Brancher plusieurs télérupteurs sur un seul disjoncteur

Brancher plusieurs télérupteurs sur un seul disjoncteur

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⚡ L’essentiel en 30 secondes

  • Oui, on peut alimenter plusieurs télérupteurs depuis un seul disjoncteur 10A — à condition de respecter la limite de 300 VA imposée par la norme NF C 15-100.
  • En pratique : avec des ampoules LED de 10 W, un circuit 10A peut piloter jusqu’à 25 à 30 points lumineux répartis sur plusieurs télérupteurs.
  • Les bobines de commande sont montées en parallèle sur un circuit de commande 230 V — elles ne consomment quasiment rien (1 à 2 VA chacune).
  • La section minimale des conducteurs de puissance est 1,5 mm² pour un circuit éclairage 16A ; ne jamais utiliser du 1 mm² sur une installation définitive.
  • Au-delà de 300 VA (ampoules incandescentes ou halogènes), scindez en deux circuits distincts avec deux disjoncteurs 10A.

Vous rénovez l’éclairage d’un couloir de 20 mètres, d’un sous-sol avec plusieurs zones, ou d’une grande maison où les interrupteurs classiques ne suffisent plus ? La solution s’appelle le télérupteur, et la question que posent systématiquement les électriciens amateurs comme les professionnels est la suivante : peut-on raccorder plusieurs télérupteurs sur un seul et même disjoncteur, et si oui, combien ?

La réponse courte est oui — mais avec des règles précises issues de la norme NF C 15-100, qui encadre toutes les installations électriques résidentielles en France. Cette norme fixe notamment la puissance maximale admissible par circuit d’éclairage, la section minimale des câbles, et les conditions de mise en parallèle des appareils de commande. Ignorer ces règles, c’est s’exposer à un disjoncteur qui saute en permanence, à des câbles qui chauffent, ou pire, à un départ d’incendie.

Dans cet article, nous allons reprendre point par point toute la logique du câblage multi-télérupteurs sur un circuit commun : le calcul du bilan de puissance, le schéma de câblage en étoile depuis le tableau, la gestion des bobines de commande, les erreurs fréquentes, et le matériel conseillé. Que vous soyez électricien, bricoleur averti ou étudiant en CAP Électricité, vous trouverez ici tout ce qu’il faut savoir.

Un télérupteur est un appareil bistable : il change d’état à chaque impulsion reçue sur sa bobine. Un premier appui sur un bouton-poussoir allume le circuit ; le suivant l’éteint. Contrairement à un interrupteur va-et-vient, le télérupteur permet d’avoir un nombre illimité de points de commande, tous câblés en parallèle sur les bornes A1/A2 de la bobine. C’est cette souplesse qui en fait le matériel de référence pour les longs couloirs, les halls d’immeuble, et toutes les configurations où l’on veut commander un même éclairage depuis de nombreux endroits.

Mais attention : si la commande (bobine) consomme très peu (1 à 3 VA), les luminaires eux-mêmes s’accumulent sur le circuit de puissance. C’est là que la norme NF C 15-100 entre en jeu avec sa règle des 300 VA par circuit 10A.

Combien de télérupteurs et de luminaires par disjoncteur 10A ?

La norme NF C 15-100 impose une puissance maximale de 300 VA par circuit d’éclairage 10A. Cette valeur correspond à un facteur de puissance (cos φ) unitaire sur ampoules incandescentes. En pratique, avec des LED modernes (cos φ parfois inférieur à 0,9), on peut dépasser légèrement en nombre de points lumineux, mais il est plus prudent de rester sur la règle des 300 VA comme plafond de calcul.

Le tableau ci-dessous vous permet de visualiser rapidement combien de luminaires (et donc de télérupteurs) vous pouvez connecter selon la puissance unitaire des sources et le calibre du disjoncteur :

Type de sourcePuissance unitaireDisj. 10A (300 VA)Disj. 16A (500 VA)Nb max. télérupteurs*
LED ampoule standard8 W37 luminaires62 luminaires3 à 5
LED downlight12 W25 luminaires41 luminaires3 à 5
Fluorescent (tube)36 W8 luminaires13 luminaires2 à 3
Halogène50 W6 luminaires10 luminaires1 à 2
Incandescente60 W5 luminaires8 luminaires1 à 2

* Nombre de télérupteurs : chaque télérupteur peut alimenter plusieurs luminaires. Le nombre de télérupteurs dépend de votre schéma de zonage, pas d’une limite électrique propre au télérupteur. La contrainte est la puissance totale du circuit.

La règle des 300 VA : tout comprendre

La norme NF C 15-100 distingue la puissance installée (somme des consommations nominales de tous les appareils d’un circuit) et la puissance de foisonnement (puissance simultanément consommée en tenant compte que tous les appareils ne fonctionnent jamais en même temps). Pour l’éclairage, la norme applique un coefficient de foisonnement de 1, ce qui signifie que vous devez calculer comme si tous les luminaires étaient allumés en même temps.

Le calcul est simple :

Puissance installée (VA) = Σ (Puissance de chaque luminaire en W / cos φ)

Exemple avec 20 ampoules LED de 10 W (cos φ = 0,95) :
P = 20 × (10 / 0,95) = 20 × 10,5 = 210 VA → sous la limite de 300 VA ✔

Exemple avec 8 tubes fluorescents 36 W (cos φ = 0,85) :
P = 8 × (36 / 0,85) = 8 × 42,4 = 339 VA → dépasse 300 VA ✘ → 2 circuits nécessaires

Pourquoi la norme choisit-elle 300 VA pour un circuit 10A ? Un disjoncteur 10A supporte en théorie 10A × 230V = 2300 VA. La limite de 300 VA semble donc très conservatrice. En réalité, elle répond à plusieurs contraintes simultanées :

  • Le courant d’appel : les lampes incandescentes et halogènes ont un courant d’appel 5 à 10× supérieur à leur courant nominal à froid. Si vous avez 30 halogènes de 50 W allumés simultanément, le courant d’appel peut déclencher le disjoncteur.
  • La montée en température du câble : à 300 VA sur du 1,5 mm², le câble reste dans ses limites thermiques sur toute la longueur du circuit.
  • La réserve pour les extensions futures : un électricien prudent ne sature jamais un circuit à 100% de sa capacité nominale.

LED vs halogène vs fluorescent : les vraies différences

  • LED : faible consommation, cos φ souvent entre 0,85 et 0,95. Les LED bas de gamme peuvent avoir un facteur de puissance très bas (0,5), ce qui augmente la puissance apparente (VA) sans augmenter la puissance active (W). Préférez des LED avec cos φ ≥ 0,9.
  • Halogène : cos φ = 1 (résistif pur), mais forte consommation (35 à 150 W). Le courant d’appel est élevé.
  • Fluorescent : cos φ souvent autour de 0,85 avec ballast électronique, mais courant d’appel limité. Attention aux ballasts ferro-magnétiques anciens (cos φ pouvant descendre à 0,5).

Schéma : 3 télérupteurs sur 1 disjoncteur — le principe du câblage en étoile

Voici le principe général : le disjoncteur alimente en phase un nœud commun dans le tableau (ou une boîte de dérivation centrale). De ce nœud partent autant de branches que de télérupteurs. Chaque télérupteur reçoit la phase sur sa borne d’entrée, et sa sortie alimente les luminaires de sa zone. Le neutre est commun à tous.

Le circuit de commande (bobines A1/A2) est distinct du circuit de puissance. Les boutons-poussoirs sont reliés en parallèle sur un circuit de commande 230V (phase + neutre), et les bobines de tous les télérupteurs peuvent être reliées en parallèle si l’on veut que tous les télérupteurs commutent simultanément — ou câblées séparément si chaque télérupteur a sa zone indépendante.

