Chiffrage et devis en électricité : déboursé sec et prix de vente
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En bref
Chiffrer une opération, c'est passer d'un métré à un prix en cinq marches. Le déboursé sec (DS) additionne ce que l'ouvrage coûte directement : fournitures, main-d'œuvre (quantité × temps unitaire × déboursé horaire) et matériel. On lui ajoute les frais de chantier pour obtenir le coût de production, puis les frais généraux pour le coût de revient, puis le bénéfice et les aléas pour le prix de vente HT. Quand frais généraux et bénéfice sont donnés en pourcentage du prix de vente, PV HT = (DS + FC) / (1 − fg − b). Le coefficient de vente K = PV HT / DS sert ensuite à chiffrer vite. La TVA vient en dernier, et le devis présente le tout au client, ouvrage par ouvrage.
Deux électriciens posent la même installation, avec le même matériel et dans le même temps. L'un gagne sa vie, l'autre travaille à perte sans le savoir : il a compté ses fournitures et ses heures, puis ajouté « un peu de marge », en oubliant le fourgon, l'assurance, le temps passé à faire les devis et la semaine de pluie. Le chiffrage est la méthode qui évite cette erreur. Elle n'a rien de compliqué, mais elle demande de l'ordre et un vocabulaire précis.
Ce chapitre sert au BP Électricien, dont le référentiel demande d'utiliser des outils de chiffrage pour préparer une opération, et au bac pro MELEC, où le chiffrage prolonge le quantitatif. Les étudiants de BTS y trouveront les bases de l'étude de prix, complétées en fin de chapitre. Il prend la suite directe du cours sur la préparation de chantier, le quantitatif et le planning : on y a appris à compter, on apprend ici à mettre un prix. Toutes les sommes de ce cours sont des valeurs d'énoncé, choisies pour que les calculs tombent juste. Elles ne disent rien des prix du marché.
Le métré : la base de tout chiffrage
On ne chiffre que ce qu'on a compté. Le métré consiste à relever sur les plans, ou sur place, les quantités d'ouvrages à réaliser : des unités pour l'appareillage (28 prises, 12 points lumineux, 1 tableau), des mètres pour les conduits, les câbles et les saignées. Le résultat est le quantitatif, présenté ligne par ligne.
Pour chiffrer, on regroupe ces quantités en ouvrages élémentaires. Un ouvrage élémentaire est une portion de travail qu'on sait décrire, compter et payer : « prise de courant 16 A encastrée, posée et raccordée », « point lumineux en simple allumage », « tableau de répartition trois rangées, posé et câblé ». L'intérêt est double. L'entreprise calcule une fois le coût d'une prise et le réutilise sur tous ses chantiers, en l'actualisant. Et le client lit un devis qu'il comprend, parce qu'il parle de prises et de luminaires, pas de mètres de fil.
Tout au long du cours, nous suivrons un même chantier : la rénovation électrique d'un appartement de 70 m², construit il y a trente ans, confiée à une équipe de deux électriciens. Le métré a donné, entre autres, 28 prises, 12 points lumineux, 5 circuits spécialisés, un tableau, un coffret de communication avec 4 prises RJ45 et 60 m de saignées.
Les temps unitaires et les heures de main-d'œuvre
Le temps unitaire (TU) est le temps de main-d'œuvre productive nécessaire pour réaliser une unité d'ouvrage élémentaire. Il s'exprime en heures par unité : h par prise, h par mètre de saignée, h par tableau. Un temps unitaire de 0,60 h par prise signifie qu'un ouvrier met 0,60 h, soit 36 minutes, pour poser et raccorder une prise, boîte, conduit et fils compris. Attention aux centièmes d'heure : 0,60 h ne fait pas 60 minutes, et 1,50 h fait 1 h 30.
D'où viennent ces temps ? D'abord des archives de l'entreprise : on divise les heures réellement passées sur les chantiers terminés par les quantités posées. C'est la seule source vraiment fiable, parce qu'elle tient compte de l'équipe, de l'outillage et du type de chantier. À défaut, on part des temps proposés par des bordereaux professionnels ou par les logiciels de devis, que l'on corrige avec l'expérience. Un même ouvrage n'a pas le même temps unitaire en neuf, sur cloison sèche, et en rénovation dans un mur en pierre.
