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title: "Préparation de chantier en électricité : quantitatif, planning, PPSPS"
description: "Préparation de chantier en électricité : lire CCTP et plans, établir le quantitatif, tracer le diagramme de Gantt, PPSPS, plan de prévention. Exercices."
url: "https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-preparation-chantier-electricite-quantitatif-planning/"
author: "Raphaël Bossoreil"
date: "2026-10-03T13:59:54+02:00"
modified: "2026-10-03T14:00:02+02:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Cours d'électricité"]
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# Préparation de chantier en électricité : quantitatif, planning, PPSPS

En bref

Préparer un chantier d'électricité, c'est répondre à quatre questions avant de charger le camion : **quoi poser** (lecture du CCTP, des plans et des schémas), **combien** (le quantitatif : comptage de l'appareillage et métré des câbles, majorés pour les chutes puis arrondis au conditionnement), **quand et avec qui** (heures de main-d'œuvre = quantité × temps unitaire, durée = heures / (effectif × heures par jour), le tout reporté sur un diagramme de Gantt) et **avec quels risques** (PPSPS sur un chantier soumis à coordination SPS, plan de prévention chez un client en activité). Une préparation sérieuse évite les allers-retours chez le grossiste et les journées perdues à attendre un autre corps d'état.

Sur un chantier, on reconnaît vite l'équipe qui a préparé son intervention : le matériel est là, dans le bon ordre, les câbles sont à la bonne longueur, et personne ne découvre le mardi matin que le plaquiste a déjà fermé les cloisons. À l'inverse, une prise oubliée dans la commande, c'est une heure de route ; un tirage de câbles commencé trop tard, c'est tout le planning des autres entreprises qui glisse.

En bac pro MELEC, la préparation est la première activité du référentiel : prendre connaissance du dossier, rechercher les informations, vérifier et compléter la liste des matériels, répartir les tâches selon les habilitations et le planning des autres intervenants. Elle fait l'objet d'une épreuve à part entière, l'épreuve E2 « Préparation d'une opération », de coefficient 3. Ce cours suit un exemple du début à la fin : l'aménagement électrique d'une agence de 90 m² (bureaux et accueil), confié à une équipe de deux électriciens.

![Les six étapes de la préparation d'un chantier d'électricité : lire le dossier, relever les besoins, quantifier, planifier, approvisionner, prévenir les risques](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/methode-preparation-chantier-electricite.png)Les six étapes de la préparation, de la lecture du dossier à la prévention des risques.## Lire le dossier technique : CCTP, plans et schémas

Tout part des pièces écrites et graphiques remises par le client ou par le maître d'œuvre. Sur un marché de travaux, on parle de dossier de consultation des entreprises (DCE) avant la signature, puis de dossier d'exécution. Avant de le lire, il faut savoir qui est qui. Le **maître d'ouvrage** est le commanditaire : il paie et il recevra l'ouvrage. Le **maître d'œuvre** (architecte, bureau d'études) conçoit et dirige l'exécution des travaux. Les entreprises, dont la vôtre, réalisent chacune leur lot.

| Pièce | Ce qu'elle contient | Ce que l'électricien y cherche |
|---|---|---|
| **CCTP** (cahier des clauses techniques particulières) | La description technique des ouvrages, lot par lot | Nature et performances du matériel, modes de pose, hauteurs d'appareillage, essais exigés, limites de prestation avec les autres lots |
| **CCAP** (cahier des clauses administratives particulières) | Les règles du marché : délais, pénalités, réception, garanties | Date de début, délai d'exécution, documents à remettre |
| **DPGF** (décomposition du prix global et forfaitaire) | La liste chiffrée des ouvrages du lot | Les quantités sur lesquelles l'entreprise s'est engagée, à comparer à son propre métré |
| **Plans** | Plans d'architecte, plans d'implantation électrique, plans de réservations | Échelle, position des appareils, cheminements, emplacement du tableau |
| **Schémas** | Schéma unifilaire du tableau, synoptique des courants faibles | Nombre de circuits, sections, calibres, repérage |
| **Planning général et PGC** | L'enchaînement de tous les lots, les règles de sécurité communes | Les dates où l'on peut intervenir, les contraintes imposées à tous |

Le CCTP se lit crayon en main. On y surligne trois choses. D'abord les **exigences** : type de câble, type de conduit, appareillage encastré ou en saillie, couleur, indice de protection dans les locaux humides. Ensuite les **limites de prestation** : qui fait les saignées et les rebouchages, qui fournit les luminaires, qui pose les fourreaux sous dallage, qui amène l'alimentation jusqu'au tableau. Une phrase comme « les réservations sont à la charge du lot gros œuvre sur indications du présent lot » veut dire que vous devez fournir un plan de réservations à temps, sinon c'est vous qui percerez. Enfin les **documents à remettre** en fin de chantier : plans de récolement, schémas à jour, notices, rapports d'essais, réunis dans le dossier des ouvrages exécutés (DOE).

Les plans et les schémas se lisent ensemble : le plan dit où sont les appareils, le schéma unifilaire dit sur quel circuit ils sont et comment ce circuit est protégé. Si les symboles ou le repérage vous posent encore problème, reprenez le cours [lire un schéma électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-lire-schema-electrique/), et regardez à quoi ressemble un document complet dans notre article [plan électrique d'une maison : l'exemple pièce par pièce](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/schema-plan-electrique/plan-electrique-maison-exemple/). Quand deux pièces se contredisent, par exemple 20 prises au CCTP et 22 sur le plan, on ne choisit pas soi-même : on pose la question par écrit au maître d'œuvre, et on garde la réponse.

## Relever les besoins sur le site

Le dossier décrit le bâtiment tel qu'il devrait être ; la visite montre ce qu'il est. Elle se prépare avec le plan imprimé, un mètre ou un télémètre, de quoi photographier et une liste de points à vérifier. Dans l'agence de notre exemple, l'électricien relève la hauteur sous faux plafond (2,50 m), la nature des cloisons (plaques de plâtre sur ossature, donc boîtes pour cloison creuse), l'emplacement réel du tableau, l'origine de l'alimentation et la présence d'une prise de terre.

La visite répond aussi à des questions d'organisation, qui pèsent autant que la technique : où garer le véhicule, par où entrer le matériel, où le stocker à l'abri et sous clé, y a-t-il de l'électricité et un point d'eau sur le chantier, le bâtiment est-il occupé, à quelles heures peut-on faire du bruit. En rénovation, on note l'état de l'existant et ce qui doit rester en service pendant les travaux. Dans un bâtiment dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, on demande au client le repérage de l'amiante avant travaux, qu'il a l'obligation de faire réaliser (article R. 4412-97 du Code du travail) : percer ou rainurer un matériau amianté ne s'improvise pas.

On repart avec un relevé écrit, des cotes et des photos. C'est ce relevé qui permet de corriger les quantités du dossier et de justifier, si besoin, une demande de travaux supplémentaires.

## Établir la liste de matériel et le quantitatif

Le **quantitatif** est la liste de tout ce qu'il faut approvisionner, avec les quantités. Il se construit en deux temps : ce qui se compte, puis ce qui se mesure.

### Ce qui se compte : l'appareillage

On prend le plan d'implantation et on compte symbole par symbole, pièce par pièce, en cochant chaque appareil au crayon de couleur pour ne pas le compter deux fois. Le résultat se range dans un tableau, toujours le même, que l'on appelle nomenclature ou liste de matériel.

| Repère | Désignation | Unité | Quantité |
|---|---|---|---|
| 1 | Prise de courant 2P+T 16 A | u | 22 |
| 2 | Prise RJ45 | u | 12 |
| 3 | Interrupteur | u | 5 |
| 4 | Détecteur de présence | u | 2 |
| 5 | Luminaire [LED](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/led/ "LED") encastré 600 × 600 | u | 14 |
| 6 | Bloc autonome d'éclairage de sécurité | u | 3 |
| 7 | Câble 3G2,5 mm² (circuits prises) | m | à calculer |
| 8 | Câble 3G1,5 mm² (circuits éclairage) | m | à calculer |

Chaque ligne en appelle d'autres, que le plan ne montre pas : une prise encastrée, c'est aussi une boîte, un support, une plaque ; un luminaire, c'est parfois un connecteur ou une suspension ; un tableau, ce sont des peignes, des bornes, des repères, des obturateurs. La liste complète comprend donc aussi les **accessoires de pose** (chevilles, colliers, attaches) et les **consommables**. Le schéma unifilaire donne, lui, le contenu du tableau : nombre et calibre des disjoncteurs, interrupteurs différentiels, taille du coffret.

### Ce qui se mesure : câbles, conduits, chemins de câbles

Pour les longueurs, on travaille circuit par circuit, à partir du plan et de son **échelle**. Sur un plan au 1/50, 1 cm représente 50 cm, soit 0,50 m ; au 1/100, 1 cm représente 1 m. La longueur d'un circuit est la somme de trois termes : le parcours horizontal mesuré sur le plan, les parcours verticaux que le plan ne montre pas (descentes vers les prises, remontées vers le tableau), et les réserves de raccordement.

![Calcul de la longueur de câble d'un circuit de six prises sur un plan au 1/50 : parcours horizontal 21,5 m, descentes 13,2 m, majoration de 10 %, soit 39,8 m](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/calcul-quantitatif-longueur-cable-plan.png)Métré d'un circuit de six prises : horizontal lu sur le plan, descentes calculées, majoration pour les chutes.Prenons le premier circuit de prises de l'agence. Le parcours en faux plafond mesure 43 cm sur le plan : 43 × 0,50 = 21,5 m. Le circuit alimente 6 prises posées à 0,30 m du sol sous un plafond à 2,50 m : chaque descente fait 2,50 − 0,30 = 2,20 m, soit 6 × 2,20 = 13,2 m. On ajoute 1,5 m pour le raccordement dans le tableau. Longueur nette : 21,5 + 13,2 + 1,5 = 36,2 m.

On ne commande jamais la longueur nette. Les coupes laissent des chutes, les parcours réels contournent des obstacles, il faut de la longueur dans chaque boîte. On applique donc une **majoration**, souvent de l'ordre de 10 % pour les câbles ; ce coefficient est une habitude d'entreprise, pas une règle normative, et il se règle avec l'expérience. Ici : 36,2 × 1,10 = 39,8 m.

On répète le calcul pour chaque circuit, puis on additionne par type de câble. Dans l'agence, les trois circuits de prises font 36,2 + 41,0 + 28,5 = 105,7 m nets, soit 105,7 × 1,10 = 116,3 m de câble 3G2,5 mm². Les deux circuits d'éclairage font 33,0 + 27,5 = 60,5 m nets, soit 66,6 m de 3G1,5 mm². Dernière étape, l'arrondi au **conditionnement** : si le câble se vend en couronnes de 100 m, il faut 2 couronnes de 3G2,5 et 1 couronne de 3G1,5. Le reste n'est pas perdu, il retourne au stock ; mais commander 1 seule couronne de 3G2,5 parce que « 105 m, ça passe » est l'erreur type. La même méthode vaut pour les conduits et les chemins de câbles, vendus en longueurs fixes. Pour choisir la désignation exacte des câbles et des conduits, reportez-vous au cours sur [la désignation des câbles et des conduits](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-cables-conducteurs-conduits/).

Le quantitatif sert ensuite deux fois : il devient le bon de commande, et, multiplié par les prix, la base du devis. Ce second usage est détaillé dans notre article [exemple de devis d'électricité commenté](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/conseils-electricite/exemple-devis-electricite-maison/).

## Planifier : tâches, durées et diagramme de Gantt

Planifier, c'est découper le chantier en tâches, estimer la durée de chacune, puis les ranger dans le temps en respectant ce qui doit être fait avant quoi.

### Des quantités aux heures, des heures aux jours

Chaque entreprise dispose de **temps unitaires** (TU) : le temps moyen qu'il faut pour poser une unité d'ouvrage. Ils viennent de ses chantiers passés ou de bordereaux professionnels ; à l'examen, ils sont donnés dans le sujet. Le temps de main-d'œuvre d'une tâche s'en déduit :

**heures de main-d'œuvre = quantité × temps unitaire**

Pour la pose de l'appareillage de l'agence, avec les temps unitaires de l'entreprise : 22 prises × 0,25 h = 5,5 h ; 12 prises RJ45 × 0,35 h = 4,2 h ; 5 interrupteurs × 0,25 h = 1,25 h ; 2 détecteurs × 0,40 h = 0,8 h ; 14 luminaires × 0,40 h = 5,6 h ; 3 blocs de sécurité × 0,50 h = 1,5 h. Total : 18,85 h, que l'on arrondit à 19 h.

