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title: "Alarme intrusion et sécurité incendie : SSI, types d’alarme, DAAF"
description: "Cours alarme intrusion et sécurité incendie : centrale, boucles, batterie, DAAF en logement, SSI de catégorie A à E, alarme type 1 à 4, câbles CR1, exercices."
url: "https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-alarme-intrusion-detection-incendie-ssi/"
author: "Raphaël Bossoreil"
date: "2026-10-03T13:59:25+02:00"
modified: "2026-10-03T13:59:31+02:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Cours d'électricité"]
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# Alarme intrusion et sécurité incendie : SSI, types d’alarme, DAAF

En bref

Une alarme intrusion et une alarme incendie reposent sur la même architecture : des **détecteurs** reliés par des **boucles** surveillées à une **centrale**, des sirènes ou diffuseurs sonores, et une **alimentation secourue** par batterie. En logement, la sécurité incendie se limite au **DAAF**, obligatoire, conforme à la NF EN 14604. En ERP, le règlement impose un **système de sécurité incendie (SSI)** classé de **A à E** et un **équipement d'alarme de type 1, 2a, 2b, 3 ou 4**. Les déclencheurs manuels se posent à environ 1,30 m, les diffuseurs à 2,25 m au moins, et les circuits qui doivent fonctionner pendant l'incendie se câblent en **CR1**. L'électricien pose et raccorde ; la détection automatique revient à une entreprise spécialisée.

Sur un chantier tertiaire, le lot « courants faibles » réserve toujours deux lignes à l'électricien : l'alarme intrusion et la sécurité incendie. Les deux se ressemblent par le matériel, une centrale, des détecteurs, des sirènes, une batterie. Elles n'ont pourtant ni le même but ni le même cadre. La première protège des biens contre le vol et relève surtout du contrat passé avec le client et son assureur. La seconde protège des personnes, et chaque détail, de la hauteur d'un boîtier rouge au type de câble, est fixé par un règlement.

Ce cours de niveau bac pro donne la méthode pour lire un dossier, identifier le système demandé, câbler proprement et savoir où s'arrête le travail de l'électricien. Pour la partie incendie des établissements recevant du public, il s'appuie sur les articles MS 53 à MS 69 du règlement de sécurité (arrêté du 25 juin 1980 modifié). L'éclairage de sécurité, qui accompagne toujours l'alarme dans un ERP, fait l'objet d'un chapitre à part : [éclairage de sécurité en ERP, BAES et règles d'implantation](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-eclairage-securite-baes-erp/).

## Alarme intrusion et alarme incendie : deux systèmes, une même logique

Dans les deux cas, on retrouve une chaîne en quatre maillons. Des capteurs détectent un événement : une porte qui s'ouvre, un mouvement, de la fumée, une personne qui appuie sur un déclencheur. Une centrale reçoit l'information et la traite. Des actionneurs réagissent : une sirène, un message, un appel vers un télésurveilleur, la fermeture d'une porte coupe-feu. Enfin une alimentation secourue garantit que tout cela fonctionne encore quand le 230 V a disparu, parce qu'un cambrioleur coupe volontiers le courant et qu'un incendie le fait tomber très vite.

La différence tient à ce que l'on fait de l'alarme. En intrusion, on cherche à dissuader et à prévenir quelqu'un qui interviendra. En incendie, on cherche à **faire évacuer** le bâtiment et à le **mettre en sécurité** : couper la propagation des fumées, libérer les issues. C'est pourquoi le règlement ne parle pas d'« alarme incendie » tout court mais de système de sécurité incendie, dont l'alarme n'est qu'une fonction.

## L'alarme intrusion : centrale, détecteurs et boucles

![Synoptique d'une alarme intrusion : détecteurs sur boucles normalement fermées, centrale, clavier, sirènes, transmetteur et alimentation secourue par batterie 12 V](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-alarme-intrusion-centrale-boucles.png)Les détecteurs arrivent sur des boucles surveillées, la centrale commande les sirènes et le transmetteur, la batterie assure le secours.### Les détecteurs : périmétrie et volumétrie

On distingue deux familles. La **détection périmétrique** surveille l'enveloppe du local : contacts d'ouverture magnétiques sur les portes et les fenêtres, détecteurs de bris de vitre ou de choc sur les vitrages. Elle signale l'effraction avant que l'intrus soit entré, et elle peut rester en service quand les occupants sont présents. La **détection volumétrique** surveille l'intérieur : le détecteur infrarouge passif réagit au déplacement d'un corps chaud dans son champ, certains modèles lui associent une détection hyperfréquence pour limiter les déclenchements intempestifs. Une installation sérieuse combine les deux. Le fonctionnement du [détecteur d'ouverture](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/equipements-electriques/detecteur-ouverture/) est détaillé dans le glossaire.

