Relais récepteur de télécommande 175 Hz : par quoi le remplacer pour garder les heures creuses ?

Relais récepteur de télécommande 175 Hz : par quoi le remplacer pour garder les heures creuses ?

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En bref

Le boîtier marqué « relais récepteur, télécommande à 175 Hz » écoute un signal envoyé sur le réseau et ferme un contact pendant les heures creuses : il commande la bobine du contacteur du chauffe-eau. S’il est plombé, fixé sur le panneau du compteur, ou si vous avez un doute, ne démontez rien avant d’avoir la réponse d’Enedis. Pour le remplacer, la solution qui suit vos vraies heures creuses est le contact sec C1-C2 du compteur Linky. Un interrupteur horaire fonctionne aussi, à condition de le régler sur les horaires du contrat et de le corriger quand ils changent.

On le trouve dans les tableaux anciens : un boîtier plus large que les autres, qui cliquette quand il change d’état. La question se pose le jour où le chauffe-eau ne chauffe plus la nuit, ou lorsqu’on refait le tableau et que ce relais ne se laisse pas déclipser comme un disjoncteur.

À quoi sert ce relais récepteur ?

Le distributeur superpose à la tension du réseau un signal à 175 Hz, qui transmet les ordres tarifaires : début et fin des heures creuses, EJP, Tempo. Les documents d’Enedis et de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) l’appellent télécommande centralisée à fréquence musicale, ou TCFM. Dans le métier, on entend souvent « Pulsadis » : c’est un nom d’usage, absent de ces documents.

Le relais récepteur reconnaît l’ordre qui le concerne et ferme un contact. Ce contact ne porte pas le courant du chauffe-eau : il alimente seulement la bobine du contacteur jour / nuit, qui, lui, enclenche le chauffe-eau. Ce point simplifie le remplacement : on change un organe de commande, pas le circuit de puissance.

À qui appartient-il, et a-t-on le droit d’y toucher ?

La documentation technique de référence d’Enedis sur le comptage cite le relais de télécommande parmi les appareils qui peuvent appartenir au dispositif de comptage, avec l’horloge et le relais de découplage. Or c’est le gestionnaire du réseau qui fournit, pose, entretient et renouvelle ce dispositif, et le même document soumet à son accord préalable toute intervention qui peut en modifier le fonctionnement. Une autre note d’Enedis donne le critère pratique : quand un capot donne accès à une partie qui relève du réseau, il porte un scellé, et ni l’utilisateur ni son électricien n’ont le droit de l’ouvrir. La notice du Linky le dit en une ligne : seule Enedis autorise le retrait des scellés.

  • Le relais est plombé, ou fixé sur le panneau du compteur et du disjoncteur de branchement : c’est l’ouvrage du distributeur. On n’y touche pas. On demande l’intervention d’Enedis, par son fournisseur d’électricité ou par le service clients d’Enedis.
  • Le relais est dans votre tableau, sans scellé : il a pu être posé par le distributeur à l’époque, ou par l’électricien de la maison. Nous n’avons trouvé aucun texte qui tranche ce cas. Posez la question à Enedis et ne démontez rien avant sa réponse.

Pourquoi peut-il ne plus répondre ?

Trois explications sont possibles ; seul un contrôle sur place les départage.

L’âge. Un relais de trente ou quarante ans peut simplement être en panne.

Le signal. Dans sa délibération du 4 février 2025 sur le tarif des réseaux (TURPE 7), la CRE écrit qu’Enedis continue d’émettre le signal pour les clients sans compteur Linky et pour ceux dont l’asservissement, en aval du compteur, utilise encore ce signal. Elle ajoute que ce maintien coûte cher pour un nombre d’utilisateurs devenu très faible, et qu’Enedis étudie des scénarios d’arrêt. Aucune date n’est donnée.

