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title: "Éclairage public : réseau, armoire de commande et chute de tension"
description: "Cours d'éclairage public bac pro : armoire de commande, horloge astronomique, classe I et II, chute de tension d'un départ, LED, arrêté de 2018 et exercices."
url: "https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-eclairage-public-reseau-armoire-commande/"
author: "Raphaël Bossoreil"
date: "2026-10-03T14:04:29+02:00"
modified: "2026-10-03T14:04:35+02:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Cours d'électricité"]
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# Éclairage public : réseau, armoire de commande et chute de tension

En bref

Un réseau d'éclairage public part d'une **armoire de commande** : comptage, protection, horloge astronomique ou interrupteur crépusculaire, contacteur, puis des **départs** qui alimentent chacun une file de candélabres. L'installation suit la norme **NF C 17-200**. La protection des personnes repose soit sur la **classe II**, soit sur la classe I avec dispositif différentiel et prise de terre, les mâts métalliques étant reliés à la terre. Sur un départ long, la **chute de tension** se calcule tronçon par tronçon. Les lanternes [LED](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/led/ "LED") permettent l'abaissement de puissance la nuit, et l'**arrêté du 27 décembre 2018** limite la lumière émise vers le ciel, la température de couleur (3 000 K) et le flux installé par mètre carré.

Pour l'électricien, l'éclairage des rues est une installation à part : elle est dehors toute l'année, elle s'étire sur des centaines de mètres, le public touche les mâts tous les jours, et personne n'est là pour appuyer sur un interrupteur. Le référentiel du bac pro MELEC cite l'éclairage public parmi les secteurs d'activité du métier : il faut savoir lire le schéma d'une armoire, calculer un départ et dépanner une file de candélabres.

La photométrie (flux, éclairement, efficacité lumineuse) est traitée dans le cours sur [l'éclairage et la photométrie](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-eclairage-photometrie-led-calcul-eclairement/) : on s'y reportera pour le vocabulaire. Une définition courte figure aussi dans la fiche [éclairage public](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/eclairage-electrique/eclairage-public/) du glossaire.

## Éclairage public : quelle norme s'applique ?

Un bâtiment relève de la [NF C 15-100](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/norme-electricite-nf-c-15-100/nouvelle-version-norme-nf-c15-100-2025/ "La nouvelle version de la norme NF C15-100"). Une [installation électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/installation-electrique-2/ "Installation électrique") posée sur la voie publique relève d'une autre norme, la **NF C 17-200**. Ses premières éditions s'appelaient « Installations d'éclairage public », celle de 2007 « Installations d'éclairage extérieur » ; l'édition de septembre 2016, en vigueur aujourd'hui, s'intitule « Installations électriques extérieures », parce qu'elle couvre aussi l'éclairage des voies privées, des parcs et des stades, le mobilier urbain, les illuminations, les coffrets de prises des marchés et les bornes de recharge alimentées depuis un réseau extérieur. Elle reprend les principes de la NF C 15-100 en les adaptant à l'extérieur. La frontière : une applique de façade alimentée depuis le tableau d'un bâtiment reste dans la NF C 15-100 ; un candélabre alimenté par une armoire posée sur le trottoir est dans la NF C 17-200.

Trois autres textes entourent le métier. La série **NF EN 13201** traite des performances photométriques d'une voie selon son usage. L'**arrêté du 27 décembre 2018** fixe les règles sur les nuisances lumineuses, vues plus bas. Enfin la **NF C 18-510** s'applique à celui qui intervient : travailler dans une armoire ou dans un pied de mât demande une habilitation électrique adaptée, comme l'explique le cours sur [l'habilitation électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-securite-habilitation-electrique/).

## Constitution d'un réseau d'éclairage public

Suivons l'énergie depuis le réseau de distribution jusqu'à la lanterne.

