Interrupteur crépusculaire : branchement, schéma et réglage

Interrupteur crépusculaire : branchement, schéma et réglage

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En bref

Un interrupteur crépusculaire allume un éclairage quand la lumière du jour passe sous un seuil réglé en lux, et l’éteint au matin. Le modèle mural, à cellule intégrée, se branche avec 3 fils : phase, neutre et retour lampe. Le modèle modulaire se pose dans le tableau et reçoit en plus les 2 fils d’une cellule déportée, placée dehors. Deux points à soigner : l’emplacement de la cellule, qui ne doit pas voir la lampe qu’elle commande (sinon l’éclairage clignote), et le seuil. Avec des LED, la puissance admise par le contact est très inférieure à celle affichée pour les ampoules à incandescence.

Comment fonctionne un interrupteur crépusculaire ?

Une cellule photoélectrique mesure l’éclairement naturel, exprimé en lux. Vous fixez un seuil. La sortie est active quand la mesure est inférieure au seuil, inactive au-dessus (notice Hager).

Une temporisation retarde l’allumage et l’extinction, pour éviter, écrit Hager, les commutations dues aux éclairs ou aux phares. Elle vaut 60 à 80 secondes sur le Hager EEN100, environ 20 secondes à l’allumage et 80 à l’extinction sur le Schneider IC 2000, 90 secondes sur le Legrand 4 126 23. Elle explique pourquoi rien ne bouge quand on masque la cellule deux secondes avec la main.

Mural, modulaire ou à cellule déportée : lequel choisir ?

ModèleOù il se poseFils à prévoirÀ choisir si
Mural à cellule intégréeDehors, en façade ou sur un mât3 : phase, neutre, retour lampeUne ou deux appliques, sans toucher au tableau
Modulaire à cellule déportéeModule sur le rail du tableau, cellule dehors2 fils entre le module et la cellule, en plus du circuitTout un circuit extérieur, réglage à l’abri dans le tableau
Modulaire programmableTableau, cellule dehorsComme le modulaireVous voulez aussi couper l’éclairage une partie de la nuit
Détecteur de mouvement à seuil crépusculaireDehors, près du passageSelon sa noticeL’éclairage ne doit s’allumer que la nuit et au passage de quelqu’un
Horloge astronomique (sans cellule)TableauAucun fil vers une celluleAucun emplacement correct pour une cellule

Le détecteur relève d’un autre câblage, détaillé dans notre schéma du détecteur de mouvement. L’horloge astronomique calcule les heures de lever et de coucher du soleil au lieu de mesurer la lumière.

Avant de brancher : couper, vérifier, contrôler le circuit

Coupez le disjoncteur général, puis vérifiez l’absence de tension sur les fils avec un vérificateur d’absence de tension. N’intervenez jamais sous tension. Legrand demande une pose « de préférence par un électricien qualifié », Schneider la réserve à des professionnels compétents. Si vous n’avez jamais câblé dans un tableau, faites poser le modèle modulaire par un électricien.

Le circuit doit être en règle. Trois points viennent de la norme, lus dans le guide Hager de la NF C 15-100 d’août 2024 : un circuit d’éclairage se câble en 1,5 mm² au moins, sous un disjoncteur de 16 A au plus ; tous les circuits sont protégés par un différentiel 30 mA ; un éclairage extérieur qui n’est pas fixé au bâtiment (allée, jardin) a son propre circuit. La notice du fabricant peut être plus stricte : celle du Hager EEN100 demande un disjoncteur ou un fusible de 10 A en amont. Pour les boîtes et les dérivations dehors, voyez où faire les dérivations des appliques extérieures.

Schéma de branchement à 3 fils d’un interrupteur crépusculaire mural

Schéma de branchement d'un interrupteur crépusculaire mural à cellule intégrée : la phase part du disjoncteur 10 ou 16 A vers la borne L, le retour lampe part de la borne repérée par une flèche vers le luminaire, le neutre va à la borne N et au luminaire, la terre va directement du bornier de terre au luminaire
Branchement à 3 fils du modèle mural, avec les repères du Theben LUNA 127 star. Montage disjoncteur général coupé, absence de tension vérifiée.

Trois conducteurs arrivent sur l’appareil. Sur le Theben LUNA 127 star, pris ici en exemple, les bornes sont repérées L, une flèche et N :

  • L : la phase permanente, venue du disjoncteur. Elle alimente l’électronique et l’entrée du contact.
  • Flèche : la sortie commandée, le retour lampe, qui part vers le luminaire.
  • N : le neutre. Sans lui, l’appareil ne fonctionne pas. Le neutre va aussi au luminaire.