### La boucle : normalement fermée, équilibrée, autoprotégée

Un détecteur d'alarme ne se câble pas comme un bouton-poussoir. Son contact est **normalement fermé (NF)** : au repos, le courant circule dans la boucle, et c'est l'ouverture du contact qui signale l'alarme. L'intérêt est immédiat : un fil coupé, un connecteur arraché ou un détecteur débranché produisent le même effet qu'une détection. La panne et la malveillance vont dans le sens de la sécurité.

Il reste une faille : si l'intrus relie les deux fils de la boucle en amont du détecteur, le contact peut s'ouvrir sans que la centrale le voie. On ferme cette faille avec une **résistance de fin de ligne**, placée dans le dernier détecteur. La centrale ne se contente plus de vérifier que le courant passe : elle mesure la résistance de la boucle. Avec une résistance de fin de ligne de 2,2 kΩ par exemple, elle lit 2,2 kΩ au repos, une résistance infinie si un contact s'ouvre ou si un fil est coupé, et une résistance presque nulle si quelqu'un a shunté la ligne. Ce dernier cas est traité comme un sabotage. Certaines centrales utilisent un double équilibrage, avec une seconde résistance en parallèle sur le contact d'alarme : la valeur lue distingue alors le repos, l'alarme, la coupure et le court-circuit sur une seule paire. Les valeurs des résistances sont celles de la notice de la centrale, jamais celles d'un autre matériel.

S'ajoute l'**autoprotection** : chaque boîtier (détecteur, sirène, centrale, clavier) contient un contact qui s'ouvre si on enlève le capot ou si on arrache l'appareil du mur. Ces contacts forment une boucle surveillée en permanence, même quand l'alarme est hors service. Enfin, la centrale regroupe les boucles en **zones** : une zone temporisée pour la porte d'entrée, qui laisse le temps de taper le code, et des zones immédiates pour le reste.

### Sirènes, transmetteur et niveau de sécurité

La sirène intérieure rend le séjour de l'intrus insupportable ; la sirène extérieure avec flash signale le bâtiment au voisinage. Cette dernière est en général **auto-alimentée** : elle contient sa propre batterie et se déclenche si on coupe son câble. Le transmetteur envoie l'alarme vers un centre de télésurveillance ou vers le téléphone de l'occupant, par le réseau IP ou le réseau mobile.

Le matériel est classé par la norme européenne EN 50131 en quatre **grades** de sécurité, du grade 1 (risque faible) au grade 4 (risque très élevé). C'est souvent l'assureur qui fixe le niveau exigé, dans un local professionnel comme dans une habitation à risque. Pour les critères de choix côté particulier, renvoyez votre client vers notre guide [comment choisir son système d'alarme de maison](https://www.installation-renovation-electrique.com/domotique-securite/domotique/choisir-systeme-alarme-maison/) ; pour une rénovation sans saignées, les [alarmes sans fil](https://www.installation-renovation-electrique.com/domotique-securite/domotique/alarme-solution-securite-logement/) évitent de tirer les boucles, au prix d'un suivi des piles.

## Alimentation secourue : calculer la batterie

Une centrale d'alarme fonctionne en très basse tension, le plus souvent 12 V en intrusion et 24 V en incendie. Elle est alimentée par le secteur à travers un chargeur qui maintient une batterie en charge. Quand le secteur disparaît, la batterie alimente seule la centrale, les détecteurs et les sirènes. La question à laquelle l'électricien doit savoir répondre est simple : combien de temps ?

La capacité d'une batterie s'exprime en ampères-heures : **C = I × t**, avec C en Ah, I en A et t en h. On additionne deux besoins. Le premier est la **veille** : la somme des courants permanents de la centrale, du clavier et de chaque détecteur, multipliée par la durée d'autonomie demandée. Le second est l'**alarme** : le courant des sirènes multiplié par leur durée de fonctionnement. On applique ensuite une marge, parce qu'une batterie au plomb perd de la capacité en vieillissant et par temps froid.

