Loi Transformateur Électrique

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Les lois du transformateur électrique décrivent le comportement d’un transformateur idéal à travers son rapport de transformation a = N₁/N₂ = U₁/U₂ = I₂/I₁, et la conservation de la puissance apparente S = U₁ × I₁ = U₂ × I₂. Ces relations permettent de calculer tensions, courants et puissances dans toute la chaîne de distribution électrique, de la haute tension jusqu’à la prise de courant.

Exemples de transformateurs et rapports de transformation

Type de transformateurRapport a = N₁/N₂Conséquence sur les courants
Poste HTA/BT réseau (20 kV → 400 V)a = 20 000 / 400 = 50I secondaire = 50 × I primaire → sur un transfo 250 kVA, I₂ ≈ 361 A
Transformateur d’isolement 230 V / 230 V (salle de bain, labo)a = 1 (isolation galvanique)I₁ = I₂ — aucune transformation de tension, mais la masse secondaire est isolée du réseau
Transformateur de sonnette (230 V → 8 V à 12 V)a ≈ 19 à 29Courant secondaire 19 à 29 fois plus élevé que le courant primaire, pour une puissance de quelques voltampères
Transformateur d’allumage (neon, brûleur) 230 V → 8 000 Va = 230 / 8000 = 1/35I secondaire = I primaire / 35 : courant haute tension très faible
Transformateur 230 V / 12 Va = 230 / 12 ≈ 19Pour 5 A côté 12 V : I primaire = 5/19 ≈ 0,26 A (puissance ≈ 60 W)

Transformateur réel : pertes et rendement

Un transformateur réel présente deux familles de pertes. Les pertes cuivre (ou pertes Joule) sont dues à la résistance des enroulements : P_Cu = R₁ × I₁² + R₂ × I₂². Elles sont proportionnelles au carré du courant et donc à la charge. Les pertes fer (ou pertes à vide) comprennent les pertes par hystérésis et les pertes par courants de Foucault dans le noyau magnétique ; elles sont quasi-constantes quelle que soit la charge et dépendent uniquement de la tension et de la fréquence.

Le rendement d’un transformateur est élevé, et d’autant meilleur que l’appareil est puissant ; il figure sur sa fiche technique. L’optimum de rendement est atteint lorsque les pertes cuivre égalent les pertes fer, donc à charge partielle.

La NF C 15-100 encadre l’utilisation des transformateurs de séparation de circuits (classe II, isolation renforcée) et des transformateurs de sécurité (TBTS, TBTP) notamment dans les locaux contenant une baignoire ou une douche.

Transformateur d’isolement en salle de bain
En volume 2 d’une salle de bain (zone autour de la baignoire), la NF C 15-100 autorise une prise rasoir alimentée par un transformateur d’isolement de séparation (rapport 1:1, classe II, puissance de 20 à 50 VA d’après le guide Legrand 2024). L’isolation galvanique élimine le risque de choc électrique par contact entre phase et masse reliée à la terre : en cas de défaut, aucun courant de défaut ne peut circuler car le secondaire n’est relié à aucun potentiel de référence.

Courant d’appel et protection d’un transformateur

À la mise sous tension, le transformateur absorbe un courant d’appel (inrush) de plusieurs fois le courant nominal, pendant un temps très court ; sa valeur est donnée par le fabricant. Ce phénomène est dû à la saturation transitoire du noyau magnétique lors de la montée du flux de zéro à sa valeur d’équilibre. Pour protéger un transformateur sans déclenchement intempestif, il convient d’utiliser un disjoncteur de courbe D, dont le seuil magnétique est plus élevé que celui d’une courbe C, ou de prévoir un limiteur d’inrush (thermistance NTC en série ou relais temporisé). Le tableau électrique doit intégrer cette contrainte dans le choix de la protection amont.

FAQ — Lois du transformateur en pratique

Comment savoir si mon transformateur de sonnette est adapté à mon installation ?
Vérifier la puissance nominale (en VA) : elle doit être supérieure ou égale à la somme des puissances de tous les sonnettes et carillons connectés. La puissance absorbée figure sur la notice de la sonnette ou du carillon. La tension secondaire doit correspondre à celle préconisée par son fabricant.

Pourquoi ne faut-il jamais laisser un transformateur secondaire en court-circuit ?
En court-circuit, la résistance de charge est nulle. Le courant secondaire n’est plus limité que par l’impédance des enroulements : il devient très élevé. Les pertes Joule (P = R × I²) font monter la température très rapidement, risquant de détruire l’isolant des enroulements et de provoquer un court-circuit interne. La protection amont (fusible ou disjoncteur) doit déclencher avant la destruction thermique.

Le rapport de transformation s’applique-t-il aux transformateurs haute fréquence des alimentations à découpage ?
Oui, les mêmes lois s’appliquent, mais à des fréquences de plusieurs dizaines de kilohertz et davantage. La fréquence élevée permet de réduire considérablement la taille du noyau magnétique, d’où la miniaturisation des chargeurs modernes. Le rapport de transformation reste a = N₁/N₂ = U₁/U₂, mais les pertes fer sont recalculées à la fréquence de commutation.

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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
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