La durée de la tâche dépend ensuite de l'effectif :

**durée (jours) = heures de main-d'œuvre / (effectif × heures travaillées par jour)**

À deux, avec 7 h de travail par jour : 19 / (2 × 7) = 1,36 jour, que l'on planifie sur 1,5 jour. On arrondit toujours vers le haut, à la demi-journée : un planning calculé au quart d'heure ne résiste pas au premier imprévu.

| Tâche | Heures | Durée à 2 | Vient après |
|---|---|---|---|
| **A** Repérage et traçage | 4 h | 0,5 j | début |
| **B** Chemins de câbles, conduits, boîtes | 14 h | 1 j | A |
| **C** Tirage des câbles | 18 h | 1,5 j | B |
| **D** Pose et câblage du tableau | 10 h | 1 j | C |
| **E** Fermeture des cloisons et peinture (autres lots) | sans objet | 5 j | C |
| **F** Appareillage et luminaires | 19 h | 1,5 j | E |
| **G** Contrôles et mise en service | 7 h | 0,5 j | D et F |

### Le diagramme de Gantt

Le **diagramme de Gantt** est un tableau : une ligne par tâche, une colonne par jour, et une barre qui va du début à la fin de chaque tâche. Pour le tracer, on place d'abord les tâches sans antécédent, puis chaque tâche juste après la fin de celles dont elle dépend.

![Diagramme de Gantt de l'aménagement électrique d'une agence sur dix jours ouvrés, avec chemin critique et marge de la tâche tableau](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/diagramme-gantt-chantier-electricite.png)Le planning de l'agence : dix jours ouvrés, dont cinq où l'électricien laisse la place au plaquiste et au peintre.Le diagramme fait apparaître ce que la liste cachait. Le lot électricité représente 72 h de travail, soit un peu plus de cinq jours à deux, mais le chantier dure dix jours ouvrés, parce que l'appareillage ne se pose qu'après la peinture. Il y a donc deux interventions séparées par une semaine : l'équipe peut être affectée ailleurs entre-temps, à condition de revenir à la date dite. Le diagramme montre aussi les tâches qui commandent la date de fin : A, B, C, E, F et G s'enchaînent sans temps mort, c'est le **chemin critique**. Un jour de retard sur le tirage des câbles retarde le plaquiste, donc la fin du chantier. Le tableau, lui, peut être câblé n'importe quand entre la fin du tirage et la mise en service : il a de la **marge**.

Sur un vrai chantier, le planning de l'électricien s'insère dans le planning général du maître d'œuvre. La règle d'or : vos dates d'intervention dépendent de celles des autres lots, et on les vérifie à chaque réunion de chantier, pas la veille.

## Organiser les approvisionnements et le poste de travail

Le quantitatif devient un **bon de commande**, et le planning dit quand chaque article doit être là. On commande en premier ce qui a le délai le plus long : un tableau câblé en atelier, des luminaires particuliers ou une baie de brassage peuvent demander plusieurs semaines, quand le câble et l'appareillage courant sont disponibles au comptoir. On fait livrer par phases : conduits, boîtes et câbles pour la première intervention ; appareillage et luminaires pour la seconde. Tout livrer le premier jour, c'est stocker des luminaires fragiles au milieu du plâtre et de la peinture.

À la réception, on compare le bon de livraison au bon de commande, article par article, et on note les manquants et les colis abîmés avant de signer. Le matériel est rangé dans un local fermé, au sec, classé par zone de pose : ce quart d'heure de rangement se regagne chaque jour.

Le poste de travail se prépare de la même façon. On liste l'**outillage** selon les tâches : perforateur et scie cloche pour les boîtes, aiguille de tirage, pince à sertir pour les RJ45, niveau laser pour l'alignement, sans oublier les appareils de contrôle (vérificateur d'absence de tension, contrôleur d'installation) qui serviront à la [mise en service et aux contrôles](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-mise-en-service-installation-electrique-controles/). On prévoit les moyens d'accès en hauteur : pour poser 14 luminaires en plafond, une plate-forme individuelle roulante, et non un escabeau : le Code du travail interdit d'utiliser échelles, escabeaux et marchepieds comme postes de travail, sauf impossibilité technique ou travail court, non répétitif et à faible risque (article R. 4323-63). On prévoit enfin l'alimentation de chantier, l'éclairage provisoire, les protections de sol et le tri des déchets (chutes de câble, emballages, appareils déposés).

