Compteur, puissance souscrite et facture d’électricité : le cours
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En bref
Le compteur mesure l'énergie consommée, en kilowattheures (kWh) : E = P × t. Le contrat fixe une puissance souscrite, en kilovoltampères (kVA), qui limite ce que le logement peut appeler au même instant : 6 kVA correspondent à 30 A dans la convention du distributeur. Avec un compteur communicant, c'est le compteur lui-même qui coupe en cas de dépassement. La facture additionne une part fixe, l'abonnement, et une part variable, la consommation, relevée par différence d'index, puis des taxes et la TVA. L'option heures creuses donne 8 heures par jour à prix réduit. Le coût d'un usage se calcule ainsi : énergie en kWh × prix du kWh.
Un client vous appelle parce que « ça saute » dès qu'il lance le four et le lave-linge en même temps. Un autre vous demande si son chauffe-eau tourne bien la nuit, et vous tend sa facture pour savoir pourquoi elle a grimpé. Dans les deux cas, la réponse ne se trouve pas dans le tableau, mais juste avant : au compteur et dans le contrat. Un électricien qui sait lire un index, une puissance souscrite et une facture règle ces questions en dix minutes, et il conseille son client au lieu de subir ses reproches.
Le comptage et la tarification figurent au référentiel du CAP électricien, et le bac pro demande en plus d'interpréter une facture d'énergie. Tous les prix utilisés ici sont des prix d'énoncé, choisis pour que les calculs tombent juste : les tarifs réels changent plusieurs fois par an et se lisent sur le contrat du client.
kWh et kVA : l'énergie que l'on paie, la puissance que l'on réserve
La puissance dit à quelle vitesse un appareil consomme : un radiateur de 1 500 W absorbe 1 500 joules chaque seconde. L'énergie dit combien il a consommé au total, et elle dépend du temps de fonctionnement :
E = P × t, avec E en kilowattheures (kWh), P en kilowatts (kW) et t en heures (h).
Ce radiateur de 1,5 kW qui chauffe 4 heures consomme 1,5 × 4 = 6 kWh. Le kilowattheure est l'unité de ce qu'affiche le compteur et de ce que le fournisseur facture. Attention à l'écriture : kWh, et jamais « kW/h », qui ne veut rien dire puisqu'on multiplie la puissance par le temps.
Le kilovoltampère (kVA) est l'unité de la puissance apparente, S = U × I. C'est le produit de la tension par le courant, sans tenir compte du déphasage. Le réseau, le câble de branchement et le compteur sont dimensionnés par le courant qui les traverse : voilà pourquoi le contrat réserve des kVA et non des kW. La puissance active, celle qui chauffe et qui fait tourner, vaut P = S × cos φ. Pour un four, un radiateur ou un chauffe-eau, cos φ vaut 1 et les deux se confondent : 1 kVA = 1 kW. Pour un moteur, le courant appelé est plus fort que ce que la puissance en watts laisse croire. Le cours sur le facteur de puissance détaille ce point ; notre article sur les unités volt, ampère, watt, kWh et kVA reprend les définitions une par une.
Retenez la phrase qui résume tout : on souscrit des kVA, on consomme des kWh. Les kVA fixent le montant de l'abonnement, les kWh celui de la consommation.
Le compteur communicant : ce qu'il mesure, ce qu'il affiche
Le branchement d'un logement suit toujours le même ordre : le réseau public, le coupe-circuit de branchement avec ses fusibles, le compteur, puis le disjoncteur de branchement. Tout cela appartient au réseau public et relève de la norme NF C 14-100 ; le compteur est scellé et seul le gestionnaire du réseau y intervient. L'installation du client, celle que vous réalisez selon la NF C 15-100, commence aux bornes aval du disjoncteur de branchement. Voir aussi la différence entre compteur et tableau électrique.

Le compteur communicant, que tout le monde appelle par le nom de celui du principal distributeur (voir la fiche compteur Linky du glossaire), remplit quatre fonctions.
Il compte l'énergie. L'afficheur donne un ou plusieurs index en kWh : un seul en option base, deux en heures pleines / heures creuses, davantage pour les offres à plusieurs périodes. Un index est un cumul depuis la pose du compteur, comme le compteur kilométrique d'une voiture. La consommation d'une période s'obtient par soustraction : index de fin moins index de début.