Exemple : une centrale consomme 150 mA, six détecteurs 12 mA chacun, soit 150 + 6 × 12 = 222 mA en veille. Pour une autonomie de 12 h, durée que la norme EN 50131 retient pour les grades 1 et 2, il faut 0,222 × 12 ≈ 2,66 Ah. Une sirène de 350 mA pendant 15 minutes ajoute 0,35 × 0,25 ≈ 0,09 Ah. Total : 2,75 Ah ; avec 25 % de marge, 2,75 × 1,25 ≈ 3,4 Ah. On retient une capacité courante supérieure, 7 Ah, qui est aussi celle qui tient dans la plupart des coffrets. En incendie, l'alimentation porte un nom précis, l'**alimentation électrique de sécurité (AES)**, et sa durée d'autonomie est donnée par la norme du matériel et par sa notice. Les sources de secours de plus forte puissance sont traitées dans le chapitre sur [les groupes électrogènes et les onduleurs](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-alimentation-secours-groupe-electrogene-onduleur-asi/).

## DAAF : la détection incendie en logement

Dans un logement, il n'y a ni centrale ni SSI. La loi du 9 mars 2010 impose un équipement bien plus simple : chaque logement, maison ou appartement, doit être équipé d'**au moins un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF)**, obligation effective depuis le 8 mars 2015. L'appareil est autonome parce qu'il réunit dans le même boîtier le détecteur optique de fumée, la sirène et l'alimentation.

L'arrêté du 5 février 2013 fixe les règles que l'électricien doit connaître. Le détecteur porte le marquage CE et répond à la norme **NF EN 14604**. Il s'installe de préférence dans la **circulation ou le dégagement qui dessert les chambres**, fixé solidement en partie supérieure, à proximité du point le plus haut, à distance des autres parois et des sources de vapeur. Son signal atteint au moins 85 dB(A) à 3 mètres, de quoi réveiller un dormeur porte fermée. Les détecteurs à ionisation sont interdits. Et il est interdit d'installer des détecteurs de fumée dans les **parties communes** des immeubles d'habitation : l'alarme y ferait sortir les occupants dans une cage d'escalier enfumée, alors que la consigne est de rester chez soi porte fermée.

Le propriétaire fournit et installe l'appareil ; l'occupant l'entretient, le teste et remplace les piles dans le cas général. Un seul détecteur suffit au regard de la loi, mais dans une maison à étage on en conseille un par niveau. On évite la cuisine et la salle de bain, où fumées de cuisson et vapeur provoquent des déclenchements qui finissent toujours de la même façon : l'occupant retire la pile. L'historique de l'obligation et les conseils de pose sont dans notre article [DAAF, le détecteur de fumée obligatoire](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/securite-electrique/daaf-detecteur-de-fumee-installation-obligatoire-avant-le-8-mars-2015/).

## Le SSI en ERP : cinq catégories, de A à E

L'article MS 53 définit le **système de sécurité incendie** comme l'ensemble des matériels qui collectent les informations ou les ordres liés à la seule sécurité incendie, les traitent et effectuent les fonctions nécessaires à la mise en sécurité de l'établissement. Un SSI complet se compose de deux sous-ensembles.

Le **système de détection incendie (SDI)** réunit les détecteurs automatiques (fumée, chaleur, flamme), les déclencheurs manuels, ces boîtiers rouges à membrane, et l'**équipement de contrôle et de signalisation (ECS)**, le tableau qui alimente les détecteurs, localise la zone en feu et signale les dérangements. Le **système de mise en sécurité incendie (SMSI)** réunit le **centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI)**, les **dispositifs actionnés de sécurité (DAS)**, c'est-à-dire les portes coupe-feu à fermeture automatique, les clapets, les volets et exutoires de désenfumage, le déverrouillage des issues, et l'équipement d'alarme qui diffuse le signal d'évacuation.

Les SSI sont classés en cinq catégories, par ordre de sévérité décroissante. Le classement est décrit par la norme NF S 61-931.

