même manière et obtiennent des relevés comparables. On y trouve toujours les mêmes rubriques : l'équipement et son repère, la périodicité, l'état dans lequel doit être l'installation (en service, à l'arrêt, consignée), l'habilitation et les équipements de protection nécessaires, l'outillage et les appareils de mesure, la durée prévue, puis la liste ordonnée des opérations, avec pour chaque mesure la **valeur attendue** et la conduite à tenir si elle n'est pas atteinte.

Voici ce que donne la gamme annuelle d'un départ moteur de ventilation, rédigée comme on l'attend en bac pro.

| N° | Opération | État | Moyen | Critère |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Relever le courant sur chaque phase, moteur en charge | En service | [Pince ampèremétrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/appareil-mesure-electrique/pince-amperemetrique/ "Pince Ampèremétrique") | Courants proches entre eux et inférieurs au courant de la plaque |
| 2 | Consigner le départ et vérifier l'absence de tension | Arrêt | Cadenas, VAT | Absence de tension constatée |
| 3 | Examiner contacteur, relais thermique et bornes : traces d'échauffement, poussière | Consigné | Vue, pinceau, aspirateur | Aucune trace de chauffe ni de noircissement |
| 4 | Contrôler le serrage des connexions de puissance | Consigné | Tournevis dynamométrique | Couple indiqué par le constructeur de l'appareil |
| 5 | Mesurer l'isolement des enroulements par rapport à la masse | Consigné | Mégohmmètre | Valeur notée et comparée au relevé précédent |
| 6 | Déconsigner, remettre en service, contrôler le sens de rotation et l'absence de bruit anormal | En service | Écoute, observation | Fonctionnement conforme, fiche signée |

Notez l'ordre : la mesure de courant se fait en premier, parce qu'elle exige le moteur en marche, puis tout le reste hors tension. Une gamme bien écrite regroupe les opérations par état de l'installation pour ne consigner qu'une fois. Les techniques de mesure elles-mêmes sont détaillées dans le cours sur [les mesures en électricité](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-mesures-electriques/), et les grandeurs de plaque dans celui sur [le moteur asynchrone triphasé](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-moteur-asynchrone-triphase/).

### Le plan : toutes les gammes sur un calendrier

Le **plan de maintenance** rassemble l'ensemble des opérations préventives d'un équipement ou d'un site, avec leur périodicité, leur durée et l'intervenant. C'est un tableau à double entrée : les opérations en lignes, le temps en colonnes.

![Exemple de plan de maintenance annuel d'une armoire électrique d'atelier : examen visuel mensuel, essai des différentiels, thermographie, resserrage, mesure d'isolement et vérification périodique](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/plan-de-maintenance-armoire-electrique-exemple.png)Un plan lisible montre d'un coup d'œil la charge de chaque mois et les opérations qui exigent un arrêt.Pour le construire, on procède dans l'ordre. On dresse d'abord l'inventaire des équipements et on les classe par **criticité** : que se passe-t-il si celui-ci s'arrête ? La pompe unique d'une station de relevage mérite plus d'attention que l'un des vingt luminaires d'un atelier. On recense ensuite les opérations : celles que la réglementation impose, celles que la notice du constructeur prescrit, celles que l'historique des pannes suggère. On fixe les périodicités, puis on regroupe : tout ce qui exige l'armoire hors tension se cale sur l'arrêt annuel, tout ce qui se fait en marche se répartit sur l'année pour lisser la charge de travail.

## Thermographie et mesures périodiques

### La thermographie infrarouge

Une connexion desserrée, oxydée ou mal sertie présente une résistance de contact. Parcourue par le courant, elle dissipe une puissance P = R × I² : une résistance de contact de 5 mΩ traversée par 100 A dégage 0,005 × 100² = 50 W dans une borne grande comme un pouce. La [caméra thermique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/appareil-mesure-electrique/camera-thermique/) rend cet échauffement visible sans contact et sans arrêter l'installation.