Il mesure la puissance appelée. En appuyant sur les touches + et −, on fait défiler les informations : index, puissance apparente instantanée en VA, puissance maximale atteinte, puissance et option du contrat, numéro de PRM. La puissance instantanée est un outil de diagnostic précieux : vous allumez un appareil, vous lisez de combien l'affichage monte. Un voyant clignote aussi en façade, d'autant plus vite que la consommation est forte.
Il limite la puissance. Le compteur contient un organe de coupure. Il mesure chaque seconde la puissance apparente soutirée et la compare à la puissance du contrat. Le contrôle se fait sur une valeur filtrée dans le temps, réglée pour imiter le déclencheur thermique d'un disjoncteur de branchement : une pointe brève, comme le démarrage d'un moteur, ou un dépassement léger ne provoquent pas la coupure ; un dépassement net et durable ouvre le circuit, d'autant plus vite qu'il est fort, et l'afficheur indique un dépassement de puissance. Pour rétablir le courant, on arrête un ou plusieurs appareils puis on appuie 2 secondes sur la touche +. Si le compteur n'est pas accessible, on met le disjoncteur de branchement sur 0, on attend 2 secondes et on le remet sur I.
Il communique. Les index sont transmis au gestionnaire du réseau par courant porteur en ligne, c'est-à-dire par les câbles du réseau eux-mêmes, jusqu'à un concentrateur placé dans le poste de distribution du quartier. Les changements de puissance ou d'option se font à distance. Par défaut, le gestionnaire collecte les consommations journalières ; la courbe détaillée, à l'heure ou à la demi-heure, n'est collectée qu'avec l'accord du client.
Un point d'identification pour finir : chaque point de livraison porte un numéro à 14 chiffres, le PRM (point de référence et de mesure), aussi appelé PDL (point de livraison). Il figure sur la facture et s'affiche au compteur. C'est lui, et non le nom du client, qui identifie un logement auprès du distributeur et des fournisseurs.
Puissance souscrite et disjoncteur de branchement
La puissance souscrite est le plafond de puissance apparente que le client peut appeler à un instant donné. Pour les logements et les petits locaux professionnels, elle va de 3 à 36 kVA. En monophasé, les valeurs courantes sont 3, 6, 9 et 12 kVA ; au-delà, et pour alimenter des machines triphasées, on passe en triphasé, dont le principe est expliqué dans le cours monophasé et triphasé.
Le distributeur convertit cette puissance en intensité avec une tension conventionnelle de 200 V : intensité = puissance souscrite en VA / 200. Cela donne des chiffres ronds, faciles à retenir : 15 A pour 3 kVA, 30 A pour 6 kVA, 45 A pour 9 kVA, 60 A pour 12 kVA. Ce sont les valeurs gravées sur les réglages des disjoncteurs de branchement et celles que le compteur transmet par la télé-information.

La tension réelle est de 230 V. Un abonné à 6 kVA dispose donc, au sens strict de la puissance apparente, de 6 000 / 230 ≈ 26 A. Avec un ancien compteur, c'était le disjoncteur de branchement, réglé sur 30 A, qui limitait la puissance : il laissait passer 30 × 230 = 6 900 VA, et davantage pendant quelques minutes, à cause de la lenteur de son déclencheur thermique. Le compteur communicant raisonne en voltampères, mais le distributeur a réglé son organe de coupure pour laisser au client une puissance au moins équivalente à celle d'un disjoncteur en bon état. Dans les deux cas, la règle pratique est la même : une installation qui appelle durablement plus que sa puissance souscrite finit par couper. Quand un client se plaint de coupures, on ne devine pas, on lit la puissance maximale atteinte sur l'afficheur.
Avec un compteur communicant, les rôles se répartissent donc ainsi. Le compteur contrôle la puissance souscrite. Le disjoncteur de branchement garde ses autres fonctions : il sert d'appareil général de commande et de protection, il permet la coupure d'urgence de tout le logement, il protège contre les surintensités à la hauteur de son réglage et, quand il est différentiel (500 mA de type S en schéma TT), il assure la protection de tête contre les défauts d'isolement. Ce rôle est développé dans le cours sur le disjoncteur et le différentiel, et le réglage lui-même dans notre article sur le réglage d'un disjoncteur de branchement pour 6 kVA. Ce réglage appartient au distributeur : l'électricien n'y touche pas.
