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title: "Production, transport et distribution de l’électricité : le cours"
description: "De la centrale à la prise : moyens de production, transport en haute tension, domaines HTB, HTA et BT, postes, branchement, fréquence 50 Hz et exercices."
url: "https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-production-transport-distribution-electricite-reseau/"
author: "Raphaël Bossoreil"
date: "2026-10-03T14:02:15+02:00"
modified: "2026-10-03T14:02:22+02:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Cours d'électricité"]
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# Production, transport et distribution de l’électricité : le cours

En bref

L'électricité est **produite** dans des centrales (nucléaires, hydrauliques, éoliennes, solaires, thermiques), puis **transportée** en très haute tension, jusqu'à 400 000 V, parce qu'à puissance égale un courant plus faible chauffe moins les lignes. Des postes de transformation abaissent ensuite la tension par étages : le **poste source** alimente le réseau HTA à 20 000 V, le **poste de quartier** fournit le 230/400 V. On classe ces tensions en domaines : **BT** jusqu'à 1 000 V, **HTA** jusqu'à 50 kV, **HTB** au-delà, en alternatif. Le **branchement** relie le réseau au logement et s'arrête au [disjoncteur](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/disjoncteur/ "Disjoncteur") de branchement. À chaque instant, la production doit égaler la consommation : la **fréquence de 50 Hz** en est le témoin.

Quand un client appuie sur un interrupteur, la lampe s'allume avec une énergie qui vient d'être produite, parfois à plusieurs centaines de kilomètres, moins d'une seconde plus tôt. Entre la centrale et la prise, elle a changé quatre ou cinq fois de tension. L'électricien du bâtiment n'intervient que sur les derniers mètres, mais il doit savoir d'où vient ce qu'il raccorde : où s'arrête le réseau public, quelle tension il peut attendre aux bornes du disjoncteur, pourquoi il ne touche jamais à ce qui se trouve avant le compteur.

Ce chapitre répond à la rubrique « chaîne d'énergie » du référentiel du CAP électricien : moyens de production, architecture des réseaux, enjeux du transport. Il suit le trajet de l'énergie dans l'ordre, de l'alternateur au tableau.

## Produire l'électricité : les moyens de production

Presque toute l'électricité du réseau sort d'un **alternateur**, une machine tournante qui transforme de l'énergie mécanique en énergie électrique. Ce qui change d'une centrale à l'autre, c'est ce qui fait tourner l'arbre. Dans une centrale thermique, on chauffe de l'eau pour obtenir de la vapeur sous pression, qui entraîne une turbine : la chaleur vient de la fission de l'uranium dans une centrale nucléaire, de la combustion du gaz, du charbon ou de la biomasse dans les autres. Dans une centrale hydraulique, c'est l'eau d'une chute ou d'un fleuve qui pousse la turbine. Dans une éolienne, le vent fait tourner les pales. Seul le photovoltaïque fonctionne sans pièce tournante : les cellules produisent directement un [courant continu](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/courant-continu/ "Courant continu"), qu'un onduleur transforme en courant alternatif. Ce cas particulier est traité dans le cours sur [l'installation photovoltaïque](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-installation-photovoltaique/).

En France métropolitaine, RTE a compté 547,5 TWh produits en 2025. La répartition entre les filières donne la physionomie du parc.

| Filière | Part de la production en 2025 | Ce qui entraîne l'alternateur | Particularité pour le réseau |
|---|---|---|---|
| **Nucléaire** | environ 68 % | Turbine à vapeur | Production de base, grosses unités raccordées en 400 kV |
| **Hydraulique** | environ 11 % | Turbine hydraulique | Démarre en quelques minutes ; les barrages stockent l'énergie sous forme d'eau |
| **Éolien** (terre et mer) | environ 9 % | Pales et rotor | Production variable, qui suit le vent |
| **Solaire** | environ 6 % | Aucun : cellules et onduleur | Production de jour, souvent raccordée en basse tension ou en HTA |
| **Gaz** | environ 3 % | Turbine à gaz, turbine à vapeur | Sert surtout aux pointes de consommation |
| **Bioénergies** | environ 2 % | Turbine à vapeur ou moteur | Petites unités réparties sur le territoire |

Le charbon et le fioul pèsent ensemble moins de 1 %. Ces parts changent d'une année à l'autre, avec les pluies, le vent et les arrêts de réacteurs : retenez l'ordre de grandeur.

