La rénovation électrique, ce n’est jamais très facile. La solution est parfois tellement compliquée qu’on a tendance à s’orienter vers une solution plus simple puisqu’elle est à portée de main. C’est le cas lorsqu’il s’agit de créer un nouveau circuit d’éclairage et qu’il y a un circuit de prise électrique à proximité.

Après tout que risque t’on à brancher un éclairage sur un circuit prise?

Un sujet basé sur une question de lecteur:

Si j’ai décidé d’écrire à propos de ce sujet, c’est qu’on m’a posé une question dessus.

Et je me suis dit que la réponse valait la peine d’être partagée car elle concerne pas mal de personnes dans le cas de rénovation électrique.

Voici la question de Nicolas:

“Je refais une cloison dans ma chambre et je veux installer des appliques murales. Evidemment, il n’y a pas de circuit d’éclairage à proximité, mais un circuit de prises électriques”

“Je sais que ce n’est pas une bonne idée de brancher un éclairage sur un circuit de prise électrique, mais pourquoi? Quels sont les risques? Est ce juste un problème au niveau de la norme?”

Eclairage, prise électrique et norme NF C 15-100:

Pour répondre à la question, il faut dans un premier temps mettre le nez dans la norme NF C 15-100 et voir ce qui ce dit pour chacun de ces circuits:

Le circuit d’éclairage:

  • Il est câblé en 1,5mm2 obligatoirement.
  • La protection maximale au niveau du tableau électrique général est de 16A.

Le circuit de prise électrique:

  • Il est câblé en 1,5mm2 ou 2,5mm2.
  • Le calibre maximal du disjoncteur au niveau du tableau électrique général est de 16A pour du 1,5mm2 et de 20A pour du 2,5mm2.

Le mélange de circuit d’éclairage et prise électrique:

Partant de ce constat de la norme, voici ce qu’il peut être réalisé dans un hypothétique branchement d’éclairage sur un circuit de prise électrique:

  1. Circuit d’éclairage en 1,5mm2 sur un circuit de prise en 1,5mm2. La protection en amont est un disjoncteur de 16A.
  2. Circuit d’éclairage en 1,5mm2 sur un circuit de prise en 2,5mm2. La protection en amont est un disjoncteur de 20A.
éclairage sur un circuit de prise électrique
Schema électrique pour un branchement d’éclairage sur un circuit prise – non conforme

Le cas  numéro 1 est envisageable puisque la section de fils électriques est identique.

Oui mais attention, envisageable ne veut pas dire réalisable. En effet, la norme est très stricte et précise à ce niveau. Les circuits électriques doivent être dédiés à un usage: Prise électrique ou éclairage, mais pas les deux.

Norme et connexion éclairage sur un circuit de prise électrique
Schéma électrique non conforme avec des sections de fils électriques différentes

Le cas numéro 2 quant à lui n’est pas possible pour des questions de sécurité et je vais l’expliquer.

Que risque t’on à brancher un éclairage sur un circuit de prise électrique?

Comme je l’ai montré ci dessus, la norme indique qu’il n’est pas possible de mélanger circuit d’éclairage et circuit de prise électrique.

Mais imaginons maintenant que vous êtes têtu ou bien que les normes et obligations, ce n’est pas votre tasse de thé.

Imaginons que vous vous décidez à brancher votre éclairage sur un circuit de prise électrique quand même.

Quels sont les risques encourus?

Un risque d’ordre électrique:

Vous avez suivi mon explication au niveau de la norme en électricité?

Vous pourrez remarquer qu’il y a un assemblage qui “tient la route” du point de vue section de fil électrique et disjoncteur de protection.

C’est le cas ou la section de fils électriques employés est en 1,5mm2 et le disjoncteur en 16A.

Attention, je le répète, même si sur le papier la concordance est bonne, ce n’est pas bon au niveau de la norme.

Par contre, dans le cas d’une association avec un circuit de prise électrique câblé en 2,5mm2, le tout protégé par un disjoncteur 20A, le risque peut être plus important.

En effet, il y a un risque au niveau de la surcharge qui peut s’appliquer alors sur le fil d’éclairage câblé en 1,5mm2 et raccordé au circuit prise de 2,5mm2.

Pour faire un analogie, j’utilise souvent l’eau.

Et pour faire circuler l’eau, il faut des tuyaux.

Dans ce cas précis, au même titre que pour le fil électrique, le tuyau en amont serait plus gros que le tuyau en aval. Il y aurait risque de débordement si le tuyau plus petit ne peut pas suivre l’approvisionnement en eau du plus gros.