 ![Schéma d'un réseau d'éclairage public : armoire de commande, départ enterré sous fourreau, candélabres avec coffret de pied de mât et conducteur de terre en cuivre nu reliant les mâts](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-reseau-eclairage-public-armoire-candelabres.png)Une armoire, un départ enterré, une file de candélabres protégés chacun en pied de mât.**Le branchement.** La commune souscrit un contrat par armoire. Le réseau public arrive sur un compteur et un [disjoncteur](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/disjoncteur/ "Disjoncteur") de branchement, logés dans l'armoire ou dans un coffret voisin. Comme pour un logement, le neutre du réseau est à la terre au poste et les masses de l'installation ont leur propre prise de terre : on est en **schéma TT**.

**L'armoire de commande.** C'est le tableau électrique du quartier. Elle contient la coupure générale, les organes de commande et la protection de chaque départ.

**Les départs.** Chaque départ est un câble qui quitte l'armoire et passe d'un candélabre au suivant. En réseau souterrain, c'est un câble à isolation renforcée de la famille U-1000 R2V, tiré dans un fourreau, avec au-dessus un dispositif avertisseur qui prévient le terrassier avant qu'il n'atteigne le câble. Les départs sont monophasés pour les petites puissances, triphasés avec neutre dès que la longueur ou la puissance augmente : les lanternes sont alors branchées tour à tour sur L1, L2 et L3 pour équilibrer les phases. Dans les bourgs anciens, on rencontre aussi des réseaux aériens sur poteaux ou façades. La désignation des câbles est expliquée dans le cours sur [les câbles et conduits](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-cables-conducteurs-conduits/).

**Le candélabre.** Le mot désigne l'ensemble du support : massif de fondation, mât, crosse éventuelle. Le mât n'est pas un matériel électrique, c'est une enveloppe. En bas, une porte de visite donne accès au **coffret de pied de mât**. Le câble du départ y entre, en repart vers le candélabre suivant, et une dérivation monte vers la lanterne à travers un coupe-circuit à [fusible](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/fusible/ "Fusible") ou un petit disjoncteur. Ce coffret protège le câble de remontée, plus fin que celui du départ, et isole une lanterne en défaut sans couper les autres.

**La lanterne.** C'est le luminaire, avec sa source et son alimentation électronique. Elle porte un indice de protection élevé contre l'eau et la poussière, et une classe d'isolation, I ou II, qui commande toute la suite.

## L'armoire de commande, organe par organe

 ![Synoptique d'une armoire de commande d'éclairage public : branchement, interrupteur-sectionneur, parafoudre, contacteur piloté par horloge astronomique ou cellule crépusculaire, commutateur Auto/0/Manu et trois départs protégés](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-armoire-commande-eclairage-public.png)Le circuit de puissance va du branchement aux départs ; le circuit de commande pilote la bobine du [contacteur](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/contacteur/ "Contacteur").Dans l'ordre où le courant les traverse, on trouve d'abord l'**appareil général de coupure**, un interrupteur-sectionneur qui permet de séparer toute l'armoire du réseau pour y travailler. Vient ensuite, quand l'étude l'a retenu, un **[parafoudre](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/securite-electrique/parafoudre-ou-paratonnerre/ "Différences entre parafoudre et paratonnerre")** avec sa protection associée, placé juste en aval de la coupure. La version 2016 de la norme demande une analyse du risque de [surtension](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/surtension/ "Surtension"), selon la tenue aux chocs des matériels, la densité de foudroiement et la longueur des circuits ; un parafoudre en tête protège surtout l'électronique de l'armoire. Les principes sont détaillés dans le cours sur [les parafoudres et la protection contre les surtensions](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-parafoudre-protection-foudre-surtensions/).

Le **contacteur de puissance** est l'interrupteur de la rue. Quand sa bobine est alimentée, il ferme ses pôles et met tous les départs sous tension d'un seul coup. Son fonctionnement est celui décrit dans le cours sur [le contacteur et les schémas de commande et de puissance](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-contacteur-relais-thermique-schema-commande-puissance/). En aval, chaque départ a sa **protection** : contre les surintensités par disjoncteur ou fusibles, contre les défauts d'isolement par un dispositif différentiel dès que l'installation n'est pas entièrement en classe II.