Schéma : 3 télérupteurs sur 1 disjoncteur 10A — câblage en étoile

Phase (rouge) Neutre (bleu) Commande bobine (vert) Retour luminaire (orange)

TABLEAU

Disjoncteur 10A

Barre Neutre (N)

Borne PE (Terre)

Ph

N

Télérupteur 1 Unipolaire 16A Bornes: 1-2 / A1-A2

BP1

Zone 1 (8 LED×10W) 1,5mm²

80 VA

Télérupteur 2 Unipolaire 16A Bornes: 1-2 / A1-A2

BP2

Zone 2 (8 LED×10W) 1,5mm²

80 VA

Télérupteur 3 Unipolaire 16A Bornes: 1-2 / A1-A2

BP3

Zone 3 (8 LED×10W) 1,5mm²

80 VA

Bilan de puissance Zone 1 : 8 × 10W = 80 VA Zone 2 : 8 × 10W = 80 VA Zone 3 : 8 × 10W = 80 VA TOTAL : 240 VA ✔ Sous la limite de 300 VA

⚠ Limite NF C 15-100 300 VA max. par circuit 10A Section câble min. : 1,5 mm²

Bobines câblées en parallèle A1/A2 communs → commutation simultanée ou séparés → zones indépendantes

Section câble : 1,5 mm² minimum Du tableau jusqu’au dernier luminaire

Câblage des bobines : commande commune ou séparée ?

C’est le point qui fait souvent hésiter les électriciens débutants. Lorsqu’on place plusieurs télérupteurs sur un même circuit, deux approches sont possibles pour le câblage des bobines de commande :

Option 1 : bobines câblées en parallèle (commutation simultanée)

Dans cette configuration, les bornes A1 de tous les télérupteurs sont reliées ensemble, et les bornes A2 également. Un appui sur n’importe quel bouton-poussoir du circuit fait commuter tous les télérupteurs simultanément. C’est la solution idéale pour un couloir ou un hall où l’on veut que toute l’installation s’allume ou s’éteigne d’un seul geste.

Attention : si les télérupteurs ne sont pas rigoureusement synchronisés (par exemple après une coupure de courant), certains peuvent se trouver en position ouverte quand d’autres sont fermés. Un double appui peut alors resynchroniser l’ensemble.

Option 2 : bobines séparées (zones indépendantes)

Chaque télérupteur dispose de son propre circuit de commande avec ses propres boutons-poussoirs. Le circuit de puissance est commun (un seul disjoncteur), mais la commande est totalement indépendante. C’est la solution pour une grande maison avec des zones distinctes : couloir du bas, couloir du haut, hall d’entrée. Chaque zone peut être allumée ou éteinte indépendamment.

Cette approche est plus flexible mais nécessite plus de câblage (un conducteur de commande par télérupteur) et plus de boutons-poussoirs.

Option 3 : commande hybride (maîtres et esclaves)

On peut aussi câbler un bouton-poussoir principal qui commande tous les télérupteurs en même temps (boutons A1/A2 communs), et des boutons secondaires qui commandent chaque télérupteur indépendamment (boutons A1/A2 séparés). Cela permet par exemple d’avoir un bouton « tout éteindre » à l’entrée de la maison, et des boutons zone par zone dans chaque couloir.

Câbler 3 télérupteurs sur 1 disjoncteur : le guide étape par étape

  1. Coupez l’alimentation au tableau général
    Vérifiez avec un testeur de tension que le circuit est bien hors tension avant de toucher au moindre conducteur. Cette étape ne se négocie pas.
  2. Calculez votre bilan de puissance
    Faites la liste de tous les luminaires de votre projet, relevez la puissance de chaque source, additionnez le tout. Restez sous 300 VA pour un disjoncteur 10A. Si vous dépassez, prévoyez deux circuits distincts.
  3. Préparez votre câblage en étoile
    Depuis le tableau, tirez un câble 3G1,5 mm² (phase + neutre + terre) jusqu’à une boîte de dérivation centrale ou directement jusqu’au premier télérupteur. Depuis ce point, repartez vers les télérupteurs suivants. La section 1,5 mm² est obligatoire sur tout le parcours.
  4. Installez les télérupteurs dans le tableau ou les boîtes de dérivation
    Les télérupteurs modulaires s’installent sur rail DIN dans le tableau. Les télérupteurs encastrables vont dans des boîtes de dérivation. Raccordez la phase sur la borne 1 (entrée) et le retour vers les luminaires sur la borne 2 (sortie).
  5. Raccordez le neutre en direct sur chaque luminaire
    Le neutre ne passe pas par le télérupteur (en schéma unipolaire) — il va directement du tableau au luminaire. Assurez-vous que chaque luminaire dispose d’un conducteur de neutre.
  6. Câblez les bobines de commande
    Tirez un circuit de commande 230V (phase + neutre) jusqu’à chaque bouton-poussoir. Les boutons-poussoirs sont câblés en parallèle. Reliez la borne A1 du télérupteur à la phase de commande via les boutons-poussoirs, et la borne A2 au neutre de commande. Si vous voulez des zones indépendantes, câblez chaque télérupteur avec ses propres boutons-poussoirs.
  7. Vérifiez les connexions avant de remettre sous tension
    Contrôlez visuellement chaque connexion : aucun fil ne doit dépasser de plus de 5 mm, tous les dominos ou borniers doivent être fermés, la terre doit être raccordée sur chaque boîte métallique. Utilisez un testeur de continuité pour vérifier les circuits de commande.
  8. Testez le fonctionnement circuit par circuit
    Remettez sous tension et testez chaque bouton-poussoir. Chaque appui doit faire commuter le ou les télérupteurs concernés. Si un télérupteur ne répond pas, vérifiez les bornes A1/A2 en priorité — c’est là que se trouvent 80% des pannes de commande.

Matériel nécessaire pour 3 télérupteurs sur 1 disjoncteur

Voici la liste du matériel de base pour réaliser une installation de 3 télérupteurs sur un seul circuit 10A, avec les liens vers les produits correspondants.

Télérupteurs unipolaires

Le télérupteur unipolaire est la référence pour l’éclairage résidentiel. Il coupe la phase uniquement. Préférez les modèles modulaires pour une installation en tableau :

Boutons-poussoirs

Les boutons-poussoirs de commande s’installent dans des boîtes d’encastrement standard. Choisissez-les en accord avec votre gamme de prises et interrupteurs :

Câble électrique 1,5 mm²

Obligatoire sur un circuit éclairage résidentiel. Achetez en couronne pour éviter les jonctions inutiles :

Outillage de base

Vidéo : câblage d’un télérupteur avec plusieurs points d’allumage

Cette vidéo illustre le câblage d’un télérupteur avec plusieurs points d’allumage (boutons-poussoirs en parallèle), ce qui est exactement le principe utilisé dans une installation multi-télérupteurs :

Vidéo : « Installer Plusieurs Points d’Allumage (boutons poussoir et télérupteur) » — illustre la logique de câblage en parallèle des boutons-poussoirs et des bobines.

Les 5 erreurs les plus fréquentes

Ces erreurs reviennent systématiquement sur les chantiers et les forums d’électricité. Évitez-les absolument :

Erreur n°1 : surcharger le disjoncteur en calculant en watts, pas en VA

Un LED de 10 W avec un cos φ de 0,8 consomme en réalité 10 / 0,8 = 12,5 VA sur le réseau. Sur 30 ampoules, ça fait 375 VA — au-delà de la limite de 300 VA. Toujours calculer en VA, pas en W.

Erreur n°2 : utiliser du câble 1 mm² sur le circuit de puissance

Le câble 1 mm² est interdit en installation fixe sur un circuit d’éclairage résidentiel en France. La section minimale est 1,5 mm² (NF C 15-100, tableau 52-C). Un câble sous-dimensionné peut chauffer, brûler sa gaine et provoquer un incendie.

Erreur n°3 : confondre les bornes de puissance et les bornes de bobine

Sur un télérupteur, les bornes 1 et 2 (ou L et L’) sont les bornes de puissance (le courant des luminaires y passe). Les bornes A1 et A2 sont les bornes de commande de la bobine (impulsion de commutation). Les deux circuits sont électriquement séparés. Connecter la puissance sur la bobine, ou vice-versa, détruit immédiatement le télérupteur.

Erreur n°4 : oublier le neutre de commande de la bobine

La bobine d’un télérupteur 230V nécessite une phase ET un neutre pour fonctionner. L’erreur classique est de ne tirer qu’un seul conducteur (la phase via les boutons-poussoirs) jusqu’à la bobine, en oubliant de raccorder le neutre sur la borne A2. Le télérupteur ne commutera jamais.

Erreur n°5 : mélanger télérupteurs 12V et 230V sur le même circuit de commande

Il existe des télérupteurs à bobine 12V (pour les installations avec transformateur de sécurité TBTS) et des modèles 230V. Si vous mélangez les deux, les bobines 12V recevront 230V et seront instantanément détruites. Vérifiez toujours la tension nominale de la bobine avant raccordement.

Conseils pro pour une installation durable

  • Documenter le schéma de câblage : dessinez ou photographiez votre câblage terminé et rangez ce document dans le tableau électrique. Un électricien qui intervient dix ans plus tard vous remerciera — ou ce sera vous-même.
  • Étiqueter chaque télérupteur : notez sur une étiquette autocollante la zone commandée (ex. « couloir RDC Zone 1 ») et la puissance installée sur le circuit. Cela facilite les dépannages futurs.
  • Prévoir une borne de test : sur les installations importantes, les électriciens chevronnés laissent une borne accessible pour mesurer la tension sur les bobines sans démonter le tableau. Cela prend 5 minutes et fait gagner une heure lors du prochain dépannage.
  • Utiliser des câbles de couleur normalisée : même sur le circuit de commande, respectez les couleurs : rouge ou noir pour la phase, bleu pour le neutre, vert/jaune pour la terre. Sur le circuit de puissance : rouge ou noir pour la phase, bleu pour le neutre, orange ou violet pour le retour luminaire (fil pilote).
  • Choisir des télérupteurs avec contact de visualisation : certains modèles Legrand et Schneider disposent d’un voyant LED intégré ou d’un contact auxiliaire qui indique l’état du circuit (ouvert/fermé). Très pratique pour le diagnostic depuis le tableau.
  • Tester la résistance d’isolement avant mise en service : avec un mégohmmètre réglé à 500V DC, la résistance d’isolement d’un circuit neuf doit être supérieure à 1 MΩ entre phase et neutre, et entre chaque conducteur et la terre (exigence NF C 15-100).
  • Ne jamais dépasser 80% de la capacité nominale : si votre circuit 10A est limité à 300 VA, ne dépassez pas 240 VA en installation. Cette marge de 20% absorbe le vieillissement des appareils, les variations de tension secteur, et les futurs ajouts de luminaires.

Glossaire des termes techniques

Télérupteur
Appareil électromécanique bistable qui commute un circuit électrique à chaque impulsion reçue sur sa bobine de commande. S’utilise pour commander un éclairage depuis plusieurs points en installant des boutons-poussoirs en parallèle.
Bobine
Composant électromagnétique interne au télérupteur qui, lorsqu’il est parcouru par un courant, crée un champ magnétique qui déplace mécaniquement le contact mobile (ouverture ou fermeture). Alimentée en 230V ou 12V selon le modèle.
Bornes A1 / A2
Bornes de raccordement de la bobine de commande. A1 reçoit la phase de commande (via les boutons-poussoirs), A2 reçoit le neutre de commande. Ce circuit est totalement indépendant du circuit de puissance (bornes 1 et 2).
VA (Volt-Ampère)
Unité de puissance apparente. Contrairement au Watt (puissance active), le VA tient compte du déphasage entre courant et tension (facteur de puissance cos φ). Relation : VA = W / cos φ. La norme NF C 15-100 raisonne en VA pour les circuits d’éclairage.
Puissance installée
Somme des puissances nominales de tous les appareils raccordés sur un circuit, calculée comme si tous fonctionnaient simultanément. Pour un circuit d’éclairage, le coefficient de foisonnement est 1 (pas de réduction).
Cos φ (facteur de puissance)
Rapport entre la puissance active (W) et la puissance apparente (VA). Vaut 1 pour les charges résistives pures (halogènes, incandescentes). Inférieur à 1 pour les charges inductives ou capacitives (LED avec driver, fluorescents). Un cos φ bas augmente le courant appelé au réseau.
Disjoncteur 10A
Appareil de protection contre les surintensités et les courts-circuits, calibré pour couper au-delà de 10A. Sur un circuit d’éclairage résidentiel, il protège une installation dont la puissance n’excède pas 300 VA selon la NF C 15-100 (facteur de sécurité inclus).
Section 1,5 mm²
Désigne la section transversale d’un conducteur électrique. Pour un câble de 1,5 mm² en cuivre, l’intensité maximale admissible en installation sous conduit est 16A (selon la table 52-C de NF C 15-100). Minimum obligatoire pour les circuits d’éclairage résidentiels.
Câblage en étoile
Topologie de câblage dans laquelle tous les appareils sont alimentés depuis un point central (le tableau ou une boîte de dérivation centrale), sans daisy-chain (chaîne en série). Permet de mesurer et couper indépendamment chaque branche.
Bouton-poussoir (BP)
Interrupteur à action momentanée qui ne maintient pas sa position. Il ferme un circuit de commande pendant la durée de l’appui (généralement moins d’une seconde), ce qui suffit à envoyer une impulsion à la bobine du télérupteur pour le faire commuter.

FAQ — Les questions fréquentes sur les multi-télérupteurs

Combien de télérupteurs peut-on mettre sur un disjoncteur 10A ?

Il n’y a pas de limite au nombre de télérupteurs eux-mêmes — ce qui est limité, c’est la puissance totale des luminaires raccordés sur ces télérupteurs. Cette puissance ne doit pas dépasser 300 VA sur un circuit 10A (norme NF C 15-100). Avec des ampoules LED de 10W et un cos φ de 0,95, vous pouvez alimenter environ 28 à 30 luminaires répartis sur autant de télérupteurs que vous le souhaitez. En pratique, on voit rarement plus de 5 à 6 télérupteurs sur un même circuit, car au-delà, la gestion des zones devient complexe.

Peut-on mélanger des ampoules LED et des ampoules halogènes sur le même circuit de télérupteurs ?

Oui, techniquement. Mais c’est fortement déconseillé pour deux raisons. Premièrement, les halogènes consomment beaucoup plus (50 à 150W vs 8 à 12W pour une LED), ce qui réduit drastiquement le nombre de points lumineux admissibles. Deuxièmement, le courant d’appel des halogènes est très élevé, ce qui peut provoquer des déclenchements intempestifs du disjoncteur, surtout si de nombreux halogènes s’allument simultanément. Si vous avez des halogènes sur votre installation, mieux vaut les placer sur un circuit dédié.

Quelle est la différence entre un télérupteur unipolaire et un télérupteur bipolaire ?

Un télérupteur unipolaire coupe uniquement la phase du circuit d’éclairage. Le neutre est connecté directement aux luminaires. Un télérupteur bipolaire coupe à la fois la phase et le neutre — ce qui garantit que le circuit est totalement hors tension lorsque le télérupteur est en position ouverte. Le bipolaire est obligatoire dans certaines configurations (locaux humides, installations TBTS) et recommandé en général pour des raisons de sécurité. Son câblage est plus complexe car il nécessite de faire transiter le neutre par l’appareil.

Mon disjoncteur 10A saute chaque fois que j’allume les lumières — que vérifier ?

Ce symptôme évoque un courant d’appel excessif. Vérifiez d’abord si vous avez des ampoules halogènes ou incandescentes sur le circuit (remplacez-les par des LED). Ensuite, calculez votre bilan de puissance en VA (pas en W). Si vous avez beaucoup de LED bon marché avec un faible cos φ, la puissance apparente peut dépasser 300 VA même si la puissance affichée (W) semble raisonnable. Enfin, vérifiez qu’aucun court-circuit ou défaut d’isolement n’est présent (câble pincé, domino mal serré).

Peut-on mettre les télérupteurs dans des boîtes de dérivation au plafond plutôt qu’au tableau ?

Oui, c’est même parfois nécessaire dans les rénovations où l’on ne peut pas tirer des câbles longs jusqu’au tableau. On utilise alors des télérupteurs encastrables (non modulaires) installés dans des boîtes de dérivation Ø67 ou Ø80. Cette configuration est autorisée par la norme NF C 15-100, à condition que les boîtes soient accessibles (couvercle non peint, non masqué par un faux-plafond définitif) et que les câbles soient de section 1,5 mm² minimum.

Combien de boutons-poussoirs peut-on mettre sur un seul télérupteur ?

