Faire le même métier tout une vie est un concept qui ne m’a jamais convaincu: Hier consultant et aujourd’hui électricien (et peut être demain gonfleur de pneus de train, sait on jamais?).

Plus sérieusement, j’ai appris récemment que je faisais partie d’une “catégories de personnes”, les néophiles. Ce désire de changement de profession, je ne suis pas le seul à l’avoir. Certains sont dégoûtés par leur métier, d’autres veulent voler de leurs propres ailes. Ils pensent alors se tourner vers le métier d’électricien du bâtiment.

On me pose donc souvent la question du parcours que j’ai suivi pour changer de métier et devenir électricien. Mais avant de parler de parcours, je réponds souvent à cette question par une autre question. Je demande à la personne si elle connaît réellement le métier et si elle est bien consciente des “capacités” à posséder pour faire un “bon” électricien du bâtiment, ou dû moins un électricien compétent.

Pour devenir électricien du bâtiment, il faut:

Aimer la physique et la théorie:

Tout bon praticien doit connaitre la théorie un minimum.

De la même façon qu’un médecin doit connaître l’emplacement du cœur de ses patients, qu’un cuisinier doit connaître les ingrédients d’une recette, un électricien se doit de connaître les grands principes physiques de l’électricité (les bases en électricité).

Je ne parle pas ici de connaître les principes de la fission nucléaire, ni d’expliquer les lois de la physique fondamentale mais plutôt:

  • Comprendre et savoir expliquer les termes de courant et de tension électrique.
  • Connaître les formules de base en électricité (loi d’ohm par exemple).
  • Avoir conscience des dangers du courant électrique et connaître les effets du courant électrique sur le corps humain.

En somme, si les cours de physique de collège ne vous ont jamais passionnés, le métier d’électricien du bâtiment n’est pas fait pour vous.

changer devenir électricien du bâtiment
Vous avez dormi pendant les cours de physique et la seul notion de courant électrique vous donne la chair de poule? Le métier d’électricien n’est pas fait pour vous

Avoir la forme physique:

Je l’ai déjà évoqué plusieurs fois dans ce blog, le métier d’électricien du bâtiment est un métier fatiguant (j’aborde d’ailleurs ce thème dans cet article).

De nombreux gestes effectués sur le chantier nécessitent une forme physique relative. Quelques exemples:

  • Réaliser une saignée rainureuse dans des murs en briques.
  • Escalader dans les combles ou ramper dans des vides sanitaires.
  • Tirer les fils électriques.

Si vous avez des problèmes de dos, que le seul fait de devoir monter deux étages sans ascenseurs plus de deux fois par jour vous fait peur, oubliez le métier d’électricien.

le métier d'électricien est un métier physique
Vous suez rien qu’à voir cet escalier en colimaçon?

Connaître les conditions de travail:

Travailler sur un chantier d’électricité, c’est travailler parfois dans le froid l’hiver, le chaud l’été (dans les combles notamment) et parfois sous la pluie.

En bref, l’électricien du bâtiment doit savoir mettre le nez dans la poussière, les pieds dans la boue et subir les aléas de la météo.

Vous pensiez vous la couler douce en bleu de travail en tant qu’électricien? C’est loupé.

bleu de travail électricien du bâtiment
Une image bien idyllique de la tenue d’un électricien du bâtiment

Savoir évoluer avec son temps:

Aucun métier n’échappera aux évolutions technologiques, mais aussi aux évolutions de société:

Des technologies et des normes qui changent:

Les professionnels du bâtiment en général doivent se former régulièrement. Si certaines règles restent identiques, d’autres évoluent. En électricité, c’est notamment le cas avec les évolutions perpétuelles de la norme NF C 15-100.

Un électricien doit pouvoir se former tout au long de sa carrière, de manière organisée (avec des formations payantes) ou de façon autodidacte.

Si vous n’êtes pas curieux et que vous recherchez un métier avec des pratiques séculaires, l’électricité n’est pas la voie à emprunter.

Des besoins client qui changent et un métier d’électricien du bâtiment qui va évoluer:

La société telle que nos parents l’ont façonnée n’est plus la même aujourd’hui. Plusieurs signaux m’amènent à penser que le métier d’électricien va évoluer d’ici quelques années:

  • La pratique du DIY (Do it Yourself – faîtes le vous même): quel sera la place de l’électricien?
  • L’uberisation” d’un bon nombre de métiers depuis quelques années: L’artisanat ne sera pas épargné, le domaine de l’électricité non plus.