On distingue aussi la **production centralisée** et la **production locale**. La première vient de quelques grosses centrales, dont la puissance se compte en centaines ou en milliers de mégawatts, raccordées au réseau de transport. La seconde vient de milliers de petites installations raccordées au réseau de distribution. D'après le ministère chargé de l'énergie, 80 % des nouvelles installations de production sont aujourd'hui raccordées aux réseaux de distribution. Pour l'électricien, cela change une habitude : dans un quartier équipé de panneaux, l'énergie peut remonter du logement vers le réseau.

## Pourquoi transporte-t-on l'électricité en haute tension ?

Une ligne électrique a une résistance. Dès qu'un courant la traverse, elle chauffe : c'est l'effet Joule, et l'énergie partie en chaleur est perdue pour le client. Ces pertes valent **p = R × I²**, avec p en watts, R en ohms et I en ampères. Le carré est le point décisif : un courant deux fois plus fort donne quatre fois plus de pertes.

Or la puissance transportée est le produit de la tension par le courant : **P = U × I**. Pour faire passer une même puissance, on a donc le choix entre une tension basse avec un courant fort, ou une tension haute avec un courant faible. Le calcul tranche vite. Supposons 10 MW à transporter sur une ligne de 5 Ω, en raisonnant simplement comme en courant continu.

Sous 20 000 V, le courant vaut I = P / U = 10 000 000 / 20 000 = 500 A, et les pertes p = 5 × 500² = 1 250 000 W, soit 1,25 MW : un huitième de la puissance part en chaleur. Sous 400 000 V, le courant tombe à 10 000 000 / 400 000 = 25 A, et les pertes à 5 × 25² = 3 125 W. La tension a été multipliée par 20, le courant divisé par 20, les pertes divisées par 20² = 400.

Voilà pourquoi on élève la tension dès la sortie de la centrale. Un courant plus faible permet aussi des conducteurs de section raisonnable. La contrepartie est l'isolement. Plus la tension est haute, plus il faut éloigner les conducteurs entre eux et du sol, d'où les grands pylônes et les longues chaînes d'isolateurs. On ne peut donc pas amener 400 000 V dans une rue : la tension est abaissée par étages à mesure qu'on approche des clients. Le raisonnement est repris dans notre article [pourquoi l'électricité est transportée en haute tension](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/bases-electricite/pourquoi-lelectricite-transportee-haute-tension/).

L'appareil qui rend tout cela possible est le **transformateur**. Il élève ou abaisse une tension alternative avec un très bon rendement, et il ne fonctionne pas en continu : c'est pourquoi les réseaux sont en courant alternatif. Son principe est expliqué dans le cours sur [le transformateur](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-transformateur-monophase-triphase/).

Même avec ces précautions, le réseau perd de l'énergie. Sur le réseau de transport, RTE indique un taux de pertes de 2 à 3,5 % selon les heures, 2,5 % en moyenne. Sur le réseau de distribution, où la tension est plus basse et les courants plus forts au regard de la puissance, Enedis annonce près de 6 % de l'énergie acheminée.

## Les domaines de tension : TBT, BT, HTA, HTB

Pour parler des tensions sans ambiguïté, la réglementation les range en **domaines de tension**. Les limites ne sont pas les mêmes en alternatif et en continu. Elles tombent à tous les examens, du CAP au BTS.

![Tableau des domaines de tension TBT, BT, HTA et HTB avec leurs limites en courant alternatif (50 V, 1 000 V, 50 kV) et en courant continu (120 V, 1 500 V, 75 kV) et des exemples](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/domaines-de-tension-tbt-bt-hta-htb.png)Les quatre domaines de tension, en alternatif et en continu, avec des exemples d'installations.| Domaine | Courant alternatif | Courant continu | Où on le rencontre |
|---|---|---|---|
| **TBT**, très basse tension | U ≤ 50 V | U ≤ 120 V | Sonnerie, éclairage 12 ou 24 V, circuits de commande |
| **BT**, basse tension | 50 V < U ≤ 1 000 V | 120 V < U ≤ 1 500 V | Logements, ateliers, réseau public 230/400 V |
| **HTA**, [haute tension](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/bases-electricite/arc-electrique/ "Qu’est-ce qu’un arc électrique ? Définition, dangers…") A | 1 000 V < U ≤ 50 000 V | 1 500 V < U ≤ 75 000 V | Réseau de distribution 20 kV, poste d'une usine |
| **HTB**, haute tension B | U > 50 000 V | U > 75 000 V | Réseau de transport 63, 90, 225 et 400 kV |

Deux remarques évitent les confusions. D'abord, « basse tension » ne veut pas dire « sans danger » : le 230 V d'une prise est de la basse tension, et il tue. Ensuite, dans le langage courant, on dit « moyenne tension » pour le 20 kV et « très haute tension » pour le 225 et le 400 kV. Ces mots ne sont pas des domaines réglementaires : à l'examen, on écrit HTA et HTB.

Les domaines commandent aussi l'habilitation. Les symboles qui commencent par B concernent la basse et la très basse tension, ceux qui commencent par H la haute tension. Un titulaire du CAP, habilité B1V, n'a rien à faire dans une cellule HTA. Le détail des symboles se trouve dans le cours sur [l'habilitation électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-securite-habilitation-electrique/).

## Le réseau de transport : de la centrale aux régions

À la sortie de l'alternateur d'une grosse centrale, la tension est de l'ordre d'une vingtaine de kilovolts. Un transformateur élévateur, installé au pied de la centrale, la porte à 400 000 V. L'énergie part alors sur le **réseau de transport**, géré par RTE, qui regroupe toutes les lignes exploitées à plus de 50 kV, c'est-à-dire en HTB.

Ce réseau a deux étages. Les lignes à 400 kV forment les autoroutes de l'électricité : elles relient les centrales aux grandes régions de consommation et aux pays voisins. La tension est ensuite abaissée à 225 kV, puis à 90 ou 63 kV, pour la répartition à l'échelle d'une région ou d'une agglomération. D'après le ministère, le réseau de transport compte plus de 100 000 km de lignes, environ 4 000 postes électriques et 47 interconnexions avec les pays voisins.

Deux caractéristiques sont à retenir. Le réseau de transport est **maillé** : chaque poste est relié à plusieurs autres, de sorte que la perte d'une ligne ne coupe personne, l'énergie passe par un autre chemin. Et il est **triphasé**, comme tout le réseau jusqu'au poste de quartier : sur un pylône, les conducteurs vont par trois. Les raisons de ce choix sont données dans le cours sur [le monophasé et le triphasé](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-monophase-triphase/).

![Schéma des dix étapes du réseau électrique de la centrale à la prise : alternateur, poste élévateur, transport 400 kV, répartition 225, 90 et 63 kV, poste source, réseau HTA 20 kV, poste HTA/BT, réseau BT 230/400 V et branchement](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-reseau-electrique-centrale-a-la-prise.png)Les dix étapes entre l'alternateur et le tableau du logement, avec la tension à chaque étage.## Les postes de transformation

Un **poste** est un nœud du réseau. On y trouve des transformateurs, qui changent la tension, mais aussi des jeux de barres qui répartissent l'énergie entre plusieurs lignes, des disjoncteurs et des sectionneurs qui permettent de couper et d'isoler un ouvrage, et des protections qui déclenchent en cas de défaut. Trois types de postes jalonnent le trajet.

