Disjoncteur divisionnaire : rôle, calibre et quand en ajouter
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Un disjoncteur divisionnaire est le petit disjoncteur modulaire qui protège un seul circuit du tableau électrique : l’éclairage d’un étage, les prises d’une chambre, le four. Il coupe le courant quand le circuit est surchargé ou en court-circuit, avant que les fils ne chauffent. Son calibre se choisit selon la section des fils du circuit (par exemple 16 A au plus pour du 1,5 mm², 20 A pour du 2,5 mm², 32 A pour du 6 mm²), et sa courbe selon l’appareil branché, la courbe C convenant à la plupart des circuits d’une maison.
L’essentiel
- Un disjoncteur divisionnaire protège un seul circuit contre la surcharge et le court-circuit.
- Son calibre dépend de la section des fils : 16 A au plus en 1,5 mm², 20 A en 2,5 mm², 32 A en 6 mm².
- La courbe C convient à presque tous les circuits d’une maison.
- Il ne protège pas les personnes : c’est le rôle du différentiel 30 mA placé au-dessus.
- Un disjoncteur qui saute ne se remplace jamais par un calibre plus gros.
On l’appelle « divisionnaire » parce qu’il divise l’installation en circuits indépendants. Il ne faut le confondre ni avec le disjoncteur de branchement placé près du compteur, ni avec les différentiels qui protègent les personnes.
Le rôle du disjoncteur divisionnaire
Un fil électrique supporte un certain courant. Au-delà, il chauffe, son isolant fond, et c’est le début d’un incendie. Le disjoncteur divisionnaire est placé en tête de chaque circuit pour empêcher cela. Il réagit à deux situations :
- La surcharge : trop d’appareils sur le même circuit, par exemple un radiateur d’appoint et un sèche-cheveux sur les prises d’une chambre. Le courant dépasse un peu le calibre pendant plusieurs secondes ou minutes ; une lame bimétallique chauffe, se courbe et déclenche. C’est la partie thermique.
- Le court-circuit : la phase touche le neutre, le courant monte d’un coup à des centaines d’ampères. Une bobine (la partie magnétique) ouvre le circuit en une fraction de seconde.
Le disjoncteur protège donc le câble et ce qui l’entoure. Il ne protège pas les personnes contre l’électrocution : un courant de quelques dizaines de milliampères qui traverse un corps ne le fait pas réagir. Ce rôle revient au différentiel 30 mA placé au-dessus de lui. Depuis l’amendement 5 de la NF C 15-100, chaque circuit doit être protégé contre les surintensités par un disjoncteur, comme le rappelle la brochure Promotelec consacrée à cet amendement : le fusible n’est plus admis dans une installation neuve. Les différences entre les deux sont expliquées dans notre article disjoncteur ou fusible.
Divisionnaire, de branchement, différentiel : qui fait quoi ?
| Appareil | Où il se trouve | Ce qu’il protège |
|---|---|---|
| Disjoncteur de branchement (AGCP) | Près du compteur, un seul par logement | Coupe toute l’installation, limite la puissance de l’abonnement, détecte les fuites de 500 mA |
| Interrupteur différentiel 30 mA | En tête de chaque rangée du tableau | Les personnes : coupe un groupe de circuits si du courant fuit |
| Disjoncteur divisionnaire | Sous le différentiel, un par circuit | Le câble d’un circuit : surcharge et court-circuit |
| Disjoncteur différentiel | À la place d’un divisionnaire | Les deux à la fois, pour un seul circuit |
Le disjoncteur de branchement, souvent appelé disjoncteur général, est réglé par le gestionnaire de réseau : son fonctionnement est détaillé dans notre guide du disjoncteur de branchement. Sous chaque interrupteur différentiel, la brochure Promotelec limite à 8 le nombre de circuits ; le calcul est repris dans notre page combien de disjoncteurs sous un interrupteur différentiel. Et pour distinguer les deux appareils différentiels, voyez la différence entre disjoncteur différentiel et interrupteur différentiel.
Quel calibre de disjoncteur divisionnaire pour chaque circuit ?
Le calibre, noté en ampères (10 A, 16 A, 20 A, 32 A), est le courant que le disjoncteur laisse passer sans déclencher. La règle d’or : il dépend de la section du fil, pas de l’appareil. Un fil de 1,5 mm² ne doit jamais être protégé par plus de 16 A, même si l’appareil branché au bout consomme peu ou beaucoup.
| Circuit | Section / calibre maxi | Limite |
|---|---|---|
| Éclairage | 1,5 mm² / 16 A | 8 points lumineux |
| Prises de courant | 1,5 mm² / 16 A | 8 prises |
| Prises de courant | 2,5 mm² / 20 A | 12 prises |
| Prises de la cuisine (hors appareils spécialisés) | 2,5 mm² / 20 A | 6 prises |
| Volets roulants | 1,5 mm² / 16 A | Au moins un circuit dédié |
| Lave-linge, lave-vaisselle, four, sèche-linge | 2,5 mm² / 20 A | Un appareil par circuit |
| Chauffage électrique | 2,5 mm² / 20 A | 4 500 W par circuit |
| Plaque de cuisson | 6 mm² / 32 A | Un circuit dédié |
Source : tableau des protections par circuit du guide Legrand de la NF C 15-100 (amendement 5). Beaucoup d’électriciens posent un 10 A sur l’éclairage, plus petit que le maximum : c’est un choix de confort, expliqué dans notre article disjoncteur 10 A ou 16 A pour l’éclairage. Pour un appareil précis, nos fiches donnent le détail : le disjoncteur d’un radiateur électrique, celui d’une plaque de cuisson, ou encore celui d’un portail électrique. Les calibres détaillés, appareil par appareil, sont rassemblés dans notre page calibre de disjoncteur : quel ampérage pour quel circuit.
⚠ Attention : ne remplacez jamais un disjoncteur qui saute par un calibre plus gros. Il ne sauterait plus, mais le fil ne serait plus protégé. Si un 16 A déclenche sur un circuit de prises en 1,5 mm², c’est le circuit qui est trop chargé : il faut le dédoubler.
Les autres causes de déclenchement sont passées en revue dans disjoncteur qui saute : causes et solutions.
Et la courbe ?
La lettre devant le calibre (C16, B10…) est la courbe de déclenchement : elle fixe le niveau de courant à partir duquel le disjoncteur coupe instantanément. Dans une maison, la courbe C convient à presque tous les circuits, car elle tolère le bref appel de courant d’un moteur ou d’une alimentation au démarrage. Les cas où une courbe B ou D se justifie sont expliqués dans notre comparatif disjoncteur courbe C ou courbe D.
Quand ajouter un disjoncteur divisionnaire ?
On ajoute un disjoncteur divisionnaire chaque fois qu’on crée un circuit. Les cas les plus courants :
- un nouvel appareil qui demande un circuit spécialisé : lave-vaisselle, four, plaque, chauffe-eau, portail motorisé ;
- un circuit de prises ou d’éclairage déjà au maximum de la norme (8 prises en 1,5 mm², par exemple) et qu’il faut dédoubler ;
- une extension, un garage ou un atelier, souvent regroupés dans un tableau divisionnaire.
Avant d’acheter, vérifiez trois choses : une place libre sur le rail (la norme impose une réserve de 20 % dans le tableau, rappelle Promotelec), un interrupteur différentiel qui n’a pas déjà 8 circuits sous lui, et la marque des appareils en place, pour que le peigne de raccordement soit compatible.
Lire un disjoncteur divisionnaire dans le tableau
Sur la face avant, l’inscription la plus visible associe une lettre et un nombre : C16 se lit « courbe C, calibre 16 A ». La manette indique l’état : en haut, le circuit est alimenté ; en bas, il est coupé ou a déclenché. L’étiquette posée au-dessus ou en dessous doit dire quel circuit il protège (« prises chambre 2 », « four »). Les disjoncteurs d’une même rangée sont alimentés par le même interrupteur différentiel, placé en tête de rangée. Le symbole normalisé et les autres inscriptions (pouvoir de coupure, norme) sont détaillés dans notre guide fonctionnement, types et symbole du disjoncteur.
Phase-neutre, unipolaire ou bipolaire
Dans un tableau de maison, le disjoncteur divisionnaire le plus courant est le phase-neutre, noté 1P+N : il protège la phase et coupe aussi le neutre quand il déclenche ou quand on abaisse sa manette. Couper les deux conducteurs garantit que le circuit est réellement hors tension pendant une intervention. Les versions unipolaire, unipolaire + neutre et bipolaire, et leurs usages, sont comparées dans notre article sur le disjoncteur unipolaire, unipolaire + neutre ou bipolaire. En triphasé, on passe à des modèles à 3 ou 4 pôles.