Les horaires. Avec un Linky, c’est le compteur qui connaît les heures creuses du contrat. Or la même délibération prévoit de déplacer les plages d’heures creuses entre l’automne 2025 et la fin de 2027, pour 11 millions de clients, avec parfois des horaires différents en été et en hiver. Aucun document que nous avons lu ne garantit qu’un vieux relais suivra ces nouvelles plages, ni n’affirme que la pose d’un Linky le met hors service. Le contrôle se fait sur place : comparez l’heure où le relais cliquette avec les heures creuses affichées par le compteur ou portées sur la facture.

Par quoi le remplacer ?

Schéma avant et après : avant, le relais récepteur 175 Hz commande la bobine A1-A2 du contacteur jour / nuit du chauffe-eau ; après, il est remplacé par le contact sec C1-C2 du compteur Linky ou par un interrupteur horaire, le circuit de puissance du chauffe-eau restant inchangé
Seule la commande change : le contacteur et le circuit du chauffe-eau restent en place.
SolutionCe qu’elle apporteSes limites
Contact sec C1-C2 du Linky et contacteur jour / nuitSuit les heures creuses du contrat, y compris quand elles changent. Aucun réglageDeux fils à tirer entre le compteur et le tableau. Bornier que la notice du Linky réserve aux électriciens professionnels
Interrupteur horaire modulaire et contacteur jour / nuitTout se passe dans le tableau, sans fil vers le compteurÀ régler sur les heures du contrat, puis à corriger à chaque changement de plages, d’heure d’été ou après une coupure pour un modèle sans réserve de marche
Marche forcée (contacteur sur I)Eau chaude tout de suite, sans rien modifierLe chauffe-eau chauffe aussi en heures pleines : l’option heures creuses ne sert plus à rien. Solution d’attente

Le contact sec du compteur Linky

La notice du Linky le décrit ainsi : il sert à mettre en marche ou à arrêter automatiquement des appareils, le ballon d’eau chaude par exemple. C’est un contact sec : il ne fournit aucune tension et se place en série dans le circuit de la bobine 230 V, exactement comme le contact de l’ancien relais. La documentation de comptage d’Enedis donne à ce type de contact un courant maximal de 2 A : il commande une bobine, jamais un chauffe-eau. Le circuit de commande se protège par un disjoncteur de 2 A, en fil de 1,5 mm². Le câblage borne par borne est détaillé dans notre article sur le contact heures creuses du compteur ; le raccordement côté compteur revient à un électricien.

L’interrupteur horaire

Un interrupteur horaire journalier fait le même travail avec une horloge. Chez Legrand, le modèle de base découpe la journée en segments de 15 minutes, occupe 3 modules et n’a pas de réserve de marche ; la mise à l’heure et le passage à l’heure d’été sont manuels. Son contact de 16 A sert ici à commander la bobine du contacteur, que l’on conserve. Rien n’oblige à passer par le compteur, comme l’explique notre article sur le raccordement du contacteur au contact du distributeur, mais c’est à vous de tenir l’horloge à jour : un quart d’heure de décalage, et le chauffe-eau démarre en heures pleines. Le matériel et le câblage borne par borne sont décrits dans brancher une horloge sur un chauffe-eau.

La marche forcée

La manette du contacteur placée sur I enclenche le chauffe-eau sans attendre l’ordre des heures creuses ; Legrand parle de « mise en marche exceptionnelle pendant les heures pleines ». C’est le bon réflexe pour avoir de l’eau chaude le soir même, en attendant mieux. Voir notre article sur la marche forcée du chauffe-eau.

Comment démonter le relais du rail ?

À faire seulement si le relais se trouve dans votre tableau, sans scellé, et après la réponse d’Enedis. En cas de doute sur l’existant, confiez l’opération à un électricien. Faute de notice du relais, les gestes qui suivent sont ceux de l’usage du métier.

