Tension Électrique
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La tension électrique est la différence de potentiel entre deux points d’un circuit : elle représente la « force » qui pousse les charges électriques à se déplacer d’un point à l’autre. Symbole : U (ou V pour sa valeur numérique). Unité : volt (V). Loi d’Ohm fondamentale : U = R × I.
Tensions de référence en France
| Niveau de tension | Valeur | Domaine | Application typique |
|---|---|---|---|
| Très basse tension (TBT) | 12 V DC | TBT | Automobile, éclairage extérieur LED, GBF |
| Très basse tension | 24 V DC | TBT | Domotique, automatismes, volets roulants |
| Très basse tension | 48 V DC | TBT | Télécom, stockage photovoltaïque |
| Basse tension (BT) monophasé | 230 V AC | BT | Réseau résidentiel standard en France |
| Basse tension triphasé | 400 V AC | BT | Alimentation industrielle, résidentiel avec gros appareils |
| Haute tension A (HTA) | 20 kV | HTA | Réseau de distribution Enedis |
| Haute tension B (HTB) | 225 / 400 kV | HTB | Réseau de transport RTE |
Tensions de sécurité (TBTS) et protection différentielle
La NF C 15-100 définit la très basse tension de sécurité (TBTS) comme une tension qui ne dépasse pas 50 V en courant alternatif (la limite est plus élevée en courant continu). En dessous de ces seuils, le risque d’électrocution est considéré comme tolérable sans protection différentielle obligatoire, à condition que la source elle-même soit séparée du réseau (transformateur de sécurité, batterie). Cette disposition s’applique notamment :
- aux salles de bains (dans les volumes 0 et 1, seuls sont admis les matériels alimentés en TBTS limitée à 12 V en alternatif ou 30 V en continu, la source étant placée hors des volumes) et aux piscines
- aux circuits de sonnettes, de contrôle d’accès et de domotique
- aux jouets électriques
Dans un logement, les circuits terminaux en 230 V sont protégés par un interrupteur différentiel 30 mA et partent du tableau placé dans la gaine technique logement (GTL) selon les dispositions de la NF C 15-100.
Le disjoncteur de branchement (AGCP) en tête de l’installation assure la coupure générale.
Questions fréquentes
Pourquoi mesure-t-on 400 V entre deux phases et 230 V entre phase et neutre ?
Le réseau triphasé français est organisé en étoile : les trois phases sont décalées de 120° et reliées à un neutre commun. La tension entre phase et neutre vaut U/√3, soit 400/√3 ≈ 230 V. C’est cette géométrie qui permet d’alimenter simultanément les usages monophasés (230 V) et les gros équipements triphasés (400 V) avec le même réseau de distribution.
Un voltmètre mesure-t-il la tension efficace ou la tension de crête ?
Les voltmètres courants (et les multimètres) affichent la valeur efficace (RMS) : 230 V en résidentiel. La tension de crête du réseau est en réalité de 230 × √2 ≈ 325 V. Cette distinction devient importante pour dimensionner des condensateurs ou des composants d’alimentation à découpage, qui doivent supporter la tension de crête et non la valeur efficace.
La chute de tension sur un câble long est-elle problématique en résidentiel ?
La NF C 15-100 limite la chute de tension à 3 % pour l’éclairage et 5 % pour les autres usages, entre l’origine de l’installation et le point d’utilisation. Sur un câble de 50 m en 1,5 mm² alimentant un éclairage de 500 W (2,2 A), elle vaut 2 × 0,023 × 50 × 2,2 / 1,5 ≈ 3,3 V, soit 1,4 %. Avec 1 000 W au bout du même câble, on atteint 2,9 % : il faut alors passer à une section supérieure ou diviser le circuit.
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