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title: "Dépannage électrique : méthode de diagnostic et pannes types, le cours"
description: "Dépannage électrique : méthode en six étapes, mesures hors et sous tension, différentiel, court-circuit, neutre coupé, moteur, compte rendu, exercices."
url: "https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-depannage-electrique-methode-diagnostic/"
author: "Raphaël Bossoreil"
date: "2026-10-03T13:59:44+02:00"
modified: "2026-10-03T13:59:51+02:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Cours d'électricité"]
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# Dépannage électrique : méthode de diagnostic et pannes types, le cours

En bref

Dépanner, c'est suivre une méthode, pas essayer des pièces. On **recueille les symptômes** auprès de l'utilisateur, on observe l'installation et son schéma, on pose des **hypothèses classées** de la plus probable à la moins probable, puis on les vérifie une par une par des **mesures** : hors tension chaque fois que c'est possible (continuité, isolement), sous tension quand il le faut (tension, courant). On réduit la zone de recherche par moitiés jusqu'à l'élément en défaut, on répare installation consignée, on essaie, et on rédige un **compte rendu d'intervention**. La recherche de panne relève de l'**habilitation BR**, et toute réparation commence par une vérification d'absence de tension (VAT).

Un atelier à l'arrêt parce qu'un convoyeur ne démarre plus, une cliente dont le différentiel saute chaque soir vers 19 h : dans les deux cas, on attend de l'électricien qu'il trouve vite, sans rien casser et sans se mettre en danger. Le débutant ouvre l'armoire et commence à resserrer des bornes au hasard. Le professionnel pose d'abord des questions, lit le schéma, et ne sort son appareil de mesure que lorsqu'il sait ce qu'il cherche.

Ce cours donne cette méthode, puis l'applique aux pannes que l'on rencontre le plus : le différentiel qui déclenche, le court-circuit, la coupure de neutre, le défaut d'isolement et le moteur qui ne démarre pas. Au bac pro MELEC, c'est le cœur de la compétence C8, « diagnostiquer un dysfonctionnement », évaluée avec la compétence C9, « remplacer un matériel électrique », dans la sous-épreuve E33. Les appareils eux-mêmes sont présentés dans le cours sur [les mesures en électricité](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-mesures-electriques/) ; ici, on apprend à s'en servir pour raisonner.

## Avant de mesurer : habilitation BR, EPI et VAT

Chercher une panne oblige souvent à travailler armoire ouverte, près de pièces nues sous tension. Le Code du travail (article R. 4544-9) réserve les opérations sur les installations électriques, ou dans leur voisinage, aux travailleurs **habilités** par leur employeur. Pour le dépannage en basse tension, le symbole qui convient est **BR**, chargé d'intervention générale. D'après la brochure ED 6127 de l'INRS, il couvre l'entretien et le dépannage sur un matériel ou une partie d'installation de faible étendue : recherche de panne avec mesures, remplacement de matériel défectueux, mise en service partielle et temporaire, connexion et déconnexion en présence de tension sous conditions. La norme [NF C 18-510](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/la-norme-nf-c-18-510-comprendre-la-reference-incontournable-de-la-securite-electrique-mise-a-jour-a2-2023/ "La norme NF C 18-510 : comprendre la référence incontournable de la sécurité électrique (mise à jour A2 – 2025)") limite ces interventions aux circuits protégés par un dispositif de 63 A au plus en courant alternatif.

Le BR travaille le plus souvent seul, et il peut consigner pour son propre compte la partie d'installation sur laquelle il intervient. Le titulaire d'un simple **BS**, lui, ne dépanne pas : il remplace à l'identique un [fusible](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/fusible/ "Fusible"), une lampe, une prise ou un interrupteur sur un circuit terminal, hors tension, et réarme une protection. Les symboles et la procédure de consignation sont détaillés dans le cours sur [l'habilitation électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-securite-habilitation-electrique/).

Trois réflexes de sécurité encadrent toute l'intervention. D'abord, les mesures sous tension se font avec les équipements de protection individuelle prévus par l'analyse du risque (gants isolants, écran facial, vêtements couvrants), des cordons et des pointes de touche en bon état, et un appareil dont la catégorie de mesure correspond à l'endroit où l'on mesure. Ensuite, dès qu'il faut toucher un conducteur, démonter un appareil ou resserrer une borne, on met hors tension, on condamne, et on fait une **vérification d'absence de tension** avec un vérificateur conçu pour cela (VAT conforme à la norme NF EN 61243-3), contrôlé sur une source connue juste avant et juste après. Un multimètre n'est pas un VAT : une pile faible, un calibre mal choisi ou un cordon coupé lui font afficher 0 V sur un conducteur sous tension. Enfin, on ne shunte jamais une sécurité pour « voir si ça repart ».

## La méthode de dépannage en six étapes

![Méthode de dépannage électrique en six étapes : recueillir les symptômes, observer et lire le dossier, poser des hypothèses, mesurer, réparer, essayer et rendre compte](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-methode-depannage-electrique-6-etapes.png)Les deux premières étapes se font sans outil : c'est là que se gagne le temps.### 1. Recueillir les symptômes

La personne qui utilise l'installation en sait plus que vous à votre arrivée. On lui pose des questions précises. **Quoi** : qu'est-ce qui ne fonctionne plus, et qu'est-ce qui fonctionne encore ? **Où** : une pièce, un circuit, une machine, tout le bâtiment ? **Quand** : en permanence, à la mise en marche d'un appareil, par temps de pluie, à heure fixe ? **Depuis quand**, et surtout **qu'est-ce qui a changé** juste avant : travaux, perçage dans un mur, nouvel appareil, orage, dégât des eaux, intervention d'une autre entreprise ? Une panne franche et permanente se trouve vite. Une panne intermittente demande de noter les circonstances de chaque apparition.

### 2. Observer et lire le dossier

Avant de mesurer, on regarde. Au tableau : quelle protection est ouverte, un disjoncteur divisionnaire, un [interrupteur différentiel](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/interrupteur-differentiel/ "Interrupteur différentiel"), le disjoncteur de branchement ? Sur une machine : quels voyants sont allumés, le relais thermique a-t-il déclenché, l'automate signale-t-il un défaut ? On cherche aussi les indices physiques : un isolant bruni, une borne bleuie par l'échauffement, une odeur de chaud, une trace d'humidité, un [contacteur](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/contacteur/ "Contacteur") qui vibre. On sort ensuite le schéma et on repère la chaîne qui va de la source au récepteur en panne. Sans schéma, on en relève un à main levée : c'est du temps gagné pour la suite. La lecture des symboles est traitée dans le cours [lire un schéma électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-lire-schema-electrique/).

### 3. Poser des hypothèses et les classer

À partir des symptômes, on dresse la liste des causes possibles, puis on les classe selon deux critères : la **probabilité** et la **facilité de vérification**. Un moteur ne démarre pas : l'arrêt d'urgence resté enfoncé est à la fois fréquent et vérifiable en deux secondes, on commence par là ; l'enroulement grillé est possible mais demande d'ouvrir la boîte à bornes, on le garde pour plus tard. Les pièces qui s'usent ou qui bougent (contacts, lampes, fusibles, connexions, câbles souples) tombent en panne bien plus souvent que les éléments fixes.

### 4. Mesurer pour confirmer ou écarter

Chaque hypothèse se traduit par une mesure dont on connaît d'avance le résultat attendu. « Si le fusible est fondu, je dois lire 0 V en aval. » On mesure, on compare. Si on lit 24 V, l'hypothèse tombe et on passe à la suivante ; si on lit 0 V, elle est confirmée. Une mesure faite sans savoir ce qu'on attend n'apprend rien.

### 5. Réparer

La cause trouvée, on consigne, on vérifie l'absence de tension et on remplace le composant par un modèle de mêmes caractéristiques. On se demande aussi **pourquoi** il a lâché. Un fusible fondu est un symptôme : s'il a fondu, c'est qu'il y a eu une surintensité, et le remplacer sans en chercher l'origine, c'est préparer la panne suivante.

### 6. Essayer et rendre compte

Avant de remettre sous tension, on refait les contrôles qui s'imposent après une modification : serrage, continuité du conducteur de protection, isolement si un câble a été remplacé. L'ordre de ces contrôles est celui du cours sur [la mise en service d'une installation](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-mise-en-service-installation-electrique-controles/). On essaie ensuite le fonctionnement complet, en présence de l'utilisateur, puis on rédige le compte rendu.