Le calcul des heures est une simple multiplication, ligne par ligne :
heures de main-d'œuvre = quantité × temps unitaire
| Ouvrage élémentaire | Quantité | Temps unitaire (énoncé) | Heures |
|---|---|---|---|
| Dépose de l'ancienne installation | 1 ensemble | 12 h | 12,0 h |
| Saignées et rebouchage | 60 m | 0,25 h/m | 15,0 h |
| Prise 16 A posée et raccordée | 28 | 0,60 h | 16,8 h |
| Point lumineux avec sa commande | 12 | 0,90 h | 10,8 h |
| Circuit spécialisé | 5 | 1,50 h | 7,5 h |
| Tableau trois rangées posé et câblé | 1 | 10 h | 10,0 h |
| Coffret de communication | 1 | 2,50 h | 2,5 h |
| Prise RJ45 | 4 | 0,80 h | 3,2 h |
| Liaison équipotentielle de la salle d'eau | 1 | 1,20 h | 1,2 h |
| Contrôles, essais et mise en service | 1 ensemble | 5 h | 5,0 h |
| Total | 84,0 h |
Ce total sert deux fois. Il donne le coût de la main-d'œuvre, on y vient. Il donne aussi la durée du chantier : avec deux électriciens qui travaillent 7 h par jour, 84 / (2 × 7) = 6 jours. C'est la passerelle entre le chiffrage et le planning. Notez la dernière ligne du tableau : les contrôles avant mise sous tension prennent du temps, et ce temps se chiffre comme le reste.
Le déboursé sec : ce que l'ouvrage coûte directement
Le déboursé sec (DS) est le coût d'un ouvrage en ne comptant que les dépenses qui entrent directement dans sa réalisation. Il a trois composantes.
Les fournitures, que les cours d'étude de prix appellent matériaux : appareillage, câbles, conduits, boîtes, disjoncteurs. On les compte au prix d'achat net hors taxes, c'est-à-dire au tarif du distributeur diminué de la remise accordée à l'entreprise, et rendues sur le chantier. On majore les longueurs par un coefficient de pertes : 5 % de chutes sur un conduit reviennent à multiplier la quantité par 1,05.
La main-d'œuvre : les heures calculées plus haut, multipliées par le déboursé horaire de main-d'œuvre (DHMO). Le DHMO n'est pas le salaire net de l'ouvrier, ni même son salaire brut : c'est ce qu'une heure réellement travaillée sur le chantier coûte à l'entreprise, cotisations patronales et heures payées non travaillées comprises. Son calcul est détaillé dans la partie BTS. Dans notre exemple, l'énoncé donne un DHMO de 30,00 € par heure.
Le matériel : l'outillage ou les engins affectés à l'ouvrage, par exemple la location d'une rainureuse avec son aspirateur pour les saignées, ou d'une nacelle pour un éclairage en hauteur.
DS = fournitures + main-d'œuvre + matériel
Le sous-détail de prix
Pour chaque ouvrage élémentaire, on pose le calcul dans un tableau appelé sous-détail de prix. Chaque ligne suit la même règle : quantité × coefficient de pertes × déboursé unitaire. On totalise ensuite la colonne main-d'œuvre et la colonne fournitures.

Le sous-détail oblige à ne rien oublier. Une prise, ce n'est pas seulement un mécanisme à 6,50 € : c'est aussi une boîte, 6 m de conduit, 18 m de fil et 36 minutes de travail. Dans cet exemple, la main-d'œuvre pèse presque la moitié du déboursé sec. C'est une constante du métier, et c'est pourquoi une erreur sur un temps unitaire coûte plus cher qu'une erreur sur un prix de fourniture.
En additionnant les sous-détails de tous les ouvrages du chantier, on obtient pour l'appartement : 3 100 € de fournitures, 84 h × 30 € = 2 520 € de main-d'œuvre et 80 € de location de matériel, soit DS = 5 700 €.
