Habilitation électrique B0, H0, H0V : ce qu’elle autorise, formation

Habilitation électrique B0, H0, H0V : ce qu’elle autorise, formation

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En bref

Les habilitations B0, H0 et H0V concernent les travailleurs qui ne font aucune opération d’ordre électrique mais travaillent dans un environnement électrique : peintre dans un local technique, agent de nettoyage d’un poste, maçon près d’un tableau. Le B0 vaut en basse tension, le H0 en haute tension, le H0V autorise en plus l’accès à la zone de voisinage renforcé HT, pour des opérations liées à l’exploitation et à la maintenance. Le symbole est toujours suivi de la mention Exécutant ou Chargé de chantier. Il ne permet ni de changer une lampe, ni de réarmer un disjoncteur.

Un peintre qui refait les murs d’un local TGBT, un agent d’entretien qui passe la serpillière dans une salle de cellules HTA, un serrurier qui change la porte d’un local électrique : aucun d’eux ne touche à l’installation, et pourtant tous travaillent à quelques mètres de pièces nues sous tension. C’est pour eux que la norme NF C 18-510 a prévu l’« indice 0 ». Cette page détaille ce que ces symboles permettent, la formation qui y mène et la façon dont l’employeur délivre le titre. Pour la lecture générale des symboles et le découpage des zones, reportez-vous au cours sur l’habilitation électrique, les zones et la consignation ; la vue d’ensemble de tous les symboles se trouve sur notre page habilitation électrique.

Ce que les symboles B0, H0 et H0V autorisent

Le chiffre 0 signifie « travaux d’ordre non électrique » : on travaille dans l’environnement d’une installation, jamais sur elle. L’INRS cite la peinture, la maçonnerie, la serrurerie ou le nettoyage. La lettre qui précède donne le domaine de tension, et le V éventuel ouvre l’accès au voisinage renforcé.

Symboles d'habilitation B0 (basse tension), H0 et H0V (haute tension) : travaux non électriques autorisés hors tension, et au voisinage simple pour les opérations d'exploitation et de maintenance, voisinage renforcé HT pour le H0V, et opérations interdites comme changer une lampe ou réarmer un disjoncteur
L’indice 0 couvre des travaux non électriques ; le V n’existe qu’en haute tension.
SymboleDomaineOù il permet de travailler
B0Basse tensionLocaux et emplacements à risque électrique, hors tension, ou en zone de voisinage simple (zone 1) dans la limite précisée sous ce tableau. Jamais dans la zone de voisinage renforcé BT (zone 4, moins de 0,30 m).
H0Haute tensionMême logique autour des ouvrages et installations HT : hors tension, ou en voisinage simple dans la même limite.
H0VHaute tensionEn plus, la zone de voisinage renforcé HT, uniquement pour des opérations qui concourent à l’exploitation et à la maintenance de l’installation ou de l’ouvrage.

Deux précisions de l’INRS méritent d’être retenues. D’abord, le tableau de synthèse de son guide ED 6127 indique qu’au voisinage, seules les opérations qui concourent à l’exploitation et à la maintenance de l’installation sont autorisées sous ces symboles : repeindre un poste ou nettoyer un local électrique, oui ; les autres opérations y sont interdites, et il faut alors supprimer le voisinage (consignation, pose d’écrans ou de nappes isolantes) avant de commencer. Sa foire aux questions ne formule cette restriction que pour le H0V ; nous retenons la lecture la plus stricte. Ensuite, il n’existe pas de « B0V » : en basse tension, les opérations d’ordre non électrique sont interdites dans la zone de voisinage renforcé, qui reste réservée aux symboles d’opérations électriques (B1V, B2V, BR, BC, BE).