## Mesures hors tension ou sous tension : laquelle choisir

La règle est simple : tout ce qui peut se vérifier hors tension se vérifie hors tension. On ne mesure sous tension que ce qui n'existe qu'en présence de tension.

| Ce qu'on cherche | État de l'installation | Appareil | Résultat sur un circuit sain |
|---|---|---|---|
| Conducteur coupé, contact qui ne ferme pas, fusible fondu | **Hors tension** | Ohmmètre, testeur de continuité | Quelques dixièmes d'ohm ; « OL » signale la coupure |
| Court-circuit entre conducteurs actifs | **Hors tension**, récepteurs débranchés | Ohmmètre | « OL » ; une valeur proche de 0 Ω révèle le court-circuit |
| Défaut d'isolement vers la terre | **Hors tension**, électronique débranchée | Mégohmmètre, sous 500 V continu pour un circuit 230/400 V | Des dizaines ou des centaines de mégohms |
| Présence et valeur de la tension, phase manquante | **Sous tension** | Voltmètre, testeur de tension | 230 V entre phase et neutre, 400 V entre phases |
| Surcharge, déséquilibre entre phases | **Sous tension**, en charge | [Pince ampèremétrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/appareil-mesure-electrique/pince-amperemetrique/ "Pince Ampèremétrique") | Courant inférieur au calibre de la protection, égal sur les trois phases d'un moteur |
| Courant de fuite permanent | **Sous tension**, en charge | Pince de fuite, autour de la phase et du neutre ensemble | Quelques milliampères au plus |

Deux techniques servent à localiser. La première est la **recherche par moitiés** : on coupe la zone suspecte en deux, on mesure au milieu, on sait de quel côté est le défaut, et on recommence. Sur un circuit de dix boîtes de dérivation, on ouvre la cinquième plutôt que la première : quatre mesures suffisent là où il en faudrait dix en avançant boîte après boîte.

La seconde est le **suivi du potentiel**, pour les circuits de commande. Prenons une bobine de contacteur alimentée en 24 V à travers un fusible, un arrêt d'urgence, un bouton d'arrêt, le contact du relais thermique et un bouton de marche. On laisse une pointe de touche sur le commun (la borne A2 de la bobine) et on déplace l'autre le long de la chaîne, en demandant à un collègue de maintenir le bouton de marche. Tant qu'on lit 24 V, tout ce qui précède conduit. Le premier point où l'on lit 0 V désigne l'élément ouvert juste en amont. Autre lecture utile : aux bornes d'un contact fermé, la tension est nulle ; aux bornes d'un contact ouvert dans un circuit alimenté, on retrouve toute la tension.

## Les pannes types et leur diagnostic

### Le différentiel qui déclenche

Un dispositif différentiel compare le courant qui part par les conducteurs actifs et celui qui revient. S'il manque une partie du courant, c'est qu'elle s'échappe vers la terre, et l'appareil ouvre le circuit. Un 30 mA ne doit pas déclencher à la moitié de sa sensibilité et doit déclencher à 30 mA : son seuil réel se situe donc entre 15 et 30 mA. Quand il saute, il y a soit un **défaut d'isolement** franc dans un appareil ou un câble, soit une **somme de petites fuites** qui finit par atteindre le seuil.

![Arbre de diagnostic d'un différentiel 30 mA qui déclenche : ouverture des départs, réarmement, recherche du circuit puis du récepteur ou de la canalisation en défaut](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/arbre-diagnostic-differentiel-qui-declenche.png)Arbre de diagnostic : on isole d'abord le départ, puis on sépare la canalisation des récepteurs.L'arbre ci-dessus se suit sans appareil de mesure jusqu'au départ fautif. On ouvre tous les disjoncteurs placés sous le différentiel, on le réarme, puis on referme les départs un à un. Celui qui provoque le déclenchement est repéré. On débranche alors tous les récepteurs de ce circuit : si le différentiel tient, le coupable est un appareil, qu'on retrouve en les rebranchant l'un après l'autre ; s'il saute encore, le défaut est dans la partie fixe. Dans un logement, les suspects habituels sont les appareils qui chauffent de l'eau (lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau, dont la résistance finit par se percer) et les points exposés à l'humidité (prise extérieure, éclairage de jardin, boîte de dérivation en cave). Le site détaille ce cas dans [pourquoi le différentiel saute et pas le disjoncteur](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/depannage-electrique/pourquoi-le-differentiel-saute-et-pas-le-disjoncteur/), et le cas des déclenchements aléatoires dans [diagnostiquer un différentiel qui saute de façon irrégulière](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/depannage-electrique/comment-diagnostiquer-un-differentiel-qui-saute-de-facon-irreguliere/).