Le **poste élévateur** de la centrale porte la tension de l'alternateur au niveau du réseau de transport. Les **postes de transformation HTB** font passer le 400 kV en 225 kV, puis en 90 ou 63 kV.

Le **poste source** marque la frontière entre le transport et la distribution : il reçoit la HTB, 90 ou 63 kV le plus souvent, et l'abaisse en HTA, 20 kV en règle générale. Il alimente plusieurs départs, qui desservent chacun un secteur. Enedis en exploite plus de 2 000.

Le **poste de distribution publique HTA/BT**, que tout le monde appelle poste de quartier ou « transfo », abaisse le 20 kV en 230/400 V. C'est le dernier transformateur avant le client. C'est une petite cabine dans un lotissement, un local au pied d'un immeuble, ou un transformateur en haut d'un poteau à la campagne. Enedis en exploite près de 800 000. Son secondaire est couplé en étoile : le point commun des trois enroulements, relié à la terre au poste, devient le neutre distribué dans la rue. Ce détail explique le schéma TT des logements, vu dans le cours sur [la prise de terre et les régimes de neutre](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-prise-de-terre-regimes-de-neutre/).

Il existe un quatrième poste, qui n'appartient pas au réseau public : le **poste de livraison** d'un client alimenté en HTA, usine, hôpital ou grande surface. Il est traité au niveau BTS dans le cours sur [le poste de livraison HTA](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-distribution-hta-poste-livraison/).

## Le réseau de distribution : HTA puis basse tension

Le **réseau de distribution** commence au poste source. Il appartient aux collectivités, qui en confient l'exploitation à un gestionnaire : Enedis sur 95 % du territoire métropolitain, et environ 150 entreprises locales de distribution sur le reste. D'après les chiffres du ministère, Enedis exploite 1,3 million de kilomètres de lignes et dessert 35 millions de clients.

La partie **HTA** part du poste source en 20 kV, sur trois conducteurs, sans neutre. En zone rurale, les lignes sont souvent aériennes, sur des poteaux en béton ou en bois, et le réseau a une forme d'arbre : un tronc, des branches, des postes au bout. En ville, les câbles sont enterrés et les postes sont alimentés en boucle, ce qui permet de réalimenter un quartier par l'autre côté quand un câble est en défaut.

La partie **basse tension** part du poste de quartier, en 230/400 V, sur quatre conducteurs : trois phases et le neutre. On mesure 400 V entre deux phases et 230 V entre une phase et le neutre. En aérien, le réseau est fait de câbles torsadés isolés, tendus sur des poteaux ou fixés en façade. En souterrain, les câbles courent sous le trottoir. Chaque client est raccordé en dérivation sur ce réseau, et les logements en monophasé sont répartis sur les trois phases pour équilibrer le transformateur.

La tension livrée n'est pas exactement de 230 V. Elle varie avec la charge du réseau et la distance au poste : en bout de ligne, un soir d'hiver, elle baisse. L'arrêté du 24 décembre 2007 sur la qualité des réseaux publics d'électricité, pris en application du Code de l'énergie, impose au gestionnaire de maintenir la tension dans une plage de plus ou moins 10 % autour de la tension nominale, soit de 207 à 253 V entre phase et neutre et de 360 à 440 V entre phases. Un appareil de mesure qui affiche 238 V ou 224 V au tableau ne révèle donc aucune anomalie.

## Le branchement d'un logement

Le **branchement** est l'ouvrage qui relie le réseau basse tension à l'installation d'un client. Il fait encore partie du réseau public : il est réalisé selon la norme NF C 14-100 et exploité par le gestionnaire de réseau, pas par l'électricien du client.