Le circuit de commande, lui, comprend sa propre protection, l'horloge ou la cellule, et un **commutateur à trois positions**. Sur « Auto », l'horloge décide. Sur « 0 », l'éclairage reste éteint. Sur « Manu », le contacteur est forcé : c'est la position qu'utilise l'agent de maintenance pour allumer en plein jour et repérer les lanternes en panne.

## Commande : interrupteur crépusculaire ou horloge astronomique

Il faut allumer à la tombée de la nuit et éteindre au lever du jour, alors que ces heures changent tous les jours. Deux appareils savent le faire.

L'[interrupteur crépusculaire](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/equipements-electriques/interrupteur-crepusculaire/) mesure la lumière du jour avec une cellule photoélectrique installée dehors. Quand l'éclairement passe sous un seuil réglé en lux, il ferme son contact, avec une temporisation pour ne pas réagir au passage d'un nuage ou aux phares d'une voiture. Il suit le temps réel : un orage très sombre en fin d'après-midi allume la rue. Sa faiblesse est la cellule : encrassée, masquée par un arbre ou éclairée par une enseigne, elle commute trop tôt ou trop tard.

L'[horloge astronomique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/equipements-electriques/horloge-astronomique/) ne mesure rien : elle calcule. À partir de la date, de l'heure et de la position géographique (latitude et longitude, ou choix d'une zone), elle détermine chaque jour l'heure du coucher et du lever du soleil et commute en conséquence. On peut décaler l'allumage et l'extinction de quelques minutes, et programmer une coupure en milieu de nuit sur un second canal. Sans capteur extérieur, elle n'a rien à nettoyer, et toutes les armoires d'une commune commutent à la même minute. En contrepartie, elle ignore le ciel réel.

| Critère | Interrupteur crépusculaire | Horloge astronomique |
|---|---|---|
| **Principe** | Mesure de l'éclairement par une cellule | Calcul du lever et du coucher du soleil |
| **Réglages** | Seuil en lux, temporisation | Date, heure, position, décalages |
| **Point fort** | Réagit à la luminosité réelle | Pas de capteur, armoires synchronisées |
| **Point faible** | Cellule sale, masquée ou éblouie | Ne voit pas un ciel anormalement sombre |
| **Extinction en milieu de nuit** | Demande une horloge en plus | Programmable sur l'appareil |

Dans les deux cas, le contact de l'appareil ne coupe pas la puissance : il alimente la bobine du contacteur. Les réseaux les plus récents ajoutent une **télégestion** : l'armoire, voire chaque lanterne, communique avec un poste central qui remonte les pannes et modifie les horaires à distance. On parle alors d'éclairage public communicant.

## Protection des personnes : classe I, classe II et mise à la terre

Un mât métallique sur un trottoir est une masse que tout le monde touche, parfois les pieds dans une flaque. Si un conducteur blessé touche l'intérieur du mât, celui-ci peut se trouver au potentiel de la phase. Deux stratégies évitent l'accident, et il faut reconnaître celle du réseau sur lequel on intervient.

### Installation en classe II

La première consiste à empêcher le défaut d'atteindre le mât. La lanterne est de [classe II](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/equipements-electriques/classe-ii/), le câble qui monte dans le mât a une double isolation, le coffret de pied de mât est lui aussi de classe II. Entre les conducteurs actifs et le métal accessible, il y a partout deux isolations. La protection ne dépend alors ni d'une prise de terre ni d'un différentiel, et aucun conducteur de protection n'est raccordé à la lanterne. La contrepartie est une rigueur totale à la pose et au dépannage : une gaine blessée contre l'arête de la porte, un coffret remplacé par un modèle ordinaire, et la classe II n'existe plus sans que rien ne le signale.

### Installation en classe I

La seconde accepte que le défaut puisse arriver et organise la coupure. La masse de la lanterne et le mât sont reliés à un conducteur de protection et à une prise de terre ; un **dispositif différentiel** placé sur le départ coupe dès qu'un courant de défaut part à la terre. En schéma TT, la règle est celle du cours sur [les régimes de neutre et la prise de terre](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-prise-de-terre-regimes-de-neutre/) : le produit de la résistance de la prise de terre par le courant différentiel assigné ne doit pas dépasser la tension limite de 50 V.

**RA × IΔn ≤ 50 V**

Avec un différentiel de 300 mA, la prise de terre doit donc être inférieure ou égale à 50 / 0,3 = 167 Ω. Un seul différentiel en tête de départ suffit à la sécurité, mais le moindre défaut sur une lanterne éteint alors toute la file. Pour garder la rue éclairée, on ajoute une protection propre à chaque candélabre, qui déclenche avant celle du départ.

### La mise à la terre des mâts

La prise de terre d'un réseau d'éclairage est le plus souvent un **conducteur en cuivre nu de 25 mm²** déroulé en fond de tranchée, en contact avec le sol, qui passe d'un massif à l'autre et auquel chaque mât est raccordé par sa borne de terre. Il sert à la fois de prise de terre et de liaison entre les mâts. Dans sa version 2016, la norme demande que les candélabres métalliques soient mis à la terre et interconnectés quelle que soit la classe des matériels qu'ils portent, ce qui sert aussi à écouler les surtensions d'origine atmosphérique.

Enfin, les prises de courant installées sur le réseau, pour les illuminations de fin d'année par exemple, sont protégées par un différentiel à haute sensibilité de 30 mA au plus, comme partout ailleurs.

## Chute de tension sur un départ long

Un départ d'éclairage public peut mesurer 500 m, 800 m, parfois plus. À cette échelle, la résistance du câble compte : la tension qui arrive à la dernière lanterne est plus basse que celle de l'armoire. La NF C 17-200 limite cette chute de tension, entre l'origine de l'installation et le point le plus éloigné. L'édition 2007 retenait 3 % ou 6 % selon le mode d'alimentation ; l'édition 2016 a porté ces valeurs à **5 % ou 8 %**. Pour une armoire de commune branchée sur le réseau public basse tension, le cas de loin le plus courant, on retient la plus sévère des deux, 5 %, soit 11,5 V sous 230 V.

La formule de base est celle du cours sur [les sections de câble et la chute de tension](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-section-de-cable-chute-de-tension/). En monophasé, en négligeant la réactance du câble : ΔU = 2 × ρ × L × I × cos φ / S, avec ρ = 0,023 Ω·mm²/m pour le cuivre ([résistivité](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/resistivite/ "Résistivité") en service, 1,25 fois celle à 20 °C). Comme I × cos φ = P / U, on peut l'écrire directement avec la puissance : ΔU = 2 × ρ × L × P / (S × U).

La difficulté propre à l'éclairage public est que la charge n'est pas au bout du câble : elle est **répartie** tout le long. Le premier tronçon porte le courant de toutes les lanternes, le dernier celui d'une seule. On additionne donc les contributions de chaque lanterne, chacune multipliée par sa distance à l'armoire. C'est la méthode des moments :

**ΔU = 2 × ρ × Σ(P × L) / (S × U)**

 ![Calcul de la chute de tension d'un départ d'éclairage public par la méthode des tronçons : 18 lanternes de 80 W espacées de 35 m, résultats en 6, 10 et 16 mm²](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-chute-de-tension-depart-eclairage-public.png)Dix-huit lanternes de 80 W tous les 35 m : le calcul par tronçons donne 4,2 % en 10 mm².Prenons un départ monophasé de 18 lanternes de 80 W, espacées de 35 m, la première à 35 m de l'armoire. Le départ mesure 18 × 35 = 630 m. La somme des moments vaut 80 × 35 × (1 + 2 + … + 18) = 80 × 35 × 171 = 478 800 W·m. En 10 mm² : ΔU = 2 × 0,023 × 478 800 / (10 × 230) = 9,58 V, soit 9,58 / 230 = 4,2 %. La limite de 5 % est respectée. En 6 mm², on trouverait 16,0 V, soit 6,9 % : trop.

Quand les lanternes sont identiques et régulièrement espacées, un raccourci évite la somme : la charge répartie équivaut à la puissance totale placée à la distance L × (n + 1) / (2 × n), ici 630 × 19 / 36 = 332,5 m, soit à peu près le milieu du départ. L'apprenti qui place toute la puissance en bout de ligne trouve 7,9 % en 10 mm², presque le double, et commande du 16 mm² pour rien.

Si le résultat dépasse la limite, on augmente la section, on passe le départ en triphasé, ou on place l'armoire au centre du réseau pour avoir deux départs plus courts.

## Sources LED et abaissement de puissance

Les lampes à décharge, au sodium haute pression surtout, ont éclairé les rues pendant des décennies. Les rénovations se font aujourd'hui en LED : meilleure efficacité lumineuse, lumière dirigée par des optiques vers la chaussée, et flux réglable à volonté.

Une lanterne LED contient une alimentation électronique, le **driver**, qui fournit aux LED un [courant continu](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/courant-continu/ "Courant continu") régulé. Ce driver change le comportement électrique du réseau, et l'électricien doit en tenir compte sur trois points. À la mise sous tension, ses condensateurs appellent pendant un instant très bref un courant bien supérieur au courant nominal : si trop de lanternes sont sur le même départ, le disjoncteur déclenche à l'allumage. La norme appelle cela la **règle du nombre** : le nombre de luminaires par circuit s'adapte au type et au calibre de la protection, d'après les données du fabricant. Ensuite, chaque driver laisse passer un petit courant de fuite vers la terre ; additionnés sur une longue file en classe I, ils peuvent approcher le seuil du différentiel. Enfin, l'électronique supporte mal les surtensions.

L'**abaissement de puissance** consiste à réduire le flux aux heures creuses de la nuit, quand la rue est presque vide. Trois techniques existent. Le driver peut être programmé : il repère lui-même le milieu de la nuit d'après les allumages précédents et réduit sa puissance pendant une plage fixée autour de ce milieu, sans aucun fil supplémentaire. L'armoire peut aussi envoyer un ordre par un conducteur pilote ou par un signal de gradation (1-10 V, DALI). Enfin, en télégestion, chaque lanterne reçoit sa consigne à distance.

Le gain se calcule facilement. Une lanterne de 70 W qui fonctionne toute la nuit est allumée un peu plus de 4 000 heures par an ; prenons 4 100 h. Elle consomme 70 × 4 100 = 287 kWh par an. Si elle descend à 50 % de sa puissance pendant 6 heures chaque nuit, soit 6 × 365 = 2 190 h, l'économie est de 35 × 2 190 = 76,7 kWh, soit 27 % de la consommation.

## Nuisances lumineuses : ce qu'impose l'arrêté du 27 décembre 2018

La lumière envoyée vers le ciel gaspille de l'énergie, gêne les riverains et perturbe les animaux nocturnes. L'arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses encadre toutes les installations d'éclairage extérieur. L'éclairage des voies est sa catégorie « a » : l'éclairage extérieur destiné à favoriser la sécurité des déplacements, des personnes et des biens et le confort des usagers sur l'espace public ou privé. Pour cette catégorie, son article 3 fixe quatre exigences techniques, que l'électricien retrouve dans la fiche technique de chaque luminaire.

| Exigence (éclairage de voirie) | Valeur | Ce que cela veut dire |
|---|---|---|
| **Lumière émise au-dessus de l'horizontale** | strictement inférieure à 1 % en valeur nominale, à 4 % en condition d'installation | La lanterne n'éclaire pas le ciel ; on la pose à plat, sans l'incliner |
| **Code de flux CIE n° 3** | supérieur à 95 % | Presque tout le flux émis vers le bas l'est dans un cône de demi-angle 75,5° : pas de lumière rasante |
| **Température de couleur** | 3 000 K au plus | Blanc chaud ; les blancs froids, riches en bleu, sont exclus |
| **Densité surfacique de flux lumineux installé** | inférieure à 35 lm/m² en agglomération, à 25 lm/m² hors agglomération | Flux total des sources divisé par la surface à éclairer : on ne suréclaire pas |

Le texte ajoute des règles plus sévères dans certains espaces : dans les réserves naturelles, la température de couleur ne dépasse pas 2 400 K ; dans les cœurs de parcs nationaux, 2 700 K en agglomération et 2 400 K hors agglomération. Les installations ne doivent pas éclairer directement les cours d'eau, les plans d'eau et le domaine public maritime, sauf raison de sécurité prévue par le texte.