Frais de chantier et frais généraux
Le déboursé sec n'est pas un prix de vente. Il reste deux familles de dépenses que le chantier doit payer, même si elles ne se voient pas dans l'ouvrage fini.
Les frais de chantier (FC) sont les dépenses propres à ce chantier qu'on ne peut pas rattacher à un ouvrage précis : les déplacements quotidiens, le stationnement, l'installation et le repli, la protection des sols chez le client, l'évacuation des déchets, le temps du chef d'équipe passé en réunion de chantier. On les estime une fois pour le chantier, puis on les répartit sur tous les ouvrages sous forme d'un pourcentage du déboursé sec. Dans notre exemple : FC = 6 % du DS, soit 0,06 × 5 700 = 342 €.
La somme du déboursé sec et des frais de chantier s'appelle le coût de production, ou coût de réalisation : 5 700 + 342 = 6 042 €. C'est ce que le chantier coûte à lui seul, avant de compter les frais de fonctionnement de l'entreprise.
Les frais généraux (FG) sont les dépenses de fonctionnement de l'entreprise, qui courent qu'il y ait un chantier ou non : loyer du local, véhicules, assurances, comptable, téléphone, logiciels, formation, salaires du personnel de bureau, et tout le temps non facturé passé à faire des devis. L'entreprise les connaît par sa comptabilité de l'année précédente, et les exprime en pourcentage de son chiffre d'affaires. Une entreprise qui a eu 72 000 € de frais généraux pour 400 000 € de chiffre d'affaires HT retient 72 000 / 400 000 = 18 %.
Le coût de production augmenté des frais généraux donne le coût de revient : vendu à ce prix, le chantier ne rapporte rien et ne coûte rien. Sur l'assurance, poste important des frais généraux de l'électricien, voyez notre article l'assurance décennale est-elle obligatoire pour un électricien ?
Bénéfice, prix de vente HT et coefficient de vente
Dernière marche : le bénéfice et les aléas (B). C'est la marge que l'entreprise se réserve pour investir, se constituer une réserve et absorber les imprévus : un mur plus dur que prévu, un retard, un chantier voisin qui finit à perte.
PV HT = DS + FC + FG + B

Le piège est dans la base des pourcentages. Les frais de chantier se donnent en pourcentage du déboursé sec. Les frais généraux et le bénéfice, eux, se donnent le plus souvent en pourcentage du prix de vente HT, puisqu'ils viennent du chiffre d'affaires. On ne connaît pas encore ce prix de vente : il faut donc poser une équation. Avec FG = 18 % du PV HT et B = 7 % du PV HT :
PV HT = 6 042 + 0,18 × PV HT + 0,07 × PV HT, d'où PV HT × (1 − 0,18 − 0,07) = 6 042, et
PV HT = (DS + FC) / (1 − fg − b) = 6 042 / 0,75 = 8 056 €
On vérifie : frais généraux 0,18 × 8 056 = 1 450,08 € ; bénéfice 0,07 × 8 056 = 563,92 € ; et 6 042 + 1 450,08 + 563,92 = 8 056 €. Le coût de revient vaut 6 042 + 1 450,08 = 7 492,08 €.
L'erreur classique consiste à ajouter 25 % au coût de production : 6 042 × 1,25 = 7 552,50 €. Il manque 503,50 €. À ce prix, une fois les frais généraux payés (18 % de 7 552,50 €, soit 1 359,45 €), il reste 151,05 € de bénéfice, c'est-à-dire 2 % du prix de vente au lieu des 7 % visés. Ajouter 25 % à un coût, ce n'est pas garder 25 % du prix. Lisez toujours l'énoncé : « 18 % du prix de vente » et « 18 % du coût de réalisation » ne conduisent pas au même calcul.
Le coefficient de vente K
Refaire ce raisonnement pour chaque devis serait long. L'entreprise calcule donc une fois son coefficient de vente, noté K, rapport entre le prix de vente HT et le déboursé sec :
K = PV HT / DS = 8 056 / 5 700 ≈ 1,413
On peut aussi l'obtenir directement à partir des taux : K = (1 + fc) / (1 − fg − b) = 1,06 / 0,75 ≈ 1,413. Il suffit ensuite de multiplier le déboursé sec de chaque ouvrage par K pour obtenir son prix de vente unitaire : la prise au déboursé sec de 37,67 € se vend 37,67 × 1,413 = 53,23 € HT. Ce sont ces prix unitaires de vente qui figurent sur le devis. Le coefficient se recalcule chaque année, quand les frais généraux ou le chiffre d'affaires changent. Les logiciels et bordereaux de prix appliquent la même logique ; nous en avons testé un dans notre avis sur un bordereau de prix pour les devis d'électricien.
Du prix HT au prix TTC : la TVA
La TVA n'est pas une recette de l'entreprise : elle l'encaisse auprès du client et la reverse à l'État. Elle se calcule sur le prix de vente HT. Trois taux concernent l'électricien en métropole, d'après les fiches officielles de Service-Public et de l'administration fiscale.
| Taux | Travaux concernés |
|---|---|
| 20 % (taux normal) | Cas général : construction neuve, logement achevé depuis moins de 2 ans, locaux professionnels, travaux qui reviennent à refaire du neuf, équipement acheté directement par le client |
| 10 % (taux intermédiaire) | Travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement ou d'entretien d'un logement achevé depuis plus de 2 ans |
| 5,5 % (taux réduit) | Travaux de rénovation énergétique d'un logement achevé depuis plus de 2 ans, dans les conditions fixées par les textes |
Notre appartement a trente ans et reste un logement : la rénovation de son installation relève du taux de 10 %. TVA = 0,10 × 8 056 = 805,60 €, et prix TTC = 8 056 + 805,60 = 8 861,60 €.
Depuis la loi de finances pour 2025, entrée en vigueur en février 2025, l'ancienne attestation que le client remplissait sur un formulaire pour bénéficier d'un taux réduit est remplacée par une mention portée sur le devis ou la facture, par laquelle le client certifie que les conditions sont remplies (logement de plus de 2 ans, usage d'habitation, nature des travaux). Le document est établi en deux exemplaires, et chacun conserve le sien jusqu'au 31 décembre de la cinquième année qui suit les travaux. Les taux et leurs conditions changent avec les lois de finances : on les vérifie sur le site officiel avant chaque devis qui sort de l'ordinaire. Enfin, une entreprise en franchise en base de TVA, cas fréquent des micro-entrepreneurs, ne facture pas de TVA : ses documents portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
La structure d'un devis d'électricité
Le devis est l'aboutissement du chiffrage. C'est une offre de contrat : il engage l'entreprise sur un prix pendant sa durée de validité, et il engage le client dès qu'il l'a signé. Pour les prestations de dépannage, de réparation et d'entretien dans le bâtiment, un arrêté du 24 janvier 2017 fixe ce qu'il doit contenir, et la fiche officielle sur le devis en reprend la liste : la date de rédaction, le nom et l'adresse de l'entreprise, le nom du client et le lieu d'exécution, la nature exacte des travaux, le décompte détaillé en quantité et en prix de chaque prestation, le taux horaire de main-d'œuvre TTC et les modalités de décompte du temps, les frais de déplacement s'il y en a, la somme globale HT et TTC avec le taux de TVA, la durée de validité de l'offre, et l'indication du caractère gratuit ou payant du devis. L'artisan tenu de s'assurer pour son activité, ce qui est le cas de l'électricien avec la garantie décennale, indique aussi sur ses devis et ses factures l'assurance souscrite, les coordonnées de l'assureur et la couverture géographique du contrat (loi du 5 juillet 1996, article 22-2).

Le corps du devis reprend les ouvrages élémentaires dans l'ordre du chantier, souvent par pièce ou par fonction : tableau et protection, circuits prises, éclairage, circuits spécialisés, communication, contrôles. Chaque ligne donne une désignation précise, une unité, une quantité, un prix unitaire de vente HT et un montant. Une désignation précise protège les deux parties : « prise 16 A encastrée, appareillage blanc de gamme standard, posée et raccordée » évite la discussion sur la finition au moment de la facture. Ce que le devis ne comprend pas s'écrit aussi : rebouchage fin et peinture, par exemple, s'ils reviennent à un autre corps d'état.
Le client ne voit ni le déboursé sec ni le coefficient de vente. Il voit des prix de vente par ouvrage, un total HT, la TVA et un total TTC. Pour un exemple complet, lisez notre modèle commenté de devis d'électricité pour une maison, et côté client, les points à vérifier sur le devis et la facture d'un artisan. Une fois le chantier terminé, la réception et la levée des réserves déclenchent la facture finale : c'est l'objet du cours sur la conduite et la réception d'un chantier.
Pour aller plus loin (BTS)
Calculer le déboursé horaire de main-d'œuvre. On part du salaire horaire brut, on ajoute les cotisations patronales, puis on tient compte du fait que toutes les heures payées ne sont pas productives : congés, jours fériés, formation, trajets, intempéries. DHMO = salaire horaire brut × (1 + taux de charges patronales) × heures payées / heures productives. Avec un brut de 16,90 €/h, des charges d'énoncé de 42 %, 1 600 h payées et 1 280 h productives dans l'année : 16,90 × 1,42 ≈ 24,00 €, puis 24,00 × 1 600 / 1 280 = 30,00 €/h. Certaines entreprises y ajoutent les indemnités de repas et de trajet, d'autres les placent en frais de chantier : l'essentiel est de ne les compter qu'une fois.
Comparer le prévu et le réalisé. Le chiffrage ne s'arrête pas à la signature. En fin de chantier, on refait le calcul avec les heures réellement pointées et les fournitures réellement achetées. Si l'appartement a demandé 96 h au lieu de 84, le déboursé sec monte de 12 × 30 = 360 €, et à frais de chantier et frais généraux inchangés, le bénéfice tombe de 563,92 € à 203,92 €, soit 2,5 % du prix de vente au lieu de 7 %. Cette analyse d'écarts sert à corriger les temps unitaires pour les devis suivants.
Seuil de rentabilité. Les frais généraux sont pour l'essentiel des charges fixes ; les déboursés et les frais de chantier sont des charges variables, qui suivent l'activité. La marge sur coûts variables est ce qui reste du chiffre d'affaires une fois les charges variables payées. Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires à partir duquel cette marge couvre les charges fixes : SR = charges fixes / taux de marge sur coûts variables. Une entreprise qui a 90 000 € de charges fixes et un taux de marge de 30 % doit réaliser 90 000 / 0,30 = 300 000 € de chiffre d'affaires HT pour ne rien perdre.
Marchés avec DPGF. Sur un marché de travaux, l'entreprise ne rédige pas son propre devis : elle remplit le cadre de décomposition du prix global et forfaitaire fourni dans le dossier de consultation. La méthode reste la même, sous-détail puis coefficient, mais le prix est forfaitaire : une quantité sous-estimée au métré reste à la charge de l'entreprise. Le calcul du temps de retour d'un investissement, autre outil de chiffrage du BTS, est traité dans le cours sur l'efficacité énergétique.
Les erreurs qui reviennent
Confondre marge sur le coût et marge sur le prix. Multiplier le coût de production par 1,25 ne laisse pas 25 % du prix de vente. Quand les taux sont exprimés sur le prix de vente, on divise par (1 − fg − b).
Oublier les heures qui ne se voient pas. Dépose, protection, nettoyage, contrôles, essais, repérage du tableau, explications au client : ces heures existent et se chiffrent. Les oublier fausse aussi le planning.
Lire 0,60 h comme une heure. Les temps unitaires sont en heures décimales. 0,25 h vaut 15 minutes, 0,60 h vaut 36 minutes.
Compter les fournitures au tarif public, ou à l'inverse oublier les pertes. On chiffre au prix d'achat net HT, avec un coefficient de pertes sur les longueurs.
