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title: "Démarrage étoile-triangle, direct et inversion : schémas et cours"
description: "Démarrage étoile-triangle : schéma de puissance et de commande, démarrage direct, inversion du sens de rotation et verrouillages. Cours et exercices corrigés."
url: "https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-demarrage-moteur-direct-inversion-etoile-triangle/"
author: "Raphaël Bossoreil"
date: "2026-10-01T07:37:41+02:00"
modified: "2026-10-01T08:28:53+02:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Cours d'électricité"]
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# Démarrage étoile-triangle, direct et inversion : schémas et cours

En bref

Un moteur asynchrone triphasé se démarre de quatre façons. Le **démarrage direct** le met d'un coup sur le réseau : simple, mais il appelle 5 à 8 fois son courant nominal. L'**inversion du sens de marche** utilise deux contacteurs dont l'un croise deux phases ; ils sont **verrouillés électriquement et mécaniquement** pour ne jamais se fermer ensemble. Le **démarrage étoile-triangle** démarre en étoile puis bascule en triangle après une temporisation : courant et couple de démarrage sont **divisés par 3**, à condition d'avoir un moteur **400/690 V sur un réseau 400 V**. Le **démarreur progressif** et le **variateur** font la même chose avec de l'électronique, plus finement.

Une pompe de relevage de 2 kW démarre en direct sans que personne ne s'en aperçoive. Un ventilateur de 30 kW démarré de la même façon fait vaciller l'éclairage de tout l'atelier et secoue ses courroies. Entre les deux, l'électricien doit choisir un mode de démarrage, puis savoir le câbler et le dépanner. Ce cours reprend les trois montages à contacteurs que l'on câble en bac pro, avec leur schéma de puissance et leur schéma de commande, puis situe les solutions électroniques.

Il s'appuie sur deux chapitres qu'il vaut mieux avoir lus avant : le [cours sur le moteur asynchrone triphasé](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-moteur-asynchrone-triphase/) (couplage, plaque, courant de démarrage) et le [cours sur le contacteur, le relais thermique et les schémas de commande et de puissance](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-contacteur-relais-thermique-schema-commande-puissance/) (repérage des bornes, auto-maintien, réglage du relais).

## Pourquoi un moteur ne se démarre pas toujours en direct

À la mise sous tension, le rotor est immobile : le glissement vaut 1, les courants induits sont maximaux et le stator appelle un [courant de démarrage](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/courant-demarrage/) de l'ordre de 5 à 8 fois le courant nominal In. La plaque ou le catalogue donnent le rapport exact, noté Id/In. Le moteur fournit en même temps un couple de démarrage Cd supérieur à son couple nominal, donné lui aussi en rapport Cd/Cn.

Ce courant et ce couple posent trois problèmes. La **chute de tension** dans les câbles et le transformateur gêne les autres récepteurs : éclairage qui baisse, contacteurs voisins qui décollent. Le **couple brutal** fatigue la mécanique : courroies qui patinent, accouplements, coups de bélier dans une conduite. Enfin le distributeur ou le transformateur peuvent imposer une limite à la pointe de courant. Réduire le courant de démarrage, c'est donc protéger l'installation et la machine. Mais on réduit toujours le couple en même temps : un procédé de démarrage se choisit en regardant les deux.

## Le démarrage direct un sens : schéma moteur

C'est le montage de base, détaillé au chapitre précédent. Côté **puissance**, on trouve dans l'ordre un sectionneur porte-fusibles aM Q1 (ou un disjoncteur-moteur), les pôles du contacteur KM1, le relais thermique F1 et le moteur M1 raccordé en U1, V1, W1, carcasse reliée au conducteur de protection. Côté **commande**, la bobine A1-A2 de KM1 est alimentée à travers le contact 95-96 du relais thermique, le bouton d'arrêt S1 (NF) et le bouton de marche S2 (NO), doublé par le contact 13-14 de KM1 : c'est l'auto-maintien.

 ![Schéma de démarrage direct un sens d'un moteur asynchrone : circuit de puissance avec sectionneur Q1, contacteur KM1, relais thermique F1 et moteur M1, circuit de commande marche-arrêt avec auto-maintien 13-14](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-demarrage-direct-un-sens-puissance-commande.png)Démarrage direct un sens : le contact 13-14 maintient KM1 après le relâchement de S2 ; 95-96 et S1 coupent la bobine.Le démarrage direct est le plus simple, le moins cher et celui qui donne le couple de démarrage le plus élevé. Il convient aux petites et moyennes puissances, aux moteurs qui doivent démarrer en charge et à toutes les installations où la pointe de courant ne gêne personne. Il faut simplement que la protection laisse passer cette pointe : fusibles aM ou disjoncteur-moteur à déclencheur magnétique adapté, relais thermique de classe correspondant à la durée du démarrage.

## Schéma d'inversion du sens de rotation d'un moteur : la puissance

Le rotor tourne dans le sens du champ tournant, et ce champ tourne dans l'ordre de succession des phases. Pour inverser le sens de rotation, on **permute deux phases**. Une machine qui doit tourner dans les deux sens (pont roulant, porte sectionnelle, table de machine, treuil) reçoit donc deux contacteurs : KM1 pour la marche avant, qui transmet L1, L2, L3 dans l'ordre, et KM2 pour la marche arrière, câblé avec deux phases croisées, le plus souvent L1 et L3.

 ![Schéma d'inversion du sens de rotation d'un moteur triphasé : contacteurs KM1 avant et KM2 arrière croisant L1 et L3, verrouillage mécanique et verrouillage électrique par contacts 21-22 dans le circuit de commande](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-inversion-sens-de-marche-puissance-commande.png)Inversion du sens de marche : KM2 croise L1 et L3 ; les deux contacteurs sont verrouillés mécaniquement (triangle) et électriquement (contacts 21-22).Les deux contacteurs partagent le même sectionneur, le même relais thermique et le même moteur. Regardez ce qui se passerait s'ils se fermaient ensemble : en sortie, le fil qui reçoit L1 par KM1 reçoit L3 par KM2. C'est un **court-circuit franc entre deux phases**, que seuls les fusibles ou le disjoncteur arrêteront, avec un arc dans les contacteurs. Tout le montage d'inversion est construit pour rendre cette situation impossible.

## Schéma de commande de l'inversion : verrouillages électrique et mécanique

Le schéma de commande part du même tronc que le démarrage direct : fusible F2, contact 95-96 du relais thermique, bouton d'arrêt S1. Il se sépare ensuite en deux branches identiques. Dans la branche de KM1, le bouton « avant » S2 est doublé par le 13-14 de KM1 ; dans celle de KM2, le bouton « arrière » S3 est doublé par le 13-14 de KM2.

Le **verrouillage électrique** consiste à placer le contact NF 21-22 de KM2 en série avec la bobine de KM1, et le NF 21-22 de KM1 en série avec la bobine de KM2. Dès que KM1 est fermé, son 21-22 s'ouvre et coupe la branche de KM2 : un appui sur S3 reste sans effet. Pour partir en arrière, il faut d'abord appuyer sur S1, laisser KM1 retomber, puis appuyer sur S3.

Le **verrouillage mécanique** est un bloc monté entre les deux contacteurs côte à côte, représenté par un triangle entre leurs traits pointillés. Il empêche physiquement l'un de se fermer tant que l'autre est fermé. Pourquoi les deux ? Parce que le verrouillage électrique ne protège pas contre tout : un contact 21-22 mal câblé, des pôles soudés par un court-circuit précédent, un contacteur que l'on enfonce à la main pendant un dépannage. Sur un inverseur, on met toujours les deux.

On rencontre aussi un troisième verrouillage, **par boutons-poussoirs** : S2 et S3 sont des boutons à double contact, et le NF de chacun est placé dans la branche de l'autre. Un appui sur « arrière » coupe d'abord la branche « avant », puis alimente KM2 : l'inversion se fait sans passer par l'arrêt. Ce passage direct n'est admis que si la machine le supporte, car le moteur freine alors en contre-courant, avec un courant et un couple très élevés. Sur les portes et les ponts roulants, on ajoute enfin des **fins de course** NF en série dans chaque branche, pour arrêter le mouvement en bout de course.

