Electricien multi-services, bonne ou mauvaise idée?

Electricien multi-services, bonne ou mauvaise idée?

Je ne compte plus les fois ou mes clients m’ont demandé des « extras » qui ne concernait pas mon métier d’électricien: remettre un siphon en place, installer une étagère ou encore poser du parquet.

Je suis plutôt bon bricoleur mais ces tâches je ne les fais pas, même pour mes bons clients.

Voici pourquoi:

Une question d’assurance et de responsabilité:

Lorsqu’un électricien professionnel intervient sur une installation, il engage sa responsabilité.

Il engage de ce fait son assurance décennale et sa responsabilité civile professionnelle.

C’est un point important à souligner, car ces assurances ont des champs d’action très restrictifs et ne s’appliquent qu’aux travaux d’électricité.

Ainsi un électrique qui va changer un siphon d’évier pour rendre service (ou contre rémunération) ne sera pas couvert en cas de problème induit pas ce siphon et de dégât des eaux .

Electricien multi-services, que faut-il en penser?

Electricien, un métier aux milles facettes:

Je crois qu’il faut plusieurs vies pour apprendre certains métiers.

C’est peut être un peu exagéré de dire ça pour le métier d’électricien, mais on est quand même pas loin de la vérité.

Quand on voit l’étendu des métiers disponibles, de la très haute tension courant faible, en passant par la maintenance et la domotique, les secteurs d’activités sont si nombreux qu’on peut facilement en apprendre tous les jours.

métier électricien en multiservices, fausse bonne idée?

Un des nombreux métiers du secteur de l’électricité: le travail sur les lignes hautes tension

J’en parle d’ailleurs dans un article ici.

C’est une raison qui me fait penser que l’électricité et le multi-services n’ont pas lieu d’être.

Multi-services et valorisation du savoir faire:

Le problème quand on fait de tout, c’est qu’on ne va pas au bout de tout.

En s’installant en multi-services, on peut difficilement valoriser un savoir faire et se positionner comme confirmé dans un domaine.

A noter: je n’aime pas parler d’expert dans un domaine car j’ai du mal avec ce terme. J’estime en effet qu’on peut en apprendre tous les jours dans son domaine d’activité et qu’on ne devient jamais « expert ».

Une personne qui fera du multi-services peut difficilement se positionner en tant que spécialiste dans un domaine comme l’électricité.

En effet, un spécialiste de l’électricité n’aura pas besoin de faire du multi-services pour vivre de son activité.

Si multi-services il y a, les services doivent être cohérents:

Vous connaissez le charcutier-garagiste?

C’est une vocation à venir peut être mais qui, vous l’avouerez, n’inspire pas confiance.

Vous me voyez surement venir en disant qu’un électricien plombier n’inspire pas confiance non plus. Je n’irai pas jusqu’à dire ça car les deux métiers ont des « atomes crochus ».

S’il faut monter une activité de multi-services, ces services doivent être en lien direct.

J’ai un peu de mal à comprendre comment on peut se positionner sur de la menuiserie, de la plomberie, de la maçonnerie et avoir les compétences en plus dans le domaine de l’électricité.

électricien multiservices

Ici le multi-service porte bien son nom

Pourtant c’est le cas chez certains confrères avec par la cette capture d’écran ci dessus. C’est un site d’artisan multi-services qui, en plus des activités de menuisirer, plombier et maçon ci dessus se propose de faire des petits travaux et du dépannage électrique mais aussi:

  • Des installations complètes domotisées.
  • De l’installation réseau informatique.

Très honnêtement, ces deux secteurs d’activités sont plutôt spécialisés et nécessitent de la technicité et des savoirs.

Sauf à avoir un spécialiste de chaque secteur dans la société, je vois difficilement comment aborder autant de travaux différents.

Conclusion:

Je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, car je pense que les métiers multi-services dans l’artisanat peuvent exister. C’est le cas pour la pose de parquet et la peinture ou encore dans les espaces verts.

Mais pour conclure cet article je pense que le secteur de l’électricité se suffit à lui même.

Effectivement, c’est un secteur de l’artisanat très vaste dans lequel on peut se former en permanence pour aller dénicher de nouveaux marchés.

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Écrit par Guillaume, électricien expert
Guillaume DENIS
Électricien
Passionné par l'électricité, qu'elle vienne d'un transformateur ou qu'elle soit issue du soleil. Ingénieur électronicien de formation, j'ai décidé de me reconvertir en tant qu'électricien en...
2 commentaires
LB
16 mai 2021

Bonjour,

En rapport avec votre dernier article, je vous donne mon point de vue pas tout à fait en accord avec le votre:

J’ai commencé à être électricien indépendant en faisant aussi du multiservice. Avant d’être à mon compte j’ai été salarié 17 ans dans l’électricité. Avant de me lancer, j’ai aussi suivi une formation de création d’entreprise pendant 2mois et demi et suivis aussi les conseils de différents acteurs dans l’accompagnement aux jeunes entrepreneurs (CMA et CCI Blois & Tours).

J’ai fais du multiservice, en plus de l’électricité pendant un an et demi à peu près, car lorsqu’on débute en tant qu’indépendant on a toujours la crainte d’avoir peu (ou pas), de devis signés les premiers mois voir la première année. Je le vois de mon côté le 41, beaucoup se sont mis à leur compte, et ça a été plutôt dur de se faire connaitre, beaucoup de concurrence, je dirais même de plus en plus depuis plus d’un an maintenant.

Le multiservice m’a fait connaitre je dirais plus que l’électricité au démarrage. je ne faisais pas de grand travaux, c’était de la peinture, un peu de menuiserie, dépannage de petite plomberie, quand il s’agissait de remplacer un robinet et entretien extérieurs…
Puis de petits travaux électriques, je suis passé aux gros travaux, car ces clients de dépannages, m’on fait de la pub et m’ont fait travailler dans ce premier domaine qui est le mien.

– « Une question d’assurance et de responsabilité: » Je suis tout à fait d’accord, c’est pour cela que j’avais une RC uniquement pour ces travaux en plus de ma décennale.. On peut tout à fait avoir plusieurs activité et être correctement assuré.

– « En effet, un spécialiste de l’électricité n’aura pas besoin de faire du multi-services pour vivre de son activité. », quand vous démarrez, que vous n’êtes pas issu du coin, ce n’est pas évident, pour avoir des collègues maçons ou d’autres corps de métiers, il faut être issu du coin ou connaitre pas mal de monde avant de se lancer, pour espérer commencer les premiers mois d’indépendance avec des devis signés, ce qui n’était pas mon cas.

– « J’ai un peu de mal à comprendre comment on peut se positionner sur de la menuiserie, de la plomberie, de la maçonnerie et avoir les compétences en plus dans le domaine de l’électricité….  » Encore une fois, vous accepter les différents travaux qui restent en lien avec la RC du multi-service, afin de dégager un minimum de CA, même si ce CA est vraiment minime…

– « Je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, car je pense que les métiers multi-services dans l’artisanat peuvent exister. C’est le cas pour la pose de parquet et la peinture ou encore dans les espaces verts… » C’est effectivement ce que je faisais…

Je parle du multiservice au passé, car effectivement, j’ai arrêté au bout d’un an et demi, car les demandes en électricité était plus importantes que le reste et surtout, le chiffre dégagé par l’électricité était bien supérieur que le multiservice. Tout ça pour dire que je comprend les personnes se lançant dans le multi-service, ce qui d’ailleurs est valable pour tous les artisans du bâtiment, j’ai récemment était en compagnie d’un plaquiste qui faisait de la plomberie mais c’était pas du tout son domaine… Il connaissait bien le client, il avait tout refait chez lui… Lui dire « je suis plaquiste, je ne fait que ça » alors qu’il a un plan de travail a installé ou

Pour de bons clients, accepter de faire un petit service, remettre une porte, des étagères voir même tondre la pelouse car il est pas là, est une chose que j’accepte de faire si j’ai évidemment le temps, et c’est rare ! Mais cela fait partie de mon idée de la relation client / artisan. Ce client vous à fait confiance,j il nous à régler (il vaut mieux !), donc si il y a moyen de de pas le décevoir, je m’y emploie.

Je vous rejoins quand vous dites que l’électricité se suffit à elle même, mais il faut relativiser sur le démarrage de l’activité. Dans tous les secteurs, commencer à partir de rien est toujours difficile. Associer d’autres activités à son métier de base vous permet:
– De vous faire connaitre
– De fidéliser ses premiers clients
– Par ses clients fidèles, d’en avoir d’autres qui peuvent vous appeler pour votre métier de base, et ça c’est le plus important.

Voilà, votre article était intéressant, mais il est à relativiser selon chaque personne, chaque artisan, chaque situation différente. Pour ma part, à présent l’ électricité me suffit amplement, mais il aura fallu une année que le bouche à oreille tourne, car je ne connaissais personne et surtout, nous sommes arrivé dans un lieu inconnu, afin d’y travailler, avec la concurrence autour qui, elle était là depuis plusieurs décennies….

Guillaume
16 mai 2021

Merci pour votre témoignage!

fx
13 mai 2021

J’insiste toujours sur le fait que l’activité d’électricien, tout comme chauffagiste, est réglementée et exige la détention d’un CAP ou la supervision permanente d’une personne qualifiée. Cumuler les diplômes demande du temps et du savoir-faire, même si un CAP reste à un niveau d’exécutant, insuffisant pour exercer seul.
Quant à vraiment bien travailler dans x métiers, en engageant sa responsabilité auprès des clients, je vous rejoins. Vider un siphon oui, refaire une installation de plomberie, non.

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