Côté horaires, l'arrêté n'oblige pas à éteindre l'éclairage des voies publiques la nuit : cette décision appartient au maire. Il impose en revanche l'extinction, au plus tard 1 heure après la fin de l'activité, des éclairages de même nature liés à une activité économique et situés dans un espace clos non couvert ou semi-couvert, et celle des parcs de stationnement annexés à un lieu ou à une zone d'activité 2 heures après la fin de cette activité.

Ces règles s'appliquent aux installations mises en service depuis le 1er janvier 2020. Pour les réseaux plus anciens, l'arrêté a fixé une échéance au 1er janvier 2025 pour remplacer les luminaires dont plus de 50 % de la lumière part au-dessus de l'horizontale, typiquement les lanternes « boules ». Enfin, le gestionnaire doit pouvoir présenter les données de chaque installation lors d'un contrôle : proportion de lumière au-dessus de l'horizontale, code de flux, température de couleur, puissance, flux lumineux et date d'installation de la lanterne.

## Pour aller plus loin (BTS)

**Départ triphasé.** Avec des lanternes réparties sur les trois phases et un réseau équilibré, le neutre ne porte presque aucun courant et la chute de tension entre phases s'écrit ΔU = ρ × Σ(P × L) / (S × U), avec U = 400 V. Rapportée à la tension, elle est six fois plus faible qu'en monophasé pour la même section et la même puissance totale. Le départ de l'exemple, en triphasé et en 6 mm², donnerait 0,023 × 478 800 / (6 × 400) = 4,6 V, soit 1,1 %. Le calcul suppose l'équilibre des phases.

**Protection contre les courts-circuits en bout de ligne.** Sur un câble de 600 m, l'impédance de boucle est telle que le courant de court-circuit à l'extrémité peut tomber à quelques dizaines d'ampères. Il faut vérifier que ce courant minimal fait encore déclencher la protection du départ dans un temps compatible avec la contrainte thermique du câble. La méthode est celle du cours sur [le calcul du courant de court-circuit](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-calcul-courant-court-circuit-icc/) ; c'est souvent ce critère, avec la chute de tension, qui fixe la section.

**Courants de fuite et choix du différentiel.** Sur un départ en classe I, la somme des courants de fuite permanents des drivers doit rester nettement inférieure au seuil du différentiel. On répartit donc les lanternes sur plusieurs départs, et on choisit un différentiel adapté aux alimentations électroniques.

## Les erreurs qui reviennent

**Calculer la chute de tension avec toute la charge en bout de ligne.** Le résultat est presque doublé et la section surdimensionnée. La charge est répartie : on calcule par tronçons, ou on place la puissance totale au milieu du départ.

**Mélanger classe I et classe II sans le savoir.** Remplacer une lanterne de classe II par un modèle de classe I sans raccorder sa masse, ou poser en pied de mât un coffret ordinaire sur un réseau conçu en classe II, crée une installation dont la protection ne repose plus sur rien.

**Incliner la lanterne.** Relever une lanterne de quelques degrés pour éclairer plus loin envoie de la lumière au-dessus de l'horizontale : la limite de 4 % en condition d'installation n'est plus tenue, alors que le luminaire est conforme sur le papier.

**Laisser le commutateur sur « Manu »** après un dépannage de jour : la rue reste allumée jour et nuit. Autre oubli, le courant d'appel des drivers : un départ calculé sur le seul courant nominal déclenche à l'allumage après une extension.

