Les mesures en électricité : multimètre, isolement, terre et exercices

Les mesures en électricité : multimètre, isolement, terre et exercices

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En bref

Un électricien mesure pour trois raisons : se protéger, dépanner et prouver qu'une installation est sûre. Le multimètre mesure une tension en parallèle et sous tension, une intensité en série, une résistance ou une continuité hors tension ; la pince ampèremétrique mesure un courant sans ouvrir le circuit. L'absence de tension se vérifie avec un VAT, jamais avec un multimètre. Avant la mise en service, on enchaîne dans l'ordre la continuité des conducteurs de protection, l'isolement au mégohmmètre (sous 500 V continu pour un circuit 230/400 V : au moins 1 MΩ, et des dizaines à des centaines de MΩ sur une installation saine), la résistance de la prise de terre, puis le test des différentiels.

On ne voit ni la tension, ni le courant, ni un isolant qui a pris l'humidité : tout ce que l'électricien sait de son installation, il le sait parce qu'il l'a mesuré. Encore faut-il brancher correctement l'appareil et interpréter ce qu'il affiche. Un multimètre mal branché peut provoquer un court-circuit ; une mesure de terre mal faite peut valider une terre qui ne protège personne. Ce cours de mesures électriques part des gestes du CAP et va jusqu'aux essais de mise en service pratiqués en bac pro MELEC et en BTS, avec des exercices corrigés à la fin.

Utiliser un multimètre : tension, intensité, résistance

Le multimètre rassemble un voltmètre, un ampèremètre et un ohmmètre. La règle de branchement change de l'un à l'autre, et c'est là que se produisent la plupart des accidents de débutant.

Schéma de branchement d'un multimètre : voltmètre en parallèle, ampèremètre en série, ohmmètre hors tension
Voltmètre en parallèle, ampèremètre en série, ohmmètre hors tension sur un composant isolé.

Mesurer une tension

La tension est une différence de potentiel entre deux points : on la mesure en parallèle, circuit sous tension, cordons dans les bornes COM et V/Ω, sélecteur sur V~ (alternatif) ou V= (continu). C'est une mesure sous tension : l'apprenti la fait sous la surveillance d'une personne habilitée, avec des cordons en bon état à pointes protégées et, dès que des pièces nues sous tension sont accessibles (tableau ouvert), les protections prévues (gants isolants, écran facial). Sur une prise, on lit environ 230 V entre phase et neutre et entre phase et terre, presque rien entre neutre et terre ; en triphasé 230/400 V, 400 V entre deux phases.

La résistance interne très élevée du voltmètre, de l'ordre de 10 MΩ, lui fait parfois afficher des dizaines de volts sur un conducteur déconnecté qui longe un câble sous tension : c'est une « tension fantôme », sans énergie, que la position basse impédance (LoZ) fait disparaître.

Mesurer une intensité

Pour mesurer un courant au multimètre, il faut qu'il traverse l'appareil : l'ampèremètre se branche en série. On coupe, on ouvre le circuit, on insère l'appareil, on remet sous tension. Les cordons passent dans la borne A, souvent limitée à 10 A, et c'est là le danger : l'ampèremètre a une résistance interne quasi nulle. Oublier les cordons dans la borne A puis poser les pointes entre phase et neutre, c'est provoquer un court-circuit franc à travers l'appareil. Sur une installation, on préfère presque toujours la pince ampèremétrique.

Mesurer une résistance et une continuité

L'ohmmètre injecte son propre petit courant et mesure la tension qui en résulte : c'est la loi d'Ohm, R = U / I. Une tension extérieure fausse le résultat et peut détruire l'appareil : une résistance se mesure hors tension, après consignation, en déconnectant au moins une extrémité du composant pour ne pas mesurer aussi tout ce qui est en parallèle.

La continuité est une mesure de résistance simplifiée. Un bip et une valeur proche de 0 Ω : le conducteur est continu. « OL » (ou « 1 ») : la résistance dépasse la plage de mesure, le conducteur est coupé. Pour les essais d'une installation, la continuité des conducteurs de protection se mesure au contrôleur d'installation, avec un courant d'au moins 200 mA : un brin à moitié arraché peut faire biper un multimètre, il ne passe pas ce test.

