Electriciens, devenez acteurs du changement
Résumez cet article :
Il n’y a pas un jour ou on entend pas parler de changement climatique, de réchauffement et des conséquences qui en découlent. Le consensus est global, l’avenir n’est pas bien engagé. Ce n’est pas du pessimisme, simplement du réalisme.
On accuse l’industrie et les moyens de transports de participer à ces changements d’envergure, mais le bâtiment a une grande part de responsabilité. En France, on estime par exemple que le secteur du bâtiment est responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre.
C’est donc a nous les artisans et dans notre cas les électriciens d’agir à notre échelle pour tenter d’inverser la vapeur.
Si je n’ai malheureusement pas de solution miracle, il existe pourtant des pistes à explorer pour agir de façon concrète et simple tous les jours.
Résumé pour les pressés
L’électricien est en première ligne pour réduire l’impact carbone du bâtiment. Il peut le faire via des installations LED, des compteurs de consommation, des systèmes de chauffage intelligents et des pratiques de chantier plus propres. Ce rôle est clé dans un contexte où le bâtiment représente 20 % des émissions de GES. Ce n’est pas une option, c’est une responsabilité.
L’électricien au coeur des enjeux énergétiques électriques
La production – et de ce fait la consommation – d’électricité sont en partie responsables des émissions de gaz à effet de serre.
En tant qu’électricien, nous ne pouvons pas agir au niveau de la production d’électricité – sauf en rendant les logements autonomes en électricité. Mais nous pouvons agir au niveau de la gestion de l’énergie dans les bâtiments en essayant de réduire et d’optimiser au maximum la consommation d’électricité.
Comment?
En proposant les solutions suivantes:
- La gestion d’éclairage en installant du matériel à base de LED, des minuteries sur les éclairages extérieurs (locaux professionnels), l’utilisation de BAES à LED….
- Des systèmes de chauffage performants: Les chauffages intelligents permettent aujourd’hui de s’adapter aux rythmes de vie des occupants des logements et de réduire la consommation d’électricité.
- Des dispositifs de mesure consommation électrique. En effet, pour économiser de l’électricité, il faut être en mesure de connaître sa consommation pour apporter les modifications (isolation, changement de mode de chauffage) qui permettront de faire des économies d’électricité.

Exemple de compteur modulaire à installer dans le tableau électrique pour mesurer les consommations locales d’électricité
L’électricien n’est donc pas qu’un simple installateur. Il doit apporter une expertise en tant qu’acteur local pour la diminution des consommations électriques.
Mais la réflexion s’engage également à tous les niveaux et notamment chez les fabricants de matériel électrique. C’est le cas par exemple avec l’engagement de Legrand sur l’efficacité énergétique, qui propose des solutions en résidentiel et tertiaire visant à maîtriser la consommation d’électricité dans les logements, les bureaux ou encore les industries.
Mais aussi au coeur des enjeux liés à la pollution
J’ai jusqu’ici parlé des solutions qui permettent de réduire et maîtriser la consommation d’électricité.
Mais il y a un autre point qui me pose toujours autant de problème: la production de déchets sur les chantiers. A ce niveau il n’y a aucun doute, les électriciens participent à la création de déchets.
Ca se fait aussi bien au niveau des chutes de matériel qui sont produites (fil et gaine) mais surtout avec la multitude d’emballages autour du matériel électrique. Il y a beaucoup trop de plastiques et d’emballage non nécessaires autour des produits.
J’avais soulevé le problème dans un article (à lire ici), mais c’est assez triste de constater que les choses n’ont pas beaucoup évoluées depuis le temps.
L’électricien : un acteur local de la transition énergétique
Loin de se limiter à poser des fils et des interrupteurs, l’électricien d’aujourd’hui peut jouer un rôle central dans la lutte contre le réchauffement climatique. En optimisant chaque installation, il peut recommander des solutions plus sobres et plus intelligentes : éclairages LED à détection automatique, programmateurs, gestion de l’eau chaude, compteurs de consommation, délesteurs ou encore systèmes domotiques adaptés aux usages réels. Il peut aussi conseiller sur les équipements les plus efficaces en énergie, éviter les surdimensionnements inutiles, et inciter ses clients à souscrire à une puissance EDF juste suffisante. Sur le chantier, il peut réduire son empreinte en privilégiant les achats en vrac, en limitant les chutes de câble, en réutilisant certaines gaines, et surtout en appliquant un tri sélectif rigoureux. Certains vont plus loin, en se formant à l’autoconsommation solaire, à l’intégration de bornes de recharge ou à la rénovation énergétique globale. À son échelle, chaque artisan peut ainsi contribuer à une électricité plus propre, plus mesurée, et mieux utilisée.
Tableau synthétique des solutions à impact positif possibles pour un électricien

Après ces exemples concrets d’actions à fort impact énergétique, voyons maintenant comment les mettre en œuvre efficacement sur le terrain, en comparant leur coût, leur accessibilité et les aides éventuelles disponibles.

Erreurs fréquentes à éviter
Avant de conclure, voici quelques pièges à éviter et réflexes simples à adopter au quotidien pour vraiment faire la différence.
- Penser que l’électricien ne peut rien faire pour l’écologie : c’est faux, chaque intervention peut être optimisée.
- Installer des équipements performants sans penser à la mesure ni à la maintenance (suivi de consommation, réglages).
- Ignorer la gestion des déchets de chantier (chutes, emballages plastiques non triés).
- Continuer à poser des halogènes ou anciens chauffages à fil chauffant alors que des alternatives existent.
- Ne pas informer le client sur son propre impact et les moyens de le réduire.
Bonnes pratiques recommandées
- Proposer systématiquement du LED + détection de présence/minuterie.
- Installer un compteur modulaire de suivi conso dans le tableau principal.
- Conseiller les clients sur l’intérêt d’un délesteur ou gestionnaire d’énergie.
- Réduire les chutes sur chantier (mesures précises, réutilisation des chutes courtes).
- Acheter en vrac ou en conditionnements sans suremballage plastique.
- Travailler avec des marques engagées sur l’écoconception (ex : Legrand, Hager, Theben…).
Conclusion
L’électricien peut donc être un acteur du changement en proposant à ses clients du matériel visant à consommer moins et à gérer sa consommation. Sur chantier il peut essayer de produire moins de déchets en réalisant au minimum le tri sélectif.
Mais la solution reste surement de consommer de manière plus raisonnée si on veut pouvoir profiter de la planète dans un état correct pour les décennies à venir
L’équation est difficile et dans tous les cas il faut participer à l’effort à chaque niveau, aussi petit soit-il!
FAQ
Quel est le rôle réel de l’électricien dans la transition énergétique ?
Il est central : en optimisant les installations, en proposant du matériel sobre et en formant ses clients, il agit directement sur les émissions.
Peut-on installer un compteur de consommation sur n’importe quel tableau ?
Oui, il existe des compteurs modulaires à installer en aval du disjoncteur principal. Certains modèles se connectent même en WiFi ou via des protocoles domotiques.
Les clients sont-ils sensibles à ces propositions ?
De plus en plus, surtout quand on leur démontre les économies concrètes à long terme. Les électriciens pédagogues sont souvent remerciés pour leur anticipation.
Existe-t-il des aides pour ces équipements ?
Oui : certaines installations de gestion énergétique peuvent entrer dans le cadre de la rénovation globale (CEE, MaPrimeRénov’…). Vérifiez les conditions.
Glossaire
- BAES (Bloc Autonome d’Éclairage de Sécurité) : éclairage de secours permettant l’évacuation d’un bâtiment en cas de coupure de courant. Obligatoire dans certains bâtiments publics ou professionnels.
- Délesteur : appareil qui coupe automatiquement certains circuits électriques non prioritaires en cas de surconsommation, afin d’éviter de dépasser la puissance souscrite.
- Disjoncteur de branchement (DB) : équipement posé par Enedis qui protège l’installation en amont du tableau électrique. Il permet de limiter la puissance en ampères selon l’abonnement.
- GES (Gaz à Effet de Serre) : gaz responsables du réchauffement climatique, notamment le CO₂, le méthane (CH₄) et le protoxyde d’azote (N₂O). Le secteur du bâtiment en émet une part importante.
- LED (Light Emitting Diode) : source lumineuse à très faible consommation énergétique. Jusqu’à 10 fois plus économique qu’une ampoule classique et au moins 2 fois plus durable qu’une fluocompacte.
- Modulaire : désigne un appareil au format normalisé qui peut être intégré directement dans un tableau électrique (1 module = 17,5 mm de largeur).
- Puissance souscrite (kVA) : correspond à la puissance maximale que peut supporter l’installation sans disjonction. Fixée en fonction des besoins et de l’abonnement EDF (ex. : 6 kVA = 30A).
- Tri sélectif de chantier : tri des déchets issus de travaux selon leur nature : plastique, métal, gravats, bois, etc. Pratique encore trop peu appliquée dans les petits chantiers, mais en développement.
Résumez cet article :