Reste la répartition des tâches dans l'équipe. Elle tient compte des compétences, mais aussi des **habilitations** : poser des conduits dans un bâtiment hors tension et raccorder un tableau au voisinage de pièces sous tension ne demandent pas le même titre. Les symboles et leurs limites sont expliqués dans le cours sur [l'habilitation électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-securite-habilitation-electrique/).

## Prévention : PPSPS et plan de prévention

Préparer un chantier, c'est aussi prévoir ce qui peut blesser. Pour chaque tâche, on se demande quel est le danger et quelle mesure on prend : risque électrique lors des raccordements et des essais (consignation, habilitation, équipements de protection), chute de hauteur lors de la pose en plafond, poussières lors des percements, port de charges avec les tourets, et surtout **coactivité**, c'est-à-dire la présence d'autres entreprises au même endroit au même moment. Deux documents organisent cette prévention. Ils ne s'appliquent pas aux mêmes chantiers, et les confondre est une faute classique à l'examen.

### Le PPSPS, sur un chantier soumis à coordination SPS

Quand plusieurs entreprises ou travailleurs indépendants interviennent sur une opération de bâtiment ou de génie civil, le Code du travail impose au maître d'ouvrage de désigner un **coordonnateur SPS** (sécurité et protection de la santé). Le niveau de coordination dépend de la taille de l'opération, classée en trois catégories (articles R. 4532-1 et suivants).

| Catégorie | Taille de l'opération | Plan général de coordination (PGC) |
|---|---|---|
| **1** | Plus de 10 000 hommes-jours, avec plus de 10 entreprises en bâtiment ou plus de 5 en génie civil, sous-traitants et travailleurs indépendants compris | Oui |
| **2** | Plus de 500 hommes-jours, ou chantier de plus de 30 jours ouvrés dont l'effectif dépasse 20 travailleurs à un moment donné, sans atteindre la catégorie 1 | Oui |
| **3** | Les autres opérations | PGC simplifié, seulement s'il y a des travaux à risques particuliers |

Le PGC est rédigé par le coordonnateur ; il fixe les règles communes à tout le chantier. Chaque entreprise, sous-traitants compris, y répond par son **plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS)**, qu'elle établit avant d'intervenir et remet au coordonnateur. Elle y décrit ses travaux, ses modes opératoires, les risques qu'elle crée pour les autres, ceux qu'elle subit du fait des autres ou de l'environnement, et les mesures prises, ainsi que l'organisation des secours et de l'hygiène. Le Code du travail lui laisse 30 jours à compter de la réception du contrat signé pour l'établir (article R. 4532-56) ; ce délai est ramené à 8 jours pour les travaux de second œuvre d'une opération de bâtiment qui ne figurent pas sur la liste des travaux à risques particuliers (article R. 4532-62). L'électricité fait partie du second œuvre.

### Le plan de prévention, chez un client en activité

Changer les luminaires d'un supermarché ouvert, ajouter une ligne dans une usine qui tourne : ce n'est plus un chantier clos, c'est l'intervention d'une **entreprise extérieure** (vous) dans une **entreprise utilisatrice** (le client). Les risques viennent de la rencontre des deux activités : chariots qui circulent, machines en marche, public. Avant le début des travaux, le chef de l'entreprise utilisatrice organise une **inspection commune préalable** des lieux avec toutes les entreprises concernées. S'il existe des risques d'interférence, les employeurs arrêtent ensemble un **plan de prévention**.

Ce plan doit être écrit dans deux cas (article R. 4512-7) : lorsque l'opération représente au moins **400 heures de travail sur une période de 12 mois ou moins**, toutes entreprises extérieures confondues, ou lorsque les travaux figurent sur la liste des travaux dangereux de l'arrêté du 19 mars 1993, qui vise notamment les travaux exposant au contact de pièces nues sous tension supérieure à la très basse tension. En pratique, l'électricien demande toujours un écrit : c'est lui qui précise qui consigne, qui balise, et à quelles heures on coupe.