Théoriquement, il n’y a pas de limite — tous les boutons-poussoirs sont en parallèle sur le circuit de commande (bornes A1/A2). La limite pratique vient de la longueur des câbles de commande et des pertes en ligne. Sur des installations très longues (plus de 50 mètres de câble de commande), la chute de tension peut empêcher la bobine de recevoir une impulsion suffisante pour commuter. Dans ce cas, augmentez la section du câble de commande (passer à 2,5 mm²) ou utilisez un télérupteur à bobine de commande basse consommation.

Un télérupteur peut-il commander des prises de courant ou uniquement de l’éclairage ?

Un télérupteur peut techniquement commander n’importe quelle charge électrique, à condition que l’intensité ne dépasse pas son calibre (généralement 16A). Il est utilisé principalement pour l’éclairage, mais certains installateurs l’utilisent aussi pour des circuits de ventilation ou de chauffage commandés par boutons-poussoirs. Attention cependant : les prises de courant sont sur des circuits dédiés (16A ou 20A), séparés des circuits d’éclairage, avec leur propre disjoncteur.

Comment savoir si mon télérupteur est défaillant ?

Les symptômes d’un télérupteur défaillant sont : absence de commutation après appui sur un bouton-poussoir (vérifiez d’abord la bobine), commutation aléatoire sans appui (bobine qui claque), ou circuit de puissance ouvert en permanence (contact principal grillé ou soudé). Pour diagnostiquer, utilisez un multimètre : mesurez la tension sur les bornes A1/A2 lors d’un appui (vous devez lire 230V), puis la continuité du contact principal (bornes 1-2) en position fermée. Un claquement mécanique lors du test de la bobine indique que le mécanisme fonctionne — si les lumières ne s’allument toujours pas, le contact principal est défaillant.

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Écrit par Guillaume, électricien expert
Guillaume DENIS
Électricien
Passionné par l'électricité, qu'elle vienne d'un transformateur ou qu'elle soit issue du soleil. Ingénieur électronicien de formation, j'ai décidé de me reconvertir en tant qu'électricien en...
6 commentaires
Guillaume
12 mars 2024

J’ai branché dans mon installation jusqu’à 4 télérupteurs sur le même disjoncteur mais ceux sont des télérupteurs de boîtes en espérant qu’ils soient vmt silencieux. Je trouve que c’est une solution plus facile je fais revenir tous mes BP dans la boîte

michard
28 novembre 2023

Bonjour,
J’ai une question pour vous svp ? :
peut-on brancher sur un inter diff un telerupteur et d’autres circuits non concernés par le télérupteur sur un tableau ?
Merci !

fabrice
21 mars 2023

Bonjour
Peut on mettre un disjoncteur de 16 ampères pour un télérupteur et ainsi augmenter le nombre de spots basses tension.
Merci

Carminas
24 mars 2023

Bonsoir

Oui on peut (c’est 16A maxi avec du 1,5²)
Mais bon 3600W pour des spots, il en faudrait vraiment beaucoup pour atteindre cette valeur, surtout de nos jours avec des spots LED.
Un disjoncteur 10A qui autorise 2300W devrait amplement suffire

Morisot
31 août 2022

Bonjour,
Peut on utiliser la borne de branchement de la phase (Rouge)en haut sur ton schéma du télérupteur pour connecter un 3° télérupteur ou un autre circuit dans le cas où la borne du disjoncteur (10 ou 16 A) protégeant l’ensemble est déjà occupée par 2 fils ???
Dans la même idée, peut on ré-utiliser la phase rouge (venant du télérupteur du tableau) arrivant sur un double l’inter, par exemple poussoir/inter normal, pour l’autre circuit commandé par ce double inter ?

Etienne Pernet
18 mars 2021

Bonjour,

Doit-on obligatoirement protéger un télérupteur par un disjoncteur 2A ou peut-on le mettre sous un 10 A ?

Merci
Etienne

An.
16 mai 2021

Vous vouliez ecrire plutôt 16 au lieu de 2….?

bork
23 février 2021

Ta première phrase est bizarrement tournée : « On pense souvent qu’un télérupteur ne peut être alimenté que par un seul et même disjoncteur dans le tableau électrique. »

Je comprend « un tl peut être alimenté par plusieurs disjoncteurs »

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