## Exercices corrigés

Les six premiers exercices sont du niveau bac pro, les deux derniers du niveau BTS. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

**Exercice 1.** Un jour de décembre, le soleil se couche à 17 h 05 et se lève le lendemain à 8 h 20. L'horloge astronomique est réglée pour allumer 10 minutes après le coucher et éteindre 10 minutes avant le lever. Calculez la durée d'allumage de cette nuit.

 Voir le corrigéAllumage : 17 h 05 + 10 min = 17 h 15. Extinction : 8 h 20 − 10 min = 8 h 10. De 17 h 15 à minuit : 6 h 45. De minuit à 8 h 10 : 8 h 10. Durée totale : 6 h 45 + 8 h 10 = 14 h 55. Conclusion : l'éclairage fonctionne 14 h 55 cette nuit-là, contre moins de 8 heures en juin.

**Exercice 2.** Un départ monophasé 230 V alimente 18 lanternes LED de 80 W, de facteur de puissance 0,95. Calculez la puissance totale et le courant d'emploi du départ.

 Voir le corrigéPuissance : P = 18 × 80 = 1 440 W. Courant : I = P / (U × cos φ) = 1 440 / (230 × 0,95) = 6,6 A. Conclusion : le départ absorbe 6,6 A en régime établi. Le calibre de la protection se choisit au-dessus de cette valeur, en vérifiant auprès du fabricant des lanternes le nombre maximal de drivers admis sur ce calibre à cause du courant d'appel.

**Exercice 3.** Un départ en classe I, en schéma TT, est protégé par un différentiel de 300 mA. La prise de terre du réseau est mesurée à 120 Ω. La protection est-elle correcte ? Que se passerait-il avec un différentiel de 500 mA ?

 Voir le corrigéCondition : RA × IΔn ≤ 50 V. Avec 300 mA : résistance maximale = 50 / 0,3 = 167 Ω. La mesure de 120 Ω est inférieure : la protection est correcte. On peut aussi vérifier 120 × 0,3 = 36 V, inférieur à 50 V. Avec 500 mA : résistance maximale = 50 / 0,5 = 100 Ω ; 120 Ω dépasse cette valeur (120 × 0,5 = 60 V). Conclusion : correct avec 300 mA, non conforme avec 500 mA, sauf à améliorer la prise de terre.

**Exercice 4.** Un départ monophasé 230 V en cuivre de 6 mm² alimente 10 lanternes de 100 W espacées de 40 m, la première à 40 m de l'armoire. Calculez la chute de tension à la dernière lanterne (ρ = 0,023 Ω·mm²/m) et comparez-la à la limite de 5 %.

 Voir le corrigéSomme des moments : Σ(P × L) = 100 × 40 × (1 + 2 + … + 10) = 100 × 40 × 55 = 220 000 W·m. Chute de tension : ΔU = 2 × 0,023 × 220 000 / (6 × 230) = 10 120 / 1 380 = 7,3 V. En pourcentage : 7,3 / 230 = 3,2 %. Conclusion : 3,2 % est inférieur à 5 %, la section de 6 mm² convient pour la chute de tension.

**Exercice 5.** Une armoire alimente 40 lanternes de 70 W, allumées 4 100 heures par an. On programme un abaissement à 50 % de la puissance pendant 6 heures chaque nuit. Calculez l'énergie annuelle avant et après, et l'économie en pourcentage.

 Voir le corrigéAvant : E = 40 × 70 × 4 100 = 11 480 000 Wh = 11 480 kWh. Heures d'abaissement : 6 × 365 = 2 190 h. Puissance économisée pendant ces heures : 40 × 35 = 1 400 W. Économie : 1 400 × 2 190 = 3 066 000 Wh = 3 066 kWh. Après : 11 480 − 3 066 = 8 414 kWh. Pourcentage : 3 066 / 11 480 = 26,7 %. Conclusion : l'abaissement économise 3 066 kWh par an, soit environ 27 %.

**Exercice 6.** Une rue de 400 m est éclairée sur une largeur de 9 m (chaussée et trottoirs) par 14 lanternes de 7 500 lm. Calculez la densité surfacique de flux lumineux installé. Est-elle conforme en agglomération ? Hors agglomération ?