  1. Coupez au disjoncteur général et empêchez sa remise en marche (cadenas ou étiquette). Rappel d’Enedis : le compteur, lui, reste sous tension.
  2. Vérifiez l’absence de tension sur chaque borne du relais avec un vérificateur d’absence de tension. Si une borne reste alimentée disjoncteur coupé, le relais est branché en amont : arrêtez-vous, c’est l’affaire d’Enedis.
  3. Repérez les fils avant de les débrancher : photo, puis une étiquette par fil (alimentation du relais, départ vers la borne A1 du contacteur).
  4. Débranchez et isolez chaque fil dans une borne de connexion.
  5. Déverrouillez. Un appareil modulaire s’accroche par le haut du rail et se bloque par un verrou à ressort, le plus souvent en bas, parfois en haut. On glisse un tournevis plat dans la fente du verrou, on le tire vers l’extérieur, puis on fait basculer l’appareil. Un vieux relais large peut avoir deux verrous, ou être vissé sur une platine : cherchez les vis avant de forcer.

Si un peigne relie les appareils voisins, desserrez leurs bornes pour dégager le passage, puis resserrez-les. La nouvelle commande se raccorde elle aussi hors tension : fil de commande sur A1, neutre sur A2, manette du contacteur sur AUTO. La bobine se branche entre A1 et A2 : l’une reçoit le fil de commande, l’autre le neutre. Selon les documents des fabricants, l’ordre de commande est dessiné sur A1 ou sur A2 : on suit la notice de son appareil. On vérifie, à l’heure creuse suivante, que le contacteur colle.

Questions fréquentes sur le relais 175 Hz

Mon relais 175 Hz fonctionne encore : faut-il le remplacer ?

Rien ne l’impose tant qu’il enclenche le chauffe-eau aux bonnes heures. Comparez de temps en temps ses horaires avec ceux de la facture : l’arrêt du signal dont il dépend est à l’étude, et les plages d’heures creuses évoluent.

Peut-on brancher le chauffe-eau directement sur une horloge, sans contacteur ?

Mieux vaut conserver le contacteur. Le contact d’un interrupteur horaire courant est donné pour 16 A, alors que le circuit d’un chauffe-eau est prévu pour un disjoncteur de 20 A ; l’horloge commande la bobine, le contacteur porte la puissance.

Tous les compteurs Linky ont-ils un contact sec ?

Oui. La fiche SéQuélec sur le Linky indique que le contact sec C1-C2 y est toujours disponible, à côté de la sortie de télé-information, et que le chauffe-eau reste le plus souvent asservi par lui. Pour les horaires, interrogez votre fournisseur.

Que faire de l’ancien relais une fois déposé ?

Ne le jetez pas avant qu’Enedis vous ait dit s’il lui appartient et ce qu’elle souhaite en faire.

Sources

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📖 Le glossaire de cet article

Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.

  • Compteur Linky — Le compteur Linky est le compteur électrique communicant déployé par Enedis sur le réseau de distribution français.
  • Contacteur — Un contacteur est un interrupteur électromécanique commandé à distance par une bobine, conçu pour commuter des circuits de puissance en forte charge.
  • Disjoncteur — Un disjoncteur est un appareil de protection qui interrompt automatiquement le circuit en cas de surcharge (détection thermique par bilame) ou de cour…
  • Fréquence — La fréquence est le nombre de cycles complets effectués par un courant alternatif en une seconde, exprimée en hertz (Hz).
  • Interrupteur — Un interrupteur est un organe de commande qui ouvre ou ferme manuellement un circuit électrique pour allumer ou éteindre un ou plusieurs points lumineux.
  • Interrupteur Horaire — Un interrupteur horaire est une minuterie électronique ou mécanique qui programme automatiquement l'activation et la désactivation d'un circuit selon des plages horaires définies.
  • Neutre — Le neutre est le conducteur électrique relié au point neutre du transformateur de distribution HTA/BT, mis à la terre en France dans le régime TT.
  • Sous tension — Un conducteur, un équipement ou une installation est dit « sous tension » dès qu'une tension électrique est présente entre ses bornes accessibles et u…
  • Tableau électrique — Le tableau électrique est le coffret centralisé qui regroupe l'ensemble des dispositifs de protection d'une installation : disjoncteurs divisionnaires…
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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
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