Henry

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Le henry (symbole : H) est l’unité du Système International qui mesure l’inductance d’un bobinage ou d’un circuit. Un circuit a une inductance de 1 H si une variation de courant de 1 A/s y induit une force électromotrice de 1 volt : U = L × (dI/dt).

L’inductance traduit la capacité d’une bobine à s’opposer aux variations de courant en stockant de l’énergie sous forme de champ magnétique.

Valeurs courantes en électricité

ComposantInductance typique
Transformateur de puissance (réseau)Plusieurs H
Moteur électrique (inductance statorique)10 mH à 1 H
Ballast de tube fluorescent0,5 à 2 H
Bobine de filtre (variateur, alimentation)100 µH à 10 mH
Câble électrique (inductance parasite)~1 µH/m

L’inductance dans une installation électrique

En installation résidentielle, l’inductance intervient surtout dans trois contextes :

  • Les moteurs et transformateurs : ce sont des charges inductives. Elles consomment de la puissance réactive (VAr) en plus de la puissance active (W), ce qui crée un déphasage entre courant et tension. C’est pourquoi un moteur consomme plus d’ampères que son seul wattage ne le laisserait croire. Les disjoncteurs différentiels de type A sont obligatoires pour les appareils à charges inductives variables (machines à laver, lave-vaisselle) précisément à cause des courants de défaut induits.
  • Les variateurs de vitesse : ils génèrent des courants harmoniques à cause des commutations rapides. Des bobines de choc (inductances de filtrage) limitent ces perturbations sur le réseau.
  • Les ballasts magnétiques : les anciens tubes fluorescents fonctionnent avec un ballast inductif qui limite le courant dans le tube. Ces ballasts ont largement été remplacés par des ballasts électroniques (driver LED), qui eux sont des charges capacitives.

Courant de démarrage et inductance

L’inductance des moteurs explique le fort courant d’appel au démarrage : à l’arrêt, la résistance du bobinage est faible et l’inductance n’a pas encore eu le temps de s’établir, donc le courant peut atteindre 5 à 8 fois le courant nominal pendant quelques cycles. C’est pourquoi les disjoncteurs moteurs ont une courbe D (déclenchement magnétique retardé) au lieu de la courbe C habituelle pour les circuits domestiques.

À retenir : sur un circuit alimentant un moteur, choisissez un disjoncteur de courbe D (ou un disjoncteur moteur dédié) pour absorber le courant de démarrage sans déclencher intempestivement.

Questions fréquentes

Pourquoi un moteur consomme-t-il plus d’ampères que ce que son étiquette indique en watts ?

Parce que les moteurs sont des charges inductives à facteur de puissance inférieur à 1. La puissance réelle consommée (watts) est P = U × I × cos(φ), où cos(φ) est le facteur de puissance. Un moteur de 1 000 W avec cos(φ) = 0,8 consomme 1 000 / (230 × 0,8) ≈ 5,4 A, pas 4,3 A. C’est l’inductance du bobinage qui provoque ce déphasage.

Qu’est-ce que la réactance inductive ?

En courant alternatif, une inductance s’oppose au passage du courant selon XL = 2π × f × L. À 50 Hz, une inductance de 1 H présente une réactance de 2π × 50 × 1 ≈ 314 Ω. Plus l’inductance est grande ou la fréquence élevée, plus l’opposition au courant est importante.

Les ballasts magnétiques des vieux tubes fluorescents consomment-ils beaucoup ?

Oui, un ballast magnétique dissipe en chaleur environ 10 à 15 % de la puissance du tube. Un tube de 36 W avec ballast magnétique consomme en réalité 40 à 42 W. Les drivers électroniques des LED ne présentent pas cet inconvénient et affichent un facteur de puissance proche de 1.

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