Pour le cas de l’électricité, il y a risque de dégradation du fil électrique en 1,5mm2 utilisé pour faire le raccordement.

Cette dégradation peut engendrer une simple panne électrique mais aussi plus grave, comme un départ d’incendie.

Ce type d’incident a assez peu de chance de se produire, mais la probabilité n’est pas négligeable. Et vu les enjeux, il ne faut pas tenter le diable.

Un risque vis à vis des assurances:

Si un branchement électrique de ce type devait avoir se faire et donner lieu à une panne, ce serait alors le travail d’un électricien (ou de la personne responsable du branchement électrique).

Mais dans un cas plus grave d’incendie par exemple, les assurances interviendront. Non sans faire une expertise.

branchement électrique éclairage incendie maison
Le non respect des normes en électricité peu mener à un incendie

Et qui dit expertise, dit report de responsabilité.

Le branchement électrique ne répond pas à la norme. Il y a de forte chance pour que l’intervenant qui a réalisé cette connexion soit mis en cause.

Une non conformité à venir:

Mais un tel branchement peut également poser problème dans le cas d’une vente ou location de logement.

En effet, dans les deux cas, il faut faire un diagnostic électrique dit obligatoire.

Vu que le branchement électrique n’est pas conforme, il se peut que le rapport de diagnostic fasse état de la non conformité.

Je reste assez sceptique sur la détection de cette non conformité pour avoir assisté à plusieurs inspections (mais c’est possible).

Alors quelle alternative pour créer ce circuit d’éclairage?

Vous l’aurez compris, il n’est pas possible de se repiquer sur un circuit prise électrique.

Je peux vous laisser en plan sur ce constat. Mais je vais aller un peu plus loin en vous donnant quelques pistes pour répondre à ce besoin.

Bien évidemment, chaque rénovation est (presque) unique en son genre.

Je vais donc vous donner des conseils génériques qui pourront ou pas être appliqués à votre cas:

Trouver une boite de dérivation pour faire une dérivation propre et réglementaire:

C’est la première chose à faire: essayer de trouver une boite de dérivation dans laquelle il est possible d’effectuer la connexion du nouveau circuit d’éclairage.

Boite de dérivation circuit d'éclairage
Pour créer un nouveau circuit d’éclairage, il faut partir à la pêche à la boite de dérivation

Oui mais ce n’est pas la seule chose à faire puisque cette boite de dérivation doit contenir une alimentation de circuit d’éclairage.

Et ce circuit doit lui même ne pas être surchargé en terme de nombre de points d’alimentation (8 au maximum).

Repartir du tableau électrique:

Si la première solution n’est pas possible, il reste à repartir directement du tableau électrique général.

Il y a alors la possibilité de créer un nouveau départ avec un disjoncteur divisionnaire.

Il est aussi envisageable de se brancher sous un disjoncteur d’éclairage existant sous deux conditions:

  • Ce disjoncteur ne possède à l’origine qu’un seul fil par borne (une phase et un neutre). En effet, il n’est pas possible d’avoir plus de deux fils connectés sur une même borne de disjoncteur.
  • Le circuit d’éclairage correspondant au disjoncteur n’est pas surchargé en terme de nombre de points lumineux (8 au maximum).
disjoncteur éclairage 10A
Pour installer un éclairage à partir du tableau électrique, il est possible d’installer un nouveau disjoncteur ou d’utiliser un existant (sous réserve)

Une fois la solution de raccordement dans le tableau électrique choisie, il faut faire un choix au niveau de la circulation des fils électriques.

Dans le cas d’une maison de plain pied avec accès au comble, la création et la circulation du nouveau circuit d’éclairage sera plus facile.

Dans le cas contraire, il faudra opter pour un circuit d’éclairage en apparent.

La commande radio pour simplifier un peu plus le circuit d’éclairage:

Pour créer un circuit d’éclairage, il faut:

  • Une commande au minimum pour un simple allumage, l’interrupteur.
  • Un récepteur, le point lumineux.

Le fait de devoir passer deux gaines complique encore la tâche.

Dans ce cas de figure, il y a la possibilité d’utiliser les solutions radios pour simplifier les travaux.

L’interrupteur contrôle alors un émetteur, qui pilote un relais situé avant le point lumineux.

Pour aller plus loin dans l’explication, je vous invite à lire mon article sur le simple allumage radio.

Conclusion:

Au même titre qu’il n’est pas possible comme je l’ai expliqué auparavant de brancher un volet roulant sur une prise électrique, il n’est pas possible de brancher un éclairage sur un circuit de prise électrique.

C’est une question de norme et aussi de sécurité.

