Chute de tension

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La chute de tension est la diminution de la tension électrique entre l’origine d’une installation et le point d’utilisation, provoquée par la résistance des conducteurs traversés par le courant. Elle s’exprime en volts (V) ou, plus couramment, en pourcentage de la tension nominale. Sur un circuit 230 V, une chute de 3 % représente ainsi une perte d’environ 7 V aux bornes du récepteur.

Elle est inévitable, puisque tout conducteur possède une résistance, mais elle doit rester limitée : une tension trop basse fait chauffer les moteurs, réduit le flux des éclairages et perturbe les appareils électroniques.

Valeurs limites et ordres de grandeur

SituationLimite ou valeurObservation
Circuit d’éclairage3 % maximumDepuis l’origine de l’installation, selon la NF C 15-100
Autres usages (prises, chauffage, moteurs)5 % maximumMême point de référence
2,5 mm² cuivre, 16 A, 20 menviron 5,9 V, soit 2,6 %Calcul indicatif en monophasé, conforme
2,5 mm² cuivre, 16 A, 50 menviron 14,7 V, soit 6,4 %Hors limite : passer à une section supérieure
10 mm² cuivre, 32 A, 40 menviron 5,9 V, soit 2,6 %Ligne vers une dépendance éloignée

La chute de tension dans l’installation électrique

Le calcul de la chute de tension intervient dès la conception, en complément du choix de la section pour l’échauffement. Sur les circuits courts d’un appartement, la limite est rarement atteinte ; elle devient déterminante dès que la longueur augmente.

  • Dépendances éloignées : garage, atelier ou local piscine alimentés à plusieurs dizaines de mètres imposent souvent une section supérieure au minimum réglementaire.
  • Bornes de recharge : un courant de 32 A soutenu pendant des heures accentue l’échauffement des conducteurs et donc la chute de tension.
  • Moteurs et pompes : le courant de démarrage, plusieurs fois supérieur au courant nominal, provoque une chute transitoire qui peut faire décrocher les contacteurs.
  • Éclairage LED : une tension trop faible peut se traduire par un scintillement ou une baisse de flux ; la limite retenue pour l’éclairage est la plus sévère, 3 %.
  • Branchement éloigné : lorsque le disjoncteur de branchement est distant du tableau, la liaison entre les deux consomme déjà une partie de la marge admissible.
Conseil pratique : Pour vérifier une chute de tension sur une installation existante, l’électricien mesure la tension au tableau puis aux bornes du récepteur en fonctionnement à pleine charge. La différence entre les deux lectures donne la chute réelle, bien plus fiable qu’un calcul théorique.

Comment la calculer ?

En monophasé, la chute de tension se calcule par ΔU = 2 × ρ × L × I / S, où ρ est la résistivité du conducteur (0,023 Ω·mm²/m pour le cuivre en service normal, soit 1,25 fois la résistivité à 20 °C), L la longueur simple du circuit en mètres, I le courant en ampères et S la section en mm². En triphasé équilibré, le facteur 2 est remplacé par √3. Le facteur de puissance et la réactance des câbles interviennent pour les grosses sections, mais restent négligeables en résidentiel.

Pour réduire une chute excessive, trois leviers existent : augmenter la section, raccourcir le trajet ou répartir la charge sur plusieurs circuits. Le passage au triphasé, lorsqu’il est possible, réduit aussi nettement la chute pour une même puissance transportée.

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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien