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title: "Lire un plan de bâtiment et la maquette numérique BIM : le cours"
description: "Cours bac pro : lire un plan de bâtiment (niveau, coupe, façade), échelles et cotation, réservations, plans de synthèse, maquette numérique BIM et format IFC."
url: "https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-lire-plan-batiment-maquette-numerique-bim/"
author: "Raphaël Bossoreil"
date: "2026-10-04T10:17:58+02:00"
modified: "2026-10-04T10:18:05+02:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Cours d'électricité"]
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# Lire un plan de bâtiment et la maquette numérique BIM : le cours

En bref

Un bâtiment se décrit par quatre familles de plans : le **plan de masse** (le bâtiment sur son terrain), les **plans de niveau** (une coupe horizontale à 1 m du sol fini), les **coupes** (les hauteurs) et les **façades**. L'**échelle** donne le rapport entre le dessin et le réel : à 1/50, 1 cm lu vaut 0,50 m. L'électricien pose son **plan d'implantation** sur le fond de plan de l'architecte, puis le confronte aux autres lots dans les **plans de synthèse**, d'où sortent les **réservations**. La **maquette numérique (BIM)** remplace les traits par des objets en 3D qui portent des propriétés, échangés au format ouvert **IFC**, ce qui permet de détecter les conflits avant le chantier.

Un apprenti qui pose un chemin de câbles à l'endroit où le plombier a prévu sa gaine de ventilation n'a pas fait une erreur d'électricité. Il a fait une erreur de lecture : le plan disait où passer, à quelle hauteur, et ce qu'il y avait déjà dans le faux plafond. Sur un chantier de bâtiment, l'électricien travaille dans un ouvrage dessiné par d'autres, l'architecte et les bureaux d'études, et il doit savoir lire leurs documents aussi bien que les siens.

Ce chapitre est écrit pour le bac pro MELEC, dont le référentiel cite les caractéristiques des bâtiments et les formats numériques, maquette numérique comprise. Il ne revient pas sur la lecture des schémas électriques eux-mêmes, traitée dans le cours [lire un schéma électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-lire-schema-electrique/). Ici, on apprend à lire le bâtiment : ses plans, leurs conventions, puis la maquette numérique qui les remplace peu à peu.

## Les plans du bâtiment : masse, niveau, coupe, façade

Un bâtiment a trois dimensions et une feuille n'en a que deux. On le décrit donc par plusieurs vues, les mêmes que celles d'un dossier de permis de construire : plan de situation, plan de masse, plan en coupe, plan des façades et des toitures.

| Plan | Ce qu'il montre | Ce que l'électricien y cherche |
|---|---|---|
| **Plan de masse** | Le bâtiment vu de dessus sur sa parcelle | Le point de livraison, les tranchées, l'éclairage extérieur |
| **Plan de niveau** | Un étage vu de dessus : murs, cloisons, portes, fenêtres, locaux | L'emplacement des appareils, les cheminements horizontaux |
| **Coupe** | Le bâtiment tranché verticalement : planchers, hauteurs, faux plafonds | La hauteur sous plafond, la place dans le faux plafond, les colonnes montantes |
| **Façade** (ou élévation) | L'aspect extérieur d'un côté du bâtiment | Les luminaires extérieurs, les coffrets en façade |

Le plan de niveau est celui que vous aurez le plus souvent entre les mains. Sa définition est une convention de dessin, fixée en France par la norme NF P 02-001 sur les dessins d'architecture : c'est une **coupe horizontale réalisée à 1 m au-dessus du sol fini** de l'étage, que l'on regarde de dessus. Ce que ce plan imaginaire traverse est « coupé » : murs, cloisons, poteaux. Ce qui se trouve en dessous est vu. Ce qui se trouve au-dessus, une poutre, une trémie dans le plancher haut, se dessine en général en trait interrompu.

La coupe verticale obéit à la même logique. Sur le plan de niveau, un trait d'axe terminé par deux flèches et repéré par des lettres (coupe AA) indique où le bâtiment est tranché et dans quel sens on regarde : retrouvez-le avant de lire la coupe.