Au final, même si les travaux sont bien souvent plus fastidieux, ils doivent être fait dans les règles de l’art.

15 Commentaires

  1. Bonjour.
    Nous touchons avec ce sujet les limites de la normes et de l’application. Pourquoi ?
    Nous branchons au quotidien nos diverses lampes de chevets alimentées avec du 0.5/0.75/1 ou 1.5 mm²… et autres appareils électroménager sans se soucier des sections finales qui alimentent les appareils donc, et bien dans des prises de courant au final.
    (Une veilleuse qui consomme moins de 0,25A par exemple sur un circuit 20A de prise….!!!!).
    Attention aux normes qui imposent des choses qui parfois ne sont instituées que pour des raisons commerciales et non uniquement dans la vision sécurité. En arriverons-nous un jour à devoir calibrer les circuits en fonctions du type d’appareil final comme dans les applications industrielles ?
    Le conseil est donc de bien calibrer les circuits en rénovation et surtout d’assurer la mise en sécurité (avec un différentiel de 30 ma). Il existe encore des anciennes installations ou les circuits étaient confondus entre prises et éclairages, et ou les repiquages de phases et de neutres étaient partout. (De quoi s’arracher les cheveux parfois lors des dépannages…:-))
    Si certes la stricte norme dit non dans le cas présenté, elle dit oui si vous reliez vos appliques ajoutées via une fiche male dans la prise voisine….. Est-ce mieux au final…?
    Pour rappel avec le fait que désormais vous pouvez en neuf alimenter des prises en 1,5 mm², cela est devenu faisable par la rapidité de réaction des protections automatiques, mais cela n’empêche pas que l’échauffement reste supérieur dans les fils et câbles lors de l’usage… (formule de la résistivité à appliquer).
    Slt

  2. merci bien M. Guillaume mais j’ai une question qui me perturbe depuis un bout de temps.. en effet, d’après la norme pour le circuit d’éclairage on doit avoir 5 ou 8 points lumineux pour des disjoncteurs respectifs de 10A ou 16A. Ainsi j’aimerais savoir comment compter le nombre de points lumineux:
    -1er cas:
    une lampe = un point lumineux par exemple un inter SA qui allume une lampe on compte 1 point lumineux et un inter SA qui allume “n” lampe en parallèle (ou série) on compte “n” points lumineux
    -2e cas:
    une lampe installée en va et vient compte pour 2 points lumineux parce que la lampe s’allume en deux points différents.
    Cordialement

    • Bonjour

      Ce qui compte c’est le nombre de “lampe”, pas le nombre de point de commande.
      Donc
      1er cas : Votre énoncé est correct
      2ème cas : Non, on compte 1 point lumineux

      • Bonjour
        Par “point lumineux” le CONSUEL regarde le nombre de sorties filaires des points lumineux et non le nombre de lampes. Les lampes, les appareils lumineux et lustres ne sont d’ailleurs que rarement installés lors du passage Consuel.
        Slt

  3. Bonjour

    Je ne comprends pas trop dans l’exemple 2 ce qui pose problème (au-delà de l’aspect normatif).
    Lorsque le consommateur (branché sur la prise) raccordé en 2,5² tirera sa puissance, l’intensité ne passera pas par le câble en 1,5². Donc la puissance du consommateur branché sur prise n’a pas d’incidence sur le câble en 1,5². En revanche, je suis d’accord que la protection n’est pas adaptée (20A pour du 1,5²).

    Quant à mon cas perso, il est proche de ce qui est exposé dans l’article.
    J’ai un circuit de prise raccordé en 2,5², protégé par un DJ 16A.
    Je souhaite raccorder un câble en 1,5² directement dans la boite d’encastrement d’une prise de courant. L’objectif est de “délocaliser” la prise de courant murale qui ne sera plus accessible car un meuble sera installé devant.
    Au bout de ce nouveau câble, je raccorderai un transfo pour LED, pour éclairer mon dressing. Je mettrai un domino au bout du câble en attendant, mais à terme ça sera sûrement une prise femelle, type embout de rallonge, sur laquelle je brancherai le transfo qui sera installé sur le dessus du meuble). C’est de l’éclairage au final, mais raccordé via un transfo et une prise.
    Est-ce que je fais une bêtise ?
    De plus, le fait que le circuit de prise soit protégé par du 16A, est-ce que mon câble en 1,5² ne suffit pas, même pour de l’éclairage ?

    Merci d’avance pour votre aide et vos explications complémentaires.