## Démarrage étoile-triangle : principe et conditions

Le démarrage étoile-triangle alimente d'abord les enroulements en **étoile**, sous tension réduite, puis les rebascule en **triangle**, sous pleine tension, quand le moteur a pris de la vitesse. Il n'a de sens que si le moteur fonctionne normalement en triangle sur le réseau. La règle de couplage, vue dans le [cours sur le monophasé et le triphasé](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-monophase-triphase/), le dit clairement : sur un réseau 230/400 V, il faut un moteur dont la petite tension de plaque vaut 400 V, soit un **moteur 400/690 V**. Un moteur 230/400 V, qui tourne en étoile sur ce réseau, ne peut pas être démarré en étoile-triangle : couplé en triangle, chacun de ses enroulements recevrait 400 V au lieu de 230 V.

### Pourquoi le courant et le couple sont divisés par 3

En triangle, chaque enroulement reçoit la tension composée U = 400 V. En étoile, il ne reçoit plus que la tension simple V = U / √3 = 400 / 1,732 ≈ 231 V. Le courant dans l'enroulement, moteur à l'arrêt, est proportionnel à la tension qu'il reçoit : il est divisé par √3. Mais le courant en ligne n'est pas le même dans les deux couplages. En triangle, le courant en ligne vaut √3 fois le courant d'un enroulement ; en étoile, il est égal au courant d'un enroulement. Au total, le courant en ligne est divisé par √3 × √3 = 3.

Le couple d'un moteur asynchrone varie comme le carré de la tension appliquée à ses enroulements. La tension est divisée par √3, le couple est donc divisé par (√3)² = 3. Retenez les deux résultats ensemble : **Id étoile = Id direct / 3 et Cd étoile = Cd direct / 3**. Avec un moteur dont le couple de démarrage direct vaut 2 fois le couple nominal, il ne reste en étoile que 0,67 Cn environ.

C'est la limite du procédé : il convient aux machines qui démarrent à vide ou avec un faible couple résistant, comme les ventilateurs, les pompes centrifuges, les compresseurs démarrés à vide ou les machines à bois. Une machine qui exige son couple nominal dès l'arrêt, un convoyeur chargé par exemple, ne démarrera pas en étoile.

## Démarrage étoile-triangle : schéma de puissance

Le schéma de puissance du démarrage étoile-triangle utilise trois contacteurs et exige que les six bornes du moteur soient accessibles : on retire les barrettes de la plaque à bornes, et on amène deux câbles au moteur, l'un sur U1, V1, W1, l'autre sur U2, V2, W2.

 ![Schéma de puissance du démarrage étoile-triangle : contacteur de ligne KM1, contacteur étoile KM2, contacteur triangle KM3, relais thermique réglé à In/√3 et moteur 400/690 V à six bornes](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-demarrage-etoile-triangle-puissance.png)Démarrage étoile-triangle : KM1 alimente U1, V1, W1 ; KM2 relie U2, V2, W2 en étoile ; KM3 referme le triangle.**KM1**, le contacteur de ligne, alimente U1, V1, W1 à travers le relais thermique ; il reste fermé tout le temps de la marche. **KM2**, le contacteur étoile, réunit U2, V2 et W2 : il crée le point étoile pendant le démarrage. **KM3**, le contacteur triangle, relie U2, V2, W2 aux phases prises juste après KM1 : W2 à L1, U2 à L2, V2 à L3. Chaque enroulement se retrouve alors entre deux phases, c'est le triangle. KM2 et KM3 ne doivent jamais être fermés ensemble, sans quoi ils court-circuitent le réseau par le point étoile : ils sont verrouillés électriquement et mécaniquement, comme les deux contacteurs d'un inverseur.

Le calibre des appareils découle de la place de chacun. KM1 et KM3 ne voient que le courant d'un enroulement, soit In / √3 ≈ 0,58 In. KM2 ne travaille qu'en étoile, sous courant réduit : 0,33 In suffisent. Le relais thermique, placé dans les conducteurs qui alimentent U1, V1, W1, est lui aussi traversé par le courant des enroulements : il se **règle à In / √3 ≈ 0,58 In**, et non sur le courant nominal lu sur la plaque. C'est l'erreur de réglage la plus fréquente sur ces démarreurs.

## Schéma de commande étoile-triangle et temporisation

La commande doit enchaîner automatiquement trois états : étoile, pause, triangle. On utilise pour cela un [relais temporisé](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/relais-temporise/) KA1, temporisé au travail : ses contacts changent d'état une fois la durée réglée écoulée après la mise sous tension de sa bobine. Il peut s'agir d'un relais séparé, d'un bloc temporisé monté sur KM1 ou d'un relais étoile-triangle dédié.

 ![Schéma de commande du démarrage étoile-triangle avec relais temporisé KA1, contacts temporisés 55-56 et 67-68, verrouillage KM2/KM3 et chronogramme de la séquence étoile puis triangle](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-demarrage-etoile-triangle-commande.png)Commande étoile-triangle : KA1 fait retomber KM2 (55-56) puis autorise KM3 (67-68) ; les 21-22 croisés verrouillent KM2 et KM3.Suivons le schéma. Le tronc commun reste le même : F2, 95-96 de F1, arrêt S1, marche S2 doublé par le 13-14 de KM1. En aval, quatre branches sont alimentées en parallèle. À l'appui sur S2, KM1, KA1 et KM2 se ferment : le moteur démarre en étoile. KM2 est alimenté à travers le contact **55-56 de KA1**, un NF temporisé, et le 21-22 de KM3. KM3 attend derrière le contact **67-68 de KA1**, un NO temporisé, et le 21-22 de KM2.

Au bout de la temporisation, 55-56 s'ouvre : KM2 retombe. 67-68 se ferme, mais KM3 ne peut s'enclencher que lorsque le 21-22 de KM2 s'est refermé, donc lorsque KM2 est réellement ouvert. Le verrouillage électrique impose ainsi l'ordre des opérations. Les relais étoile-triangle dédiés ajoutent en plus une courte pause, de quelques dizaines de millisecondes, entre l'ouverture de l'étoile et la fermeture du triangle, pour laisser l'arc s'éteindre dans KM2.

Reste à régler la temporisation. Elle doit laisser au moteur le temps d'approcher sa vitesse nominale en étoile, soit quelques secondes selon l'inertie de la machine. Trop courte, le passage en triangle se fait à basse vitesse et reproduit presque la pointe d'un démarrage direct. Trop longue, le moteur force inutilement en étoile. La bonne méthode est de mesurer : pince ampèremétrique sur une phase, on règle pour que le courant en étoile soit redescendu près de sa valeur stabilisée avant la bascule.

Un point à connaître : au passage de l'étoile au triangle, le moteur est brièvement déconnecté, puis réalimenté sous pleine tension alors qu'il tourne encore. Il en résulte une pointe de courant et un à-coup de couple, d'autant plus marqués que la vitesse atteinte en étoile est faible. C'est la contrepartie d'un procédé simple et bon marché.

## Démarreur progressif et variateur de vitesse

Le **démarreur progressif** est un gradateur à thyristors placé entre le réseau et le moteur. Il fait monter la tension de façon continue, suivant une rampe réglable, souvent avec une limitation de courant. Le moteur démarre sans à-coup, et beaucoup de modèles gèrent aussi un **ralentissement progressif**, très utile sur les pompes pour éviter les coups de bélier. En fin de rampe, un contacteur de court-circuitage, intégré ou externe, shunte souvent les thyristors pour limiter leur échauffement. Le moteur reste raccordé par trois fils, dans son couplage normal : pas besoin d'un moteur 400/690 V.

Sa limite est la même que celle de tous les démarrages sous tension réduite : le couple varie comme le carré de la tension. À 50 % de la tension, le moteur ne dispose plus que du quart de son couple de démarrage direct. Le démarreur progressif convient donc, lui aussi, aux charges à faible couple de démarrage.

Le [variateur de vitesse](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/variateur-de-vitesse/) travaille autrement : il alimente le moteur sous une fréquence variable, avec une tension qui varie dans le même rapport. Au démarrage, il part d'une fréquence très basse ; la vitesse de synchronisme est faible, le glissement reste petit et le moteur fournit son couple nominal avec un courant voisin de son courant nominal. C'est le seul procédé qui réduise le courant de démarrage **sans sacrifier le couple**, et il permet en plus de régler la vitesse en marche. Il coûte plus cher et demande des précautions de câblage (câble blindé, compatibilité électromagnétique) : son fonctionnement, son paramétrage et son installation sont traités dans le chapitre BTS consacré aux variateurs.

