Portrait d’électricienne: Ingrid Roux, électricienne dans la Marine nationale

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Je commence une série de plusieurs portraits d’électriciennes, afin d’avoir leur avis sur la pratique de ce métier au féminin. Selon les statistiques, elles seraient 1% de femmes dans le secteur des métiers de l’électricité. C’est une personne au parcours atypique et particulièrement intéressant qui va débuter ce cycle.

Entretien avec Ingrid Roux, électricienne et militaire.

Bonjour, pourriez-vous vous présenter aux lecteurs?

Je m’appelle Ingrid Roux, j’ai 46 ans et je suis maman de 3 grands garçons.

Je suis également électricienne dans la Marine nationale depuis 26 ans. Mon travail ressemble à celui d’un électricien du bâtiment mais dans l’armée.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’être électricienne?

J’ai toujours voulu être militaire. Arrivée en fin de 3 ème au collège, lorsqu’il a été question de mon orientation, on m’a proposé plusieurs possibilités. J’ai choisi de faire un BEP électrotechnique.

Après l’obtention de mon diplôme, j’ai passé le concours pour entrer dans l’armée. J’ai ensuite fait un an d’école puis on m’a proposé un contrat de 8 ans dans l’armée. J’ai alors suivi une formation pour apprendre l’électricité sur les bateaux, qui comporte certaines spécificités par rapport à l’électricité classique dans les bâtiments.

interview électricienne Marine Nationale
Le métier d’électricienne et d’électricien s’exerce aussi dans l’armée et dans la Marine Nationale

Comment se passe votre journée de travail classique?

Je n’ai jamais pu être embarquée en mission sur un navire, aucune place n’étant ouverte aux femmes depuis le début de mon parcours professionnel.

Aujourd’hui, mon travail ressemble à celui d’un électricien civil avec des horaires classiques en journée. J’interviens pour divers travaux qui nous sont signalés par le biais d’un logiciel. J’interviens dans des bâtiments militaires mais cela ressemble à des interventions classiques : dépannage, travaux, etc.

Vous travaillez dans le bâtiment, un environnement essentiellement masculin. Avez-vous rencontré des difficultés pour vous intégrer dans ce milieu?

Il est vrai que j’exerce un métier essentiellement masculin, mais en plus dans un environnement également très masculin qui est l’armée.

Je n’ai pas rencontré de difficultés majeures dans mon parcours. Toutefois, il faut avoir du caractère pour se faire une place dans cet environnement. Ne pas se laisser faire et être au moins aussi compétente que les collègues masculins (voire davantage). Il faut parfois se montrer ferme par rapport à certains comportements mais globalement, ça se passe bien.

Lors de mon arrivée dans l’armée, nous étions un groupe de quatre filles. Aujourd’hui, je suis la seule à être restée dans l’armée en tant qu’électricienne. Les autres ont quitté l’institution et se sont reconverties dans d’autres secteurs d’activités, pour certaines d’entre elles.

Qu’est-ce qui vous déplaît dans votre métier aujourd’hui? Y a-t-il des choses que vous souhaiteriez voir évoluer?

Il faudrait évidemment qu’il y ait plus de femmes. D’ailleurs, quand je suis en contact avec des entreprises civiles, les patrons me disent souvent qu’avoir une femme dans leur environnement de travail leur apporte quelque chose de différent. Ils cherchent parfois à embaucher des femmes mais il y en a peu dans le secteur de l’électricité.

Au niveau de l’école, il faudrait aussi que ce métier soit mieux représenté et valorisé pour permettre à plus de jeunes filles de se lancer dans cette voie.

avis métier électricien pour les femmes
Les efforts pour attirer plus de femmes dans le secteur des métiers de l’électricité doit se faire avant tout en amont, dans les écoles et centre de formation

Avez-vous une anecdote marquante à nous raconter au sujet de votre métier?

Une fois, pour une intervention, je suis arrivée chargée comme une mule avec mon échelle, ma boîte à outils, mes outils et l’officier qui m’a vu arriver était abasourdi : « Mais vous êtes une femme ? » m’a-t-il dit ! Il m’a proposé de l’aide pour porter mon matériel (ce que j’ai toujours refusé, notamment de la part de mes collègues masculins). Ce n’était pas une critique de sa part, il était étonné mais également impressionné.

Que diriez-vous à une jeune femme qui souhaiterait se tourner vers le métier d’électricienne?

Je l’y encouragerais évidemment. Notamment pour être électricienne mais également pour intégrer l’armée, qui est une très belle institution au sein de laquelle on apprend des valeurs importantes telles que la rigueur.

Pour ma part, j’ai trois garçons qui s’orientent vers des métiers techniques. Depuis qu’ils sont petits, ils sont habitués à voir leur mère bricoler. D’ailleurs, une année, un de mes fils était allé m’acheter une disqueuse pour la fête des mères. Ses copains étaient étonnés d’apprendre que c’était un cadeau pour sa maman!

Conclusion:

Un grand merci à Ingrid Roux de nous avoir accordé cet entretien particulièrement enrichissant.

Le métier d’électricien – comme tous les autres – n’est bien sûr pas réservé qu’aux hommes. C’est surtout une histoire de vocation initiale et de communication au niveau scolaire qui n’aide pas à l’intégration des femmes dans le milieu professionnel de l’électricité.

Si vous connaissez autour de vous des électriciennes qui souhaite partager leur parcours, n’hésitez pas!

Electricien professionnel, je vous propose de partager mon métier, mes conseils et mes astuces à travers les différents articles de ce blog en électricité. Bonne lecture!

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