 Voir le corrigéSurface à éclairer : S = 400 × 9 = 3 600 m². Flux total : Φ = 14 × 7 500 = 105 000 lm. Densité : 105 000 / 3 600 = 29,2 lm/m². En agglomération, la limite est de 35 lm/m² : conforme. Hors agglomération, la limite est de 25 lm/m² : non conforme. Il faudrait un flux total inférieur à 25 × 3 600 = 90 000 lm, soit 90 000 / 14 ≈ 6 400 lm par lanterne au plus. Conclusion : le même projet passe en ville et doit être revu hors agglomération.

**Exercice 7 (BTS).** Un départ de 840 m alimente 24 lanternes de 90 W espacées de 35 m. Calculez la chute de tension en monophasé 230 V avec 16 mm², puis en triphasé 400 V équilibré avec 6 mm². Concluez sur le choix.

 Voir le corrigéSomme des moments : Σ(P × L) = 90 × 35 × (1 + 2 + … + 24) = 90 × 35 × 300 = 945 000 W·m. Monophasé, 16 mm² : ΔU = 2 × 0,023 × 945 000 / (16 × 230) = 43 470 / 3 680 = 11,8 V, soit 11,8 / 230 = 5,1 %, juste au-dessus de la limite de 5 %. Triphasé, 6 mm² : ΔU = 0,023 × 945 000 / (6 × 400) = 21 735 / 2 400 = 9,1 V entre phases, soit 9,1 / 400 = 2,3 %. Conclusion : un câble triphasé de 6 mm² fait mieux qu'un câble monophasé de 16 mm². On retient le départ triphasé, avec 8 lanternes par phase, puis on vérifie la protection contre les courts-circuits en bout de ligne.

**Exercice 8 (BTS).** Une commune remplace 60 lanternes à décharge de 100 W, dont le ballast ajoute 15 W de pertes, par 60 lanternes LED de 55 W avec abaissement à 50 % pendant 6 heures par nuit. Durée annuelle d'allumage : 4 100 h. Calculez l'énergie annuelle avant et après, et le gain.

 Voir le corrigéAvant : puissance par point = 100 + 15 = 115 W ; E1 = 60 × 115 × 4 100 = 28 290 kWh. Après, à pleine puissance : 60 × 55 × 4 100 = 13 530 kWh. Économie due à l'abaissement : 60 × 27,5 × 2 190 = 3 613,5 kWh. E2 = 13 530 − 3 613,5 = 9 916,5 kWh. Gain : 28 290 − 9 916,5 = 18 373,5 kWh, soit 18 373,5 / 28 290 = 65 %. Conclusion : la rénovation divise la consommation par presque trois ; le remplacement des sources apporte l'essentiel, l'abaissement ajoute environ 13 points.

## Sources

- Légifrance, [Arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037864346) (articles 1 à 5 et 8).
- Association française de l'éclairage, [Normes et réglementations de l'éclairage](https://www.afe-eclairage.fr/?page_id=3684) : NF C 17-200 (édition 2016) et NF EN 13201 ; fiche n° 11, [Éclairage public : la norme NF C 17-200](https://www.afe-eclairage.fr/?mdocs-file=4326) (PDF) : chute de tension, règle du nombre, surtensions.
- Éduscol, [Baccalauréat professionnel MELEC, référentiel annexé à l'arrêté du 8 janvier 2024](https://referentiels-professionnels.eduscol.education.fr/Bac_Pro_MELEC.html).
 
## Pour aller plus loin sur le site

- [Driver LED (alimentation LED)](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/eclairage-electrique/driver-led/)
- [Contacteur de puissance](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/contacteur-puissance/)
- [Indice Protection IP](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/indice-protection-ip/)
- [Tension: attention à la chute de tension électrique!](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/bases-electricite/chute-de-tension-electricite/)
- [Parafoudre Électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/parafoudre-electrique/)

[Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/)

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*Source : [www.installation-renovation-electrique.com](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-eclairage-public-reseau-armoire-commande/)*