![Schéma du branchement d'un logement en monophasé : réseau BT de la rue, coffret avec coupe-circuit, compteur, disjoncteur de branchement, point de livraison et tableau de répartition, avec la limite entre NF C 14-100 et NF C 15-100](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-branchement-logement-reseau-bt.png)Le branchement d'un logement en monophasé : tout ce qui est en amont du point de livraison appartient au réseau public.En partant de la rue, on rencontre dans l'ordre : la dérivation sur le réseau ; le **coffret de branchement**, en limite de propriété, qui contient le coupe-circuit principal individuel avec ses fusibles ; la liaison jusqu'au **compteur**, qui mesure l'énergie consommée en kilowattheures ; enfin le **disjoncteur de branchement**. Celui-ci protège le branchement contre les surintensités, sert d'appareil général de commande et de protection du logement et, lorsqu'il est différentiel, ce qui est le cas général en schéma TT, assure une protection de 500 mA de type sélectif (S) en tête d'installation.

Pour un logement, le branchement est dit **à puissance limitée** : il va jusqu'à 12 kVA en monophasé et 36 kVA en triphasé. Selon l'emplacement du disjoncteur, on parle de branchement de type 1, quand le disjoncteur de branchement est dans le logement, ou de type 2, quand il est placé avec le compteur en limite de propriété parce que la maison est loin de la rue. Dans ce second cas, la liaison entre le disjoncteur et le tableau appartient au client, et c'est à l'électricien d'en calculer la section. Un exemple est détaillé dans notre article sur [l'alimentation enterrée d'un branchement de type 2](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/raccordement-electrique/alimentation-electrique-enterree-exemple-branchement-de-type-2/).

La frontière à connaître est le **point de livraison** : les bornes aval du disjoncteur de branchement. En amont, c'est le réseau public et la NF C 14-100. En aval, c'est l'installation intérieure, régie par la [NF C 15-100](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/norme-electricite-nf-c-15-100/nouvelle-version-norme-nf-c15-100-2025/ "La nouvelle version de la norme NF C15-100"), sous la responsabilité du client et de son électricien. Cette limite a une conséquence directe sur le chantier. Ouvrir le disjoncteur de branchement met hors tension le tableau, mais pas le compteur ni les bornes amont du disjoncteur, qui restent alimentés par le réseau. Le rôle et le réglage de cet appareil sont décrits dans notre article sur [le disjoncteur de branchement](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/tableau-electrique/appareillage-du-tableau-electrique/le-disjoncteur-de-branchement-edf-tout-savoir/), et la suite du trajet, du disjoncteur aux circuits, dans le cours sur [le tableau électrique du logement](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-tableau-electrique-logement-circuits/).

Le choix de la puissance souscrite, le compteur communicant et la lecture d'une facture font l'objet d'un chapitre à part : [comptage et tarification](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-comptage-tarification-puissance-souscrite-facture/).

## Équilibre production-consommation et fréquence 50 Hz

L'électricité ne se stocke pas sur le réseau lui-même. Les lignes ne sont pas un réservoir : ce que les clients consomment à un instant donné doit être produit au même instant. Cette égalité permanente entre production et consommation est la contrainte qui organise tout le [système électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/systeme-electrique/ "Système Électrique"), et c'est RTE qui en a la charge.

Le témoin de cet équilibre est la **fréquence**. Tous les alternateurs raccordés au réseau tournent à une vitesse liée à la fréquence, 50 Hz en Europe : 3 000 tours par minute pour une machine à deux pôles, 1 500 pour une machine à quatre pôles. Quand la consommation dépasse la production, l'énergie manquante est prise sur l'élan des machines tournantes : elles ralentissent, et la fréquence descend sous 50 Hz. Quand la production dépasse la consommation, les machines accélèrent et la fréquence monte. Une fréquence stable à 50 Hz signifie donc que le réseau est à l'équilibre.