Le métier d’électricien dans lequel vous allez vous lancer ne sera probablement pas le même dans 5 ans.

Si vous n’êtes pas en mesure d’accepter les changements de pratique ou de mentalité, il vous faut choisir un autre métier.

Conclusions:

Je n’ai pas écrit cet article dans le but de démotiver qui que ce soit, mais plutôt de bien faire comprendre qu’il faut certaines compétences pour exercer le métier d’électricien.

Celle que je vous ai donné dans cet article sont très importantes selon mon point de vue.

Je vous invite dans tous les cas à consulter d’autres professionnels qui auront peut être des conseils différents à vous donner et qui ne seront peut être pas de mon avis.

Ce qui est sûr: vous allez en effet quitter un job qui ne vous plait probablement plus. Si vous vous engager dans une voix sans être un minimum “passionné” ou informé sur ce que va être votre futur quotidien, vous risquez de retourner à la case départ (c’est du temps de perdu).

Un article à partager si vous connaissez une personne qui envisage de devenir électricien du bâtiment!

Electricien professionnel, je vous propose de partager mon métier, mes conseils et mes astuces à travers les différents articles de ce blog en électricité. Bonne lecture!

3 Commentaires

  1. Bonjour. Si certes des choses évoluent, à savoir que pour être électricien du bâtiment à mon époque en 1983 il fallait avoir en amont un diplôme ou une formation reconnue (CAP ou BEP technique) et ensuite 5 ans de pratique avec passage des grades de simple ouvrier professionnel OP1 OP2 OP3 à ouvrier qualifié OQ1 OQ2 OQ3 puis OHQ ouvrier hautement qualifié, et ce décerné par les entreprises où l’on avait exercé. Il faut au moins 5 ans de pratique et si possible dans diverses approches dans l’électricité afin d’avoir une personne capable ensuite de répondre à toutes demandes d’un client. Qu’en est-il aujourd’hui pour s’installer de manière indépendante ? Certainement pas le simple désir de changer de travail.
    D’un ancien de l’école technique, puis employé, puis artisan, puis enseignant formateur en collège technique et en école d’ingénieur, et ensuite inspecteur technique cadre du Consuel, qui montre que l’on peut quitter le terrain tout en restant dans ce domaine, mais autrement.
    Avis à ceux qui pensent que ces métiers dits manuels bloqueraient ensuite leur développement professionnel. Cordialement

  2. Hum ! J’ai un parcours moins prestigieux que le commentaire précédent. A la base j’ai une formation d’historien et un parcours professionnel dans le théâtre durant plus de dix ans. Je me suis reconverti dans l’électricité du batiment vers 40 ans, suite à un tournant dans ma vie. Après un bilan de compétence j’ai suivit une formation dans un centre AFPA. Pourquoi l’électricité ? Parce durant mes dernières années de travail dans le spectacle j’avais beaucoup travailler en régie lumière. Mais je ne connaissais rien au monde du bâtiment. J’ai découvert ce monde et ça ma plut et donc j’y suis resté. Ma formation l’AFPA puis beaucoup d’interim c’est dur mais on a la chance d’accumuler énormément d’expérience en peu de temps et de côtoyer des gens très différents on apprend aussi des tas e tour de mais et d’astuces. Passer du câblage d’onduleur d’une ferme solaire à la construction d’un stade en passer par des mise en sécurité d’appartement occupé ça donne de la souplesse et surtout de la cadence (car les chefs de chantiers vous donnent toujours des délais impossibles à tenir) mais on apprend son métier et on se forge un mental. Les qualités pour le métier ? Je dirais d’abord une tête bien faite qui permet d’envisager très vite une tache dans sa globalité et comment s’organiser avec méthode. Deuxièmement évidement le physique et enfin avoir un bon relationnel autant avec ses collègues qu’avec les autres corps de métiers (malheur à celui qui entre en guerre avec les plaquistes sans parler des peintres) et les clients qu’il faut souvent guider et conseiller et parfois montrer les limites du faisable.
    Cordialement JLP

Laissez un commentaire ici (les commentaires apparaissent après modération)

Please enter your comment!
Please enter your name here