Compter deux fois, ou pas du tout. Les déplacements, l'outillage et les indemnités vont soit dans le déboursé sec, soit dans les frais de chantier, soit dans les frais généraux, mais à une seule place.
Appliquer le mauvais taux de TVA ou oublier la mention qui justifie le taux réduit. En cas de contrôle, la différence de taxe peut être réclamée.
Exercices corrigés
Les cinq premiers exercices correspondent au niveau bac pro et BP, les trois derniers au BTS. Toutes les valeurs sont des valeurs d'énoncé. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.
Exercice 1. Établissez le sous-détail de prix d'un point lumineux en simple allumage : 1 boîte de plafond à 2,80 €, 1 interrupteur complet à 5,40 €, 8 m de conduit à 0,40 €/m, 24 m de conducteur 1,5 mm² à 0,35 €/m, pertes de 5 % sur le conduit et les conducteurs, temps unitaire de 0,90 h, DHMO de 30,00 €/h.
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Fournitures : boîte 2,80 € ; interrupteur 5,40 € ; conduit 8 × 1,05 × 0,40 = 3,36 € ; conducteurs 24 × 1,05 × 0,35 = 8,82 €. Total fournitures : 2,80 + 5,40 + 3,36 + 8,82 = 20,38 €. Main-d'œuvre : 0,90 × 30,00 = 27,00 €. Déboursé sec : DS = 20,38 + 27,00 = 47,38 €. Conclusion : le point lumineux coûte directement 47,38 € à l'entreprise, dont plus de la moitié en main-d'œuvre.
Exercice 2. Un chantier comprend 40 prises (0,60 h), 18 points lumineux (0,90 h), un tableau (12 h) et 80 m de saignées (0,25 h/m). Calculez le total d'heures, puis la durée du chantier pour une équipe de 2 électriciens travaillant 7 h par jour.
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Prises : 40 × 0,60 = 24,0 h. Points lumineux : 18 × 0,90 = 16,2 h. Tableau : 12,0 h. Saignées : 80 × 0,25 = 20,0 h. Total : 24,0 + 16,2 + 12,0 + 20,0 = 72,2 h. Capacité de l'équipe : 2 × 7 = 14 h par jour. Durée : 72,2 / 14 = 5,16 jours. Conclusion : 5 jours ne suffisent pas, on planifie 6 jours ouvrés.
Exercice 3. Un mécanisme de prise est au tarif public de 12,00 € HT. Le distributeur accorde 35 % de remise à l'entreprise. Quel est le prix d'achat net d'une pièce, et le coût de 28 pièces ?
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Prix net = prix public × (1 − remise) = 12,00 × (1 − 0,35) = 12,00 × 0,65 = 7,80 € HT. Pour 28 pièces : 28 × 7,80 = 218,40 € HT. Conclusion : c'est le prix net de 7,80 € qui entre dans le déboursé sec, pas le tarif public.
Exercice 4. Le déboursé sec d'un chantier vaut 4 200 €. Les frais de chantier sont de 5 % du DS, les frais généraux de 20 % du PV HT, le bénéfice et les aléas de 8 % du PV HT. Calculez le coût de production, le prix de vente HT et le coefficient de vente.
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Frais de chantier : 0,05 × 4 200 = 210 €. Coût de production : 4 200 + 210 = 4 410 €. Prix de vente : PV HT = 4 410 / (1 − 0,20 − 0,08) = 4 410 / 0,72 = 6 125 €. Vérification : FG = 0,20 × 6 125 = 1 225 € ; B = 0,08 × 6 125 = 490 € ; 4 410 + 1 225 + 490 = 6 125 €. Coefficient : K = 6 125 / 4 200 ≈ 1,458. Conclusion : le chantier se vend 6 125 € HT, soit le déboursé sec multiplié par 1,458.
Exercice 5. Le chantier de l'exercice 4 est une amélioration de l'installation d'un logement achevé depuis 15 ans. Calculez la TVA et le prix TTC. Que deviendraient-ils si les mêmes travaux étaient réalisés dans un local commercial ?