Un piège à connaître : un contact entre le **neutre et la terre** en aval du différentiel le fait déclencher même quand rien ne fonctionne sur le circuit fautif. Il suffit qu'un autre circuit du même groupe débite : une partie de son courant de retour emprunte alors la terre au lieu du neutre, et le différentiel voit un déséquilibre. Les déclenchements semblent sans rapport avec le circuit en cause, ce qui rend la méthode d'élimination départ par départ indispensable.

### Le court-circuit et la surcharge

Quand c'est le disjoncteur divisionnaire qui s'ouvre, la première question est : **au bout de combien de temps ?** S'il déclenche à l'instant où on le réarme, c'est son déclencheur magnétique qui agit : il y a un court-circuit, c'est-à-dire un contact direct entre phase et neutre ou entre deux phases. S'il tient plusieurs minutes puis s'ouvre, c'est le déclencheur thermique : le circuit est en **surcharge**, il alimente trop d'appareils pour son calibre. Le fonctionnement de ces deux déclencheurs est expliqué dans le cours sur [le disjoncteur et le différentiel](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-disjoncteur-differentiel-appareillage-de-protection/).

Pour une surcharge, la preuve se fait à la pince ampèremétrique, circuit en charge : on lit un courant supérieur au calibre. Le remède est de répartir les récepteurs, jamais de monter le calibre du disjoncteur sans vérifier la section du câble.

Pour un court-circuit, on ne réarme pas dix fois : chaque réarmement sur défaut fait circuler un courant très élevé et abîme le disjoncteur et les contacts. On laisse le disjoncteur ouvert, on consigne, on débranche tous les récepteurs et on mesure à l'ohmmètre entre phase et neutre au départ du circuit. Si l'appareil indique « OL », la canalisation est saine et le court-circuit vient d'un récepteur, qu'on contrôle séparément. S'il indique une valeur proche de 0 Ω, le défaut est dans la partie fixe : on ouvre le circuit en son milieu et on mesure de chaque côté pour savoir dans quelle moitié il se trouve. Les causes classiques sont un câble percé par une vis ou une pointe, un fil dénudé dans une boîte trop pleine, une douille ou une prise carbonisée.

### La coupure du neutre

En monophasé, un neutre coupé donne une panne déroutante : plus rien ne fonctionne sur le circuit, le disjoncteur est enclenché, et le testeur indique pourtant du 230 V entre la phase et la terre. Il en indique aussi entre le neutre et la terre, en aval de la coupure, dès qu'un récepteur est branché : le potentiel de la phase traverse le récepteur et se retrouve sur le conducteur neutre. Entre phase et neutre, on lit 0 V. Cette combinaison de trois mesures signe la coupure du neutre, à chercher sur une borne desserrée, au tableau ou dans la dernière boîte où la tension est encore correcte. C'est le scénario typique des [prises qui ne fonctionnent plus alors que le disjoncteur n'a pas sauté](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/depannage-electrique/prises-ne-fonctionnent-plus-disjoncteur-ok/). Retenez la conséquence pour la sécurité : un conducteur bleu peut être à 230 V par rapport à la terre.

En triphasé avec neutre, la coupure du neutre est plus grave. Tant qu'il est en place, le neutre fixe le potentiel du point commun des récepteurs monophasés, et chacun reçoit 230 V. S'il se coupe en amont, les récepteurs branchés sur deux phases différentes se retrouvent en série sous 400 V, et la tension se partage en proportion de leurs résistances.

![Schéma de la coupure du neutre en triphasé : deux récepteurs de 2 300 W et 230 W se retrouvent en série sous 400 V et reçoivent 36 V et 364 V](https://www.installation-renovation-electrique.com/wp-content/uploads/2026/10/schema-coupure-neutre-triphase-surtension.png)Neutre coupé : le récepteur le moins puissant, donc le plus résistant, reçoit presque toute la tension.Les symptômes sont caractéristiques : des lampes qui brillent trop fort d'un côté et faiblissent de l'autre, des tensions phase-neutre qui varient quand on allume ou éteint un appareil, puis des alimentations électroniques détruites. Au voltmètre, les tensions entre phases restent à 400 V alors que les tensions phase-neutre sont inégales. On coupe immédiatement, et on cherche la connexion de neutre desserrée ou brûlée. Si le défaut se situe avant le disjoncteur de branchement, c'est le gestionnaire du réseau qu'il faut appeler.