Retenez l'aiguillage : chantier de bâtiment avec plusieurs entreprises et coordonnateur SPS, c'est le PPSPS ; intervention dans un établissement en fonctionnement, c'est le plan de prévention.

## Pour aller plus loin (BTS)

**Dates au plus tôt, dates au plus tard, marges.** Le Gantt montre les dates ; la méthode du réseau d'antériorités (PERT ou méthode des potentiels) les calcule. On parcourt le réseau de gauche à droite pour obtenir la date de début au plus tôt de chaque tâche : c'est la plus grande des dates de fin au plus tôt de ses antécédents. On le parcourt ensuite de droite à gauche pour obtenir la date de fin au plus tard : c'est la plus petite des dates de début au plus tard des tâches qui suivent. La **marge totale** d'une tâche vaut : date de fin au plus tard − date de début au plus tôt − durée. Dans l'agence, la tâche D peut commencer à la fin du jour 3 et doit être finie au début de G, soit à 9,5 jours : marge = 9,5 − 3 − 1 = 5,5 jours. Les tâches de marge nulle forment le chemin critique.

**Lisser la charge.** Un bon planning ne se contente pas de respecter les antériorités : il évite qu'il faille quatre personnes le lundi et aucune le mardi. On trace sous le Gantt l'histogramme de l'effectif jour par jour, puis on déplace les tâches qui ont de la marge pour l'aplanir. Dans notre exemple, la marge du tableau permet de le confier à un seul électricien pendant que l'autre commence un chantier voisin.

**Suivre l'avancement.** Le technicien compare chaque semaine trois grandeurs exprimées en heures : les heures prévues à cette date, les heures réellement consommées, et les heures « produites », c'est-à-dire le budget des tâches terminées et la part réalisée des tâches en cours. Si l'on a consommé plus qu'on n'a produit, la productivité est inférieure à la prévision ; si l'on a produit moins que prévu, le chantier est en retard. Les deux diagnostics n'appellent pas les mêmes décisions : renfort, heures supplémentaires, ou nouvelle date négociée avec les autres lots.

**Vérifier avant de commander.** À ce niveau, la préparation comprend aussi la vérification technique du dossier : sections et protections cohérentes avec les longueurs réellement relevées. Un circuit rallongé de 15 m entre le plan et le site peut changer la section ; la méthode est celle du cours sur [les sections de câble et la chute de tension](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-section-de-cable-chute-de-tension/).

## Les erreurs qui reviennent

**Oublier les verticales.** Mesurer le parcours sur le plan et s'arrêter là. Dans le circuit de l'exemple, les descentes pèsent 13,2 m sur 36,2 m, plus du tiers de la longueur.

**Se tromper d'échelle.** Lire un plan au 1/50 comme s'il était au 1/100 double toutes les longueurs ; l'erreur inverse les divise par deux. On vérifie l'échelle dans le cartouche, et on la contrôle sur une cote connue, la largeur d'une porte par exemple, surtout si le plan a été imprimé ou photocopié à un autre format.

**Commander la longueur nette**, sans majoration ni arrondi au conditionnement, ou à l'inverse majorer deux fois, dans le métré puis dans la commande.

**Compter l'appareillage, pas ce qui va avec.** Les 22 prises sont dans la commande, mais pas les boîtes, les plaques ni les connecteurs.

**Planifier seul.** Un planning d'électricien qui ignore le plaquiste et le peintre est faux dès le premier jour. Les dates se lisent dans le planning général et se confirment en réunion de chantier.

**Confondre PPSPS et plan de prévention**, ou croire qu'un petit chantier dispense de toute analyse des risques. Le document change selon le contexte ; l'obligation de prévenir, jamais.

## Exercices corrigés

Les cinq premiers exercices correspondent au niveau bac pro, les deux derniers au BTS. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

**Exercice 1.** Sur un plan au 1/100, un couloir mesure 17,4 cm. Sur un plan au 1/50, une cloison mesure 12,6 cm. Quelles sont les longueurs réelles ?

Voir le corrigéAu 1/100, 1 cm sur le plan représente 100 cm, soit 1 m : le couloir mesure 17,4 × 1 = 17,4 m. Au 1/50, 1 cm représente 50 cm, soit 0,50 m : la cloison mesure 12,6 × 0,50 = 6,3 m. Conclusion : 17,4 m et 6,3 m. On multiplie toujours la mesure lue par le dénominateur de l'échelle, puis on convertit en mètres.

**Exercice 2.** Un circuit d'éclairage part du tableau, chemine en faux plafond sur 31 cm mesurés sur un plan au 1/50, et comporte deux descentes vers des interrupteurs posés à 1,10 m du sol. Le plafond est à 2,70 m. On prévoit 1,5 m de raccordement au tableau et 10 % de majoration. Quelle longueur de câble faut-il prévoir ?

Voir le corrigéParcours horizontal : 31 × 0,50 = 15,5 m. Une descente : 2,70 − 1,10 = 1,60 m ; deux descentes : 2 × 1,60 = 3,2 m. Longueur nette : 15,5 + 3,2 + 1,5 = 20,2 m. Avec la majoration : 20,2 × 1,10 = 22,2 m. Conclusion : on prévoit environ 22,2 m de câble pour ce circuit, à additionner aux autres circuits de même section avant d'arrondir.

**Exercice 3.** Le métré d'un chantier donne 212 m nets de câble 3G2,5 mm² et 37,4 m nets de goulotte. On majore le câble de 10 % et la goulotte de 5 %. Le câble se vend en couronnes de 100 m, la goulotte en longueurs de 2 m. Que commande-t-on ?

Voir le corrigéCâble : 212 × 1,10 = 233,2 m. Nombre de couronnes : 233,2 / 100 = 2,33, arrondi à l'entier supérieur, soit 3 couronnes (300 m, reste 66,8 m pour le stock). Goulotte : 37,4 × 1,05 = 39,27 m. Nombre de longueurs : 39,27 / 2 = 19,6, soit 20 longueurs (40 m). Conclusion : 3 couronnes de câble et 20 longueurs de goulotte. On arrondit toujours au conditionnement supérieur.

**Exercice 4.** Il faut poser 48 luminaires encastrés. Le temps unitaire de l'entreprise est de 0,40 h par luminaire et la journée compte 7 h de travail. Quelle est la durée de la tâche pour une équipe de deux ? Combien faut-il de personnes pour terminer en une seule journée ?

Voir le corrigéHeures de main-d'œuvre : 48 × 0,40 = 19,2 h. À deux : 19,2 / (2 × 7) = 1,37 jour, que l'on planifie sur 1,5 jour. Pour finir en une journée : 19,2 / 7 = 2,74, il faut donc 3 personnes. Conclusion : 1,5 jour à deux, ou 1 jour à trois, à condition que trois personnes puissent travailler sans se gêner et qu'il y ait assez de plates-formes.

**Exercice 5.** Pour chacune des deux situations, dites quel document de prévention l'entreprise d'électricité doit établir ou demander. a) Construction d'un immeuble de bureaux : 12 entreprises, opération de catégorie 2, coordonnateur SPS désigné, lot électricité. b) Remplacement de luminaires dans un supermarché en activité : 2 électriciens pendant 5 jours de 7 h, installation consignée, travail depuis une plate-forme roulante.

Voir le corrigéa) Chantier de bâtiment soumis à coordination SPS, catégorie 2 : il existe un plan général de coordination. L'entreprise rédige son PPSPS avant d'intervenir et le remet au coordonnateur. L'électricité relève du second œuvre : le délai est de 8 jours si ses travaux ne figurent pas sur la liste des travaux à risques particuliers, de 30 jours sinon. b) Intervention d'une entreprise extérieure dans une entreprise utilisatrice : inspection commune préalable, puis plan de prévention s'il existe des risques d'interférence, ce qui est le cas avec le public et le personnel du magasin. Volume : 2 × 5 × 7 = 70 h, inférieur à 400 h ; le seuil n'impose donc pas l'écrit, qui ne deviendrait obligatoire que si une partie des travaux figurait sur la liste des travaux dangereux. Conclusion : PPSPS dans le premier cas, plan de prévention dans le second, que l'on a tout intérêt à rédiger même sous le seuil.

**Exercice 6 (BTS).** Un chantier comprend six tâches : A (2 j, sans antécédent), B (3 j, après A), C (2 j, après A), D (4 j, après B), E (1 j, après C), F (2 j, après D et E). Calculez la durée totale, donnez le chemin critique et la marge totale des tâches C et E.

Voir le corrigéDates au plus tôt : A de 0 à 2 ; B de 2 à 5 ; C de 2 à 4 ; D de 5 à 9 ; E de 4 à 5 ; F commence quand D et E sont finies, soit à 9, et se termine à 11. Durée totale : 11 jours. Chemin critique : A, B, D, F (2 + 3 + 4 + 2 = 11). Dates au plus tard : F doit commencer à 9, donc E doit finir à 9 au plus tard et commencer à 8 au plus tard ; C doit donc finir à 8 au plus tard. Marge de C : 8 − 2 − 2 = 4 jours. Marge de E : 9 − 4 − 1 = 4 jours. Conclusion : le chantier dure 11 jours ; la branche C puis E dispose de 4 jours de marge, à partager entre les deux tâches et non à compter deux fois.

**Exercice 7 (BTS).** Sur le chantier de l'agence, à la fin du jour 3, l'équipe de deux a travaillé 3 jours de 7 h. Les tâches A (4 h) et B (14 h) sont terminées ; la tâche C (18 h) n'est réalisée qu'à 50 %. Comparez les heures prévues, consommées et produites. Quelle est la conséquence et que proposez-vous ?

Voir le corrigéHeures prévues à la fin du jour 3 : A, B et C terminées, soit 4 + 14 + 18 = 36 h. Heures consommées : 3 × 2 × 7 = 42 h. Heures produites : 4 + 14 + 0,5 × 18 = 27 h. Retard : 36 − 27 = 9 h de travail restent à faire sur C. Productivité : 27 / 42 = 0,64, l'équipe produit 0,64 h de budget par heure passée. À ce rythme, les 9 h restantes demandent 9 / 0,64 = 14 h, soit une journée entière à deux. Or C est sur le chemin critique : le plaquiste ne peut pas fermer les cloisons au jour 4, et la fin du chantier glisse d'un jour. Propositions : renforcer l'équipe de deux personnes au jour 4 pour terminer le tirage dans la matinée (14 h à quatre, soit 3,5 h chacun), ou convenir avec le plaquiste qu'il commence par les zones déjà câblées. Dans tous les cas, on prévient le maître d'œuvre et on cherche la cause de l'écart (temps unitaire sous-estimé, approvisionnement, gêne d'un autre lot) pour corriger la suite du planning.

## Sources

- Éduscol STI, [Référentiel du baccalauréat professionnel MELEC](https://sti.eduscol.education.fr/sites/eduscol.education.fr.sti/files/REFERENTIEL_BAC_MELEC.pdf) (activité de préparation des opérations, épreuve E2).
- INRS, [Cadre réglementaire de la coordination SPS](https://www.inrs.fr/metiers/btp/coordination-sps/reglementation.html) (catégories d'opérations, articles R. 4532-1 et suivants du Code du travail).
- INRS, [Outils de la coordination SPS](https://www.inrs.fr/metiers/btp/coordination-sps/outils.html) (PGC, PPSPS, registre-journal, DIUO).
- INRS, [Entreprises extérieures : mesures de prévention préalables à l'intervention](https://www.inrs.fr/risques/entreprises-exterieures/mesures-prevention-prealables-intervention.html) (inspection commune, plan de prévention).

## Pour aller plus loin sur le site

- [Plan Prévention Électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/plan-prevention-electrique/)
- [Outillage isolé électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/outillage-isole-electrique/)
- [12 outils d’électricien indispensables pour vos travaux](https://www.installation-renovation-electrique.com/outils-electricite/outillage-electrique/outils-electricien-indispensable/)
- [Rénovation électrique : le guide complet étape par étape (2026)](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/conseils-electricite/renovation-electrique-guide-complet-etapes/)
- [Symboles électriques normalisés : liste illustrée et repérage](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/schema-plan-electrique/symbole-electrique-identification-schema-electrique/)

[Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/)

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*Source : [www.installation-renovation-electrique.com](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-preparation-chantier-electricite-quantitatif-planning/)*
