Pose des canalisations électriques : modes de pose et fixations

Pose des canalisations électriques : modes de pose et fixations

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En bref

Poser une canalisation électrique, c'est choisir un mode de pose (encastré, noyé, apparent, sous goulotte, sur chemin de câbles, enterré), puis le conduit et la fixation qui vont avec le support. Un conducteur isolé passe toujours dans un conduit ou une goulotte ; un câble peut être fixé directement. On respecte le rayon de courbure (48 mm pour un conduit de 16 ; pour un câble, la valeur de sa fiche technique), on adapte la cheville au matériau, on ne fait aucune saignée oblique ni dans le béton porteur, on rebouche les traversées de parois et on tire les fils sans forcer. En fin de chantier, les déchets sont triés : le plâtre à part, le cuivre et les équipements électriques dans leurs filières.

Un tableau parfaitement câblé ne rattrape pas une gaine écrasée dans une dalle, un tube qui pend entre deux colliers trop espacés ou une saignée en diagonale qui a fendu une cloison. La pose des canalisations est la partie du métier qui se voit le moins une fois le chantier fini, et celle qui prend le plus de temps. C'est aussi ce que le jury regarde de près à l'épreuve de réalisation du CAP électricien : tracé, alignement, cintrage, fixations.

Le décodage des noms (H07V-U, U1000 R2V, ICTA 3422) et la règle du tiers sont traités dans le cours sur la désignation des câbles et des conduits. Les règles de mise en œuvre citées ici (saignées, enrobage, vides de construction, voisinage du gaz) viennent du guide pratique UTE C 15-520, édition de juillet 2007, qui accompagne la NF C 15-100. Ce sont des valeurs du guide, et non des articles de la norme : sur un chantier, vérifiez-les dans les documents en vigueur.

Les modes de pose d'une canalisation électrique

Une canalisation, c'est l'ensemble formé par les conducteurs ou les câbles et par ce qui les protège et les supporte : conduit, goulotte, chemin de câbles, colliers. Le mode de pose décrit la façon dont cet ensemble est installé dans le bâtiment.

Mode de poseCe que l'on poseOù on le rencontre
NoyéConduit cintrable complètement enrobé dans le béton, posé avant le coulageDalles et voiles de la construction neuve
EncastréConduit placé dans une saignée puis rebouché, avec une boîte qui affleureRénovation, cloisons en briques ou en carreaux de plâtre
En vide de constructionConduit ou câble passé dans un espace fermé de la structureCloisons et doublages en plaques de plâtre, planchers, huisseries
ApparentConduit rigide ou câble fixé sur la paroi par des colliersGarage, cave, atelier, local technique, faux plafond démontable
Sous goulotte, moulure ou plintheConducteurs ou câbles dans un profilé fermé par un couvercleRénovation sans saignée, bureaux
Sur chemin de câblesCâbles posés sur un support ouvert, en tôle perforée ou en filTertiaire et industrie
EnterréCâble dans un fourreau, ou câble armé en pleine terreLiaisons extérieures : portail, dépendance, éclairage de jardin

Tout conduit noyé ou encastré se termine par une boîte de connexion.

Deux règles reviennent quel que soit le mode. La première : un conducteur isolé (un fil H07V) n'a qu'une enveloppe, il lui faut toujours un conduit, une goulotte ou une moulure ; un câble, qui a sa propre gaine, peut être fixé directement ou posé sur un chemin de câbles. La seconde concerne les conduits métalliques : le guide n'y admet pas de conducteurs isolés, on y passe un câble.

Le vide de construction est le quotidien du pavillon neuf. L'espace entre deux plaques de plâtre est un vide de construction : les conducteurs isolés y passent sous conduit, et un câble posé sans conduit exige un vide dont la plus petite dimension vaut au moins 1,5 fois son diamètre extérieur. On emprunte les passages prévus dans les montants métalliques : il est interdit de les perforer soi-même. Le plénum d'un faux plafond démontable, lui, n'est pas un vide de construction. On y applique les règles du montage apparent, avec des canalisations fixées ou supportées indépendamment des dalles que l'on soulève.

Choisir le conduit selon le mode de pose

Chaque conduit a son terrain, et le fabricant l'écrit dans sa fiche technique. Le tube IRL, rigide et lisse, est fait pour l'apparent, à l'intérieur comme à l'extérieur. Il peut être encastré dans un mur ; il est en revanche interdit dans un plancher avant coulage. La gaine ICTA, cintrable et annelée, est faite pour être noyée dans les planchers et les murs ou encastrée après construction. Sa fiche autorise aussi la pose en saillie à l'intérieur, où l'on préfère pourtant l'IRL, qui se pose droit ; elle la déconseille à l'extérieur, sous les UV. Le TPC rouge est le fourreau des liaisons enterrées. La méthode de montage du tube rigide est détaillée dans notre article sur le montage en tube IRL.

Le diamètre se calcule par la règle du tiers. Sur le chantier, on prend aussi en compte la longueur et le nombre de coudes : un parcours de quinze mètres avec quatre changements de direction se tire mal dans un conduit calculé au plus juste. Mieux vaut un diamètre au-dessus ou une boîte de tirage intermédiaire.

Dernier point : la température. Un tube en PVC devient cassant au froid ; la fiche d'un IRL courant indique une température d'installation qui ne descend pas en dessous de −5 °C.

Le rayon de courbure : conduits et câbles

Chaque changement de direction est un point faible. Si le coude est trop serré, le conduit se pince et sa section utile diminue ; les fils frottent, l'isolant se blesse au tirage, et parfois plus rien ne passe. Un câble plié à angle vif s'abîme de la même façon. D'où la notion de rayon de courbure minimal, mesuré sur l'axe du conduit ou du câble.

Rayon de courbure minimal des conduits IRL et ICTA (48, 60, 75 et 96 mm selon le diamètre) et d'un câble U1000 R2V : 6 fois le diamètre posé, 12 fois en cours de pose
Le rayon minimal dépend du produit : on le lit sur la fiche technique, pas sur le chantier voisin.

Pour les conduits courants, les fiches des fabricants donnent le même repère : trois fois le diamètre extérieur jusqu'au diamètre 32. Une ICTA de 16 se courbe donc sur un rayon de 48 mm au moins, une ICTA de 20 sur 60 mm, de 25 sur 75 mm, de 32 sur 96 mm ; au-delà, le rayon augmente plus vite (160 mm pour une ICTA de 40). Pour l'IRL, les mêmes valeurs de 48, 60 et 75 mm sont celles que l'on obtient avec un ressort à cintrer dans les diamètres 16, 20 et 25. Le ressort, glissé dans le tube, l'empêche de s'aplatir pendant qu'on le plie à froid. Pour les diamètres supérieurs, on utilise les coudes du système.

Pour les câbles, c'est la fiche du câble qui fait foi. À titre d'exemple, la fiche d'un U1000 R2V 3G6, de 15 mm de diamètre extérieur, donne 90 mm de rayon minimal une fois posé, soit six fois le diamètre, et 180 mm en cours de pose, soit douze fois. On ne tire donc jamais un câble autour d'une arête ; on l'accompagne à la main ou on place un galet.

Fixations et supports : adapter la cheville au matériau

Une canalisation apparente tient par ses fixations, et une fixation tient par le mur. La même cheville tient une lourde charge dans du béton et s'arrache à la main dans une plaque de plâtre. Avant de percer, on identifie donc le support : au son quand on frappe, à la couleur de la poussière, à la résistance du foret.

Tableau de choix des fixations selon le support : béton plein, brique creuse et parpaing, plaque de plâtre, béton cellulaire, bois et métal
Le support décide de la cheville et de la façon de percer.