### Le défaut d'isolement

Un isolant vieilli, écrasé, humide ou brûlé laisse passer un courant vers la masse ou vers la terre. En schéma TT, celui des logements, ce courant de défaut vaut à peu près la tension simple divisée par la résistance de la boucle, où la résistance du défaut domine le plus souvent : avec un isolant tombé à 5 kΩ, I = 230 / 5 000 = 0,046 A, soit 46 mA, et le différentiel 30 mA déclenche. Avec 20 kΩ, le courant n'est que de 11,5 mA : rien ne saute, mais le défaut existe et s'ajoute aux autres fuites. Les schémas de liaison à la terre sont repris dans le cours sur [les régimes de neutre](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-prise-de-terre-regimes-de-neutre/).

La mesure qui tranche est celle du **mégohmmètre**, installation consignée. On débranche ou on isole les appareils électroniques, les parafoudres et les voyants, qui fausseraient le résultat ou seraient détruits par la tension d'essai. On relie phase et neutre entre eux et on mesure entre cet ensemble et le conducteur de protection. Un circuit sain donne des dizaines ou des centaines de mégohms ; un circuit en défaut tombe à quelques kilohms ou dizaines de kilohms. On procède ensuite par moitiés : on déconnecte le circuit à une boîte intermédiaire et on mesure chaque tronçon. La valeur minimale qu'exige la norme à la réception d'une installation est donnée dans le cours sur les mesures ; en dépannage, c'est surtout l'écart entre le tronçon fautif et les autres qui désigne le coupable.

### Le moteur qui ne démarre pas

Sur un départ moteur, on sépare d'emblée deux familles de causes en regardant le contacteur. **S'il ne colle pas**, la panne est dans le circuit de commande : fusible ou disjoncteur de commande, arrêt d'urgence enclenché, relais thermique déclenché (son contact 95-96 est ouvert), bouton défectueux, bobine coupée, fil débranché. On applique le suivi du potentiel décrit plus haut. **S'il colle et que le moteur ne tourne pas**, la panne est dans le circuit de puissance ou dans la machine entraînée. Les schémas correspondants sont étudiés dans le cours sur [le contacteur et le relais thermique](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-contacteur-relais-thermique-schema-commande-puissance/).

Côté puissance, le symptôme le plus parlant est le moteur qui **grogne sans démarrer** : il lui manque une phase. On coupe tout de suite, car il absorbe un courant élevé et chauffe. On contrôle ensuite, d'amont en aval, la présence des trois tensions de 400 V entre phases : à l'arrivée, après les fusibles ou le disjoncteur moteur, après le contacteur, puis à la boîte à bornes. L'endroit où une tension disparaît donne l'élément en cause : fusible fondu, pôle de contacteur usé, borne desserrée, câble coupé.

Si les trois phases arrivent au moteur, on consigne et on contrôle la machine elle-même. On retire les barrettes de couplage et on mesure la résistance des trois enroulements (U1-U2, V1-V2, W1-W2) : elles doivent être **égales** à quelques pour cent près. Une valeur infinie indique un enroulement coupé, une valeur nettement plus faible des spires en court-circuit. On mesure enfin l'isolement de chaque enroulement par rapport à la carcasse au mégohmmètre. Si tout est bon, on désaccouple : un moteur qui tourne à vide mais pas en charge renvoie à la mécanique (roulement grippé, pompe bloquée, courroie trop tendue). Le fonctionnement de la machine est décrit dans le cours sur [le moteur asynchrone triphasé](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-moteur-asynchrone-triphase/).

Quand le relais thermique a déclenché, on ne se contente pas de le réarmer. On vérifie que son réglage correspond au courant nominal lu sur la plaque du moteur, puis on mesure les trois courants à la pince, en charge. Trois courants égaux et supérieurs au courant nominal indiquent une surcharge mécanique ; des courants inégaux orientent vers un défaut d'alimentation ou d'enroulement.