Pour tenir cet équilibre, on agit à plusieurs échelles de temps. La veille, RTE prévoit la consommation du lendemain, et les producteurs programment leurs centrales en conséquence. En temps réel, des centrales gardent une marge de puissance en réserve : dès que la fréquence s'écarte, leurs régulateurs ouvrent ou ferment automatiquement l'arrivée de vapeur ou d'eau, en quelques secondes. Si cela ne suffit pas, d'autres moyens sont démarrés, les barrages en premier parce qu'ils répondent vite. Les interconnexions avec les pays voisins aident aussi : l'Europe continentale forme un seul réseau synchrone, à la même fréquence de Lisbonne à Varsovie, et un déficit dans un pays est soutenu par tous les autres.

On peut également agir sur la consommation. Les heures creuses, qui décalent la chauffe des ballons d'eau chaude, en sont l'exemple le plus ancien. En dernier recours, si l'équilibre ne peut plus être tenu, le gestionnaire coupe volontairement certains départs HTA pendant une durée limitée : c'est le **délestage**, qui sacrifie quelques quartiers pour éviter l'effondrement de tout le réseau.

## Pour aller plus loin (bac pro et BTS)

**Les pertes en triphasé.** Le calcul fait plus haut raisonnait sur une ligne simplifiée. Sur une ligne triphasée, le courant se calcule avec I = P / (√3 × U × cos φ), où U est la tension entre phases, et les pertes dans les trois conducteurs valent p = 3 × R × I², où R est la résistance d'un conducteur. Le facteur de puissance intervient : à [puissance active](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/puissance-active/ "Puissance Active") égale, un mauvais cos φ augmente le courant, donc les pertes. C'est une des raisons pour lesquelles l'énergie réactive est facturée aux gros clients, comme l'explique le cours sur [la puissance en triphasé et le facteur de puissance](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-puissance-triphase-facteur-de-puissance/).

**Vitesse et fréquence.** La relation entre la vitesse d'un alternateur et la fréquence s'écrit n = f / p, avec n en tours par seconde, f en hertz et p le nombre de paires de pôles ; en tours par minute, n = 60 × f / p. Un alternateur de centrale hydraulique, entraîné par une turbine lente, compte beaucoup plus de pôles qu'un turboalternateur. Le cours sur [la machine synchrone](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-machine-synchrone-alternateur/) développe ce point.

**Réglage primaire et réglage secondaire.** La réaction automatique des régulateurs de vitesse s'appelle le réglage primaire : il arrête la dérive de la fréquence, mais ne la ramène pas exactement à 50 Hz. Le réglage secondaire, piloté par un signal que RTE envoie aux centrales qui y participent, corrige ensuite l'écart restant et rétablit les échanges prévus avec les pays voisins. Les réserves correspondantes sont appelées réserve primaire et réserve secondaire.

**Un réseau qui change de sens.** Le réseau de distribution a été conçu pour faire descendre l'énergie du poste source vers les clients. Avec la production locale, le flux peut s'inverser : à midi, un départ basse tension chargé de panneaux photovoltaïques renvoie de l'énergie vers le poste, et la tension monte en bout de ligne au lieu de baisser. Gérer ces flux est l'objet des réseaux intelligents, abordés dans le cours sur [l'éolien, l'hydraulique et les réseaux intelligents](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-eolien-hydraulique-reseaux-intelligents/).

## Les erreurs qui reviennent

**Confondre transport et distribution.** Le transport, c'est la HTB et RTE ; la distribution, c'est la HTA et la basse tension, avec Enedis ou une entreprise locale. Le poste source fait la frontière.

**Classer le 20 kV en HTB**, ou le 400 V en HTA. Les limites sont 1 000 V et 50 kV en alternatif : 20 kV est de la HTA, 63 kV de la HTB, 400 V de la basse tension.

**Dire que la haute tension « réduit la résistance » de la ligne.** La résistance ne change pas. C'est le courant qui diminue, et avec lui les pertes R × I².

**Croire que le disjoncteur de branchement met tout hors tension.** Ses bornes amont, le compteur et le coffret restent alimentés. On n'intervient pas en amont du point de livraison.

**Confondre le fournisseur et le gestionnaire de réseau.** Le client choisit son fournisseur, qui lui vend l'énergie et envoie la facture. Il ne choisit pas le gestionnaire du réseau de distribution, qui achemine l'énergie, relève le compteur et dépanne, quel que soit le fournisseur.

## Exercices corrigés

Les trois premiers exercices correspondent au niveau CAP, les deux suivants au bac pro, les deux derniers au BTS. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

**Exercice 1.** Classez chaque tension dans son domaine : 24 V alternatif ; 230 V alternatif ; 400 V alternatif ; 20 kV alternatif ; 63 kV alternatif ; 400 kV alternatif ; 600 V continu (chaîne photovoltaïque) ; 48 V continu (batterie).

Voir le corrigéEn alternatif : 24 V est inférieur à 50 V, c'est de la TBT. 230 V et 400 V sont compris entre 50 V et 1 000 V : BT. 20 kV est compris entre 1 kV et 50 kV : HTA. 63 kV et 400 kV dépassent 50 kV : HTB. En continu, les limites sont 120 V et 1 500 V : 600 V est de la BT, 48 V de la TBT. Conclusion : le réseau de transport est en HTB, le réseau 20 kV en HTA, et tout ce que l'électricien du bâtiment raccorde en BT ou en TBT.

**Exercice 2.** On veut transporter 100 kW sur une ligne dont la résistance totale est de 2 Ω. Calculez le courant et les pertes par effet Joule sous 230 V, puis sous 20 000 V (on raisonne comme en continu, avec P = U × I). Concluez.

Voir le corrigéSous 230 V : I = P / U = 100 000 / 230 ≈ 435 A. Pertes : p = R × I² = 2 × 435² ≈ 378 000 W, soit 378 kW. Les pertes dépasseraient la puissance à transporter : c'est impossible. Sous 20 000 V : I = 100 000 / 20 000 = 5 A. Pertes : p = 2 × 5² = 50 W, soit 0,05 % de la puissance. Conclusion : en élevant la tension, on divise le courant et on rend les pertes négligeables ; c'est la raison d'être de la haute tension.

**Exercice 3.** Un logement est alimenté en monophasé 230 V avec une puissance souscrite de 9 kVA. Calculez le courant correspondant. Où se trouve le point de livraison, et quelle norme s'applique de part et d'autre ?

Voir le corrigéCourant : I = S / U = 9 000 / 230 ≈ 39 A. Le réglage normalisé correspondant à 9 kVA est 45 A. Le point de livraison se situe aux bornes aval du disjoncteur de branchement. En amont, le branchement relève de la NF C 14-100 et du gestionnaire de réseau ; en aval, l'installation intérieure relève de la NF C 15-100. Conclusion : le logement peut appeler environ 39 A, et l'électricien intervient uniquement après le disjoncteur de branchement.

**Exercice 4 (bac pro).** Un départ HTA triphasé 20 kV alimente une zone qui appelle 2 MW avec un cos φ de 0,9. La ligne mesure 10 km et chaque conducteur a une résistance de 0,3 Ω par kilomètre. Calculez le courant en ligne, les pertes par effet Joule et leur part dans la puissance transportée.

Voir le corrigéCourant : I = P / (√3 × U × cos φ) = 2 000 000 / (1,732 × 20 000 × 0,9) ≈ 64,2 A. Résistance d'un conducteur : R = 0,3 × 10 = 3 Ω. Pertes dans les trois conducteurs : p = 3 × R × I² = 3 × 3 × 64,2² ≈ 37 000 W, soit 37 kW. Part : 37 / 2 000 = 0,0185, soit environ 1,9 %. Conclusion : le départ perd 37 kW en chaleur, moins de 2 % de la puissance transportée.

**Exercice 5 (bac pro).** Un poste de quartier est équipé d'un transformateur triphasé de 400 kVA, 20 kV / 410 V. Calculez le rapport de transformation, le courant nominal au secondaire et le courant nominal au primaire.

Voir le corrigéRapport des tensions : 20 000 / 410 ≈ 48,8. Courant secondaire, avec la tension à vide de la plaque (410 V) : I2 = S / (√3 × U2) = 400 000 / (1,732 × 410) ≈ 563 A. Courant primaire : I1 = S / (√3 × U1) = 400 000 / (1,732 × 20 000) ≈ 11,5 A. On vérifie : 563 / 11,5 ≈ 49, le rapport des courants est l'inverse du rapport des tensions. Conclusion : le transformateur débite 563 A par phase en basse tension en n'appelant que 11,5 A côté 20 kV.

**Exercice 6 (BTS).** On retient un taux de pertes de 2,5 % sur le réseau de transport et de 6 % sur le réseau de distribution. Calculez le rendement global de l'acheminement, puis l'énergie à produire pour livrer 4 500 kWh par an à un logement.

Voir le corrigéRendement du transport : 1 − 0,025 = 0,975. Rendement de la distribution : 1 − 0,06 = 0,94. Les deux réseaux sont en série, les rendements se multiplient : η = 0,975 × 0,94 ≈ 0,917. Énergie à produire : 4 500 / 0,917 ≈ 4 910 kWh. Pertes : 4 910 − 4 500 = 410 kWh par an. Conclusion : il faut produire environ 9 % de plus que ce que le client consomme ; les pertes ne s'additionnent pas exactement, elles se composent.

**Exercice 7 (BTS).** Calculez la vitesse de rotation, à 50 Hz, d'un turboalternateur à 2 pôles, d'un alternateur de centrale nucléaire à 4 pôles et d'un alternateur hydraulique à 28 pôles. La fréquence du réseau tombe à 49,8 Hz : à quelle vitesse tourne la machine à 4 pôles, et que révèle cette valeur ?

Voir le corrigéOn applique n = 60 × f / p, avec p le nombre de paires de pôles. Machine à 2 pôles (p = 1) : n = 60 × 50 / 1 = 3 000 tr/min. Machine à 4 pôles (p = 2) : n = 60 × 50 / 2 = 1 500 tr/min. Machine à 28 pôles (p = 14) : n = 60 × 50 / 14 ≈ 214 tr/min. À 49,8 Hz : n = 60 × 49,8 / 2 = 1 494 tr/min. Conclusion : toutes les machines du réseau ont ralenti dans la même proportion ; la consommation dépasse la production, et les réserves doivent être mobilisées pour ramener la fréquence à 50 Hz.

## Sources

- Ministère chargé de l'énergie, [Réseaux électriques](https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reseaux-electriques) : réseau de transport, réseaux de distribution, gestionnaires et chiffres clés.
- RTE, [Bilan électrique 2025, production](https://analysesetdonnees.rte-france.com/bilan-electrique-2025/production) : production par filière en France métropolitaine.
- INRS, [ED 6127, L'habilitation électrique](https://www.inrs.fr/dam/inrs/CataloguePapier/ED/TI-ED-6127.pdf) : limites des domaines de tension en alternatif et en continu.
- Connaissance des Énergies, [Électricité : à combien s'élèvent les pertes en ligne en France ?](https://www.connaissancedesenergies.org/questions-et-reponses-energies/electricite-combien-selevent-les-pertes-en-ligne-en-france) : taux de pertes publiés par RTE et Enedis.

## Pour aller plus loin sur le site

- [Poste de transformation](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/haute-tension-reseaux-speciaux/poste-de-transformation/)
- [Ligne haute tension](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/haute-tension-reseaux-speciaux/ligne-haute-tension/)
- [Réseau Électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/reseau-electrique/)
- [Transformateur HT/BT](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/transformateur-ht-bt/)
- [Coffret Enedis](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/equipements-electriques/coffret-enedis/)

[Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/)

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*Source : [www.installation-renovation-electrique.com](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-production-transport-distribution-electricite-reseau/)*