Le **cartouche**, dans un angle de la feuille, donne la phase (projet, exécution, récolement), l'échelle, la date et l'**indice de révision** (A, B, C…). Travailler sur un plan périmé est une cause classique de reprise : le premier réflexe est de vérifier l'indice.

## Échelles et cotation : passer du plan au réel

### L'échelle

L'échelle est le rapport entre une longueur dessinée et la longueur réelle, exprimées dans la même unité. À l'échelle 1/50, le dessin est 50 fois plus petit que l'ouvrage.

**longueur réelle = longueur mesurée sur le plan × dénominateur de l'échelle**

Prenons un mur qui mesure 7,2 cm sur un plan au 1/50. Sa longueur réelle vaut 7,2 × 50 = 360 cm, soit 3,60 m. Dans l'autre sens, un couloir de 12 m se dessine au 1/100 par un trait de 1 200 / 100 = 12 cm.

| Échelle | 1 cm sur le plan représente | Usage courant |
|---|---|---|
| **1/200** | 2 m | Plan de masse, vue d'ensemble d'un niveau |
| **1/100** | 1 m | Plans de niveau, coupes et façades du projet |
| **1/50** | 0,50 m | Plans d'exécution, plan d'implantation électrique |
| **1/20** | 0,20 m | Détails : local technique, gaine, tableau |

Ces usages sont des habitudes, pas des obligations : l'échelle qui fait foi est celle du cartouche. Attention au plan imprimé en A3 à partir d'un fichier prévu pour l'A1, ou au PDF « ajusté à la page » : il n'est plus à l'échelle annoncée. Quand le plan porte une **échelle graphique**, un petit segment gradué, fiez-vous à elle : elle se réduit avec le dessin. Sinon, contrôlez l'échelle sur une cote connue avant de mesurer.

### La cotation

La règle qui prime sur toutes les autres : **une cote écrite l'emporte sur une mesure à la règle**. La cote est la dimension réelle voulue par le concepteur ; le dessin peut être déformé, la cote non. On ne mesure sur le plan que ce qui n'est pas coté. Quand plusieurs lignes de cotes se suivent, du détail vers l'ensemble, la somme des cotes de détail doit redonner la cote totale ; sinon, on pose la question au lieu de choisir.

L'unité varie d'un plan à l'autre : mètre ou centimètre sur les plans d'architecte, souvent millimètre sur les plans de détail. Elle est indiquée dans le cartouche ou la légende, et l'ordre de grandeur lève le doute : une porte cotée 90 est en centimètres, cotée 0,90 en mètres.

Dernier point, qui concerne la pose des boîtes : une cote est **brute** (gros œuvre nu) ou **finie** (enduits, doublages et revêtements compris) : la légende le précise, les plans de gros œuvre étant cotés en brut. Entre une dalle brute et un sol fini, il y a une chape et un revêtement, soit plusieurs centimètres. Une hauteur de prise s'entend depuis le sol fini. Sur le chantier, le **trait de niveau**, tracé à 1 m du futur sol fini, sert de référence à tous les corps d'état : c'est la notion expliquée dans l'article [aligner prises et interrupteurs avec le mètre fini](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/appareillage-electrique/prises/aligner-les-prises-interrupteurs-notion-de-metre-fini/).

### Les niveaux

Sur une coupe, les hauteurs se lisent en **cotes de niveau**, en mètres, par rapport à un niveau de référence noté ± 0,00, en général le sol fini du rez-de-chaussée. Un plancher repéré + 2,80 est 2,80 m au-dessus de cette référence. La différence entre deux niveaux donne une hauteur : avec une sous-face de dalle à + 2,72 et un faux plafond à + 2,50, le volume technique au-dessus du faux plafond, le plénum, fait 2,72 − 2,50 = 0,22 m.