## Le compte rendu d'intervention

Une intervention qui n'est pas écrite est perdue : le collègue qui viendra dans six mois refera tout le chemin. Le compte rendu sert aussi de preuve vis-à-vis du client et de l'employeur, et il est évalué à l'examen. Il tient en une page et répond toujours aux mêmes questions.

| Rubrique | Ce qu'on y écrit |
|---|---|
| **Identification** | Date, heures d'arrivée et de départ, lieu, équipement ou circuit concerné avec son repère, nom de l'intervenant et de la personne rencontrée |
| **Symptômes constatés** | Ce que le demandeur a décrit et ce que l'on a observé en arrivant, sans interprétation |
| **Mesures et contrôles** | Points de mesure, appareil, valeurs relevées avec leur unité |
| **Diagnostic** | L'élément en défaut et la cause probable de sa défaillance |
| **Travaux réalisés** | Pièces remplacées avec leurs références, réglages modifiés, schéma mis à jour si le câblage a changé |
| **Essais** | Contrôles faits avant la remise sous tension, résultat de l'essai de fonctionnement |
| **Réserves et suites** | Anomalies constatées mais non traitées, réparation provisoire, travaux conseillés, signature du client |

La rubrique des réserves protège tout le monde. Si vous remplacez une prise brûlée et constatez au passage que l'installation n'a pas de conducteur de protection, vous l'écrivez et vous le faites signer.

## Pour aller plus loin (BTS)

**Les fuites cumulées.** Les filtres d'antiparasitage des alimentations à découpage (ordinateurs, variateurs, éclairage [LED](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/composants-electriques/led/ "LED")) relient les conducteurs actifs à la terre par de petits condensateurs. Chaque appareil laisse ainsi passer en permanence un faible courant vers le conducteur de protection, sans qu'il y ait de défaut. Ces courants s'additionnent sous un même différentiel, et un 30 mA peut déclencher dès 15 mA. Une règle de métier consiste à ne pas dépasser, en fuite permanente, environ le tiers de la sensibilité, soit une dizaine de milliampères sous un 30 mA. Le diagnostic se fait à la pince de fuite, en enserrant ensemble la phase et le neutre de chaque départ : la pince lit la différence, c'est-à-dire ce qui part à la terre. Le remède est de répartir les départs sous plusieurs différentiels.

**Le déplacement du point neutre.** Le calcul de la figure se généralise. Avec deux récepteurs résistifs R1 et R2 restés en série sous la tension composée U, le courant vaut I = U / (R1 + R2) et chaque récepteur reçoit U1 = U × R1 / (R1 + R2) et U2 = U × R2 / (R1 + R2). Comme R = Un² / P, le récepteur de faible puissance a la plus grande résistance et reçoit la plus forte tension. Avec trois charges déséquilibrées, on calcule le potentiel du point neutre par la somme vectorielle des tensions pondérées par les admittances ; le principe reste le même.

**Mesurer l'efficacité de la maintenance.** En industrie, on suit deux durées moyennes : le temps de bon fonctionnement entre deux pannes (MTBF) et le temps de réparation (MTTR), diagnostic compris. La disponibilité d'un équipement s'en déduit : D = MTBF / (MTBF + MTTR). Une ligne qui tombe en panne toutes les 400 h et qu'on répare en 2 h a une disponibilité de 400 / 402 = 99,5 %. La méthode de diagnostic agit directement sur le MTTR, et l'analyse des comptes rendus permet d'agir sur le MTBF, en traitant les causes qui reviennent.

## Les erreurs qui reviennent

**Remplacer des pièces au hasard.** Changer le contacteur, puis le bouton, puis le relais jusqu'à ce que ça reparte coûte cher, prend du temps et laisse la vraie cause en place. Une pièce ne se remplace qu'après une mesure qui la met en cause.

**Réarmer sans chercher.** Une protection qui déclenche fait son travail. La réarmer plusieurs fois sur un court-circuit dégrade l'appareil et le câble ; la remplacer par un calibre supérieur supprime la protection.

**Confondre VAT et mesure.** Lire 0 V sur un multimètre ne prouve pas l'absence de tension. Avant de toucher, on utilise un vérificateur d'absence de tension, testé avant et après.

**Mesurer une résistance sous tension, ou l'isolement sans débrancher l'électronique.** Dans le premier cas, on détruit l'appareil de mesure et on se met en danger ; dans le second, on détruit les récepteurs, ou on lit une valeur fausse.

**S'arrêter au symptôme.** Un fusible fondu, un relais thermique déclenché, une borne brûlée ont une cause. Si on ne la trouve pas, on l'écrit dans les réserves du compte rendu.