![Tableau des cinq catégories de SSI de A à E : détection, commande de la mise en sécurité (CMSI, DCS, DCMR, DCM) et type d'équipement d'alarme le plus courant](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/tableau-categories-ssi-a-b-c-d-e.png)Plus on descend dans les catégories, plus la commande des dispositifs de sécurité est simple et manuelle.Deux repères suffisent pour s'y retrouver. Le premier : **seule la catégorie A comporte une détection automatique**. Dès que le dossier mentionne des détecteurs de fumée reliés à un tableau, on est en catégorie A, avec un équipement d'alarme de type 1. Le second : les catégories A et B utilisent un CMSI (avec un équipement d'alarme de type 2a pour la catégorie B), les trois suivantes des dispositifs de commande plus simples, jusqu'au simple boîtier de commande manuelle de la catégorie E. Elles reçoivent un équipement d'alarme sans tableau centralisé : le type 2b accompagne en général la catégorie C, les types 3 et 4 les catégories D et E, et c'est le règlement, établissement par établissement, qui fixe le type exigé. Ce n'est pas l'électricien qui choisit la catégorie : elle est imposée par les dispositions particulières du règlement selon le type et la catégorie de l'établissement (un hôtel ou une maison de retraite, où le public dort, ne sont pas traités comme une boutique), et elle figure dans la notice de sécurité du dossier. Les règles propres aux petits établissements sont rappelées dans notre article sur [les ERP de 5e catégorie](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/norme-electricite-nf-c-15-100/norme-electrique-erp/).

Le règlement organise aussi le bâtiment en zones emboîtées (MS 55) : une zone de diffusion d'alarme englobe une ou plusieurs zones de mise en sécurité, et chaque zone de mise en sécurité englobe une ou plusieurs zones de détection. En clair, le feu détecté dans un local commande la mise en sécurité du compartiment qui le contient, et l'alarme sonne au moins dans tout ce compartiment.

## Équipement d'alarme : types 1, 2a, 2b, 3 et 4

L'article MS 61 distingue l'**alarme générale**, signal sonore qui prévient les occupants d'avoir à évacuer, de l'**alarme restreinte**, qui avertit seulement le personnel de sécurité de l'existence d'un sinistre et de sa localisation. Les équipements qui produisent ces signaux sont classés par l'article MS 62 et la norme NF S 61-936 en quatre types, par ordre de sécurité décroissante.

| Type | Composition | Fonctionnement | SSI associé |
|---|---|---|---|
| **1** | SDI complet (détecteurs automatiques, déclencheurs manuels, ECS), unité de gestion d'alarme (UGA), diffuseurs sonores ou blocs autonomes d'alarme sonore | Alarme restreinte au tableau, puis alarme générale après temporisation | A |
| **2a** | Déclencheurs manuels, UGA intégrée au CMSI, diffuseurs sonores ou blocs autonomes | Alarme restreinte, puis alarme générale après temporisation | B |
| **2b** | Déclencheurs manuels, bloc autonome d'alarme sonore principal (BAAS Pr), blocs satellites (BAAS Sa) | Le bloc principal gère les boucles de déclencheurs et une temporisation, puis commande les satellites | C en général |
| **3** | Déclencheurs manuels, blocs autonomes d'alarme sonore de type Ma, dispositif de mise à l'arrêt | Alarme générale immédiate ; l'action sur un seul déclencheur fait fonctionner tous les blocs | D ou E en général |
| **4** | Tout dispositif sonore autonome : cloche, sifflet, trompe, bloc autonome de type Sa associé à un interrupteur | Alarme générale immédiate, déclenchée à la main | D ou E en général |

Seuls les types 1, 2a et 2b comportent une **temporisation**. Elle laisse au personnel le temps d'aller vérifier s'il s'agit d'un vrai feu avant de faire évacuer plusieurs centaines de personnes. L'article MS 66 la borne : l'alarme générale se déclenche automatiquement au bout d'une temporisation réglable selon l'établissement, avec un **maximum de cinq minutes**, et une commande manuelle permet de la lancer immédiatement. Cette temporisation suppose que quelqu'un surveille le tableau : il est installé dans un local non accessible au public et surveillé pendant les heures d'exploitation. Les **blocs autonomes d'alarme sonore (BAAS)**, conformes à la norme NF C 48-150, contiennent leur batterie comme un BAES contient la sienne.