    • Bonjour

      Dans l’exemple 2 le seul vrai problème de sécurité c’est le calibre de la protection non adapté (20A sur du 1,5²)
      Ensuite sur l’aspect normatif il faut séparer circuit prises et éclairage, afin d’avoir une sélectivité correcte, mais c’est plus un problème de confort.
      Enfin le mélange de section peut prêter à confusion. Quelqu’un qui interviendra ultérieurement sur l’installation en voyant le 2,5² au tableau ne pourra pas imaginer que la section change en aval.

      Dans votre cas avec un disjoncteur 16A sur du 1,5² la sécurité est assurée, mais cela restera non conforme.

  4. merci pour cet article fort intéressant!
    Je souhaitais créer une tete de lit dan la chambre parentale, en y mettant des prises intégrées (déjà présentes dans le mur, mais que je mettrais en bord de tete de lit du coup), et je me disais que j’aurais pu rajouter des prises USB et des appliques….. hors non ce n’est pas possible car je n’ai qu’un réseau de prises et pas d’éclairage bououuuuuuu…..
    qu’en est-il des liseuses? avec interrupteur intégré? qui sont vendues chez legrand par ex (sans interrupteur chez eux il me semble)
    Meme problème que les appliques?
    Merci d’avance

  5. Bonjour et merci de cet article et ces commentaires.

    Dans mon cas, préférant tout ce qui est “mural” aux éléments posés qui laissent la poussière s’entasser, j’ai installé, de part et d’autre de mon lit, 2 lampes de chevet murales, chacune dispose d’1 douille avec abat-jour, d’1 liseuse led flexible et de 2 interrupteurs: un pour chaque éclairage.

    Difficile pour moi de prendre l’électricité au plafonnier ou ce serait trop apparent (car plafond en béton) du coup je voulais utiliser une prise à proximité et que je peux dédier à l’éclairage exclusivement. Mais en lisant votre article je vois que c’est “risqué” ou en tout cas non conforme.

    Du coup, comme le dit le premier commentaire ici, quelle est la différence entre relier l’éclairage directement sur la prise via domino ou ajouter un élément “prise mal” sur chacun de ces éclairages pour qu’ils deviennent des éclairages “d’appoint” comme l’est une lampe de chevet traditionnelle. On est d’accord que si je fais ça et que je les branche sur une multiprise, là je suis aux normes? Alors que finalement j’utilise bien une ligne de prise pour mon éclairage et que peut-être que les section de câble sont différentes entre ce qu’il y a dans le mur et le fil qui me permet de brancher mes lampes murales à la façon d’une lampe de chevet et que l’ampérage de la ligne électrique n’est peut-être pas adapté?

    J’ai besoin d’être éclairé sur cela du coup: pourquoi ces mêmes lampes mais transformées en “lampes de chevet traditionnelles” seraient elles “acceptées” sur le réseau? J’ai vraiment besoin de votre aide, merci 🙂

    • Bonsoir

      Quelques éléments d’explication ou de réflexion :

      La NF C15-100 ne s’occupe que de la partie fixe de l’installation d’un logement.

      Elle sépare les circuits prises et éclairage pour des notions de sélectivité : un défaut sur un circuit prises doit permettre à l’éclairage de fonctionner et réciproquement (ce n’est pas le cas dans tous les pays, par exemple en Belgique).

      La norme ne peut pas savoir ce que vous brancherez sur votre prise : un aspirateur, un radiateur d’appoint, un chargeur de portable, un radio réveil, une lampe de chevet…
      Je dirai qu’au final ce n’est pas le problème de la norme (personne n’est derrière vous au quotidien), et si un de ces appareils a un problème, il suffit de le débrancher.

      En revanche votre solution, devient un sous ensemble de la partie fixe de l’installation électrique et doit respecter la NF C15-100 (la partie fixe de l’installation perdure le jour ou vous quittez le logement). Et dans votre cas vous ne respectez plus le principe de séparation des circuits.

      Mais effectivement si on branche une lampe de chevet, cela ressemblera techniquement à votre solution, mais normativement cela n’obéit pas aux mêmes règles.

        • Oui après, afin de rester aux normes sans avoir à désinstaller l’ensemble dans le cas d’une vente future, comme j’ai un “décroché” dans le mur où s’appuie le lit et que je prévois un petit coffrage en bois en guise de tête de lit pour passer les fils, je vais peut-être plutôt tirer, depuis la prise existante, une nouvelle prise qui sera cachée par ce coffrage et sur laquelle je brancherais mes lampes chevets murales à l’aide de prises (qui seront aussi dissimulées dans ce coffrage), ainsi les éléments ne seront pas solidaires du circuit électrique et donc cela respectera la norme.

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