## Exercices corrigés

Les cinq premiers exercices correspondent au niveau bac pro, les deux derniers au BTS. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

**Exercice 1.** Pour chacune des vérifications suivantes, indiquez si elle se fait hors tension ou sous tension, et avec quel appareil : a) savoir si un fusible est fondu ; b) savoir si les trois phases arrivent à un contacteur ; c) savoir si un câble enterré est blessé ; d) savoir si un circuit de prises est en surcharge.

Voir le corrigéa) Hors tension, fusible retiré, à l'ohmmètre ou au testeur de continuité : quelques dixièmes d'ohm s'il est bon, « OL » s'il est fondu. b) Sous tension, au voltmètre ou au testeur de tension : 400 V entre L1-L2, L2-L3 et L1-L3. c) Hors tension, circuit consigné et récepteurs débranchés, au mégohmmètre entre conducteurs actifs et conducteur de protection. d) Sous tension et en charge, à la pince ampèremétrique sur le conducteur de phase, valeur à comparer au calibre du disjoncteur. Conclusion : seules la tension et le courant imposent de mesurer sous tension.

**Exercice 2.** Dans un logement en schéma TT, l'interrupteur différentiel 30 mA déclenche quelques minutes après le lancement du lave-linge. Hors tension, on mesure 4 kΩ entre la résistance chauffante et la carcasse de l'appareil. Calculez le courant de défaut (on néglige les résistances des prises de terre) et concluez.

Voir le corrigé[Loi d'Ohm](https://www.installation-renovation-electrique.com/normes-electriques/bases-electricite/relation-courant-tension-resistance-loi-dohm/ "Relation tension courant résistance: La loi d’ohm") : I = U / R = 230 / 4 000 = 0,0575 A, soit 57,5 mA. Ce courant dépasse 30 mA : le différentiel déclenche dès que la résistance est mise sous tension, c'est-à-dire au moment où le programme commence à chauffer l'eau, ce qui explique le délai de quelques minutes. Conclusion : la résistance chauffante est en défaut d'isolement, elle doit être remplacée ; l'installation n'est pas en cause.

**Exercice 3.** Un interrupteur différentiel protège 8 départs. Aucun récepteur ne peut être débranché facilement. En ouvrant les disjoncteurs par groupes, combien d'essais faut-il au maximum pour trouver le départ en défaut par la méthode des moitiés ? Comparez avec la méthode « un par un ».

Voir le corrigéPar moitiés : on ferme 4 départs sur 8 et on réarme ; on sait dans quel groupe de 4 se trouve le défaut. On recommence avec 2 départs de ce groupe, puis avec 1. Il faut donc 3 essais, car 8 = 2 × 2 × 2. Un par un, il en faut jusqu'à 7 dans le pire des cas (si les sept premiers tiennent, le défaut est sur le huitième). Conclusion : 3 essais au lieu de 7 ; l'écart grandit avec le nombre de départs.

**Exercice 4.** Un disjoncteur 16 A protège un circuit de prises de cuisine. Le client y branche en même temps un radiateur d'appoint de 2 000 W, une friteuse de 2 200 W et une bouilloire de 2 200 W ; le disjoncteur s'ouvre au bout de quelques minutes. Le lendemain, après le perçage d'un mur pour poser une étagère, il s'ouvre à l'instant même où on le réarme, tous appareils débranchés. Analysez les deux situations.

Voir le corrigéPremière situation : P = 2 000 + 2 200 + 2 200 = 6 400 W, donc I = P / U = 6 400 / 230 = 27,8 A, soit 1,7 fois le calibre de 16 A : c'est une surcharge, coupée par le déclencheur thermique après un délai d'autant plus court que le dépassement est grand. On répartit les appareils sur plusieurs circuits. Seconde situation : le déclenchement est instantané et sans récepteur, c'est un court-circuit dans la partie fixe, coupé par le déclencheur magnétique. Le perçage a très probablement atteint le câble. Conclusion : on consigne, on mesure à l'ohmmètre entre phase et neutre pour confirmer (valeur proche de 0 Ω), et on répare la canalisation au droit du perçage.

**Exercice 5.** Un moteur asynchrone triphasé ne démarre pas et grogne. Les trois tensions sont présentes à sa boîte à bornes. Après consignation et retrait des barrettes, on mesure : U1-U2 = 12,1 Ω ; V1-V2 = 12,3 Ω ; W1-W2 = « OL ». L'isolement de chaque enroulement par rapport à la carcasse dépasse 200 MΩ. Posez le diagnostic.

Voir le corrigéLes enroulements U et V ont des résistances presque égales (écart de 0,2 Ω, soit moins de 2 %) : ils sont sains. L'enroulement W donne « OL » : il est coupé. Le moteur ne reçoit donc du courant que dans deux enroulements, comme s'il lui manquait une phase, d'où le grognement. L'isolement est bon : il n'y a pas de défaut à la masse. Conclusion : enroulement W coupé, le moteur doit être remplacé ou rebobiné ; on note dans le compte rendu qu'il faut vérifier le réglage du relais thermique, qui aurait dû limiter la durée du défaut.

**Exercice 6 (BTS).** Dans un petit tertiaire alimenté en triphasé 230/400 V, le neutre se coupe au tableau. Il reste en service un radiateur de 2 300 W sur la phase 1 et un ensemble de luminaires de 460 W sur la phase 2 ; rien sur la phase 3. Les récepteurs sont supposés purement résistifs, de résistance constante. Calculez la tension aux bornes de chacun.

Voir le corrigéRésistances : R1 = U² / P = 230² / 2 300 = 23 Ω ; R2 = 230² / 460 = 115 Ω. Sans neutre, les deux récepteurs sont en série sous la tension composée de 400 V : I = 400 / (23 + 115) = 400 / 138 = 2,90 A. Tensions : U1 = 23 × 2,90 = 66,7 V ; U2 = 115 × 2,90 = 333 V (vérification : 66,7 + 333 ≈ 400 V). Conclusion : le radiateur, sous 67 V, ne chauffe presque plus, et les luminaires reçoivent 333 V au lieu de 230 V, soit 45 % de trop : leurs alimentations seront détruites. On coupe immédiatement l'installation.

**Exercice 7 (BTS).** Un plateau de bureaux compte 12 postes informatiques sur un même départ protégé par un différentiel 30 mA, qui déclenche de temps en temps à la mise sous tension du matin. À la pince de fuite, on relève 1,2 mA par poste en régime établi. Expliquez le phénomène et proposez une solution chiffrée.

Voir le corrigéFuite permanente totale : 12 × 1,2 = 14,4 mA. Un différentiel 30 mA peut déclencher à partir de 15 mA : on est à la limite en régime établi, et la pointe de courant dans les condensateurs des filtres à la mise sous tension suffit à franchir le seuil. Il n'y a pas de défaut d'isolement, mais une somme de fuites normales. Solution : répartir les postes sur deux départs protégés chacun par son différentiel 30 mA, soit 6 × 1,2 = 7,2 mA par différentiel, en dessous du tiers de la sensibilité (environ 10 mA). Conclusion : deux groupes de 6 postes ; on confirme par une nouvelle mesure à la pince de fuite sur chaque départ.

## Sources

- INRS, [L'habilitation électrique, brochure ED 6127](https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206127) (symboles BS et BR, opérations autorisées, formation).
- INRS, [Risques électriques : habilitation électrique](https://www.inrs.fr/risques/electriques/habilitation-electrique.html) (cadre réglementaire, norme NF C 18-510).
- Code du travail numérique, [article R. 4544-9](https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/r4544-9) (opérations réservées aux travailleurs habilités).
- Éduscol, [Référentiel de certification du bac pro MELEC](https://referentiels-professionnels.eduscol.education.fr/HORIZON_stockage_PDF/I_3_3_7_435_Annexe_Ib.pdf) (compétences C8 « diagnostiquer un dysfonctionnement » et C9 « remplacer un matériel électrique »).

## Pour aller plus loin sur le site

- [Disjoncteur qui saute : causes, solutions et conseils](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/conseils-electricite/disjoncteur-qui-saute-causes-solutions-et-conseils/)
- [Chauffe-eau qui fait disjoncter : causes et solutions](https://www.installation-renovation-electrique.com/installation-electrique/depannage-electrique/chauffe-eau-qui-fait-disjoncter-differentiel/)
- [Panne électrique](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/panne-electrique/)
- [Courant de fuite](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/mecanismes-electriques/courant-fuite/)
- [Détecteur Fuite Terre](https://www.installation-renovation-electrique.com/glossaire-electricite/appareil-mesure-electrique/detecteur-fuite-terre/)

[Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/)

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*Source : [www.installation-renovation-electrique.com](https://www.installation-renovation-electrique.com/metier-electricien/formation-electricite/cours-electricite/cours-depannage-electrique-methode-diagnostic/)*