## Conventions de représentation : murs, cloisons, ouvertures, réservations

![Plan de niveau d'un étage au 1/100 avec ses conventions : murs porteurs en trait renforcé, cloisons, portes avec arc de débattement, fenêtre, trémie, poutre en trait interrompu, cotes et numéros de locaux](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/lire-plan-de-niveau-batiment-conventions.png)Un plan de niveau : les murs coupés en trait fort, les cloisons en trait fin, les portes avec leur débattement, une trémie, une poutre située au-dessus du plan de coupe.Le dessin d'architecture utilise l'épaisseur du trait pour hiérarchiser. Ce qui est **coupé** se dessine en trait renforcé, ce qui est simplement **vu** en trait plus fin, ce qui est **caché ou situé au-dessus** en trait interrompu.

**Les murs porteurs** apparaissent épais, souvent remplis d'un aplat ou de hachures dont la légende donne le sens. **Les cloisons** sont plus minces. Pour l'électricien, la différence est capitale : on ne fait pas de saignée dans un voile en béton comme dans une cloison en carreaux de plâtre, on ne perce pas une poutre sans l'accord du bureau d'études structure, et la nature de la paroi décide du type de boîte. Les règles de pose sont dans le cours sur la [pose des canalisations électriques](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-pose-canalisations-electriques-supports-fixations/).

**Les portes** se reconnaissent à l'interruption du mur, au vantail dessiné ouvert et à l'arc de cercle de son débattement. Cet arc dit où la porte se rabat, donc où placer l'interrupteur : du côté de la poignée, jamais derrière le vantail ouvert. **Les fenêtres** interrompent aussi le mur, avec des traits fins qui figurent l'appui et le vitrage ; la hauteur d'allège, lue sur la coupe, dit s'il reste la place pour un convecteur ou une prise. **Les escaliers** portent une flèche qui indique le sens de la montée.

**Les réservations** sont les vides que le gros œuvre laisse volontairement pour les autres corps d'état. On distingue la **trémie**, ouverture dans un plancher (pour une gaine technique, une colonne montante), le **percement** dans un mur ou une poutre, et le **fourreau**, tube noyé dans le béton par lequel passera plus tard un câble ou un conduit. Une trémie se dessine le plus souvent par un rectangle barré de ses deux diagonales, avec ses dimensions. Les abréviations varient d'un bureau d'études à l'autre : la légende reste le seul juge.

### Le repérage des locaux

Chaque local porte un **nom** et un **numéro**, parfois sa surface. Le numéro code en général le niveau : le local 101 est au premier étage. Les niveaux s'écrivent RDC, R+1, R+2, et R−1 pour un sous-sol. Dans les grands bâtiments, une **trame** de files, des axes repérés par des lettres dans un sens et des chiffres dans l'autre, désigne un poteau ou une zone sans ambiguïté : « la trémie en file C-4 ».

Votre tableau divisionnaire, votre carnet de câbles et vos étiquettes reprennent ces numéros, pas des noms inventés : « prises du local 103 » se retrouve en dix secondes, « prises bureau du fond » ne veut plus rien dire après un réaménagement.

## Le plan d'implantation électrique sur le plan d'architecte

Le plan d'implantation n'est pas un dessin à part : c'est le plan de niveau de l'architecte, allégé et grisé, qui sert de **fond de plan**, sur lequel on ajoute les symboles des appareils à leur emplacement réel, les tableaux et les cheminements principaux. Les symboles sont expliqués dans le cours sur la lecture des schémas, et la construction du plan dans l'article [faire ses plans électriques : le plan architectural](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/schema-plan-electrique/plan-schema-electrique-architectural/).

Lire ce plan, c'est faire quatre vérifications dans l'ordre.

D'abord, **le fond de plan est-il à jour ?** Si l'architecte a déplacé une cloison à l'indice C et que votre implantation repose sur l'indice B, une rangée de prises se retrouve au milieu d'une porte.

Ensuite, **chaque appareil a-t-il un support ?** Un interrupteur dessiné dans une cloison vitrée, une prise dans un poteau en béton : c'est le plan d'architecte qui répond, pas le [plan électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/plan-electrique-2/ "Plan Électrique").

Puis **les hauteurs**. Le plan de niveau ne les montre pas : elles figurent dans la légende ou le CCTP et se comptent depuis le sol fini.