Catégories de mesure CAT II, CAT III, CAT IV

Le marquage « CAT III 600 V » d'un multimètre, d'une pince ou d'un VAT n'indique pas seulement une tension maximale : il dit quelles surtensions transitoires (foudre, manœuvres sur le réseau) l'appareil encaisse sans exploser, selon l'endroit où l'on mesure. Ces catégories sont définies par la norme NF EN 61010.

Catégories de mesure CAT IV, CAT III et CAT II, du branchement au tableau puis aux prises
Plus on remonte vers le réseau, plus l'énergie d'une surtension est grande, plus la catégorie exigée est élevée.

La CAT IV couvre l'origine de l'installation : branchement, compteur, disjoncteur de branchement. La CAT III couvre l'installation fixe : tableau, disjoncteurs, canalisations, moteurs raccordés en fixe. La CAT II couvre les prises de courant et les appareils qui s'y branchent. Un électricien qui ouvre des tableaux travaille donc au minimum en CAT III, et en CAT IV pour une mesure aux bornes du disjoncteur de branchement ou du compteur, partie qui reste sous tension et sur laquelle seul le distributeur intervient. Un appareil « CAT III 600 V / CAT IV 300 V » n'est sûr en CAT IV que jusqu'à 300 V, et un ensemble ne vaut que son maillon le plus faible : un multimètre CAT IV avec des cordons CAT II ne vaut qu'un appareil CAT II.

La pince ampèremétrique

La pince ampèremétrique mesure le courant sans ouvrir le circuit, en captant le champ magnétique autour du conducteur. On la referme autour d'un seul conducteur : si l'on pince un câble entier, phase et neutre ensemble, les deux courants sont égaux et de sens opposés, leurs champs s'annulent et la pince affiche zéro.

Cette propriété sert à chercher une fuite à la terre : en pinçant tous les conducteurs actifs d'un circuit, on mesure le courant qui ne revient pas par le neutre, exactement ce que surveille un différentiel. Les pinces de fuite mesurent ces milliampères et désignent le circuit qui fait déclencher un différentiel. Enfin, avec des récepteurs électroniques (variateurs, LED, alimentations à découpage), le courant n'est plus sinusoïdal : seule une pince « True RMS » affiche alors une valeur juste.

VAT ou multimètre : deux appareils, deux usages

La vérification d'absence de tension se fait avec un vérificateur d'absence de tension (VAT), appareil conçu pour cet usage (norme NF EN 61243-3, celle que cite par exemple la notice du détecteur Catu MS-917), jamais avec un appareil de mesure : l'INRS le rappelle, voltmètres et tournevis testeurs ne sont pas des VAT. Un multimètre mal réglé, au fusible grillé ou à la pile faible peut afficher 0 V sur un conducteur sous tension ; le VAT n'a pas de sélecteur et dispose d'un auto-test.

La méthode, détaillée dans le cours sur l'habilitation électrique et la consignation : tester le VAT, vérifier entre tous les conducteurs actifs et entre chacun et la terre, tester à nouveau le VAT. Voir aussi l'article faire une VAT avec un multimètre : attention danger.

La mesure d'isolement au mégohmmètre

La mesure d'isolement vérifie que la résistance entre les conducteurs actifs et la terre est très élevée. Elle se fait au mégohmmètre, qui applique une tension continue de 500 V pour une installation 230/400 V, et non au multimètre, dont l'ohmmètre travaille sous quelques volts.

L'installation est hors tension et consignée. On mesure entre les conducteurs actifs et la terre, souvent phase et neutre reliés ensemble face au PE, ce qui évite d'appliquer 500 V entre phase et neutre aux appareils raccordés. On déconnecte au préalable parafoudres et récepteurs électroniques, on prévient les personnes présentes (pendant l'essai, personne ne touche aux conducteurs), on attend que la valeur se stabilise, puis le circuit est déchargé, automatiquement sur la plupart des appareils.

Valeur lue sous 500 V (circuit 230/400 V)Ce qu'elle signifieConduite à tenir
Des dizaines à des centaines de MΩInstallation saine et sècheOn note la valeur et on poursuit les essais
Quelques MΩSuspect sur du neuf : humidité, isolant blessé, appareil resté raccordéOn mesure circuit par circuit et on cherche la cause
Moins de 1 MΩDéfaut d'isolementOn ne met pas sous tension, on répare

Pour le minimum admissible, méfiez-vous des vieux mémentos : 0,5 MΩ était le minimum de l'édition 2002 de la NF C 15-100, alors que la norme internationale CEI 60364-6 retient 1 MΩ pour les circuits jusqu'à 500 V. Visez donc au moins 1 MΩ. Les circuits en très basse tension (TBTS, TBTP) s'essaient sous une tension plus faible et ceux de plus de 500 V sous une tension plus élevée : le contrôleur propose les calibres correspondants.

Ce minimum n'est pas l'objectif : une installation neuve et sèche affiche couramment plusieurs centaines de mégohms. Quelques mégohms sur un circuit neuf doivent faire chercher une boîte humide ou un isolant blessé au tirage. Si la mesure globale est faible, on mesure les circuits un par un pour localiser le défaut.

La mesure de prise de terre

En schéma TT, celui des logements, la protection contre les contacts indirects repose sur le couple prise de terre et différentiel. Lors d'un défaut, la carcasse monte à RA × Id, où RA est la résistance de la prise de terre et Id le courant de défaut. Le différentiel coupe dès que ce courant atteint sa sensibilité IΔn : pour rester sous la tension limite de 50 V, il faut donc RA × IΔn ≤ 50 V. Avec le disjoncteur de branchement différentiel 500 mA d'un logement, on obtient RA ≤ 50 / 0,5 = 100 Ω : c'est l'origine de la valeur de 100 Ω que tout électricien connaît. Le principe est détaillé dans le cours sur la prise de terre et les régimes de neutre.

Mesure de prise de terre au telluromètre par la méthode des 62 % avec les piquets E, S et H
Méthode des trois piquets : la mesure est validée si elle varie peu quand on déplace le piquet S de ± 10 %.

La mesure de référence se fait au telluromètre, par la méthode des 62 %. Installation hors tension (disjoncteur de branchement ouvert), on ouvre la barrette de mesure, on plante un piquet d'injection H loin de la prise de terre E, puis un piquet de potentiel S sur la ligne E-H, à 62 % de la distance. L'appareil injecte un courant entre E et H, mesure la tension entre E et S et en déduit la résistance. On valide en déplaçant S de 10 % de la distance E-H de part et d'autre : trois valeurs proches, la mesure est bonne ; sinon, on éloigne H. Et on n'oublie pas de refermer la barrette.

En ville, faute de pouvoir planter des piquets, on mesure en TT l'impédance de boucle phase-PE depuis une prise, sans ouvrir la barrette, avec la fonction de mesure sans déclenchement du contrôleur (sinon le différentiel 30 mA tombe). Le résultat inclut la terre du neutre et les câbles : il est légèrement supérieur à la valeur réelle, ce qui va dans le sens de la sécurité. Gardez une marge, car la résistance d'une terre varie avec l'humidité du sol : 90 Ω en mars peut dépasser 100 Ω en août.

Tester les différentiels

Le bouton « test » d'un différentiel vérifie seulement son mécanisme, sans passer par la terre ni mesurer le seuil. Pour valider la protection, un contrôleur d'installation injecte un courant de fuite calibré entre phase et PE depuis une prise du circuit.

Trois vérifications s'enchaînent. À 0,5 IΔn, soit 15 mA pour un 30 mA, le différentiel ne doit pas déclencher. À IΔn, il doit déclencher, en 300 ms au plus pour un différentiel de type général. En rampe, le seuil exact doit se situer entre 0,5 et 1 IΔn. Un 30 mA qui déclenche à 12 mA n'est pas forcément défectueux : les fuites permanentes des appareils raccordés s'ajoutent au courant d'essai, ce que l'on vérifie à la pince de fuite. Le rôle et le choix des différentiels (type AC, A, F, sélectif) sont traités dans le cours sur le disjoncteur et le différentiel.

L'ordre des essais à la mise en service

La NF C 15-100 décrit les vérifications initiales d'une installation neuve. L'ordre n'a rien d'arbitraire : on commence par les essais hors tension, qui protègent ceux qui feront les suivants.

ÉtapeEssaiAppareilÉtat de l'installation
1Examen visuel : matériel, sections, calibres, repérage, liaisons équipotentiellesLes yeux et le schémaHors tension
2Continuité des conducteurs de protection et des liaisons équipotentiellesContrôleur d'installation (au moins 200 mA)Hors tension
3Résistance d'isolementMégohmmètre, 500 VHors tension
4Résistance de la prise de terreTelluromètre, ou boucle phase-PE une fois sous tensionHors tension, barrette ouverte ; ou sous tension pour la mesure de boucle
5Tensions et polarité (la phase sur l'organe de coupure), ordre des phases en triphaséMultimètre ou contrôleur d'installation, contrôleur de rotation de phasesSous tension
6Fonctionnement des différentiels (seuil et temps), puis essais fonctionnels (commandes, va-et-vient, délesteur)Contrôleur d'installationSous tension

On ne met pas sous tension une installation dont on n'a pas prouvé que les masses sont à la terre et que les isolants tiennent. Les résultats, consignés dans un rapport, servent à l'attestation de conformité et à la visite du Consuel. La procédure côté chantier est décrite dans notre article sur la mise en service de l'installation électrique.

Pour aller plus loin (bac pro)

En schéma TN, courant dans l'industrie, un défaut d'isolement devient un court-circuit phase-PE que les disjoncteurs ou fusibles doivent couper, à condition que le courant de défaut soit assez fort. On mesure donc l'impédance de boucle de défaut Zs au point le plus éloigné du circuit et on calcule le courant de défaut Id = U0 / Zs, avec U0 = 230 V. Ce courant doit dépasser le seuil de déclenchement magnétique de la protection : 10 In au plus pour une courbe C, 5 In pour une courbe B. Si Zs est trop élevée, on augmente la section, on passe en courbe B ou on ajoute un différentiel.

La mesure de boucle phase-neutre à l'origine d'un tableau donne le courant de court-circuit présumé, qui doit rester inférieur au pouvoir de coupure des appareils. En schéma IT, le premier défaut est signalé par le contrôleur permanent d'isolement et localisé sans coupure, avec un injecteur et des pinces de recherche. En maintenance, l'analyseur de réseau mesure harmoniques, déséquilibre et facteur de puissance, souvent à l'origine d'échauffements de neutre.

Les erreurs qui reviennent

La plus dangereuse : mesurer une tension avec les cordons dans la borne A. L'apprenti tourne le sélecteur mais oublie de déplacer le cordon rouge, pose les pointes sur un bornier, et c'est le court-circuit. Regardez les bornes avant l'écran.

Ensuite, mesurer une résistance sous tension ou en place : la valeur est fausse, l'appareil voit tout ce qui est en parallèle. Puis, oublier de déconnecter électronique et parafoudres avant la mesure d'isolement : valeur faible trompeuse ou équipement détruit. À l'inverse, accepter 1,2 MΩ sur une installation neuve parce que « c'est au-dessus du minimum », c'est laisser partir un défaut : du neuf doit afficher des dizaines de mégohms au moins.

Enfin, la barrette de terre oubliée ouverte après la mesure, qui laisse l'installation sans terre, et le bouton test pris pour un essai du différentiel.

Exercices corrigés

Les exercices 1 à 3, 5 et 6 sont du niveau CAP, les exercices 4, 7 et 8 du niveau bac pro. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé. Pour le cuivre, on prend ρ = 0,017 Ω·mm²/m, valeur à 20 °C qui convient à une mesure faite à froid.

Exercice 1. On veut connaître le courant absorbé par un radiateur de 2 000 W alimenté en 230 V. Calculez-le, puis indiquez quel appareil utiliser pour le vérifier sans rien débrancher.

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Pour un récepteur résistif, P = U × I, donc I = P / U = 2 000 / 230 ≈ 8,7 A. On le vérifie avec une pince ampèremétrique refermée autour de la seule phase, sans ouvrir le circuit : elle doit afficher environ 8,7 A.

Exercice 2. Le conducteur de protection d'un circuit de prises est en cuivre de 2,5 mm² et mesure 20 m entre le répartiteur et la dernière prise. Quelle résistance de continuité doit-on s'attendre à mesurer ?

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R = ρ × L / S = 0,017 × 20 / 2,5 = 0,136 Ω. On doit donc lire environ 0,14 Ω, une fois la résistance des cordons compensée. Nettement plus : connexion mal serrée ; « OL » : conducteur coupé. Avec la résistivité en service du cours sur la mise en service (0,023 Ω·mm²/m), on trouverait 0,18 Ω : c'est le même ordre de grandeur, et c'est lui qu'on compare à la mesure.

Exercice 3. Un collègue veut contrôler l'absence de tension sur les bornes aval d'un disjoncteur, dans un tableau de logement, avec son multimètre marqué CAT II 600 V. Qu'en pensez-vous ?

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Deux erreurs. L'absence de tension se vérifie avec un VAT, testé avant et après, pas avec un multimètre. Et un tableau relève de la CAT III, pour laquelle un appareil CAT II n'est pas prévu. Il faut donc un VAT de catégorie CAT III au moins.

Exercice 4. Sur un tableau neuf, la mesure d'isolement globale donne 0,4 MΩ sous 500 V. En séparant les circuits, on trouve : éclairage 200 MΩ, prises 150 MΩ, chauffe-eau 0,42 MΩ, plaque de cuisson 300 MΩ. Le résultat global est-il acceptable ? Quel circuit est en cause ?

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Non : 0,4 MΩ est inférieur à 1 MΩ, la valeur à viser au minimum, et très loin des centaines de mégohms d'un tableau neuf. Les circuits sont en parallèle vis-à-vis de la terre : 1 / R = 1/200 + 1/150 + 1/0,42 + 1/300 ≈ 2,396 MΩ⁻¹, soit R ≈ 0,42 MΩ, cohérent avec la mesure globale. Trois circuits dépassent 100 MΩ ; le chauffe-eau, à 0,42 MΩ, impose presque seul le résultat. C'est sur ce circuit qu'on cherche le défaut (résistance humide, presse-étoupe, câble blessé) avant toute mise sous tension.

Exercice 5. Une maison en schéma TT a une prise de terre de 80 Ω. Le disjoncteur de branchement est un différentiel 500 mA. La terre est-elle acceptable ? Et si elle mesurait 150 Ω ?

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Condition : RA × IΔn ≤ 50 V. Avec 80 Ω : 80 × 0,5 = 40 V ≤ 50 V, la terre est acceptable, sous la valeur de 100 Ω. Avec 150 Ω : 150 × 0,5 = 75 V > 50 V. Il faut améliorer la prise de terre.

Exercice 6. Au contrôleur d'installation, un interrupteur différentiel 30 mA de type général donne : pas de déclenchement à 15 mA, déclenchement en rampe à 22 mA, temps de déclenchement à 30 mA de 28 ms. Concluez.

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Le seuil de déclenchement, 22 mA, se situe bien entre 0,5 IΔn = 15 mA et IΔn = 30 mA. Le temps de 28 ms est très inférieur aux 300 ms admis à IΔn. Le différentiel est conforme.

Exercice 7. Pour une mesure de terre par la méthode des 62 %, le piquet H est planté à 40 m de la prise de terre E. Où placer S, S' et S'' ? Les mesures donnent 31 Ω, 32 Ω et 31 Ω. Que conclure ? Et si l'on avait obtenu 28 Ω, 32 Ω et 41 Ω ?