Un appareil de classe II, comme le LUNA 127, n’a pas besoin de la terre pour lui-même : elle doit en revanche continuer jusqu’au luminaire. L’erreur classique en remplacement d’un simple interrupteur : la boîte ne contient que la phase et le retour lampe, pas de neutre. Il faut alors tirer un neutre, ou poser un modèle modulaire au tableau.

Avant de refermer : fils serrés, joint en place, capot clipsé.

Branchement d’un interrupteur crépusculaire modulaire à cellule déportée

Schéma de principe d'un interrupteur crépusculaire modulaire dans le tableau électrique : la phase du disjoncteur alimente la borne L et, par un pont, l'entrée du contact ; le neutre alimente la borne N et les luminaires ; la sortie du contact part en retour lampe vers les luminaires extérieurs ; deux fils relient le module à la cellule posée en façade ; la terre va directement aux luminaires
Schéma de principe du modèle modulaire. Les bornes dépendent de la marque (tableau ci-dessous). Cellule et câble se manipulent disjoncteur général coupé, absence de tension vérifiée.

Le module se clipse sur le rail, à côté du disjoncteur du circuit. Il a trois paires de bornes : l’alimentation, le contact et la cellule. Le contact est libre de potentiel sur les modèles Hager et Schneider lus : il faut lui amener la phase par un pont.

Point lu dans la noticeHager EEN100Schneider IC 2000 (CCT15369)Legrand 4 126 23
Bornes d’alimentationL et NL et NNon numérotées sur le dessin : voir la notice
Bornes et calibre du contact3 et 4, 10 A1 et 2, 16 AVoir la notice, 16 A
Bornes de la cellule1 et 23 (+) et 4 (-)Voir la notice, 2 fils
Distance module-cellule100 m au plus50 m au plus50 m au plus
Plage de réglage5 à 100 lux ou 50 à 2 000 lux2 à 2 000 lux2 à 100 000 lux

Le câble de la cellule n’est pas un fil de sonnette. Schneider prévient qu’il n’y a pas d’isolation sécurisée entre l’alimentation et le capteur, et impose un câble homologué pour la tension du secteur. La notice Legrand marque 230 V sur les bornes de la cellule. Traitez donc toujours la cellule et son câble comme un circuit sous tension : avant d’y toucher, coupez le disjoncteur général et vérifiez l’absence de tension. Hager et Legrand demandent eux aussi cette coupure. Dehors, ce câble suit les règles d’une installation électrique extérieure.

Combien de lampes LED peut-il commander ?

Le « 16 A » imprimé en gros vaut pour une charge résistive. Pour les LED, les fabricants donnent une puissance à part :

  • Schneider IC 2000 (notice) : 2 600 W en incandescence, 200 W en lampes LED de plus de 2 W ;
  • Theben LUNA 127 star (fiche technique) : 2 300 W en incandescence, 600 W en lampes LED de plus de 2 W ;
  • Legrand 4 126 23 (fiche du catalogue) : 2 000 W en incandescence, 1 000 W en lampes à économie d’énergie et LED.

Ces valeurs ne servent pas à comparer les marques. Additionnez la puissance de vos luminaires et comparez-la à la ligne « LED » de votre notice. Au-delà, l’usage du métier est de faire commander par le crépusculaire la bobine d’un contacteur, choisi lui aussi d’après sa charge admise en LED.

Comment régler le seuil en lux ?

Quelques repères, tirés de la notice Schneider : 80 000 lux en plein soleil, 500 lux sur un bureau, 15 lux sous un lampadaire, 0,3 lux au clair de lune.

La méthode la plus sûre, celle de la notice Hager, ne demande aucun chiffre :

  1. Attendez le soir, au moment précis où vous aimeriez que la lumière s’allume.
  2. Passez en position test, si l’appareil en a une : elle supprime la temporisation.
  3. Tournez le bouton de réglage jusqu’à l’allumage du voyant ou de la lampe.
  4. Revenez en position automatique.

Sans position test, tournez par petites touches et attendez la fin de la temporisation entre deux essais. Corrigez après quelques soirs : seuil plus bas si l’éclairage s’allume trop tôt, plus haut s’il tarde.