Une borne de disjoncteur ne reçoit pas n’importe quel nombre de fils : la règle est expliquée dans deux fils au maximum par borne de disjoncteur.
Les erreurs fréquentes
- Grossir le calibre pour qu’un disjoncteur arrête de sauter : le fil n’est plus protégé.
- Mélanger les marques sur un même peigne : les peignes de raccordement ne sont pas toujours compatibles d’une marque à l’autre ; vérifiez avant d’acheter.
- Brancher deux circuits sur un disjoncteur : chaque circuit a son disjoncteur, c’est ce qui permet de couper une seule pièce.
- Oublier le repérage : une étiquette par disjoncteur, sinon la prochaine panne commence par une chasse au circuit.
Vérifié le 31 octobre 2026 : calibres, sections et nombres de points par circuit d’après le tableau des protections du guide Legrand de la NF C 15-100 (amendement 5) ; obligation du disjoncteur et 8 circuits par différentiel d’après la brochure Promotelec sur l’amendement 5 ; réserve de 20 % au tableau d’après la même brochure.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un disjoncteur divisionnaire ?
C’est le disjoncteur modulaire qui protège un seul circuit du tableau électrique contre les surcharges et les courts-circuits. Il y en a un par circuit, sous un interrupteur différentiel 30 mA.
Quelle différence entre disjoncteur divisionnaire et disjoncteur général ?
Le disjoncteur général, ou de branchement, est unique et coupe toute la maison ; il est réglé selon l’abonnement. Le divisionnaire ne protège qu’un circuit.
Quel calibre de disjoncteur divisionnaire choisir ?
Celui qui correspond à la section des fils : 16 A au plus pour du 1,5 mm², 20 A pour du 2,5 mm², 32 A pour du 6 mm². Jamais un calibre supérieur à ce que le fil supporte.
Quand faut-il ajouter un disjoncteur divisionnaire ?
À chaque nouveau circuit : appareil spécialisé, circuit de prises arrivé à son maximum, extension. Il faut une place libre au tableau et un différentiel qui protège moins de 8 circuits.
Un disjoncteur divisionnaire protège-t-il contre l’électrocution ?
Non. Il protège le câble. La protection des personnes est assurée par le différentiel 30 mA placé au-dessus de lui.
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📖 Le glossaire de cet article
Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.
- Chauffage Électrique — Le chauffage électrique désigne tout système qui convertit l'énergie électrique en chaleur, soit par effet Joule (résistances), soit par transfert thermodynamique (pompe à chaleur).
- Court-circuit — Le court-circuit est une connexion accidentelle à faible résistance entre deux conducteurs de potentiel différent, qui provoque un courant très élevé …
- Disjoncteur — Un disjoncteur est un appareil de protection qui interrompt automatiquement le circuit en cas de surcharge (détection thermique par bilame) ou de cour…
- Fil électrique — Le fil électrique est un conducteur unique — mono-brin ou multibrin — recouvert d'une isolation individuelle.
- Fusible — Un fusible protège un circuit électrique contre les surintensités, c’est-à-dire contre les surcharges (trop d’appareils branchés sur le même circuit) et contre les courts-circuits.
- Interrupteur — Un interrupteur est un organe de commande qui ouvre ou ferme manuellement un circuit électrique pour allumer ou éteindre un ou plusieurs points lumineux.
- Interrupteur différentiel — Un interrupteur différentiel détecte la différence entre le courant entrant (phase) et le courant sortant (neutre) : dès qu'un courant de fuite s'étab…
- Radiateur électrique — Un radiateur électrique est un appareil de chauffage qui convertit l'énergie électrique en chaleur par effet Joule, distribuée ensuite par rayonnement, convection ou les deux combinés.
- Tableau électrique — Le tableau électrique est le coffret centralisé qui regroupe l'ensemble des dispositifs de protection d'une installation : disjoncteurs divisionnaires…
- Électrocution — L'électrocution est l'accident mortel causé par le passage d'un courant électrique à travers le corps humain, entraînant un arrêt cardiaque par fibril…
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