## Quel démarrage choisir pour un moteur asynchrone

Le tableau résume les ordres de grandeur. Les valeurs de courant sont exprimées pour un moteur dont le courant de démarrage direct vaut 5 à 8 In.

| Procédé | Courant de démarrage | Couple de démarrage | À retenir |
|---|---|---|---|
| **Direct** | 5 à 8 In | Cd complet | Simple, économique, démarrage en charge possible ; pointe de courant et à-coup mécanique |
| **Étoile-triangle** | Id / 3, soit environ 1,7 à 2,7 In | Cd / 3 | Moteur 400/690 V sur réseau 400 V, six fils ; démarrage à faible charge ; pointe à la bascule |
| **Démarreur progressif** | Limité à la valeur réglée | Réduit comme le carré de la tension | Démarrage et arrêt sans à-coup, trois fils ; faible couple de démarrage |
| **Variateur de vitesse** | Voisin de In | Couple nominal disponible | Vitesse réglable, économies d'énergie ; coût et précautions de câblage |

En pratique, on commence toujours par se demander si le démarrage direct est acceptable. S'il ne l'est pas, le couple résistant de la machine au démarrage oriente le choix : faible, l'étoile-triangle ou le démarreur progressif conviennent ; élevé, ou si la vitesse doit varier, on passe au variateur.

## Pour aller plus loin (BTS)

**Comparer étoile-triangle et démarreur progressif à couple égal.** Les deux divisent le couple par le carré du rapport de tension, mais pas le courant de la même façon. Dans le démarreur progressif, le courant en ligne est le courant du moteur, qui varie comme la tension : à 58 % de la tension, le courant est à 58 % de Id et le couple à 33 % de Cd. En étoile-triangle, pour le même couple (33 % de Cd), le courant en ligne tombe à 33 % de Id grâce au changement de couplage. À couple de démarrage égal, l'étoile-triangle appelle donc moins de courant au réseau. Le démarreur progressif garde l'avantage de la souplesse, de l'absence de pointe à la bascule et du câblage à trois fils (voir l'exercice 6).

**Vérifier que le moteur démarre.** Le moteur accélère tant que son couple dépasse le couple résistant de la machine. On superpose donc la courbe de couple du moteur, réduite dans le rapport du procédé choisi, et la courbe de couple résistant : si elles se croisent avant la vitesse nominale, le moteur reste accroché à une vitesse intermédiaire. En étoile-triangle, c'est ce qui arrive avec une temporisation mal réglée ou une machine trop chargée : la bascule se fait alors loin de la vitesse nominale.

**Protéger un inverseur.** Un moteur que l'on inverse en pleine marche (freinage par contre-courant) ou que l'on commande par à-coups fait couper au contacteur un courant proche de sa pointe de démarrage. Les contacteurs se choisissent alors dans la catégorie AC-4 du constructeur, et non en AC-3 comme pour un démarrage simple. La catégorie d'emploi et la coordination sont présentées dans le cours sur le contacteur et le relais thermique.

## Les erreurs qui reviennent

La première, et la plus dangereuse, est d'**oublier un verrouillage**. Un inverseur câblé sans les 21-22 croisés fonctionne très bien à l'essai, tant que personne n'appuie sur « arrière » pendant la marche avant. Le jour où cela arrive, c'est un court-circuit entre phases. On vérifie les deux verrouillages à chaque mise en service, et le bloc mécanique n'est jamais retiré.

Deuxième erreur : **démarrer en étoile-triangle un moteur 230/400 V** sur un réseau 400 V. En étoile, tout semble normal ; à la bascule en triangle, chaque enroulement reçoit 400 V au lieu de 230 V, le courant s'envole et le relais thermique déclenche, si le bobinage n'a pas brûlé avant. On lit la plaque avant de choisir le démarreur.

Troisième erreur : **régler le relais thermique sur In** dans un démarreur étoile-triangle. Placé dans les enroulements, il voit 0,58 In : réglé sur In, il ne protégera jamais le moteur contre une surcharge modérée.