Hors ERP, le Code du travail impose aussi une alarme. L'article R. 4227-34 exige un système d'alarme sonore dans les établissements où peuvent se trouver occupées ou réunies habituellement plus de cinquante personnes, ainsi que dans ceux où l'on manipule des matières inflammables. Le signal doit être audible de tout point du bâtiment pendant le temps nécessaire à l'évacuation, avec une **autonomie minimale de cinq minutes** (R. 4227-36).

## Implantation et câbles : déclencheurs manuels, diffuseurs sonores, CR1

L'article MS 65 fixe les cotes que l'électricien applique sur le terrain. Les **déclencheurs manuels** se placent dans les circulations, à chaque niveau, à proximité immédiate de chaque escalier, et au rez-de-chaussée à proximité des sorties. Ils sont posés à une hauteur d'**environ 1,30 m** au-dessus du sol, ne sont pas masqués par le vantail d'une porte ouverte et ne présentent pas une saillie supérieure à 0,10 m. Les **diffuseurs sonores** sont mis hors de portée du public, à une **hauteur minimale de 2,25 m** ou protégés par un obstacle. Le signal sonore est complété par un dispositif qui rend l'alarme perceptible en tenant compte des situations de handicap (MS 64) : en pratique, des diffuseurs lumineux dans les sanitaires et les locaux où une personne sourde peut se trouver isolée.

![Schéma d'un SSI de catégorie A : SDI avec détecteurs, déclencheurs manuels et ECS, CMSI avec UGA, diffuseurs sonores, DAS, alimentation de sécurité et câbles C2 ou CR1](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-ssi-categorie-a-liaisons-cables.png)En catégorie A, la détection commande l'alarme et la mise en sécurité ; chaque liaison a son type de câble.Reste le choix du câble, qui tombe régulièrement à l'examen. Deux catégories de comportement au feu sont à connaître. Un câble **C2** est non propagateur de la flamme : il ne transmet pas le feu, mais il cesse de fonctionner quand il brûle. Un câble **CR1** est résistant au feu : il continue d'assurer son service pendant un temps donné dans l'incendie. Il porte la mention CR1-C1 et se reconnaît souvent à sa gaine orange. La règle de principe est posée par l'article EL 16 du règlement : de la source de sécurité jusqu'aux appareils terminaux, les canalisations d'alimentation des installations de sécurité sont de catégorie **CR1**, leurs boîtes de dérivation tiennent l'essai au fil incandescent à 960 °C, et leurs câbles sont distincts de ceux des installations normales.

Le raisonnement à tenir est le suivant : **le circuit doit-il encore fonctionner alors que le feu a pris ?** Une ligne de diffuseurs sonores non autonomes doit sonner pendant toute l'évacuation : CR1. Un DAS commandé par émission de courant, par exemple un moteur de désenfumage ou une ventouse qu'il faut alimenter pour agir, doit recevoir son ordre : CR1. À l'inverse, un DAS à rupture de courant, comme la ventouse qui retient une porte coupe-feu, se met en sécurité tout seul si son câble brûle, et une boucle de déclencheurs manuels ou de détecteurs a rempli son rôle dès qu'elle a signalé le feu : le C2 est en général admis. Les cas où le CR1 reste exigé sur ces liaisons, et les règles détaillées, viennent des normes d'installation (NF S 61-932 pour la mise en sécurité, NF S 61-970 pour la détection) et de la notice du fabricant, qu'on applique à la lettre. La désignation des câbles est revue dans le cours sur [les câbles et les conduits](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-cables-conducteurs-conduits/).

Sur un système conventionnel, les boucles de détection se câblent en ligne, d'un point au suivant, sans dérivation ni étoile, avec une résistance de fin de ligne sur le dernier élément : on retrouve exactement le principe de la boucle équilibrée d'intrusion. On ne mélange pas détecteurs automatiques et déclencheurs manuels sur une même boucle, et on respecte les polarités. Les systèmes adressables utilisent un bus rebouclé sur lequel chaque point a son adresse, dans le même esprit que le bus vu dans le cours sur [la domotique et le KNX](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-domotique-knx-batiment-communicant/).

## Ce que fait l'électricien, ce qui relève du spécialiste

En logement et dans les petits locaux professionnels, l'électricien traite l'ensemble : pose d'un DAAF, d'une alarme intrusion, d'un équipement d'alarme de type 4 ou de type 3 dans une boutique. Il pose les déclencheurs et les blocs aux bonnes hauteurs, câble, essaie et explique le fonctionnement à l'exploitant.