Exécutant ou chargé de chantier

Le titre précise toujours le rôle. L’exécutant réalise les travaux en respectant les consignes et la zone qu’on lui a délimitée. Le chargé de chantier dirige une équipe d’exécutants : il reçoit les documents du chargé d’exploitation ou de consignation (autorisation de travail, certificat pour tiers), met en place et balise la zone de travail, surveille son équipe. Sur un travail entièrement hors tension et hors voisinage, l’INRS indique que l’habilitation n’est pas obligatoire pour les exécutants ; sa foire aux questions ajoute que la norme recommande d’habiliter le chargé de chantier, qui reçoit les documents et vérifie le balisage.

Qui est concerné

Le guide de l’INRS donne comme exemples le peintre, le maçon, le serrurier et l’agent de nettoyage, à condition qu’ils ne fassent que leur métier : pas de réarmement de disjoncteur, pas de remplacement de lampe ni de fusible. On y ajoute le plaquiste ou le menuisier qui intervient dans un local technique.

Le H0 et le H0V visent le même public autour des installations haute tension : agents d’entretien ou peintres des postes de livraison HTA, personnel non électricien des sites industriels. Le H0V concerne ceux qui doivent s’approcher davantage, pour une opération utile à l’exploitation ou à la maintenance.

À l’inverse, l’utilisation normale du matériel électrique (brancher un ordinateur, se servir d’une perceuse, passer l’aspirateur) ne demande aucune habilitation : l’INRS parle alors de simple sensibilisation au risque électrique.

Ce que l’indice 0 n’autorise pas

La frontière est nette : aucune opération d’ordre électrique. Un titulaire du B0 ne remplace pas une lampe, un fusible, une prise ou un interrupteur ; il ne raccorde pas un appareil ; il ne réarme pas une protection ; il n’ouvre pas un tableau pour y faire quoi que ce soit ; il ne consigne pas et ne vérifie pas l’absence de tension. Ces gestes relèvent du BS (intervention élémentaire) ou du BE Manœuvre (réarmement, mise hors ou sous tension).

Deuxième limite : B0 et H0 n’entrent jamais au voisinage renforcé. Si des pièces nues sous tension se trouvent à portée de main ou d’outil, le chantier doit être organisé autrement : consignation de la partie concernée par un chargé de consignation, pose d’écrans ou de nappes isolantes, ou mise hors de portée. Ces mesures sont décidées en amont, pas par le peintre.

Prérequis

Aucun diplôme d’électricité n’est demandé pour l’indice 0 : la formation apporte des connaissances de prévention, pas un métier. Il faut en revanche maîtriser son propre métier (le peintre sait peindre) et comprendre les consignes écrites et orales. Côté santé, les règles ont changé le 1er octobre 2025 : le suivi individuel renforcé des salariés habilités a laissé la place à une attestation d’absence de contre-indication médicale, délivrée par le médecin du travail et valable cinq ans (articles R. 4544-10 et R. 4544-11-1 du Code du travail). L’article R. 4544-10 l’exige lorsque l’habilitation autorise des opérations au voisinage de pièces nues sous tension, et un arrêté du 26 septembre 2025 (article 2) en a fixé la liste : les travaux d’ordre électrique et les interventions de courte durée. Les opérations d’ordre non électrique de l’indice 0 n’y figurent pas. Si le même titre porte un autre symbole, ou en cas de doute sur le poste réel, l’employeur interroge son service de prévention et de santé au travail.

Ce que contient la formation

La formation est organisée et financée par l’employeur ; elle se déroule sur le temps de travail. Elle comprend obligatoirement une partie théorique et une partie pratique, de préférence dans un environnement proche du poste réel. L’INRS la découpe en modules.

Le module de thèmes communs est partagé avec les autres symboles non électriciens : grandeurs électriques de base, effets du courant sur le corps humain (électrisation, électrocution, brûlure), domaines de tension, zones d’environnement et leurs limites, principes de l’habilitation, équipements de protection collective, outillage et échelles dans un environnement électrique, conduite à tenir en cas d’incendie ou d’accident. Pour comprendre ce qui se passe réellement lors d’un contact, notre article sur l’électrisation et l’électrocution complète utilement ce module.

