Fluctuation courant électrique

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Une fluctuation de courant électrique est une variation de l’intensité dans le temps : périodique (harmoniques), aléatoire (charges fluctuantes) ou impulsionnelle (démarrage moteur, foudre). Ces variations affectent la qualité d’alimentation du réseau et peuvent perturber ou endommager les appareils raccordés.

Types de fluctuations et impacts sur l’installation

Type de fluctuationAmplitude / duréeImpact et remède
Démarrage moteur directI = 5 à 8 × In le temps du démarrageChute de tension transitoire → scintillement des lampes (flicker)
Variateur de vitesse sans filtreCourant riche en harmoniquesHarmoniques 5, 7, 11, 13 → échauffement neutre et transformateur
Plaque à inductionCourant haché à haute fréquencePerturbations à haute fréquence → filtrage intégré par le fabricant (compatibilité électromagnétique)
Coup de foudreCourant impulsionnel très élevéSurtension → parafoudre en tête de tableau (type 2 dans le cas général, type 1 en présence d’un paratonnerre)

Flicker et chutes de tension transitoires

Le démarrage d’un moteur (pompe, compresseur, climatisation) provoque un appel de courant de 5 à 8 fois le courant nominal le temps du démarrage. Sur un réseau résidentiel avec une impédance de source non négligeable, cette pointe crée une chute de tension momentanée visible sous forme de scintillement des ampoules — c’est le flicker.

La norme EN 50160, qui définit les caractéristiques de la tension fournie par les réseaux publics de distribution, encadre ce papillotement. Pour un moteur puissant, un démarreur progressif ou un variateur à rampe d’accélération réduit l’appel de courant et donc le flicker.

⚠ Neutre en surcharge harmonique : Un immeuble équipé de nombreux variateurs, alimentations à découpage et éclairages LED non filtrés peut voir son conducteur neutre traversé par des courants harmoniques de rang 3 (et multiples de 3) qui s’ajoutent au lieu de se soustraire. Le neutre d’un circuit triphasé peut ainsi porter un courant supérieur à celui des phases, d’où la nécessité de dimensionner le neutre en conséquence (au moins la section des phases) dans les installations à forte charge non linéaire.

Harmoniques et protection de l’installation

Les variateurs de vitesse, alimentations à découpage et éclairages LED sans correcteur de facteur de puissance injectent des harmoniques dans le réseau. Ces courants à fréquences multiples de 50 Hz (150 Hz, 250 Hz, 350 Hz…) ne font pas de travail utile mais échauffent les conducteurs, les transformateurs et les condensateurs de compensation. Dans une installation calculée selon la norme NF C 15-100, le choix des sections tient compte du taux d’harmoniques de rang 3 (le guide Hager distingue moins de 15 %, de 15 à 33 % et plus de 33 %) : ce dimensionnement relève de l’électricien ou du bureau d’études.

Contre les surtensions dues à la foudre, le tableau électrique reçoit un parafoudre quand la norme l’exige (bâtiment équipé d’un paratonnerre, alimentation aérienne dans une zone où le niveau kéraunique dépasse 25 jours d’orage par an) ou quand l’analyse du risque le justifie.

FAQ — Fluctuation de courant électrique

Mon éclairage LED vacille quand le compresseur du réfrigérateur démarre — est-ce grave ?
C’est un flicker bénin lié à la chute de tension transitoire au démarrage du compresseur. Il indique que l’impédance du circuit d’alimentation est un peu élevée (câble sous-dimensionné ou connexion résistive). Si le vacillement est fréquent ou s’aggrave, faites vérifier par un électricien le serrage des connexions du circuit concerné, puis la section des câbles.
Comment mesurer le taux de distorsion harmonique (THD) d’une installation ?
Un analyseur de réseau portable mesure en temps réel le THD en tension et en courant, les harmoniques rang par rang, le facteur de puissance et l’énergie. C’est l’outil de base pour un audit qualité réseau dans un immeuble de bureaux ou une installation industrielle. Dans un logement, ce diagnostic revient à un professionnel équipé d’un appareil de mesure True RMS.
Un parafoudre de type 2 protège-t-il contre la foudre directe sur le réseau ?
Non. Les parafoudres limitent les surtensions d’origine atmosphérique qui arrivent par le réseau ; ils ne protègent pas contre les coups de foudre directs sur le bâtiment (guide Hager NF C 15-100). Dans le cas général, c’est un type 2 qui se pose à l’origine de l’installation ; en présence d’un paratonnerre, c’est un type 1, avec un courant de choc Iimp d’au moins 12,5 kA. La NF C 15-100 rend le parafoudre obligatoire dans un bâtiment équipé d’un paratonnerre et, quand l’alimentation est aérienne, dans les zones où le niveau kéraunique Nk dépasse 25 jours par an.

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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
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