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Logement de plus de 2 ans, travaux d'amélioration : taux de 10 %. TVA = 0,10 × 6 125 = 612,50 € ; prix TTC = 6 125 + 612,50 = 6 737,50 €. Le devis porte la mention par laquelle le client certifie que les conditions du taux de 10 % sont remplies. Local commercial : taux normal de 20 %. TVA = 0,20 × 6 125 = 1 225 € ; prix TTC = 7 350 €. Conclusion : le prix HT est le même, seul le taux de TVA change avec la nature du local.
Exercice 6 (BTS). Un ouvrier est payé 14,20 € brut de l'heure. Les cotisations patronales représentent 45 % du brut. Sur l'année, 1 600 h sont payées et 1 250 h sont productives. Calculez le déboursé horaire de main-d'œuvre.
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Coût d'une heure payée : 14,20 × 1,45 = 20,59 €. Rapport heures payées / heures productives : 1 600 / 1 250 = 1,28. DHMO = 20,59 × 1,28 = 26,36 €/h. Conclusion : une heure réellement produite sur le chantier coûte 26,36 € à l'entreprise, presque le double du salaire brut horaire.
Exercice 7 (BTS). Le chantier de l'exercice 4 était prévu avec 90 h à 30 €/h et 1 500 € de fournitures. Il a demandé en réalité 104 h et 1 560 € de fournitures. Les frais de chantier sont restés à 210 € et les frais généraux imputés à 1 225 €. Calculez le résultat réel et comparez-le au bénéfice prévu.
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Déboursé sec réel : 104 × 30 + 1 560 = 3 120 + 1 560 = 4 680 € (prévu : 2 700 + 1 500 = 4 200 €). Coût de revient réel : 4 680 + 210 + 1 225 = 6 115 €. Résultat : 6 125 − 6 115 = 10 €, soit 10 / 6 125 ≈ 0,16 % du prix de vente, contre 490 € et 8 % prévus. Conclusion : 14 heures et 60 € de fournitures de trop ont absorbé presque tout le bénéfice ; les temps unitaires de ce type de chantier sont à revoir.
Exercice 8 (BTS). Une entreprise d'électricité supporte 96 000 € de charges fixes par an. Son taux de marge sur coûts variables est de 32 %. Calculez son seuil de rentabilité, puis son résultat pour un chiffre d'affaires de 360 000 € HT.
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Seuil de rentabilité : SR = 96 000 / 0,32 = 300 000 € HT. Pour 360 000 € : marge sur coûts variables = 0,32 × 360 000 = 115 200 € ; résultat = 115 200 − 96 000 = 19 200 €. Conclusion : l'entreprise devient bénéficiaire au-delà de 300 000 € de chiffre d'affaires, et dégage 19 200 € à 360 000 €.
Sources
- Éduscol STI, Déboursés secs et prix de vente, document ressource d'étude de prix (temps unitaires, sous-détail de prix, coefficient de vente).
- Entreprendre.Service-Public, Taux de TVA pour les travaux de rénovation d'un logement.
- Entreprendre.Service-Public, Devis : dans quels cas est-il obligatoire et que doit-il contenir ?
- Éduscol, Brevet professionnel Électricien, arrêté du 8 janvier 2024 et référentiel.
Pour aller plus loin sur le site
- Tarifs d’un électricien: Explication sur les prix des travaux d’électricité
- Pourquoi le tarif horaire d’un électricien varie t-il?
- Comment obtenir un devis en électricité à la hauteur de vos attentes?
- Les électriciens ne sont pas des machines à faire des devis
- Le véritable calcul pour le coût d’une rénovation électrique complète
- BP électricien : programme, épreuves et cours pour réviser
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📖 Le glossaire de cet article
Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.
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- Prise RJ45 — Une prise RJ45 est un connecteur réseau Ethernet à 8 contacts (8P8C) permettant de relier des équipements informatiques — PC, téléphone IP, switch, caméra IP, NAS — au réseau local filaire.
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