Enfin **les cheminements**. Le plan montre le tracé horizontal ; la coupe dit si le faux plafond laisse la place et par où l'on monte. En superposant les deux, on évalue une longueur de câble : sur un plan au 1/100, un tracé de 14,5 cm représente 14,5 m à plat ; avec 1,10 m de montée au tableau et 2,20 m de descente vers la prise, la liaison fait 14,5 + 1,10 + 2,20 = 17,8 m, avant la marge de coupe. Ces longueurs alimentent le quantitatif, dont la méthode est dans le cours sur la [préparation de chantier](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-preparation-chantier-electricite-quantitatif-planning/).

## Plans de synthèse et réservations

Dans un faux plafond de couloir, tout le monde veut passer : la gaine de ventilation, les tuyaux de chauffage, les évacuations, et vos chemins de câbles. Chaque entreprise dessine son réseau sur le même fond de plan, sans voir celui des autres. La **synthèse** consiste à superposer tous ces plans pour vérifier qu'ils sont compatibles.

Les études de synthèse assurent, pendant les études d'exécution, la **cohérence spatiale des éléments d'ouvrage de tous les corps d'état**. Elles aboutissent à des plans de synthèse qui représentent sur un même support l'implantation des ouvrages, des équipements et des installations. Sur un chantier important, une **cellule de synthèse** réunit les entreprises autour de ces plans et tranche les conflits avec la maîtrise d'œuvre.

![Coupe de synthèse d'un faux plafond de couloir : avant, le chemin de câbles traverse la gaine de ventilation ; après, il est décalé à côté, bas à +2,60](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/plan-synthese-conflit-chemin-de-cables-gaine.png)Coupe de synthèse d'un couloir : le chemin de câbles prévu traverse la gaine de ventilation ; la synthèse le déplace à côté, là où il reste accessible.La logique d'arbitrage tient en une idée : **le réseau le plus contraint passe d'abord**. Une évacuation gravitaire doit garder sa pente ; une gaine de ventilation est volumineuse et supporte mal les coudes ; un chemin de câbles se dévoie facilement. C'est donc souvent l'électricien qui s'adapte. En échange, il fait valoir ses contraintes : un chemin de câbles doit rester **accessible** pour tirer et ajouter des câbles, les courants faibles restent à distance des courants forts, une armoire a besoin d'un dégagement devant sa porte.

Une fois la synthèse validée, chaque lot en tire son **plan de réservations**. Pour l'électricien, cela signifie fournir, **avant le coulage**, la position et les dimensions de chaque passage : la trémie de la gaine technique à chaque étage, la traversée d'un voile par le chemin de câbles, les fourreaux d'entrée dans le bâtiment. Une réservation se dimensionne avec un jeu autour de l'ouvrage qui la traverse. Un chemin de câbles de 300 mm × 60 mm, avec un jeu de 50 mm de chaque côté pris ici comme valeur d'exemple, demande une réservation de 400 mm × 160 mm.

Une réservation oubliée se rattrape par un carottage dans le béton armé, qui exige l'accord du bureau d'études structure et peut être refusé. Et une traversée de paroi coupe-feu doit être rebouchée de façon à rendre à la paroi son degré coupe-feu : le percement se prévoit avec son calfeutrement.

## BIM : la maquette numérique du bâtiment

### Le principe

Un plan est fait de traits : deux traits parallèles ne « savent » pas qu'ils sont un mur. La **maquette numérique** part de l'idée inverse : on assemble en trois dimensions des **objets** qui savent ce qu'ils sont. Un mur est un objet « mur », avec une épaisseur, une hauteur, un matériau. Les plans, les coupes et les façades deviennent des vues extraites de la même maquette, donc cohérentes entre elles.

Le sigle **BIM** (*Building Information Modeling*, modélisation des informations du bâtiment) désigne à la fois cette maquette et la méthode de travail collaboratif qui va avec.

### Objets et propriétés

Chaque objet porte des **propriétés**, des données rangées dans une fiche. Pour une prise de courant : le local et le niveau, la hauteur de pose, le circuit et le tableau d'origine, puis la référence du matériel et le lien vers sa notice. Pour un tronçon de chemin de câbles : sa largeur, sa hauteur, sa longueur, son altitude.

![Maquette numérique BIM : les maquettes de chaque lot exportées en IFC, assemblées en maquette de synthèse pour détecter les conflits, et fiche de propriétés d'une prise de courant (IfcOutlet)](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/maquette-numerique-bim-objet-proprietes-ifc.png)Chaque lot produit sa maquette ; l'export IFC permet de les assembler, de détecter les conflits et de renvoyer les remarques. À droite, la fiche d'une prise (valeurs d'exemple).Puisque les objets sont des données, on peut les interroger : la liste des prises du R+1 ou la longueur totale de chemin de câbles sortent de la maquette sous forme de **nomenclatures**. Elles ne valent que ce que vaut la saisie.

### Les niveaux de détail, en principe

On ne modélise pas une esquisse avec la précision d'un plan d'atelier. La convention la plus répandue, définie par l'institut américain des architectes (AIA) et détaillée par l'association BIMForum, gradue le **niveau de développement** (LOD, *level of development*) des objets de 100 à 500.

| Niveau | Ce que représente l'objet | Exemple : un chemin de câbles |
|---|---|---|
| **LOD 100** | Une intention, un symbole | Un simple trait |
| **LOD 200** | Un volume générique, taille et position approchées | Un volume réservé |
| **LOD 300** | Dimensions, forme et position exactes | Largeur et altitude réelles |
| **LOD 350** | En plus, les liaisons avec les autres ouvrages | Avec ses supports |
| **LOD 400** | Le détail de fabrication et de montage | Tronçons, éclisses, accessoires |
| **LOD 500** | L'ouvrage tel qu'il a été construit, vérifié sur place | Le tracé relevé en fin de chantier |

Le niveau demandé augmente avec les phases, il se fixe par type d'objet dans les documents du projet, et il concerne autant la géométrie que les informations.

### Le format IFC

Les intervenants n'utilisent pas le même logiciel, et chaque logiciel a son format de fichier, dit natif. Pour échanger, il faut une langue commune : l'**IFC** (*Industry Foundation Classes*), un format ouvert et indépendant des éditeurs, développé par l'organisation buildingSMART et normalisé sous la référence **ISO 16739**.

L'IFC range chaque objet dans une **classe** qui dit sa nature : IfcWall pour un mur, IfcOutlet pour une prise, IfcLightFixture pour un luminaire, IfcCableCarrierSegment pour un tronçon de chemin de câbles. Il conserve aussi les propriétés et les relations : cette prise est dans tel local, à tel étage. Un fichier IFC s'ouvre avec une **visionneuse**, sur un ordinateur ou une tablette, sans le logiciel qui l'a créé : c'est l'outil du chantier. On y masque un lot, on trace une coupe, on clique sur un objet pour lire sa fiche, on mesure une distance.

Sa limite : c'est un format d'échange et de consultation, pas de conception. Et un objet rangé dans la mauvaise classe à l'export devient introuvable pour celui qui filtre « toutes les prises ».

### Ce que l'électricien y lit et y renseigne

**Il y lit** ce qu'il cherchait sur les plans, sans changer de feuille : la nature d'une paroi, la hauteur réelle d'un plénum, la position d'une poutre, les réseaux des autres lots autour de son cheminement, les numéros des locaux, les quantités.

**Il y renseigne**, selon son marché : la position de ses équipements avec leur encombrement réel, leurs propriétés (repère, circuit, tableau d'origine, référence posée), ses demandes de réservations et, en fin de chantier, les modifications faites sur place. Cette maquette à jour rejoint le dossier des ouvrages exécutés, présenté dans le cours sur la [réception de chantier et le DOE](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-reception-chantier-doe-conduite-equipe-evaluation-risques/).

### La détection de conflits entre lots

Assembler les maquettes de tous les lots dans une **maquette de synthèse** revient à faire la synthèse décrite plus haut, en trois dimensions et avec l'aide du logiciel. Celui-ci signale chaque **conflit** (*clash*), c'est-à-dire chaque endroit où deux objets occupent le même volume : un chemin de câbles qui traverse une gaine, un luminaire encastré à l'emplacement d'une bouche de soufflage.

Le logiciel trouve, mais il ne décide pas. Une liste de conflits contient beaucoup de faux problèmes, par exemple un conduit qui « traverse » la cloison où il est encastré. Il faut trier, puis attribuer chaque vrai conflit à un lot. Ces remarques circulent dans un autre format ouvert de buildingSMART, le **BCF** (*BIM Collaboration Format*) : chacune contient une vue de la maquette, les objets concernés et un commentaire.

## Pour aller plus loin (BTS)

**Les documents qui organisent le BIM.** La série de normes NF EN ISO 19650 fixe le cadre de la gestion de l'information d'un projet mené en BIM. Deux documents comptent pour une entreprise. Le **cahier des charges BIM**, rédigé par le maître d'ouvrage, dit ce qu'il attend de la maquette. La **convention BIM** de l'opération dit comment on travaille : qui modélise quoi, à quel niveau de détail, dans quels formats, à quel rythme.

**Niveau de détail ou besoin d'information.** Les grilles de LOD résument par un seul chiffre la géométrie et les données. Les normes récentes raisonnent en **niveau du besoin d'information** : pour chaque usage, on précise séparément la géométrie attendue, les informations alphanumériques et la documentation.

**Conflits durs et conflits d'espace.** Un conflit « dur » est une intersection de deux volumes. Dans un conflit d'espace, aucun objet n'en touche un autre, mais une zone qui doit rester libre est occupée : le dégagement devant une armoire, l'espace de tirage au-dessus d'un chemin de câbles. On les modélise comme des volumes réservés, que le logiciel sait contrôler.

## Les erreurs qui reviennent

La première : **mesurer à la règle sur un plan qui n'est plus à l'échelle**. La cote écrite prime ; à défaut, on contrôle l'échelle sur une dimension connue.

Deuxième erreur : **travailler sur un indice périmé**. On vérifie le cartouche de chaque document, à chaque diffusion.

Troisième erreur : **confondre brut et fini**. Des boîtes posées depuis la dalle brute se retrouvent trop basses de l'épaisseur de la chape et du revêtement.

Quatrième erreur : **ne lire que le plan de niveau**. Il ne montre ni la retombée de poutre, ni l'épaisseur du plénum : un cheminement se valide avec la coupe.

Cinquième erreur : **donner ses réservations trop tard**, après le coulage, ou sans coter leur altitude.

Dernière erreur : **croire la maquette juste parce qu'elle est en 3D**. Non mise à jour après une modification de chantier, elle trompe plus sûrement qu'un vieux plan.

## Exercices corrigés

Les cinq premiers exercices correspondent au niveau bac pro, les deux derniers au BTS. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

**Exercice 1.** Sur un plan de niveau au 1/50, un mur mesure 8,4 cm à la règle. Quelle est sa longueur réelle ? Sur un autre plan, au 1/100, par quelle longueur est dessiné un couloir de 12,50 m ?

Voir le corrigéLongueur réelle = longueur sur le plan × dénominateur de l'échelle = 8,4 × 50 = 420 cm, soit 4,20 m. Pour le couloir : 12,50 m = 1 250 cm ; longueur dessinée = 1 250 / 100 = 12,5 cm. Conclusion : le mur mesure 4,20 m et le couloir est représenté par un trait de 12,5 cm.

**Exercice 2.** On vous remet une photocopie sans cartouche lisible. Une cote indique 3,60 m pour une cloison qui mesure 7,2 cm à la règle. Quelle est l'échelle de cette photocopie ? Une autre cloison, non cotée, mesure 5,5 cm : quelle est sa longueur ?

Voir le corrigéOn exprime les deux longueurs dans la même unité : 3,60 m = 360 cm. Rapport : 360 / 7,2 = 50. L'échelle est donc 1/50. La cloison non cotée mesure 5,5 × 50 = 275 cm, soit 2,75 m. Conclusion : échelle 1/50, cloison de 2,75 m ; cette valeur mesurée reste moins sûre qu'une cote, on la signale si elle conditionne une commande.