Dans un matériau plein (béton, pierre, brique pleine), la cheville travaille par expansion : la vis l'écarte et la plaque contre les parois du trou. On perce en percussion, au diamètre exact de la cheville, et l'on souffle la poussière. Dans un matériau creux (brique creuse, parpaing), l'expansion n'a rien contre quoi s'appuyer : il faut une cheville longue qui se déforme ou se verrouille derrière les cloisons intérieures de l'élément, et l'on perce sans percussion pour ne pas les faire éclater. Dans une plaque de plâtre, on emploie une cheville métallique à expansion ou une cheville à bascule, qui s'ouvre derrière la plaque ; une charge lourde, un coffret par exemple, se reprend sur l'ossature ou sur un renfort prévu à l'avance. Le béton cellulaire et les carreaux de plâtre, tendres, demandent des chevilles à visser prévues pour eux. Dans le bois, on visse directement. Sur une charpente métallique, on préfère les griffes et pinces de poutrelle, qui évitent de percer un élément de structure. Pour une charge importante dans la maçonnerie, on passe au scellement chimique. Notre article fixations en électricité : aide au choix passe ces familles en revue.

Poser un tube ou un câble en apparent

La pose apparente se juge à l'œil : elle doit être droite. On trace d'abord, au niveau, au cordeau ou au laser, des parcours horizontaux et verticaux, parallèles aux arêtes des murs. On pose les boîtes et l'appareillage, puis on trace l'axe des colliers. Les distances entre fixations sont celles que donnent le guide UTE C 15-520 et la notice du fabricant ; elles sont plus courtes en parcours horizontal qu'en vertical, et plus courtes pour un câble que pour un tube rigide. On ajoute toujours un collier de part et d'autre d'un coude et à l'entrée d'une boîte, pour que l'accessoire ne porte pas le poids du tube. Les coupes sont d'équerre et ébavurées : une bavure à l'intérieur d'un tube suffit à entailler un isolant.

Deux interdits à connaître. Une canalisation électrique ne se fixe pas sur une canalisation d'eau, de gaz ou de chauffage, et l'inverse n'est pas admis non plus. Et l'on garde ses distances avec le gaz ; le guide fixe au moins 3 cm entre une canalisation de gaz ou de produits pétroliers et toute autre canalisation, 20 cm si elles sont enterrées.

Saignées et encastrement : ce qui est admis

La saignée est la tranchée que l'on ouvre dans une paroi pour y loger un conduit. Elle affaiblit la paroi : c'est pourquoi le guide UTE C 15-520 l'encadre de près. Première règle, la plus importante : aucune saignée dans un élément porteur du gros œuvre, voile, poteau ou poutre en béton. La seule exception concerne les murs porteurs montés en petits éléments de maçonnerie (briques, blocs de béton, pierre), où des saignées limitées sont admises. Dans un mur de ce type, une saignée verticale de 30 mm de profondeur et de 100 mm de largeur au plus est admise sans limitation de hauteur ; les saignées horizontales sont à éviter.

Dans les cloisons non porteuses, les règles portent sur le tracé.

Saignées admises dans une cloison non porteuse : verticale limitée à 1,30 m au-dessus du sol fini, 1,60 m entre axes, horizontale sur 0,50 m depuis une intersection et 1 m autour d'une saignée verticale, oblique interdite
Tracés admis dans une cloison non porteuse : vertical limité en hauteur, horizontal limité en longueur, jamais d'oblique.

En tracé vertical, une saignée qui part du sol ne dépasse pas 1,30 m au-dessus du sol fini (celle qui descend du plafond est limitée elle aussi : la hauteur se lit dans le guide), et deux saignées verticales d'une même cloison ont leurs axes distants d'au moins 1,60 m. En tracé horizontal, la saignée n'est admise que sur 0,50 m de part et d'autre de l'intersection de deux cloisons ou d'une cloison et d'un mur, et sur 1 m de part et d'autre d'une saignée verticale. Sont interdites les saignées obliques, deux saignées verticales sur un même axe et deux saignées horizontales sur les deux faces d'une même cloison. Le diamètre du conduit que l'on peut y loger dépend de l'épaisseur de la cloison : le guide en donne le tableau.

Ces règles ont un second intérêt, la sécurité de l'occupant : celui qui percera plus tard pour accrocher un cadre s'attend à trouver les fils à l'aplomb des prises et des interrupteurs, pas en travers du mur.