La méthode repose sur trois règles. L'installation doit être **en charge** : puisque l'échauffement varie comme le carré du courant, une armoire contrôlée un dimanche, à vide, paraîtra saine. On raisonne par **comparaison** : les trois phases d'un même départ portent des courants voisins, leurs bornes doivent être à des températures voisines ; une borne nettement plus chaude que ses deux sœurs désigne un défaut local, alors que trois bornes chaudes ensemble font plutôt penser à une surcharge ou à une ventilation insuffisante. Et on se méfie des **surfaces brillantes** : le cuivre nu et l'aluminium émettent peu de rayonnement infrarouge et reflètent celui des objets voisins, de sorte que la caméra y affiche une température fausse ; on vise de préférence l'isolant du câble près de la borne ou une surface peinte.

Chaque point chaud fait l'objet d'une fiche avec l'image, le courant mesuré au même instant et une priorité d'intervention. Les seuils qui déclenchent l'action sont fixés par la procédure de l'entreprise ou par le référentiel appliqué : les assureurs s'appuient par exemple sur le document technique APSAD D19, dont le contrôle donne lieu à un compte rendu Q19 établi par un opérateur dont la compétence est attestée. C'est l'exemple type de maintenance conditionnelle.

Côté sécurité, la thermographie se fait armoire ouverte et sous tension, donc au voisinage de pièces nues. Elle est réservée à une personne habilitée pour ce type d'opération, équipée de ses protections individuelles ; les règles sont celles du cours sur [l'habilitation électrique et la consignation](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-securite-habilitation-electrique/).

### Les autres mesures de suivi

D'autres relevés périodiques alimentent la maintenance conditionnelle et prévisionnelle. Le **courant par phase** d'un moteur révèle une surcharge mécanique ou un déséquilibre. La **résistance d'isolement**, mesurée hors tension, se suit dans le temps : une valeur isolée dit peu de chose, c'est la baisse d'un relevé à l'autre qui alerte, à condition de mesurer dans des conditions comparables de température et d'humidité. Les **dispositifs différentiels** s'essaient par leur bouton test, à la périodicité que le fabricant indique.

### La vérification périodique réglementaire

Dans les établissements soumis au Code du travail, l'employeur fait vérifier périodiquement ses installations électriques (article R. 4226-16). L'arrêté du 26 décembre 2011 (article 3) fixe la périodicité à **un an**, à compter de la vérification initiale ; le délai peut être porté à **deux ans** par le chef d'établissement si le rapport précédent ne comporte aucune observation, ou si les travaux de mise en conformité ont été réalisés avant l'échéance. Il doit alors en informer l'inspecteur du travail, preuves à l'appui. Cette vérification ne remplace pas la maintenance : le vérificateur constate et signale des écarts dans un rapport, il ne resserre rien et ne remplace rien. C'est au service de maintenance de lever les observations, et le plan de maintenance doit prévoir le temps pour le faire.

## GMAO et dossier machine

La **GMAO**, gestion de maintenance assistée par ordinateur, est le logiciel qui tient la mémoire du service. Elle contient l'arborescence des équipements, les gammes et le plan de maintenance, et elle édite automatiquement les **ordres de travail** préventifs quand l'échéance approche. Pour le correctif, le circuit est le suivant : un utilisateur émet une **demande d'intervention**, le responsable la transforme en ordre de travail, le technicien intervient puis rédige son compte rendu : symptôme, cause trouvée, remède, temps passé, pièces consommées. La GMAO gère aussi le stock de pièces de rechange et calcule les indicateurs.

Tout repose sur la qualité de la saisie. Un compte rendu qui dit « réparé, OK » ne vaut rien ; « contacteur KM3 remplacé, pôle L2 soudé, 14 démarrages par heure constatés » permet au suivant de comprendre et au responsable de décider.

Le **dossier machine** (ou dossier technique de l'équipement) rassemble ce qu'il faut pour intervenir : la notice d'instructions du constructeur, les schémas électriques à jour, la nomenclature avec les références des composants, les réglages et paramètres (courbe du relais thermique, sauvegarde du programme d'automate et de la configuration du variateur), la liste des pièces de rechange, les gammes et l'**historique** des interventions. Chaque modification doit y être reportée le jour même : un schéma faux est plus dangereux que pas de schéma du tout, parce qu'on lui fait confiance.

## Pour aller plus loin (BTS)

**Taux de défaillance et fiabilité.** Le taux de défaillance λ est le nombre de défaillances par unité de temps de fonctionnement. Quand il est constant, λ = 1 / MTBF, et la fiabilité, c'est-à-dire la probabilité de fonctionner sans panne pendant une durée t, suit la loi exponentielle R(t) = e−λt. La probabilité d'atteindre la MTBF sans panne n'est donc que de e−1 ≈ 0,37 : la MTBF n'est pas une durée de vie garantie.

**La courbe en baignoire.** Sur la vie d'un matériel, λ n'est pas constant. Il est élevé au début (défauts de jeunesse : erreurs de montage, composants défectueux), bas et à peu près constant pendant la vie utile, puis il remonte avec l'usure. La maintenance systématique n'a de sens que dans la troisième période : remplacer à échéance fixe une pièce dont le taux de défaillance est constant ne réduit pas le nombre de pannes, et réintroduit des défauts de jeunesse.

**Disponibilité d'une chaîne.** Quand plusieurs équipements sont en série, c'est-à-dire que l'arrêt d'un seul arrête l'ensemble, les disponibilités se multiplient : D = D1 × D2 × D3. Trois machines à 98 % donnent une ligne à 0,98³ ≈ 94 %. Avec deux équipements redondants en parallèle, l'ensemble n'est indisponible que si les deux le sont : D = 1 − (1 − D1)(1 − D2). C'est le raisonnement qui justifie une pompe de secours ou une double alimentation.

**Choisir une politique de maintenance.** On classe les équipements par la méthode de Pareto (ou ABC) pour repérer la petite part d'entre eux qui concentre l'essentiel des heures d'arrêt. L'AMDEC (analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité) note pour chaque mode de défaillance la fréquence, la gravité et la probabilité de non-détection ; le produit des trois donne une criticité qui hiérarchise les actions. Le choix final compare le coût du préventif au coût de la panne évitée, sans que la sécurité des personnes entre dans la balance.

## Les erreurs qui reviennent

**Confondre systématique et conditionnelle.** Ce n'est pas l'opération qui fait le type, c'est le déclencheur. Passer la caméra thermique tous les six mois, c'est la surveillance planifiée sur laquelle repose la maintenance conditionnelle ; le resserrage, lui, n'est déclenché que si une borne dépasse le seuil. À l'inverse, resserrer toutes les bornes chaque année sans mesure préalable est systématique.

**Calculer la MTBF avec le temps total.** Diviser le temps d'ouverture par le nombre de pannes, sans retirer les arrêts, donne une valeur trop grande et une disponibilité fausse. On retire d'abord les temps de réparation.

**Laisser un dépannage devenir définitif.** Le pont provisoire, le capteur d'une autre référence, le réglage « en attendant » : sans ordre de travail curatif ouvert le jour même, ils sont encore là deux ans plus tard, et plus personne ne sait pourquoi.

**Ne pas mettre le dossier à jour.** Un composant remplacé par un équivalent, un réglage modifié, un fil déplacé : si le schéma et l'historique ne suivent pas, le prochain dépannage durera deux fois plus longtemps, et la MTTR le montrera.

## Exercices corrigés

Les cinq premiers exercices correspondent au niveau bac pro, les deux derniers au BTS. Les durées de vie et les coûts sont des valeurs d'énoncé. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

**Exercice 1.** Classez chaque intervention (préventive systématique, conditionnelle, prévisionnelle, corrective palliative ou curative) : a) on remplace les ventilateurs d'un variateur toutes les 30 000 h de marche ; b) un moteur est remplacé après claquage de son bobinage ; c) on remplace un contacteur parce que son compteur de manœuvres a atteint la limite fixée ; d) à la suite d'une panne d'automate, on fait fonctionner le convoyeur en commande manuelle jusqu'à la livraison de la carte ; e) le courant d'un moteur de pompe augmente de relevé en relevé, on programme la révision de la pompe dans deux mois.

Voir le corrigéa) Préventive systématique : l'échéance est un nombre d'heures, sans contrôle de l'état. b) Corrective curative : la panne a eu lieu, la remise en état est durable. c) Préventive conditionnelle : un paramètre surveillé (nombre de manœuvres) atteint un seuil. d) Corrective palliative : c'est un dépannage provisoire, qui devra être suivi du remplacement de la carte. e) Préventive prévisionnelle : on extrapole une tendance pour fixer la date d'intervention.

**Exercice 2.** Donnez le niveau de maintenance de chaque opération : a) l'opérateur relève chaque matin l'index d'un compteur d'énergie et signale un voyant éteint ; b) un technicien recherche la cause du déclenchement répété d'un départ moteur, remplace le relais thermique et le règle ; c) un moteur de 55 kW est envoyé chez un bobinier pour être rebobiné.

Voir le corrigéa) Niveau 1 : action simple, sans démontage, faite par l'utilisateur. b) Niveau 3 : il y a diagnostic, échange d'un composant et réglage, par un technicien qualifié. c) Niveau 5 : c'est une reconstruction, confiée à un atelier spécialisé extérieur.

**Exercice 3.** Sur un trimestre, un convoyeur a un temps requis de 1 200 h. Il a subi 6 pannes, pour un total de 30 h d'arrêt. Calculez la MTBF, la MTTR et la disponibilité.

Voir le corrigéTemps de bon fonctionnement : 1 200 − 30 = 1 170 h. MTBF = 1 170 / 6 = 195 h. MTTR = 30 / 6 = 5 h. Disponibilité : D = 195 / (195 + 5) = 195 / 200 = 0,975. Vérification : 1 170 / 1 200 = 0,975. Conclusion : le convoyeur tombe en panne en moyenne toutes les 195 h de marche, chaque panne l'arrête 5 h, et il est disponible 97,5 % du temps requis.

**Exercice 4.** Le constructeur d'un moteur préconise le remplacement des roulements toutes les 20 000 h de fonctionnement. Le moteur tourne 16 h par jour, 5 jours par semaine, 48 semaines par an. Quelle périodicité, en années, inscrivez-vous au plan de maintenance ? De quel type de maintenance s'agit-il ?

Voir le corrigéDurée annuelle de marche : 16 × 5 × 48 = 3 840 h par an. Périodicité : 20 000 / 3 840 ≈ 5,2 ans. On ne dépasse pas la préconisation : on inscrit un remplacement tous les 5 ans, calé sur un arrêt annuel. C'est une maintenance préventive systématique, fondée sur un nombre d'unités d'usage. Si un compteur horaire est installé, on déclenche plutôt l'ordre de travail sur le nombre d'heures réel.

**Exercice 5.** Lors d'une thermographie, le technicien relève sur les bornes aval d'un [disjoncteur](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/disjoncteur/ "Disjoncteur") de départ : L1 = 41 °C, L2 = 43 °C, L3 = 78 °C. La pince indique 62 A, 60 A et 61 A. Que concluez-vous et que proposez-vous ?

