Enregistreur Tension Crête

Enregistreur Tension Crête

Résumez cet article :

Un enregistreur de tension crête mémorise la valeur maximale atteinte par la tension dans un circuit sur une période donnée, même si cette pointe n’a duré que quelques microsecondes. Il comble le point aveugle du voltmètre classique, qui ne rafraîchit son affichage qu’au rythme de quelques fois par seconde et rate systématiquement les surtensions transitoires liées à la foudre, aux manœuvres de coupure ou aux amorçages d’arc.

Types d’enregistreurs et paramètres clés

Type d’appareilRésolution temporelleUsage principal
Compteur de surtensions (surge counter)Comptage cumulatif > seuil réglableBilan annuel d’impacts pour audit parafoudre, rapport d’assurance
Enregistreur de crête avec mémoire horodatéeStockage Upeak, timestamp, duréePost-incident : corréler une défaillance équipement à une surtension précise
Oscilloscope portable avec déclenchement sur seuilRésolution nanosecondeAnalyse spectrale des transitoires, calcul du dV/dt, identification de la source
Data logger tension 1 kHz1 mesure par millisecondeDétection des creux et des surtensions prolongées

Mise en œuvre sur installation réelle

Après un incident — disjonction inexpliquée, destruction d’un variateur, claquage de condensateur — la première question est : y a-t-il eu une surtension sur le réseau ? L’enregistreur de crête répond à cette question de façon documentée. Un électricien le raccorde, hors tension, sur la phase incriminée du tableau électrique, puis le laisse en service pendant plusieurs jours ou semaines pour capturer un événement statistiquement rare.

Sur les installations soumises à la foudre (zones exposées, bâtiments isolés, lignes aériennes), un compteur de surtensions est installé en aval du parafoudre de type 1 ou 2. Il permet de vérifier combien d’impacts ont été absorbés depuis la dernière inspection. Si le compteur dépasse le nombre d’opérations garanti par le fabricant du parafoudre, le remplacement est déclenché, même si le parafoudre paraît visuellement intact — une varistance vieillit à chaque choc et peut ne plus assurer la protection.

La norme NF C 15-100 traite de l’installation intérieure ; les caractéristiques de la tension fournie par le réseau public (plage autour de la tension nominale, creux, surtensions) sont décrites par la norme EN 50160. Un enregistrement aide à documenter une réclamation auprès du gestionnaire de réseau, qui peut aussi réaliser ses propres mesures.

Limite importante : un enregistreur de crête ne stocke que la valeur maximale — pas la forme d’onde. Il indique qu’une tension de 850 V crête a été atteinte, mais ne renseigne pas sur la durée du front de montée ni sur l’énergie du transitoire. Pour analyser si ce transitoire a pu endommager un équipement, il faut un oscilloscope capable de capturer la forme complète et de calculer le dV/dt.

FAQ — Terrain

À quel seuil de déclenchement régler le compteur de surtensions ?

Il n’y a pas de seuil universel. Une tension de 230 V efficaces atteint déjà 325 V en crête en fonctionnement normal : le seuil se règle au-dessus de cette valeur, plus ou moins haut selon l’objectif (suivi de la qualité du réseau, ou comptage des seuls chocs de foudre et de manœuvre), en suivant la notice de l’appareil.

Un enregistreur de crête peut-il être laissé en permanence sur le tableau ?

Oui, à condition que sa catégorie de mesure, indiquée par le fabricant, convienne à un tableau et qu’il dispose d’une protection interne contre les surtensions transitoires. La plupart des modèles dédiés sont conçus pour un raccordement permanent sur un tableau électrique industriel ou tertiaire, avec une tension d’alimentation propre (batterie ou alimentation auxiliaire isolée) pour ne pas perturber la mesure.

Comment distinguer une surtension de manœuvre d’une surtension de foudre sur les données enregistrées ?

L’amplitude et la durée donnent une première indication : une surtension de manœuvre (ouverture d’un contacteur, déclenchement disjoncteur) est en général plus longue et d’amplitude plus modérée. Une surtension de foudre est beaucoup plus brève et peut atteindre une amplitude bien supérieure en l’absence de parafoudre. L’horodatage croisé avec la météo (données Météorage ou Météo-France foudre) confirme ou infirme l’origine atmosphérique.

Résumez cet article :

Vous avez aimé cet article ?

Téléchargez notre guide gratuit pour gagner du temps et de l'argent sur vos travaux électriques !

« * » indique les champs nécessaires

RGPD*

Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *