Électrocution

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L’électrocution est l’accident mortel causé par le passage d’un courant électrique à travers le corps humain, entraînant un arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire, une asphyxie due à la tétanisation des muscles respiratoires, ou des brûlures internes incompatibles avec la vie. Elle se distingue de l’électrisation, qui désigne un choc électrique non mortel — mais qui peut laisser des séquelles graves.

Chiffres et contextes à risque (INRS)

Selon l’INRS, les accidents du travail d’origine électrique diminuent régulièrement depuis trente ans, mais restent souvent graves : chaque année, moins d’une dizaine de travailleurs meurent électrocutés. Ils se produisent surtout lors d’opérations sur des installations fixes basse tension (armoires, coffrets, prises de courant), avec des machines portatives, ou au voisinage de lignes aériennes, de postes de transformation et de canalisations enterrées. À la maison, le risque vient d’abord des interventions faites sans couper le courant.

Mécanismes physiques de l’électrocution

La gravité d’un choc électrique dépend de plusieurs facteurs cumulés :

  • Intensité du courant traversant le corps : d’après l’INRS, en courant alternatif, 10 mA empêchent de lâcher prise, 25 mA tétanisent les muscles respiratoires, 40 mA pendant 5 secondes ou 50 mA pendant 1 seconde provoquent la fibrillation ventriculaire. C’est pourquoi les interrupteurs différentiels 30 mA sont imposés par la NF C 15-100 : ils coupent le circuit dès qu’un courant de cet ordre s’échappe vers la terre.
  • Durée de contact — la tétanisation musculaire (contraction involontaire) empêche la victime de lâcher le conducteur, prolongeant l’exposition et aggravant les lésions.
  • Trajet du courant dans le corps — le trajet main-main ou main-pied traverse le cœur, ce qui est le plus dangereux.
  • Résistance du corps humain : elle chute quand la peau est humide ou mouillée, ce qui augmente le courant pour une même tension. Le guide technique Hager retient environ 2 000 Ω dans ses calculs.

Que faire face à une victime d’électrocution

La séquence de secours est impérative et non négociable :

  1. Ne pas toucher la victime tant qu’elle est en contact avec la source électrique.
  2. Couper l’alimentation à la source — agir sur l’AGCP, le disjoncteur principal du tableau électrique ou le disjoncteur du circuit concerné.
  3. Appeler les secours — composer le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro européen d’urgence).
  4. Évaluer l’état de conscience et de respiration — si la victime est inconsciente et ne respire pas, commencer immédiatement le massage cardiaque en suivant les consignes données au téléphone par les secours, et utiliser un défibrillateur automatisé externe (DAE) s’il y en a un à proximité.
⚠️ Prévention — la règle des 3 mesures : la plupart des accidents à la maison s’évitent par trois gestes systématiques : (1) couper au disjoncteur général avant toute intervention, (2) vérifier l’absence de tension avec un vérificateur prévu pour cela, (3) verrouiller le disjoncteur et poser une étiquette d’avertissement. Les liaisons équipotentielles en salle de bain limitent les différences de potentiel entre éléments conducteurs.

FAQ — Électrocution

Le 230 V du réseau domestique peut-il être mortel ?
Oui. Avec les 2 000 Ω que retient le guide Hager pour le corps humain, 230 V font passer environ 115 mA : plus du double des 50 mA qui suffisent, d’après l’INRS, à provoquer une fibrillation ventriculaire en une seconde. Le 230 V est donc mortel sans protection.
Un interrupteur différentiel 30 mA protège-t-il vraiment contre l’électrocution ?
Il réduit très fortement le risque mortel en coupant le circuit en une fraction de seconde dès qu’il détecte un courant de fuite de l’ordre de 30 mA. Il ne supprime pas totalement le risque (le choc est ressenti, et un contact entre phase et neutre sans fuite à la terre n’est pas détecté), mais il constitue la protection la plus efficace disponible en résidentiel.
Peut-on être électrocuté par un câble dont l’isolant paraît intact ?
Oui, si l’isolant est fissuré, pincé ou dégradé de façon non visible. Les câbles anciens (caoutchouc durci, PVC vieilli) peuvent présenter des microfissures d’isolement. Un diagnostic électrique, ou le contrôle d’un électricien avec une mesure d’isolement, aide à repérer ces défauts avant l’accident.

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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
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