**Exercice 3.** Une coupe donne, pour un étage de bureaux : sol fini à + 3,00, faux plafond à + 5,50, sous-face de la dalle haute à + 5,72. Calculez la hauteur sous plafond et la hauteur du plénum. Peut-on y superposer une gaine de ventilation de 160 mm de haut et un chemin de câbles de 60 mm de haut ?

Voir le corrigéHauteur sous plafond : 5,50 − 3,00 = 2,50 m. Hauteur du plénum : 5,72 − 5,50 = 0,22 m, soit 220 mm. Les deux ouvrages superposés occupent 160 + 60 = 220 mm : c'est exactement la hauteur disponible. Il ne reste aucun jeu pour les supports, l'ossature du faux plafond ni le passage de la main au-dessus du chemin de câbles. Conclusion : la superposition est impossible en pratique ; les deux réseaux doivent passer côte à côte, ce que la synthèse devra confirmer.

**Exercice 4.** Sur un plan au 1/100, le tracé d'une liaison entre le tableau et une prise se décompose en trois segments de 6,5 cm, 3,2 cm et 4,8 cm. La coupe indique 1,10 m de montée du tableau jusqu'au plénum et 2,20 m de descente du plénum jusqu'à la prise. Calculez la longueur de câble, en ajoutant une marge de 10 % donnée par l'énoncé.

Voir le corrigéTracé sur le plan : 6,5 + 3,2 + 4,8 = 14,5 cm. Au 1/100, 1 cm représente 1 m : longueur horizontale = 14,5 m. Parcours vertical : 1,10 + 2,20 = 3,30 m. Longueur de la liaison : 14,5 + 3,30 = 17,8 m. Avec la marge : 17,8 × 1,10 = 19,58 m. Conclusion : on prévoit environ 20 m de câble pour cette liaison.

**Exercice 5.** Un chemin de câbles de 300 mm de large et 60 mm de haut doit traverser un voile en béton au R+1. Le sol fini du R+1 est à + 3,00 et l'axe du chemin de câbles se trouve à 2,65 m au-dessus de ce sol. L'énoncé impose un jeu de 50 mm de chaque côté. Donnez les dimensions de la réservation, puis le niveau de son axe, de son arase basse et de son arase haute.

Voir le corrigéLargeur : 300 + 2 × 50 = 400 mm. Hauteur : 60 + 2 × 50 = 160 mm. Niveau de l'axe : 3,00 + 2,65 = + 5,65. La réservation fait 160 mm de haut, soit 80 mm de part et d'autre de l'axe : arase basse à 5,65 − 0,08 = + 5,57, arase haute à 5,65 + 0,08 = + 5,73. Conclusion : réservation de 400 mm × 160 mm, axe à + 5,65, à transmettre au gros œuvre avant le coulage du voile, avec sa position en plan cotée depuis une file ou un angle.

**Exercice 6 (BTS).** Dans un couloir de 1,60 m de large, les hauteurs sont comptées depuis le sol fini de l'étage : faux plafond à + 2,50, sous-face de la poutre à + 2,85. Le lot ventilation a modélisé une gaine de 400 mm × 200 mm, à 0,10 m du mur gauche, bas de gaine à + 2,58. Votre chemin de câbles de 200 mm × 60 mm est modélisé à cheval sur le bord droit de la gaine, bas à + 2,74. La détection signale un conflit. Vérifiez-le par le calcul, examinez la solution « passer au-dessus de la gaine », puis proposez une position.

Voir le corrigéLa gaine occupe en hauteur de + 2,58 à 2,58 + 0,20 = + 2,78. Le chemin de câbles occupe de + 2,74 à 2,74 + 0,06 = + 2,80. Les deux plages se recouvrent entre + 2,74 et + 2,78, soit 4 cm : le conflit est réel. Au-dessus de la gaine, il reste 2,85 − 2,78 = 0,07 m sous la poutre. Le chemin de câbles de 60 mm y entre géométriquement, avec 1 cm de jeu, mais sans aucun accès pour poser ou ajouter un câble : solution à écarter. En largeur, la gaine occupe de 0,10 m à 0,10 + 0,40 = 0,50 m depuis le mur gauche ; il reste 1,60 − 0,50 = 1,10 m libres. On place le chemin de câbles à côté, par exemple de 0,65 m à 0,85 m du mur gauche, bas à + 2,60 : il est à 0,15 m de la gaine, 0,10 m au-dessus du faux plafond, et dégagé de 2,85 − 2,66 = 0,19 m sous la poutre pour le tirage. Conclusion : déplacement latéral du chemin de câbles, à faire valider en synthèse, en vérifiant qu'aucun luminaire encastré ni aucune bouche n'occupe cette bande.

**Exercice 7 (BTS).** La nomenclature extraite de la maquette du R+1 donne 87 m de chemin de câbles de 200 mm, livré en longueurs de 3 m. L'énoncé fixe un support tous les 1,50 m, avec un support à chaque extrémité, pour un tracé supposé d'un seul tenant. Calculez le nombre de longueurs et de supports. À partir de quel niveau de développement les supports apparaissent-ils dans la maquette, et pourquoi faut-il contrôler cette nomenclature ?

Voir le corrigéNombre de longueurs : 87 / 3 = 29 longueurs, avant les chutes dues aux coupes. Nombre d'intervalles entre supports : 87 / 1,50 = 58 ; nombre de supports : 58 + 1 = 59. Les supports et les liaisons avec les autres ouvrages apparaissent au LOD 350 ; à un LOD 300, le chemin de câbles est modélisé seul, à ses dimensions et à sa position exactes, et les supports se comptent par le calcul comme ici. La nomenclature se contrôle par sondage, parce qu'un tronçon modélisé en double, un tronçon rattaché au mauvais niveau ou un tracé coupé en plusieurs parties faussent le total : avec trois tracés séparés, il faudrait un support d'extrémité de plus par tracé supplémentaire, soit 61 supports. Conclusion : 29 longueurs et 59 supports pour un tracé unique, valeurs à majorer des chutes et à recouper avec le plan.

## Sources

- Service-public.gouv.fr, [Permis de construire : pièces à joindre](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1986) (plan de situation, plan de masse, plan en coupe, plan des façades et des toitures).
- AFNOR, [NF P 02-001, Dessins d'architecture, de bâtiment et de génie civil : principes généraux, principes de représentation](https://www.boutique.afnor.org/en-gb/standard/nf-p02001/conventional-signs-architectural-drawings-architectural-building-and-civil-/fa032301/245).
- Mutuelle des architectes français, boîte à outils chantier, [Exemple de mission de synthèse](https://boiteaoutils.maf.fr/index.php/system/files/2018-04/4A-exemple-mission-de-synthese-VPD.pdf) (études de synthèse, cellule de synthèse, plans de réservations).
- Éduscol STI, [Création d'une maquette BIM tertiaire et exploitation](https://sti.eduscol.education.fr/ressources_pedagogiques/creation-dune-maquette-bim-tertiaire-et-exploitation) (implantation du matériel électrique, export IFC, nomenclatures).

## Pour aller plus loin sur le site

- [Plan électrique d’une maison : l’exemple complet pièce par pièce](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/schema-plan-electrique/plan-electrique-maison-exemple/)
- [Comment faire ses plans et schémas électriques ?](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/schema-plan-electrique/plans-schemas-electriques/)
- [Symboles électriques normalisés : liste illustrée et repérage](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/schema-plan-electrique/symbole-electrique-identification-schema-electrique/)
- [Quel est le meilleur logiciel de plan électrique ?](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/quel-est-le-meilleur-logiciel-de-plan-electrique/)
- [Chiffrage et devis en électricité : déboursé sec et prix de vente](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-chiffrage-devis-electricite-debourse-sec/)

[Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/)

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*Source : [www.installation-renovation-electrique.com](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-lire-plan-batiment-maquette-numerique-bim/)*