Côté geste, la rainureuse à deux disques donne une saignée nette, là où le burin éclate les briques. On règle la profondeur pour que le conduit soit recouvert au rebouchage, on fixe la gaine au fond avant de reboucher, et l'on scelle la boîte d'encastrement à fleur du mur fini. Ce qu'il ne faut pas faire est montré dans notre vidéo saignée électrique : ce que vous ne devez surtout pas faire.

La rainureuse produit une poussière fine et abondante : on travaille avec l'aspiration raccordée à la machine, un masque et des lunettes. Avant d'ouvrir un mur, on repère les canalisations déjà encastrées, électriques ou non. Et dans un bâtiment dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, on ne perce ni ne rainure sans avoir consulté le repérage amiante.

Le cas des doublages isolants

Derrière un doublage collé, le guide veut que les canalisations se posent de préférence du côté chaud de l'isolant. Une canalisation de 16 mm de diamètre au plus peut toutefois cheminer côté froid, entre le mur et l'isolant, entre les plots de colle.

Traversées de parois et de planchers

Une canalisation qui traverse un mur, une cloison ou un plancher ne passe jamais à nu dans le trou. Elle traverse dans un fourreau ou dans son propre conduit, pour deux raisons : les arêtes de la maçonnerie ne doivent pas blesser la gaine ou l'isolant, et le bâtiment bouge légèrement, ce qui cisaillerait un câble scellé.

La traversée ouvre aussi un passage, et il faut le refermer. Côté extérieur, le fourreau est incliné vers le dehors pour que l'eau ne suive pas le câble vers l'intérieur, et le percement est rebouché de façon étanche à l'eau et à l'air. Entre deux locaux, quand la paroi a un rôle coupe-feu, le rebouchage doit lui rendre ce rôle : on emploie un produit prévu pour cela, pas une poignée de mousse quelconque.

Goulottes et chemins de câbles

La goulotte se fixe en applique. On commence par le corps, vissé sur des chevilles adaptées au support, en rapprochant les fixations aux extrémités et aux angles pour qu'il ne se décolle pas du mur. Les angles se font avec les accessoires du système. On pose les conducteurs, puis on clipse le couvercle : s'il force, la goulotte est trop pleine. Quand elle reçoit aussi des câbles de communication, ceux-ci cheminent dans un compartiment séparé.

Le chemin de câbles est le support des installations tertiaires et industrielles. Il repose sur des consoles murales, des pendards ou des tiges filetées. On fixe d'abord les supports, à l'entraxe que donne le fabricant pour la charge prévue, on pose et on éclisse les longueurs, puis on déroule les câbles. Ils sont rangés à plat, sans croisements inutiles, attachés par des colliers dans les parties verticales, et l'on garde de la place pour les circuits qui s'ajouteront plus tard. Un chemin de câbles métallique est relié à la terre, et la continuité électrique entre ses éléments est assurée d'un bout à l'autre.

La pose enterrée en quelques repères

Le câble est enfoui à 0,50 m au moins de la surface, 0,85 m sous les voies accessibles aux voitures et sous les trottoirs. Un câble sans armure passe dans un fourreau, posé avec des courbes larges. Un grillage avertisseur est déroulé au moins 20 cm au-dessus, et l'on garde 20 cm avec les conduites d'eau ou de gaz. Les détails sont dans notre article gaine électrique enterrée à l'extérieur.

Tirer les conducteurs et les câbles

Le tirage vient une fois les conduits posés, les boîtes scellées et les enduits secs. On commence par passer une aiguille, en nylon ou en acier, d'une boîte à l'autre. On dénude l'extrémité des conducteurs, on les accroche à l'œillet en les décalant de quelques centimètres les uns des autres pour former une tête effilée, et on enrubanne le tout sans surépaisseur.