Voir le corrigéLes trois courants sont pratiquement égaux : la charge est équilibrée, ce n'est pas une surcharge d'une phase. Pourtant la borne L3 est à 78 − 42 = 36 °C au-dessus des deux autres. L'échauffement est donc local : résistance de contact anormale sur L3 (serrage insuffisant, âme mal engagée, borne oxydée). Proposition : ouvrir un ordre de travail prioritaire ; à l'arrêt le plus proche, consigner le départ, vérifier l'absence de tension, examiner le câble et la borne (isolant bruni, cuivre bleui), recouper et refaire la connexion si elle est abîmée, serrer au couple du constructeur, puis refaire une image en charge pour valider. C'est une maintenance préventive conditionnelle.

**Exercice 6 (BTS).** Un variateur a une MTBF de 2 000 h, et son taux de défaillance est supposé constant. Calculez λ, puis la probabilité qu'il fonctionne sans panne pendant une campagne de 500 h. Quelle est cette probabilité pour une durée égale à la MTBF ?

Voir le corrigéλ = 1 / MTBF = 1 / 2 000 = 5 × 10−4 défaillance par heure. Pour t = 500 h : λt = 0,25, donc R(500) = e−0,25 ≈ 0,779. Pour t = 2 000 h : λt = 1, donc R(2 000) = e−1 ≈ 0,368. Conclusion : le variateur a environ 78 % de chances de traverser la campagne sans panne, et seulement 37 % de chances d'atteindre sa MTBF sans défaillance.

**Exercice 7 (BTS).** Une ligne comporte un convoyeur (D1 = 0,975) et une encartonneuse (D2 = 0,96) en série. a) Calculez la disponibilité de la ligne. b) L'encartonneuse subit 4 pannes par an ; chacune coûte 3 h d'arrêt à 800 € l'heure de production perdue et 250 € de pièces et de main-d'œuvre. Un plan préventif de 2 visites par an, à 400 € la visite et réalisées hors production, ramènerait le nombre de pannes à 1 par an. Le plan est-il rentable ?

Voir le corrigéa) En série : D = D1 × D2 = 0,975 × 0,96 = 0,936, soit 93,6 %. La ligne est moins disponible que la moins bonne de ses machines. b) Coût d'une panne : 3 × 800 + 250 = 2 650 €. Sans plan : 4 × 2 650 = 10 600 € par an. Avec plan : 2 × 400 + 1 × 2 650 = 3 450 € par an. Gain : 10 600 − 3 450 = 7 150 € par an. Conclusion : le plan préventif est rentable, et il fait gagner 3 × 3 = 9 h de production, ce qui améliore aussi la disponibilité de la ligne.

## Sources

- Légifrance, [Arrêté du 26 décembre 2011 relatif aux vérifications ou processus de vérification des installations électriques ainsi qu'au contenu des rapports correspondants](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000025046978) (article 3 : périodicité de la vérification périodique) et [article R. 4226-16 du Code du travail](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000022765070).
- INRS, [Maintenance : ce qu'il faut retenir](https://www.inrs.fr/risques/maintenance/ce-qu-il-faut-retenir.html) (risques des opérations de maintenance, place du dépannage dans les accidents).
- Éduscol, [Référentiel du bac pro Métiers de l'électricité et de ses environnements connectés](https://referentiels-professionnels.eduscol.education.fr/Bac_Pro_MELEC.html) (arrêté du 8 janvier 2024, bloc maintenance).
- Normes NF EN 13306 (terminologie de la maintenance, édition 2018) et NF X 60-000 (fonction maintenance, niveaux de maintenance, avril 2016), éditées par l'AFNOR ; textes non consultables librement.

## Pour aller plus loin sur le site

- [Maintenance Électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/maintenance-electrique/)
- [Planning de maintenance](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/planning-maintenance/)
- [Vérification Électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/verification-electrique/)
- [Organisme Contrôle Électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/organisme-controle-electrique/)
- [Mesureur Isolement](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/appareil-mesure-electrique/mesureur-isolement/)

[Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/)

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*Source : [www.installation-renovation-electrique.com](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-maintenance-preventive-corrective-plan-de-maintenance/)*