Vient ensuite un module spécifique. Pour l’exécutant : nommer les acteurs (chargé d’exploitation, chargé de chantier), connaître les autorisations et interdits de l’indice 0, repérer la zone de travail et appliquer les prescriptions. Pour le chargé de chantier, s’y ajoutent l’utilisation des documents (autorisation de travail, certificat pour tiers), la mise en place et l’organisation de la zone, et la surveillance du chantier.

Formation initiale (INRS ED 6127)ModulesFormation pratique minimale
B0, H0, H0V ExécutantThèmes communs + module spécifique exécutant2,5 h
B0, H0, H0V Chargé de chantierThèmes communs + module spécifique chargé de chantier3 h

Ces durées ne concernent que la pratique. L’INRS précise que la durée de la partie théorique et celle des évaluations sont fixées par le formateur, en accord avec l’employeur, selon le public et les outils utilisés. La théorie peut se faire à distance ; la pratique, elle, se fait en présence d’un formateur.

Évaluation et avis après formation

Chaque formation se termine par deux évaluations. Les savoirs sont contrôlés par un QCM d’au moins 15 questions tirées au hasard dans une banque plus large ; il faut au moins 70 % de bonnes réponses. Les savoir-faire sont évalués ensuite, sur une ou plusieurs mises en situation : pour l’exécutant, se déplacer dans un environnement électrique, identifier les risques, manipuler matériel et outillage correctement et rendre compte au chargé de chantier ; pour le chargé de chantier, baliser et surveiller la zone. Deux erreurs mineures sont tolérées, aucune erreur majeure, c’est-à-dire ayant une conséquence directe sur la sécurité des personnes.

Le formateur rédige alors un avis après formation, remis à l’employeur et au stagiaire. Un avis défavorable n’est pas une sanction : l’employeur peut prévoir un complément de formation ou revoir le périmètre du travail confié.

Le titre délivré par l’employeur

L’organisme de formation ne délivre pas l’habilitation. C’est l’employeur qui, en s’appuyant sur l’avis du formateur, signe un titre d’habilitation (article R. 4544-10 du Code du travail). Ce titre indique le symbole et le rôle (par exemple « B0 Chargé de chantier »), les installations ou locaux concernés, d’éventuelles restrictions et la date de validité. Toute case laissée vide vaut interdiction. L’employeur remet avec le titre un carnet de prescriptions adapté et, si besoin, les équipements de protection.

Pour un intérimaire, c’est l’entreprise utilisatrice qui habilite, pour la durée de la mission. Et en changeant d’employeur, on change de titre : le nouvel employeur reprend la démarche et signe son propre titre, en tenant compte de la formation déjà suivie s’il la juge adaptée au poste.

Recyclage

La périodicité du recyclage est fixée par l’employeur ; l’INRS et la norme recommandent trois ans, moins pour une pratique occasionnelle. Le recyclage reprend un module commun de retour d’expérience (accidents et presque accidents, pratiques) et un module spécifique à l’indice 0 : limites et zones, documents pour le chargé de chantier, protection collective, équipements de travail, accidents et incendies. L’INRS y prévoit au moins 2 heures de pratique. Les évaluations ont les mêmes critères qu’en formation initiale. Entre deux recyclages, l’employeur vérifie chaque année que le titre correspond toujours au travail réellement confié. Les détails figurent sur notre page consacrée au recyclage de l’habilitation électrique.

Questions fréquentes

Un agent d’entretien habilité B0 peut-il réarmer un disjoncteur qui a sauté ?

Pas au titre de son B0, qui exclut toute opération d’ordre électrique. L’INRS admet seulement qu’un personnel averti, non habilité, réarme une protection sur un tableau IP2X en bon état, hors local à risques particuliers de choc électrique ; en dehors de ce cas, ou si ce geste fait partie du poste, le symbole adapté est le BE Manœuvre ou le BS.

Le B0 est-il obligatoire pour un peintre en bâtiment ?

Il l’est dès qu’il travaille dans un local ou un emplacement à risque électrique, ou au voisinage de pièces nues sous tension. L’INRS le dit à l’inverse : si les locaux ne présentent aucune pièce nue sous tension, il n’y a pas besoin d’être habilité pour y faire des travaux non électriques. C’est le cas d’un logement ordinaire, sans tableau ouvert ni conducteur nu accessible, à condition de ne rien démonter : déposer une prise, un interrupteur ou un plafonnier pour peindre derrière met des bornes à nu et devient une opération d’ordre électrique, à confier à une personne habilitée.

Quelle différence entre H0 et H0V ?

Le H0 s’arrête au voisinage simple autour des pièces nues HT ; le H0V peut entrer dans la zone de voisinage renforcé HT, et seulement pour des opérations liées à l’exploitation ou à la maintenance de l’installation, par exemple le nettoyage d’un poste.

Un titre B0 obtenu chez un ancien employeur est-il valable ?

Non : le titre est propre à l’employeur qui l’a signé. L’attestation de formation reste utile, et le nouvel employeur peut s’appuyer dessus, mais il doit délivrer son propre titre.

Faut-il passer par le B0 avant le BS ?

Non, il n’y a pas d’ordre imposé. Chaque symbole correspond à une activité : si le poste comprend des remplacements de lampes ou de prises, on vise directement le BS, qui reprend les thèmes communs.

Testez-vous

Question 1. Un maçon doit percer un mur à 50 cm d’un tableau dont le capot est déposé et les bornes à nu. Son B0 suffit-il ?

Voir la réponse

Pas dans ces conditions. À 50 cm de bornes à nu, il se trouve en voisinage simple (zone 1). Le guide de l’INRS n’y admet, sous l’indice 0, que les opérations qui concourent à l’exploitation et à la maintenance de l’installation, ce qui n’est pas le cas d’un percement ; et le moindre geste qui rapproche la main ou la perceuse à moins de 0,30 m le ferait entrer en zone 4, interdite au B0. La bonne réponse est de supprimer le voisinage avant le chantier : faire reposer le capot, poser un écran isolant ou faire consigner le tableau par une personne habilitée.

Question 2. Sur le titre, le symbole B0 est inscrit sans la mention Exécutant ni Chargé de chantier. Qu’en déduire ?

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Le titre est incomplet : le symbole B0 doit toujours préciser le rôle. Il faut le faire corriger par l’employeur, car une rubrique non renseignée vaut interdiction.

Question 3. Qui délivre l’habilitation B0 à l’issue du stage ?

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L’employeur. Le formateur évalue et rend un avis ; l’employeur, qui connaît le poste et les installations, signe le titre d’habilitation.

Pour la norme elle-même et ses évolutions récentes, voyez notre article sur la norme NF C 18-510, et la définition courte dans notre glossaire de l’habilitation électrique.

Sources

Tous les symboles d’habilitation électrique

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📖 Le glossaire de cet article

Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.

  • Choc électrique — Un choc électrique est l'effet physiologique du passage d'un courant électrique à travers le corps humain, pouvant aller de la simple sensation de fou…
  • Disjoncteur — Un disjoncteur est un appareil de protection qui interrompt automatiquement le circuit en cas de surcharge (détection thermique par bilame) ou de cour…
  • Environnement Électrique — L'environnement électrique désigne l'ensemble des conditions physiques, chimiques et mécaniques dans lesquelles est installée et exploitée une installation électrique.
  • Formation Sécurité Électrique — La formation sécurité électrique est le processus structuré permettant à un travailleur d'identifier les risques électriques et d'intervenir sur des installations en toute sécurité.
  • Habilitation Électrique — L'habilitation électrique est la reconnaissance formelle, par l'employeur, de la capacité d'un salarié à effectuer en sécurité des opérations définies…
  • Interrupteur — Un interrupteur est un organe de commande qui ouvre ou ferme manuellement un circuit électrique pour allumer ou éteindre un ou plusieurs points lumineux.
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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
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