Il clignote, reste allumé ou ne s’allume plus : les pannes courantes

Deux dessins d'une façade avec une applique : à gauche, la cellule est posée dans le faisceau de la lampe, emplacement à éviter ; à droite, la cellule est fixée sous l'avant-toit, hors du faisceau et du soleil direct, bon emplacement
Une cellule éclairée par la lampe qu’elle commande fait clignoter l’éclairage au rythme de la temporisation.
SymptômeCause probableQue faire
L’éclairage s’allume et s’éteint sans arrêt, à intervalles réguliersLa cellule reçoit la lumière de la lampe qu’elle commandeDéplacer ou réorienter la cellule. Legrand : ni à proximité immédiate de la source, ni dirigée vers elle
Il reste allumé en plein jourSeuil trop haut, cellule sale ou à l’ombre, position test ou marche forcée oubliéeNettoyer la cellule, revenir en automatique, baisser le seuil
Il ne s’allume plus le soirSeuil trop bas, cellule éclairée par un lampadaire, liaison de la cellule coupée, lampe hors serviceMasquer la cellule plus longtemps que la temporisation. Sur le Hager, un voyant qui clignote signale la liaison coupée
Il ne s’éteint plus du tout, même cellule en plein jourD’après l’usage du métier (les notices n’en parlent pas) : contact du relais resté colléFaire remplacer l’appareil, puis vérifier que la charge en LED ne dépasse pas celle de la notice
Les LED luisent faiblement, éclairage éteintPetit courant qui traverse une commande électroniqueVoir LED qui reste faiblement allumée

Hager demande que la cellule ne soit exposée directement ni au soleil ni à une source lumineuse. Legrand conseille le mur, sous un avant-toit. Vérifiez aussi la longueur de câble admise. Si le disjoncteur ou le différentiel saute par temps de pluie, ne réenclenchez pas à répétition : coupez le circuit et faites-le contrôler, de l’eau a pu entrer dans un luminaire ou une boîte.

Peut-on couper l’éclairage au milieu de la nuit ?

Oui. Seul, le crépusculaire éclaire jusqu’au matin. Pour éteindre à 23 heures, deux solutions : un modèle programmable, qui réunit la cellule et une horloge (Legrand en propose un en 2 modules), ou un interrupteur horaire dont le contact est câblé en série avec celui du crépusculaire. Ce montage en série est un usage du métier, absent des notices lues : confiez-le à un électricien si vous n’avez pas l’habitude du tableau.

Où trouver un interrupteur crépusculaire

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Questions fréquentes

Faut-il un neutre pour brancher un interrupteur crépusculaire ?

Oui pour les quatre modèles dont nous avons lu la notice (Hager, Schneider, Legrand, Theben) : tous s’alimentent entre phase et neutre. Si la boîte de l’ancien interrupteur ne contient que la phase et le retour lampe, il faut y amener un neutre ou poser un modèle modulaire au tableau. Pour un appareil vendu sans neutre, suivez sa notice, en particulier pour la charge en LED.

Pourquoi mon interrupteur crépusculaire ne fonctionne plus ?

Procédez dans l’ordre : disjoncteur du circuit enclenché, lampe en état, appareil en position automatique. Masquez ensuite la cellule pendant deux minutes, plus que la temporisation. Si rien ne s’allume, coupez le disjoncteur général, vérifiez l’absence de tension, puis contrôlez le serrage des fils entre le module et la cellule. Si tout est bon, l’appareil est à remplacer.

Un interrupteur crépusculaire peut-il commander autre chose qu’un éclairage ?

Oui si son contact est libre de potentiel. Hager cite la commande de stores, sur la plage de 50 à 2 000 lux, et Schneider indique une charge minimale de 100 mA sous 24 V. Un modèle mural dont la sortie délivre directement du 230 V, comme le Theben LUNA 127 star, ne convient pas à un circuit en très basse tension.

Sources

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📖 Le glossaire de cet article

Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.

  • Classe II — La classe II désigne un matériel électrique dont la protection contre les chocs électriques ne repose pas sur la mise à la terre, mais sur une double isolation ou une isolation renforcée.
  • Contacteur — Un contacteur est un interrupteur électromécanique commandé à distance par une bobine, conçu pour commuter des circuits de puissance en forte charge.
  • Disjoncteur — Un disjoncteur est un appareil de protection qui interrompt automatiquement le circuit en cas de surcharge (détection thermique par bilame) ou de cour…
  • Fusible — Un fusible est un dispositif de protection qui coupe un circuit électrique lorsque le courant devient trop fort.
  • Horloge astronomique — L'horloge astronomique est un interrupteur horaire programmable qui calcule chaque jour les heures de lever et de coucher du soleil à partir des coord…
  • Installation électrique — Une installation électrique regroupe l'ensemble des équipements, câbles, canalisations et appareils de protection permettant la distribution et l'util…
  • Interrupteur — Un interrupteur est un organe de commande qui ouvre ou ferme manuellement un circuit électrique pour allumer ou éteindre un ou plusieurs points lumineux.
  • Interrupteur Horaire — Un interrupteur horaire est une minuterie électronique ou mécanique qui programme automatiquement l'activation et la désactivation d'un circuit selon des plages horaires définies.
  • Interrupteur crépusculaire — Un interrupteur crépusculaire détecte le niveau de luminosité ambiante via une cellule photoélectrique (photorésistance ou photodiode) et commute auto…
  • Sous tension — Un conducteur, un équipement ou une installation est dit « sous tension » dès qu'une tension électrique est présente entre ses bornes accessibles et u…
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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
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