Le travail se fait à deux : l'un tire, l'autre guide les fils à l'entrée du conduit et les empêche de se croiser. Les couronnes sont déroulées, pas tirées par le centre, sinon le fil vrille. On tire d'un mouvement régulier, sans à-coups. Si cela bloque, on ne force pas : on recule, on cherche la cause (coude trop serré, gaine écrasée, conduit trop plein), on ajoute au besoin un lubrifiant de tirage prévu pour cet usage. Forcer arrache l'isolant, et le défaut ne se verra qu'à la mesure d'isolement. Les outils sont présentés dans notre article tire-fil, aiguille d'électricien et lubrifiant.

À chaque boîte, on laisse une longueur de conducteur suffisante pour raccorder l'appareillage à l'aise et le déposer un jour sans tirer sur les fils. Les connexions se font dans les boîtes et jamais à l'intérieur d'un conduit ; les épissures sont interdites. Le tirage se termine par un contrôle : continuité et isolement, selon la méthode du cours sur la mise en service d'une installation.

Trier les déchets du chantier

Le référentiel du CAP demande de réaliser l'ouvrage de manière écoresponsable : cela commence par ne pas tout jeter dans la même benne.

Pour les entreprises du bâtiment, le tri à la source est une obligation du Code de l'environnement. Il porte sur huit flux : métal, plastique, bois, verre, papier et carton, fractions minérales (béton, briques, tuiles, céramique, pierre), plâtre et, depuis le 1er janvier 2025, textile. Le plâtre est toujours trié à part, car il pollue les autres déchets et empêche de les valoriser ; les autres flux peuvent être regroupés à condition que leur valorisation reste aussi efficace qu'avec une collecte séparée.

Déchet de l'électricienFlux ou filière
Chutes de câbles et de fils, cuivre dénudéMétal : le cuivre se recycle et se revend ; un câble ne se brûle jamais pour récupérer son âme
Chutes de tubes, de gaines, de goulottes, films et calagesPlastique
Cartons d'emballage, noticesPapier et carton, pliés et au sec
Gravats de saignées en brique ou en bétonFractions minérales
Découpes de plaques et de carreaux de plâtrePlâtre, toujours séparé
Tourets et palettesBois ; les tourets sont souvent repris par le fournisseur
Appareillage, luminaires, tubes fluorescents, lampes, blocs de secours et leurs batteriesDéchets d'équipements électriques et électroniques : filière de reprise dédiée, jamais dans la benne

Sur le terrain, cela tient à peu de choses : des bacs repérés dès le premier jour, un seau pour le cuivre, un carton pour les lampes déposées. Les tubes fluorescents contiennent du mercure ; ils repartent entiers vers un point de collecte. Nous avions fait le point sur les pratiques du métier dans l'article recyclage en électricité et gestion des déchets.

Pour aller plus loin (bac pro et BTS)

Le mode de pose fixe le courant admissible. Un câble enfermé évacue moins bien sa chaleur qu'un câble posé à l'air libre. La NF C 15-100 classe donc les modes de pose en méthodes de référence, et les tableaux de courants admissibles se lisent avec cette méthode, la nature de l'isolant et le nombre de circuits groupés. Changer de mode de pose en cours d'étude oblige à reprendre la section, selon la démarche du cours sur les sections de câble et la chute de tension.

Incorporer des conduits dans le béton. Dans un mur ou un plancher en béton, les gaines posées avant coulage se placent entre les nappes d'armatures. D'après le guide UTE C 15-520, l'enrobage de béton doit être au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine, avec un minimum de 4 cm, et les croisements ou empilages ne doivent pas occuper plus de la moitié de l'épaisseur. Dans un dallage coulé en place, le diamètre des canalisations incorporées ne dépasse pas le cinquième de l'épaisseur du dallage, et leur enrobage en partie supérieure vaut au moins deux fois leur diamètre, sans descendre sous 50 mm. Ces règles se discutent avec le maçon et le bureau d'études pendant la préparation, sujet du cours préparer un chantier d'électricité.

Dimensionner un chemin de câbles. On additionne les diamètres des câbles pour obtenir la largeur occupée, on ajoute une réserve pour les extensions, puis on choisit la largeur normalisée immédiatement supérieure. On calcule ensuite la charge linéique, en kilogrammes par mètre, à partir des masses données par les fiches des câbles, et on la compare à la charge admissible du chemin de câbles pour l'entraxe de supports retenu. La charge reprise par chaque support est le produit de la charge linéique par l'entraxe.

Les erreurs qui reviennent

La première est la saignée en diagonale, ou la saignée horizontale qui traverse toute une cloison à hauteur de prise.

Deuxième erreur : la cheville inadaptée au support. Une cheville à expansion dans une brique creuse tourne dans le vide.

Troisième erreur : le coude trop serré. Une ICTA pliée à angle droit derrière une boîte, un IRL cintré sans ressort et aplati : l'isolant s'abîme au tirage.

Quatrième erreur : forcer au tirage. Un fil qui bloque signale un problème de conduit ; tirer plus fort le transforme en défaut d'isolement.

Dernière erreur : la benne unique. Du plâtre mélangé aux gravats, des tubes fluorescents cassés au fond d'un sac : le tri ne se rattrape pas en fin de chantier.

Exercices corrigés sur la pose des canalisations

Les quatre premiers exercices correspondent au niveau CAP, les deux suivants au bac pro, le dernier au BTS. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

Exercice 1. Pour chaque situation, indiquez le mode de pose et le conduit ou le câble adapté : a) circuits d'une maison neuve passant dans la dalle avant coulage ; b) alimentation d'une prise dans un garage aux murs en béton, sans saignée ; c) éclairage dans une cloison en plaques de plâtre sur ossature, avec des fils H07V-U.

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a) Pose noyée : gaine ICTA posée avant le coulage ; l'IRL est interdit dans un plancher avant construction. b) Pose apparente : tube IRL fixé par colliers, avec ses coudes et manchons, ou câble U1000 R2V sous colliers. c) Pose en vide de construction : les conducteurs isolés H07V-U n'y sont autorisés que sous conduit, donc gaine ICTA passée dans les ouvertures prévues des montants, sans les perforer.

Exercice 2. Quel est le rayon de courbure minimal d'une ICTA de 20, d'une ICTA de 32 et d'un IRL de 25 cintré au ressort ? Un apprenti plie une ICTA de 20 sur un rayon de 4 cm derrière une boîte : est-ce correct ?

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Repère des fiches : trois fois le diamètre extérieur. ICTA de 20 : 3 × 20 = 60 mm. ICTA de 32 : 3 × 32 = 96 mm. IRL de 25 : 3 × 25 = 75 mm. Un rayon de 4 cm, soit 40 mm, est inférieur à 60 mm : la gaine est trop pliée, elle risque de se pincer et le tirage sera difficile. Il faut reprendre le parcours avec une courbe plus large.

Exercice 3. Sur une cloison non porteuse en briques, on doit alimenter deux prises situées à 0,90 m l'une de l'autre. Un collègue propose deux saignées verticales depuis le sol, une sous chaque prise. Est-ce admis ? Proposez un tracé conforme.

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Dans une même cloison, les axes de deux saignées verticales doivent être distants d'au moins 1,60 m. Ici, 0,90 m est inférieur à 1,60 m : la proposition n'est pas admise. Tracé conforme : une seule saignée verticale sous la première prise, qui ne dépasse pas 1,30 m au-dessus du sol fini, puis une saignée horizontale de 0,90 m jusqu'à la seconde prise. Elle est admise car elle reste dans la limite de 1 m de part et d'autre d'une saignée verticale. Aucune saignée oblique.

Exercice 4. En fin de chantier de rénovation, vous avez : des chutes de fil de cuivre, des cartons, des chutes de tube IRL, des découpes de plaques de plâtre, des gravats de brique et quatre tubes fluorescents déposés. Où va chaque déchet ?

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Cuivre : flux métal. Cartons : papier et carton. Chutes d'IRL : plastique. Plaques de plâtre : flux plâtre, obligatoirement séparé des autres. Gravats de brique : fractions minérales. Tubes fluorescents : ce sont des équipements électriques usagés, qui contiennent du mercure ; ils sont rapportés entiers à un point de collecte de la filière dédiée, jamais jetés dans la benne.