Dès qu'il y a détection automatique, le cadre change. L'article MS 58 demande que les installations de détection soient réalisées par des entreprises spécialisées et dûment qualifiées, avec du matériel admis à la marque NF. Un SSI de catégorie A ou B s'accompagne d'une mission de coordination SSI, qui définit les zones et les scénarios de mise en sécurité et constitue le dossier d'identité du système. Sur ces chantiers, l'électricien intervient le plus souvent en sous-traitance du lot : il tire les câbles C2 et CR1 selon le carnet de câbles, pose les chemins de câbles, les socles et les boîtiers, amène l'alimentation 230 V dédiée de l'équipement. Le paramétrage, les essais fonctionnels et la mise en service sont faits par l'installateur qualifié ou le constructeur.

L'exploitation a aussi ses règles. Une installation de détection suppose la présence, pendant l'ouverture au public, d'un personnel qualifié capable d'exploiter l'alarme (MS 57). Le système est maintenu en bon état de fonctionnement, et les SSI de catégories A et B font toujours l'objet d'un contrat d'entretien (MS 68). L'exploitant s'assure au moins une fois par semaine du bon fonctionnement de l'équipement d'alarme (MS 69). Le règlement prévoit enfin des vérifications techniques périodiques (MS 73), dont une vérification triennale par un organisme agréé pour les SSI de catégories A et B. Comme pour l'éclairage de sécurité, tout se consigne au registre de sécurité.

Dernier point, pour l'intervenant lui-même : une centrale ouverte reste alimentée par ses batteries après la coupure du secteur, et les bornes d'arrivée 230 V sont sous tension tant que le circuit n'est pas consigné. Les règles du cours sur [l'habilitation électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-securite-habilitation-electrique/) s'appliquent, y compris sur un coffret « courants faibles ».

## Pour aller plus loin (BTS)

**Chute de tension sur une ligne de diffuseurs.** En 24 V, quelques volts perdus dans le câble suffisent à faire taire une sirène. La chute de tension d'une ligne en [courant continu](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/courant-continu/ "Courant continu") vaut ΔU = 2 × ρ × L × I / S, avec ρ = 0,023 Ω·mm²/m pour le cuivre, L la longueur simple en mètres, I en ampères et S en mm². On calcule dans le cas le plus défavorable : batteries en fin d'autonomie, donc tension de départ réduite, et toute la charge placée en bout de ligne. La tension obtenue au dernier diffuseur doit rester au-dessus de sa tension minimale de fonctionnement, donnée par la notice. La méthode générale est celle du cours sur [les sections de câble et la chute de tension](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-section-de-cable-chute-de-tension/).

**Dimensionner une AES.** Le bilan se pose en deux temps, comme en intrusion : capacité de veille (courant de veille × durée de veille) et capacité d'alarme (courant en alarme × durée d'alarme). Deux batteries de 12 V en série donnent 24 V, mais la capacité en Ah reste celle d'une seule batterie : l'erreur de les additionner est classique. Le fabricant impose en plus une capacité maximale, liée au courant que le chargeur peut fournir pour recharger dans le temps prévu.

**Conventionnel ou adressable.** Un système conventionnel localise le feu à la boucle près : le tableau indique « zone 3 », et il faut chercher le détecteur dont le voyant est allumé. Un système adressable identifie le point lui-même, et son bus rebouclé reste exploitable après une coupure ou un court-circuit en un point, grâce aux isolateurs. Le choix dépend du nombre de points, de la surface, et du temps de levée de doute qu'on accepte.

**Sécurité positive.** Boucle normalement fermée, ventouse à rupture de courant, surveillance de ligne par résistance : dans tous ces montages, la défaillance la plus probable (coupure d'un fil, perte d'alimentation) conduit à l'état sûr ou à un signal de dérangement. C'est la notion de sécurité positive, à citer dès qu'on vous demande de justifier un schéma.

## Les erreurs qui reviennent

**Confondre catégorie de SSI et type d'alarme.** La lettre (A à E) désigne le système complet, le chiffre (1 à 4) désigne seulement l'équipement d'alarme. Et aucun des deux ne se confond avec la catégorie de l'ERP (1re à 5e) ni avec son type (M, N, O…).

