Contacteur de puissance

Contacteur de puissance

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Le contacteur de puissance est un appareil électromécanique qui établit ou interrompt à distance l’alimentation d’un récepteur de forte puissance, moteur, chauffe-eau, batterie de chauffage ou compresseur, sous la commande d’un circuit de faible courant. Une bobine, alimentée en 230 V ou en 24 V, attire une armature mobile qui ferme les pôles de puissance ; dès que la bobine est désexcitée, un ressort les rouvre. Contrairement au disjoncteur, il n’assure aucune protection : il commute, et c’est le disjoncteur placé en amont, ou le relais thermique qui lui est associé, qui protège.

Symbole électrique normalisé

Symbole électrique : contacteur tripolaire avec contact auxiliaire
Contacteur tripolaire avec contact auxiliaire (repère KM)

Retrouvez ce symbole et les 90 autres dans notre banque des symboles électriques normalisés.

Il se distingue du relais par son pouvoir de coupure, par sa capacité à commuter des courants élevés un très grand nombre de fois et par la présence de chambres de coupure qui éteignent l’arc électrique.

Catégories d’emploi

CatégorieType de chargeContrainte à la fermeture et à l’ouvertureExemples
AC-1charges résistives ou faiblement inductivescourant coupé proche du courant nominalchauffage, chauffe-eau, éclairage résistif
AC-3moteurs à cage, coupure moteur lancéappel de courant élevé à la fermeturepompes, ventilateurs, compresseurs
AC-4moteurs à cage avec à-coups, inversion, freinagecoupure sous courant de démarragelevage, machines-outils
DC-1charges résistives en courant continuarc plus difficile à éteindrerésistances de chauffage, bus continu
AC-7a / AC-7bapplications domestiquescharges peu inductives et moteurs de petits appareilscontacteurs modulaires de tableau

Le contacteur de puissance dans l’installation électrique

Dans un tableau domestique, on le rencontre sous sa forme modulaire ; dans une armoire industrielle, sous sa forme tripolaire avec blocs de contacts auxiliaires.

  • Chauffe-eau en heures creuses : un contacteur modulaire jour/nuit, commandé par le contact du compteur via un disjoncteur 2 A, alimente le ballon protégé par son propre disjoncteur 20 A ; sa manette permet une marche forcée.
  • Chauffage électrique : un programmateur ou un thermostat pilote la bobine d’un contacteur qui alimente un ensemble de radiateurs ou un plancher rayonnant.
  • Moteurs triphasés : associé à un disjoncteur moteur ou à un relais thermique, il forme le départ-moteur ; deux contacteurs verrouillés réalisent l’inversion du sens de rotation.
  • Délestage : un gestionnaire d’énergie coupe temporairement, via des contacteurs, les circuits non prioritaires lorsque la puissance souscrite est atteinte.
  • Éclairage extérieur et enseignes : un contacteur commandé par horloge ou par interrupteur crépusculaire alimente des lignes d’éclairage trop puissantes pour un simple interrupteur.
Conseil pratique : choisissez le contacteur d’après la catégorie d’emploi et le courant réel de la charge, pas seulement d’après le calibre du disjoncteur. Le même appareil porte un courant par catégorie : sur la fiche du Schneider LC1D09, 25 A en AC-1 mais 9 A en AC-3. Pour un chauffe-eau, on lit la ligne AC-1 ; pour un moteur, la ligne AC-3.

Choix et raccordement

Trois données guident le choix : le nombre de pôles (deux en monophasé, trois ou quatre en triphasé), le courant assigné dans la catégorie d’emploi concernée et la tension de la bobine, qui doit correspondre au circuit de commande disponible. Les contacts auxiliaires, normalement ouverts ou fermés, servent à l’auto-maintien, à la signalisation et aux verrouillages entre contacteurs.

Le raccordement se fait hors tension, après coupure et vérification d’absence de tension ; dans un tableau ou sur un départ moteur, il revient à un électricien. Alimentez la bobine par un circuit protégé séparément, repérez les bornes de puissance (1-2, 3-4, 5-6) et vérifiez le serrage : un contact de puissance mal serré chauffe, se dégrade et finit par souder ses pôles, laissant la charge alimentée en permanence.

Pour lire une référence, choisir la tension de bobine et associer la bonne protection, voyez notre guide du contacteur de puissance, avec un extrait du tableau de coordination pour les moteurs de 0,75 à 15 kW.

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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien