Barrette Terre

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La barrette de terre est la borne de connexion centrale qui regroupe, dans un tableau électrique ou une GTL, tous les conducteurs de protection (PE vert/jaune) des circuits de l’installation et l’ensemble des liaisons équipotentielles, pour les relier à la prise de terre du bâtiment. Elle constitue le point de convergence du réseau de protection contre les contacts indirects.

Rôle et connexions de la barrette de terre

Conducteur / ConnexionSection minimaleRôle
PE par circuit (éclairage)1,5 mm²Protection contre les contacts indirects sur les points lumineux
PE par circuit (prises de courant)2,5 mm²Protection contre les contacts indirects sur les appareils branchés
Liaison équipotentielle principale (LPP)6 mm² minimumRelie canalisations eau, gaz, chauffage entrant dans le bâtiment
Liaison équipotentielle supplémentaire (LES salle d’eau)2,5 mm² (protégé) — 4 mm² (nu)Baignoire, douche, sèche-serviette → réduit à zéro les différences de potentiel
Conducteur de terre principal vers prise de terre16 mm² cuivre nu (boucle fond de fouille)Évacue les courants de défaut vers le sol ; résistance < 100 Ω (NF C 15-100)

Mise en œuvre sur installation réelle

Dans une GTL (gaine technique logement), la barrette de terre est un rail en cuivre vissé sur un support isolant, positionné à proximité immédiate du tableau électrique. Chaque circuit part avec son conducteur PE vert/jaune, connecté à cette barrette via un connecteur à vis ou à cage. Le conducteur de terre principal descend depuis cette barrette vers la prise de terre enterrée (boucle en fond de fouille ou piquet de terre).

La liaison à l’AGCP est importante : en schéma TT (le plus courant en France), le neutre et le PE sont des conducteurs distincts depuis le transformateur HTA/BT. La barrette de terre ne doit en aucun cas être reliée au neutre (barre N) dans le tableau — cette confusion crée un court-circuit terre/neutre qui déclenche le différentiel et peut masquer un vrai défaut.

La norme NF C 15-100 art. 542 impose que la résistance de la prise de terre soit inférieure à 100 Ω en schéma TT pour garantir le déclenchement du dispositif différentiel résiduel (DDR) en cas de défaut phase-masse. Une résistance de terre élevée (sol rocheux, zone sèche) peut empêcher le déclenchement différentiel : c’est un défaut de protection à corriger par l’ajout de piquets supplémentaires ou d’une électrode de fond de fouille.

Mesure de la prise de terre : utiliser un telluromètre à 3 pôles (méthode de Wenner) ou 4 pôles pour mesurer la résistance réelle Rterre. La valeur idéale est inférieure à 30 Ω pour une protection optimale. En dessous de 100 Ω, l’installation est conforme NF C 15-100 ; au-delà, le défaut de protection doit être corrigé avant la mise sous tension. Voir aussi les liaisons équipotentielles pour le détail des connexions obligatoires en salle d’eau.

FAQ — Terrain

Combien de conducteurs peut-on connecter sur une même borne de la barrette de terre ?

Un seul conducteur par borne est la règle en installation soignée : deux conducteurs sous la même vis créent un risque de desserrage différentiel et de mauvais contact lors des cycles thermiques. Sur les barrettes de terre modulaires (type à cage ou à ressort), chaque emplacement accepte un conducteur. Si le nombre de circuits dépasse le nombre de bornes de la barrette, on utilise une barrette de dérivation secondaire reliée à la barrette principale par un conducteur de section appropriée.

Peut-on utiliser le conduit métallique ou la goulotte acier comme conducteur PE ?

En principe oui (NF C 15-100 art. 543 autorise les « conducteurs PE incorporés »), mais sous deux conditions strictes : la continuité électrique doit être assurée à chaque jonction (pas de rouille, de peinture, de joint plastique) et la résistance totale doit être mesurée et documentée. En pratique, les installateurs préfèrent toujours tirer un conducteur vert/jaune dédié dans le conduit, car la résistance de contact des raccords mécaniques se dégrade avec le temps.

Que faire si la mesure de terre donne 250 Ω sur un sol argileux sec ?

Plusieurs solutions complémentaires : ajouter des piquets de terre (4 × 1,5 m en acier cuivré) espacés d’au moins leur longueur, réaliser une boucle en fond de fouille lors de prochains travaux de terrassement, ou humecter le sol autour du piquet avec du sel de cuisine (solution temporaire). Si ces mesures ne suffisent pas, le schéma de liaison à la terre peut être étudié avec le distributeur — le schéma IT (médical) ou TN ne sont pas applicables ici, mais un différentiel 30 mA reste la protection principale indépendamment de la valeur de terre.

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