Exercice 5 (bac pro). Des gaines ICTA de 25 sont incorporées dans un plancher en béton lors de sa construction. Quel enrobage minimal de béton faut-il ? Dans un dallage coulé en place de 12 cm d'épaisseur, peut-on incorporer une ICTA de 25 ? Une ICTA de 20 ? Avec quel enrobage en partie supérieure ?

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Plancher : l'enrobage est au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine, soit 25 mm, avec un minimum de 4 cm. On retient donc 40 mm. Dallage de 120 mm : le diamètre ne dépasse pas le cinquième de l'épaisseur, soit 120 / 5 = 24 mm. Une ICTA de 25 est trop grosse ; une ICTA de 20 convient. Enrobage supérieur : au moins deux fois le diamètre, 2 × 20 = 40 mm, sans être inférieur à 50 mm. Conclusion : ICTA de 20 au maximum, recouverte d'au moins 50 mm de béton.

Exercice 6 (bac pro). Un parcours apparent en IRL de 20 mesure 12 m en ligne droite entre deux boîtes. La notice de l'entreprise prévoit un collier tous les 0,60 m, avec un collier à chaque extrémité. Combien de colliers faut-il ? Les barres font 3 m : combien de barres et de manchons ?

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Nombre d'intervalles : 12 / 0,60 = 20. Nombre de colliers : 20 + 1 = 21. Nombre de barres : 12 / 3 = 4 barres. Nombre de jonctions entre barres : 4 − 1 = 3 ; avec des tubes tulipés, l'emboîtement remplace le manchon, sinon il faut 3 manchons. Conclusion : 21 colliers, 4 barres de 3 m, 3 jonctions. L'entraxe de 0,60 m est ici une donnée de l'énoncé ; sur un chantier, on applique celui du guide et du fabricant.

Exercice 7 (BTS). Un chemin de câbles doit recevoir 12 câbles U1000 R2V 3G6, de diamètre extérieur 15 mm et de masse 295 kg/km, posés à plat sur une seule couche. On prévoit une réserve de 30 % et des supports tous les 1,5 m. Déterminez la largeur du chemin de câbles parmi 150, 200, 300 et 400 mm, la charge linéique réserve comprise et la charge reprise par chaque support.

Voir le corrigé

Largeur occupée : 12 × 15 = 180 mm. Avec la réserve : 180 × 1,30 = 234 mm. Largeur retenue : 300 mm, première valeur supérieure. Masse linéique d'un câble : 295 kg/km = 0,295 kg/m. Pour 12 câbles : 12 × 0,295 = 3,54 kg/m. Avec la réserve : 3,54 × 1,30 ≈ 4,6 kg/m. Charge par support : 4,6 × 1,5 ≈ 6,9 kg, soit un poids P = m × g = 6,9 × 9,81 ≈ 68 N, auquel s'ajoute le poids propre du chemin de câbles. Conclusion : chemin de câbles de 300 mm, chargé à 4,6 kg/m environ ; on vérifie dans la documentation du fabricant que cette charge est admise pour un entraxe de 1,5 m, et que les ancrages des supports la reprennent dans le matériau du plafond.

Sources

Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS

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📖 Le glossaire de cet article

Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.

  • Canalisation Électrique — Une canalisation électrique désigne l'ensemble constitué d'un ou plusieurs conducteurs électriques et de leur protection mécanique : gaine, conduit, câble armé ou chemin de câbles.
  • Chute de tension — La chute de tension est la diminution de la tension électrique entre l'origine d'une installation et le point d'utilisation, provoquée par la résistan…
  • Gaine ICTA — La gaine ICTA (Isolant Cintrable Transversalement Annelé) est un conduit souple en matière plastique, à parois annelées, destiné à recevoir et protége…
  • Gaine électrique — La gaine électrique est un tube protecteur — souple ou rigide — dans lequel circulent les fils et câbles électriques.
  • Installation électrique — Une installation électrique regroupe l'ensemble des équipements, câbles, canalisations et appareils de protection permettant la distribution et l'util…
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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
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