**Câbler une ligne de sirènes en câble ordinaire.** Le câble fond dans les premières minutes et l'alarme se tait pendant l'évacuation. À l'inverse, tout câbler en CR1 « par sécurité » coûte cher sans rien apporter : on applique la règle circuit par circuit.

**Oublier la résistance de fin de ligne**, ou la poser au bornier de la centrale au lieu du dernier détecteur. La centrale lit la bonne valeur, mais la ligne n'est plus surveillée : un court-circuit à mi-parcours passe inaperçu.

**Poser un DAAF dans une cuisine, une salle de bain ou une cage d'escalier commune.** Dans les deux premiers cas, il sonne pour rien et finit sans pile ; dans le troisième, c'est interdit.

**Additionner les capacités de deux batteries en série.** Deux batteries 12 V 7 Ah en série font 24 V 7 Ah, pas 14 Ah.

## Exercices corrigés

Les cinq premiers exercices correspondent au niveau bac pro, les deux derniers au BTS. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

**Exercice 1.** Dans un hôtel, des détecteurs de fumée sont reliés à un tableau qui commande la fermeture des portes coupe-feu et l'alarme. Dans une boutique, deux déclencheurs manuels commandent directement un bloc autonome d'alarme sonore de type Ma. Donnez pour chacun la catégorie de SSI ou le type d'équipement d'alarme.

Voir le corrigéHôtel : il y a une détection automatique, donc un SDI ; seule la catégorie A en comporte. C'est un SSI de catégorie A, avec un équipement d'alarme de type 1. Boutique : déclencheurs manuels et BAAS de type Ma, sans tableau ni temporisation : équipement d'alarme de type 3. Conclusion : catégorie A et type 1 pour l'hôtel, type 3 pour la boutique.

**Exercice 2.** Une boucle d'intrusion est équipée d'une résistance de fin de ligne de 2,2 kΩ. La centrale mesure successivement 2,2 kΩ, une résistance infinie, puis 0 Ω. Interprétez chaque mesure.

Voir le corrigé2,2 kΩ : la centrale retrouve la résistance de fin de ligne, tous les contacts sont fermés, la boucle est au repos. Résistance infinie : le circuit est ouvert, soit parce qu'un détecteur a ouvert son contact (alarme), soit parce qu'un fil est coupé. 0 Ω : la résistance de fin de ligne n'est plus vue, la boucle est en court-circuit en amont ; la centrale signale un sabotage. Conclusion : la mesure de résistance permet de distinguer le repos, l'ouverture et le shunt, ce qu'un simple contrôle de continuité ne ferait pas.

**Exercice 3.** Une centrale d'alarme 12 V consomme 180 mA en veille. Elle alimente 6 détecteurs de 15 mA chacun et une sirène de 400 mA qui fonctionne 15 minutes en cas d'alarme. Calculez la capacité de batterie nécessaire pour 12 h d'autonomie, avec une marge de 25 %, et choisissez parmi 2,1 Ah, 7 Ah et 17 Ah.

Voir le corrigéCourant de veille : I = 180 + 6 × 15 = 270 mA = 0,27 A. Capacité de veille : C1 = 0,27 × 12 = 3,24 Ah. Capacité d'alarme : C2 = 0,4 × 0,25 = 0,10 Ah. Total : 3,24 + 0,10 = 3,34 Ah. Avec la marge : 3,34 × 1,25 ≈ 4,2 Ah. Conclusion : la batterie de 2,1 Ah est insuffisante, on retient la batterie 12 V 7 Ah.

**Exercice 4.** Une maison comporte au rez-de-chaussée un séjour avec cuisine ouverte, et à l'étage un palier qui dessert trois chambres et une salle de bain. Où posez-vous le détecteur de fumée obligatoire ? Que conseillez-vous en plus ?

Voir le corrigéLe détecteur obligatoire se pose de préférence dans le dégagement qui dessert les chambres : le palier de l'étage. On le fixe au plafond, près du point le plus haut, à distance des murs et loin de la porte de la salle de bain, source de vapeur. Il est conforme à la NF EN 14604. En complément, on conseille un second détecteur au rez-de-chaussée, dans le séjour mais à l'écart de la cuisine ouverte, pour couvrir chaque niveau. Conclusion : un détecteur sur le palier au titre de l'obligation, un par niveau en recommandation.

**Exercice 5.** Dans un ERP équipé d'un SSI de catégorie A, indiquez la hauteur de pose des déclencheurs manuels et des diffuseurs sonores, puis le type de câble (C2 ou CR1) pour : la ligne des diffuseurs sonores non autonomes, la ligne d'un moteur de désenfumage commandé par émission de courant, la ligne d'une ventouse de porte coupe-feu à rupture de courant.

Voir le corrigéDéclencheurs manuels : environ 1,30 m du sol, près des escaliers à chaque niveau et près des sorties au rez-de-chaussée. Diffuseurs sonores : 2,25 m au minimum. Diffuseurs non autonomes : ils doivent sonner pendant l'incendie, câble CR1. Moteur de désenfumage à émission : il doit recevoir son alimentation pendant l'incendie, câble CR1. Ventouse à rupture : si le câble brûle, le courant est coupé et la porte se ferme, la sécurité est obtenue ; le câble C2 est admis. Conclusion : on met du CR1 partout où la destruction du câble empêcherait la fonction de sécurité.

**Exercice 6 (BTS).** Une ligne de 8 diffuseurs sonores de 40 mA chacun part d'une AES 24 V. La longueur de la ligne est de 120 m, en câble CR1 de 1,5 mm². En fin d'autonomie, l'AES délivre 21 V ; les diffuseurs fonctionnent à partir de 18 V. La ligne convient-elle ? Prenez le cas le plus défavorable, toute la charge en bout de ligne.

Voir le corrigéCourant : I = 8 × 0,04 = 0,32 A. Chute de tension : ΔU = 2 × ρ × L × I / S = 2 × 0,023 × 120 × 0,32 / 1,5 = 1,18 V, soit 1,18 / 24 = 4,9 % de la tension nominale. Tension au dernier diffuseur en fin d'autonomie : 21 − 1,18 = 19,82 V, supérieure à 18 V. Conclusion : la ligne convient, avec une réserve de 1,82 V ; au-delà de vingt diffuseurs sur cette longueur, il faudrait augmenter la section ou créer une seconde ligne.

**Exercice 7 (BTS).** Un tableau de détection incendie 24 V consomme 0,35 A en veille et 1,8 A en alarme. La notice demande 12 h de veille suivies de 5 minutes d'alarme. Calculez la capacité nécessaire avec une marge de 25 %, puis proposez un montage avec des batteries 12 V.

Voir le corrigéCapacité de veille : C1 = 0,35 × 12 = 4,2 Ah. Capacité d'alarme : C2 = 1,8 × 5 / 60 = 0,15 Ah. Total : 4,35 Ah. Avec la marge : 4,35 × 1,25 ≈ 5,4 Ah. Il faut 24 V : on associe deux batteries 12 V en série, ce qui additionne les tensions mais pas les capacités. Conclusion : deux batteries 12 V 7 Ah en série, soit 24 V 7 Ah, à condition que cette capacité ne dépasse pas le maximum admis par le chargeur du tableau.

## Sources

- Légifrance, [Règlement de sécurité ERP, système de sécurité incendie, articles MS 53 à MS 69](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000020317625/) (arrêté du 25 juin 1980 modifié).
- Légifrance, [Arrêté du 5 février 2013 relatif aux détecteurs de fumée dans les logements](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027169390).
- Service-Public.fr, [Détecteur de fumée : obligations du propriétaire et de l'occupant](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F19950).
- Legrand, [Norme sécurité incendie : catégories de SSI et équipements d'alarme](https://www.legrand.fr/pro/normes-et-reglementations/securite-incendie/norme-securite-incendie-ce-quil-faut-savoir).

## Pour aller plus loin sur le site

- [Alarme électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/equipements-electriques/alarme-electrique/)
- [Détecteur Mouvement](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/detecteur-mouvement/)
- [Incendie électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/incendie-electrique/)
- [Cambriolages : faut-il s’équiper d’une alarme ?](https://www.installation-renovation-electrique.com/domotique-securite/domotique/cambriolage-alarme/)
- [Protéger votre logement : choisir un système de vidéosurveillance](https://www.installation-renovation-electrique.com/domotique-securite/domotique/systeme-de-videosurveillance/)

[Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/)

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*Source : [www.installation-renovation-electrique.com](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-alarme-intrusion-detection-incendie-ssi/)*