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S à 0,62 × 40 = 24,8 m de E. Le décalage de 10 % de E-H vaut 4 m : S' à 20,8 m et S'' à 28,8 m. Avec 31, 32 et 31 Ω, les valeurs sont stables : la mesure est validée, RA ≈ 31 Ω. Avec 28, 32 et 41 Ω, la valeur dépend de la position de S : les zones d'influence de E et H se recouvrent, on éloigne H et on recommence.

Exercice 8. Dans un atelier en schéma TN, un circuit est protégé par un disjoncteur C16. L'impédance de boucle de défaut mesurée à la prise la plus éloignée vaut Zs = 0,9 Ω. La protection coupera-t-elle en déclenchement magnétique en cas de défaut franc phase-PE ? Quelle est la Zs maximale admissible ?

Voir le corrigé

Courant de défaut : Id = U0 / Zs = 230 / 0,9 ≈ 256 A. Pour une courbe C, le déclenchement magnétique est garanti à 10 In = 10 × 16 = 160 A. Comme 256 A > 160 A, le disjoncteur coupera instantanément. Zs maximale : 230 / 160 ≈ 1,44 Ω. Avec 0,9 Ω, le circuit est conforme, et la marge couvre l'échauffement des conducteurs en service, qui augmente leur résistance par rapport à la mesure faite à froid.

Sources

  • INRS, L'habilitation électrique (ED 6127), symboles BE Mesurage et Vérification.
  • INRS, Consignations et déconsignations (ED 6109), vérification d'absence de tension : les appareils de mesurage ne sont pas des VAT.
  • Éduscol STI, Guide de la mesure d'isolement (Chauvin Arnoux), édition 2010 : principe, sécurité des essais, interprétation des résultats (ses seuils sont ceux de l'ancienne édition de la NF C 15-100).
  • Chauvin Arnoux, Guide de la mesure de terre, méthode des 62 %, mesure de boucle, relation entre RA et IΔn.
  • Schneider Electric, Guide de l'installation électrique 2017 (PDF), chapitre F, figure F11 : temps de coupure maximal d'un différentiel instantané, 0,3 s à IΔn, 0,15 s à 2 IΔn, 0,04 s à 5 IΔn (0,5 s à IΔn pour un type S).
  • Normes NF C 15-100 (vérifications initiales), NF C 18-510, NF EN 61010, NF EN 61243-3, NF EN 61008-1 et NF EN 61009-1 (différentiels).

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📖 Le glossaire de cet article

Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.

  • Champ magnétique — Le champ magnétique est une grandeur vectorielle créée par des courants électriques ou des aimants permanents.
  • Courant de fuite — Le courant de fuite est un courant non intentionnel qui circule entre un conducteur actif et la terre (ou la masse d'un équipement) via un chemin d'is…
  • Court-circuit — Le court-circuit est une connexion accidentelle à faible résistance entre deux conducteurs de potentiel différent, qui provoque un courant très élevé …
  • Facteur de puissance — Le facteur de puissance (souvent noté cos φ) est le rapport entre la puissance active réellement utilisée (kW) et la puissance apparente fournie (kVA) par une installation électrique.
  • Habilitation Électrique — L'habilitation électrique est la reconnaissance formelle, par l'employeur, de la capacité d'un salarié à effectuer en sécurité des opérations définies…
  • Installation électrique — Une installation électrique regroupe l'ensemble des équipements, câbles, canalisations et appareils de protection permettant la distribution et l'util…
  • Interrupteur — Un interrupteur est un organe de commande qui ouvre ou ferme manuellement un circuit électrique pour allumer ou éteindre un ou plusieurs points lumineux.
  • Interrupteur différentiel — Un interrupteur différentiel détecte la différence entre le courant entrant (phase) et le courant sortant (neutre) : dès qu'un courant de fuite s'étab…
  • Pince Ampèremétrique — La pince ampèremétrique mesure le courant circulant dans un conducteur par induction magnétique, sans couper le circuit ni toucher les conducteurs sous tension.
  • Sous tension — Un conducteur, un équipement ou une installation est dit « sous tension » dès qu'une tension électrique est présente entre ses bornes accessibles et u…
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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
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