Effet thermoélectrique

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L’effet thermoélectrique désigne l’ensemble des phénomènes couplant thermique et électricité : l’effet Seebeck (une différence de température génère une tension), l’effet Peltier (un courant crée un différentiel de température aux jonctions) et l’effet Thomson (un courant dans un conducteur soumis à un gradient thermique échange de la chaleur avec son milieu). Ensemble, ils forment la base des générateurs thermoélectriques (TEG) et des refroidisseurs thermoélectriques (TEC) utilisés en ingénierie électrique.

Les trois effets thermoélectriques fondamentaux

EffetDécouvreur / annéePrincipeApplication principale
Effet SeebeckT. J. Seebeck, 1821ΔT → tension (U = α × ΔT)Thermocouple, capteur de température, TEG
Effet PeltierJ. C. A. Peltier, 1834Courant → chaleur directionnelle aux jonctionsRefroidisseur TEC, mini-frigo, refroidissement laser
Effet ThomsonW. Thomson (Kelvin), 1851Courant + gradient T → échange de chaleur volumiqueCorrection dans les modèles TEG de précision

Générateurs thermoélectriques (TEG) : rendements comparés

Matériau TEGPlage de températureFigure de mérite ZT maxRendement typique
Bi₂Te₃ (bismuth tellurure)–50 °C à +250 °C~1,05 à 8 %
PbTe (tellurure de plomb)300 °C à 600 °C~1,58 à 12 %
SiGe (silicium-germanium)600 °C à 1 000 °C~0,96 à 10 % (sondes spatiales RTG)
Skutterudite (CoSb₃)200 °C à 700 °C~1,5 à 1,710 à 14 % (en développement)

Applications industrielles et intégration électrique

La récupération d’énergie sur chaleur perdue (waste heat recovery) est l’application la plus prometteuse du TEG en industrie : gaz d’échappement de fours (400–600 °C), tuyaux de vapeur, parois de fours de cimenterie. Un module Bi₂Te₃ de 40 × 40 mm placé sur un tuyau à 200 °C (face froide à 50 °C via un radiateur à eau) produit environ 4 à 6 W. Pour atteindre des puissances utiles (100 W à 1 kW), on assemble des matrices de modules en série/parallèle, avec un convertisseur MPPT pour optimiser l’extraction de puissance comme en photovoltaïque.

La figure de mérite ZT = α² × σ / κ (α = coefficient Seebeck, σ = conductivité électrique, κ = conductivité thermique) quantifie la performance du matériau. Un ZT = 1 correspond aux matériaux commerciaux actuels ; les objectifs de recherche visent ZT > 3 pour atteindre des rendements > 20 %. Le câblage et la protection électrique des TEG suivent les mêmes règles que le photovoltaïque DC, avec application des exigences de la NF C 15-100 pour le raccordement au tableau.

Thermoélectricité en usage résidentiel et tertiaire

À petite échelle, des TEG de 5 à 40 W sont utilisés sur les poêles à bois pour alimenter des ventilateurs de brassage d’air sans raccordement électrique : le différentiel de température entre la fonte chaude (> 200 °C) et l’air ambiant génère suffisamment de puissance pour le moteur du ventilateur. Ce système autonome s’installe sans modification du GTL ni intervention sur le tableau électrique.

⚠ Contrainte mécanique — dilatation différentielle : les modules thermoélectriques travaillent entre deux surfaces à températures très différentes. Les matériaux de montage (graisse thermique, pads) doivent compenser la dilatation différentielle entre le module et les surfaces de contact. Un serrage insuffisant (résistance thermique d’interface trop élevée) ou excessif (contraintes mécaniques sur le Bi₂Te₃ fragile) réduit la durée de vie du module de façon significative.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un TEG et un thermocouple ?
Les deux exploitent l’effet Seebeck, mais avec des objectifs opposés. Le thermocouple est optimisé pour la mesure de température : faible section, métaux précis, signal de quelques millivolts. Le TEG est optimisé pour la production d’énergie : nombreux couples en série, matériaux à fort ZT (Bi₂Te₃), gestion thermique soignée de la face chaude et de la face froide. Un thermocouple type K produit ~0,3 mW sous charge optimale ; un module TEG de même taille peut produire 3 à 5 W.
Les effets thermoélectriques sont-ils réversibles ?
L’effet Seebeck et l’effet Peltier sont réversibles et complémentaires : le même module Bi₂Te₃ peut fonctionner en TEG (chaleur → électricité) ou en TEC (électricité → pompe à chaleur) selon le sens du fonctionnement. L’effet Thomson est également réversible (il chauffe ou refroidit selon le sens du courant et du gradient). En revanche, la dissipation par effet Joule (R × I²) est irréversible — elle s’ajoute aux effets thermoélectriques et dégrade le rendement global des modules.
Peut-on alimenter un système de télésurveillance avec un TEG sur une canalisation industrielle ?
Oui, c’est une application réelle en IIoT (Industrial Internet of Things). Un module TEG Bi₂Te₃ sur une canalisation à 150 °C peut fournir 1 à 3 W en continu, suffisant pour un transmetteur sans fil Zigbee ou LoRa alimenté via un convertisseur boost et une batterie tampon. Cette solution élimine le câblage d’alimentation sur des capteurs distants et réduit la maintenance des piles. Le dimensionnement doit tenir compte des variations de débit (température de surface variable) et des périodes d’arrêt de la canalisation.

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