Dernière erreur : **se tromper dans les liaisons du triangle**. Si KM3 ne relie pas U2 à la phase de V1, V2 à celle de W1 et W2 à celle de U1, le moteur change de sens à la bascule, ou tourne en déséquilibre. Au premier essai, on regarde le sens en étoile, puis on vérifie qu'il reste le même en triangle, pince ampèremétrique en main.

## Exercices corrigés sur le démarrage des moteurs

Les cinq premiers exercices correspondent au niveau bac pro, les deux derniers au BTS. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

**Exercice 1.** Pour inverser le sens de marche d'un moteur, un apprenti propose de croiser les trois phases dans KM2 (L1 vers L2, L2 vers L3, L3 vers L1). Le moteur tournera-t-il à l'envers ? Que se passerait-il si KM1 et KM2 étaient fermés en même temps sur le schéma normal ?

 Voir le corrigéNon. Une permutation circulaire des trois phases conserve l'ordre de succession L1, L2, L3 : le champ tourne dans le même sens et le moteur aussi. Il faut permuter deux phases seulement, par exemple L1 et L3. Sur le schéma normal, si KM1 et KM2 se fermaient ensemble, la même sortie recevrait L1 par KM1 et L3 par KM2 : court-circuit franc entre L1 et L3, coupé par les fusibles aM ou le disjoncteur. Conclusion : deux phases croisées, et deux contacteurs qui ne doivent jamais être fermés ensemble.

**Exercice 2.** Sur un inverseur, le moteur tourne en marche avant. On appuie sur S3 (arrière) sans passer par l'arrêt. Décrivez ce qui se passe a) avec le verrouillage électrique par 21-22 ; b) si l'apprenti a oublié ce verrouillage et le bloc mécanique.

 Voir le corrigéa) KM1 est fermé, donc son contact 21-22, en série avec la bobine de KM2, est ouvert : l'appui sur S3 ne fait rien. Le moteur continue en marche avant ; il faut appuyer sur S1, puis sur S3. b) Rien n'empêche KM2 de se fermer alors que KM1 est maintenu : les deux contacteurs sont fermés ensemble, court-circuit entre deux phases, fusion des fusibles ou déclenchement du disjoncteur, et contacts probablement endommagés. Conclusion : le verrouillage électrique n'est pas une option, et on le double par le verrouillage mécanique.

**Exercice 3.** Le réseau est en 230/400 V. Lequel de ces moteurs peut être démarré en étoile-triangle : a) plaque 230/400 V ; b) plaque 400/690 V ? Justifiez.

 Voir le corrigéLe démarrage étoile-triangle suppose que le moteur tourne en triangle sur le réseau, c'est-à-dire que la petite tension de sa plaque soit égale à la tension entre phases, 400 V. a) Moteur 230/400 V : 400 V est sa grande tension, il fonctionne en étoile. En triangle, ses enroulements recevraient 400 V au lieu de 230 V. Étoile-triangle impossible. b) Moteur 400/690 V : 400 V est sa petite tension, il fonctionne en triangle. Étoile-triangle possible.

**Exercice 4.** Un ventilateur est entraîné par un moteur 15 kW, 400/690 V, 1 460 tr/min, In = 28,5 A sous 400 V, Id/In = 7,2, Cd/Cn = 2,3. Calculez le courant et le couple de démarrage en direct puis en étoile-triangle. Le couple résistant du ventilateur au démarrage est de 40 N·m : le moteur démarre-t-il en étoile ?

 Voir le corrigéCourant direct : Id = 7,2 × 28,5 ≈ 205 A. En étoile : 205 / 3 ≈ 68 A. Couple nominal : Cn = P / Ω, avec Ω = 2π × n / 60 = 2 × 3,1416 × 1 460 / 60 ≈ 152,9 rad/s, soit Cn = 15 000 / 152,9 ≈ 98,1 N·m. Couple de démarrage direct : Cd = 2,3 × 98,1 ≈ 226 N·m. En étoile : 226 / 3 ≈ 75 N·m. 75 N·m > 40 N·m : le moteur démarre en étoile. Conclusion : la pointe de courant passe de 205 A à 68 A, et le couple disponible (75 N·m) reste suffisant pour ce ventilateur.

**Exercice 5.** Pour le moteur de l'exercice 4, déterminez le courant de réglage du relais thermique et le courant minimal en AC-3 de KM1, KM2 et KM3.

 Voir le corrigéLe relais thermique est traversé par le courant des enroulements : Ir = In / √3 = 28,5 / 1,732 ≈ 16,5 A. KM1 (ligne) et KM3 (triangle) voient le même courant : au moins 0,58 × 28,5 ≈ 16,5 A en AC-3. KM2 (étoile) : 0,33 × 28,5 ≈ 9,4 A en AC-3. Conclusion : relais réglé sur 16,5 A, KM1 et KM3 d'au moins 16,5 A, KM2 d'au moins 9,4 A, choisis dans les calibres du constructeur (par exemple 18 A et 12 A).

**Exercice 6 (BTS).** On compare, pour le moteur de l'exercice 4, l'étoile-triangle et un démarreur progressif qui applique au démarrage 58 % de la tension du réseau. On admet que le courant du moteur à l'arrêt est proportionnel à la tension et le couple proportionnel à son carré. Comparez courant en ligne et couple de démarrage.

 Voir le corrigéDémarreur progressif à 58 % de U : courant en ligne = 0,58 × 205 ≈ 119 A ; couple = 0,58² × 226 = 0,336 × 226 ≈ 76 N·m. Étoile-triangle : courant en ligne = 205 / 3 ≈ 68 A ; couple = 226 / 3 ≈ 75 N·m. À couple de démarrage pratiquement égal, le démarreur progressif appelle environ 119 A contre 68 A en étoile-triangle. Conclusion : l'étoile-triangle limite mieux la pointe au réseau, grâce au changement de couplage ; le démarreur progressif compense par une montée sans à-coup, sans pointe à la bascule, et par le câblage à trois fils.

**Exercice 7 (BTS).** Sur un démarreur étoile-triangle de compresseur, le relais thermique déclenche une fois sur deux au démarrage. La pince montre une pointe très élevée au moment de la bascule, et le courant en étoile était encore à 2,5 fois sa valeur stabilisée lorsque KM3 s'est fermé. Diagnostic et remède ?

 Voir le corrigéUn courant en étoile encore élevé au moment de la bascule signifie que le moteur n'avait pas fini d'accélérer : la temporisation de KA1 est trop courte. Le passage en triangle se fait à basse vitesse, et la pointe se rapproche de celle d'un démarrage direct, ce qui fait déclencher le relais. On allonge la temporisation jusqu'à ce que le courant en étoile soit stabilisé avant la bascule. On vérifie aussi que le compresseur démarre bien à vide (électrovanne de décharge) : s'il démarre en charge, le couple en étoile peut être insuffisant pour atteindre la vitesse, quelle que soit la temporisation. Conclusion : régler la temporisation à la pince, et contrôler la mise à vide du compresseur.

## Sources

- Schneider Electric, [Comment dimensionner un démarreur étoile-triangle ?](https://www.se.com/fr/fr/faqs/FA20000/) : choix et calibre des contacteurs KM1, KM2, KM3, schémas de puissance et de commande.
- Schneider Electric, Cahier technique n° 207, [Les moteurs électriques, pour mieux les piloter et les protéger](https://sti.eduscol.education.fr/sites/eduscol.education.fr.sti/files/ressources/techniques/690/690-ct207-moteurs-elec.pdf) (diffusé par Éduscol STI) : démarrage direct, démarreurs progressifs et variateurs.
- Éduscol STI, [Référentiel du bac pro MELEC (2024)](https://sti.eduscol.education.fr/textes/referentiel-bac-pro-des-metiers-de-lelectricite-et-de-ses-environnements-connectes).
- Normes IEC 60947-4-1 (contacteurs et démarreurs de moteurs) et NF EN 60204-1 (équipement électrique des machines).
 
## Pour aller plus loin sur le site

- [Commande moteur](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/commande-moteur/)
- [Contacteur de puissance](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/contacteur-puissance/)
- [Les moteurs dans l’installation électrique, un traitement au cas par cas](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/conseils-electricite/elements-electriques/moteurs-installation-electrique-conseils-branchement/)
- [Relais thermique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/relai-thermique/)

[Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/)

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*Source : [www.installation-renovation-electrique.com](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-demarrage-moteur-direct-inversion-etoile-triangle/)*