Choisir la bonne puissance
On ne dimensionne pas un abonnement en additionnant toutes les plaques signalétiques : les appareils ne fonctionnent jamais tous ensemble. On liste ceux qui peuvent tourner au même moment un soir d'hiver, on additionne leurs puissances, et on compare au palier. Dans un appartement chauffé à l'électricité, par exemple : 3 000 W de radiateurs en service, un four de 2 500 W, un lave-linge de 2 200 W et 300 W d'éclairage et de petits appareils, soit 8 000 W. Un contrat de 6 kVA ne suffit pas, un contrat de 9 kVA convient. Le tableau des puissances des appareils électroménagers aide à faire cette liste chez un client.
Avant de proposer une puissance supérieure, qui augmente l'abonnement tous les mois, on regarde deux autres solutions : décaler les usages (le lave-linge après le repas) ou poser un délesteur, qui coupe quelques minutes un circuit de chauffage quand le total approche de la limite. Le délestage est traité dans le cours sur le chauffage électrique et le chauffe-eau.
En triphasé, la puissance souscrite se partage entre les trois phases : 18 kVA, c'est 6 kVA par phase, soit 30 A par phase dans la convention du distributeur. Le compteur surveille chaque phase séparément, et il suffit qu'une seule dépasse sa part pour qu'il coupe : un four de 4 kW et un chauffe-eau de 3 kW regroupés sur la même phase appellent 7 kVA sur une phase qui n'en a que 6 et exposent à la coupure, même si le total de l'installation reste loin de 18 kVA. La solution n'est pas d'augmenter l'abonnement, c'est de répartir les circuits monophasés sur les trois phases.
Options tarifaires : base, heures creuses, Tempo
Deux acteurs se partagent le service. Le gestionnaire du réseau de distribution possède et exploite les lignes, pose et relève le compteur, dépanne ; il est le même quel que soit le contrat. Le fournisseur vend l'énergie et envoie la facture ; le client le choisit librement. Les offres diffèrent par leurs prix, mais leur structure repose toujours sur une option tarifaire, c'est-à-dire sur la façon de découper le temps.
| Option | Principe | Index au compteur | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Base | Un seul prix du kWh, à toute heure | 1 | Petits logements, peu d'usages que l'on peut décaler |
| Heures pleines / heures creuses | 16 heures pleines et 8 heures creuses par jour ; kWh moins cher en heures creuses, plus cher en heures pleines, abonnement un peu plus élevé | 2 | Logements avec chauffe-eau à accumulation, recharge de véhicule, chauffage électrique |
| Tempo | Heures pleines et creuses, plus trois couleurs de jour : 300 jours bleus, 43 blancs et 22 rouges par an, le kWh étant très cher les jours rouges | 6 | Clients capables de réduire fortement leur consommation les jours rouges |
Les heures creuses ne sont pas les mêmes pour tout le monde. C'est le gestionnaire du réseau qui place les 8 heures, logement par logement, selon les contraintes locales. Elles sont écrites sur la facture et le compteur indique la période en cours. Historiquement, on les trouvait surtout la nuit, parfois avec un complément à la mi-journée. Les règles ont changé : la Commission de régulation de l'énergie a décidé de déplacer les heures mal placées, en début de matinée et en soirée, vers l'après-midi, où la production solaire est abondante. Les clients gardent 8 heures creuses par jour, dont au moins 5 heures consécutives au cœur de la nuit et au plus 3 heures l'après-midi, entre 11 h et 17 h. Le placement peut différer entre l'été (du 1er avril au 31 octobre) et l'hiver. Le déploiement a commencé le 1er novembre 2025 et se poursuit par vagues jusqu'en 2027 : chaque client est prévenu par son fournisseur avant le changement.
Conséquence sur un chantier courant : un chauffe-eau asservi au contact heures creuses du compteur suit automatiquement le nouveau découpage, alors qu'une horloge mécanique réglée sur d'anciens horaires le fait chauffer en heures pleines sans que personne s'en aperçoive. Le câblage du contacteur est détaillé dans le cours sur le contacteur jour/nuit.
L'option heures creuses n'est rentable que si une part suffisante de la consommation tombe dans les 8 heures à prix réduit, puisque l'abonnement et le kWh d'heures pleines coûtent plus cher qu'en base. Le seuil dépend des prix du contrat : on le calcule, on ne le devine pas. L'exercice 5 montre la méthode.
Lire une facture d'électricité
Une facture se lit toujours en quatre blocs.
L'identification. Nom et adresse du point de livraison, numéro de PRM à 14 chiffres, puissance souscrite en kVA, option tarifaire, plages d'heures creuses s'il y en a. C'est par là qu'on commence : avant de commenter un montant, on vérifie qu'on parle du bon logement et du bon contrat.
L'abonnement. C'est la part fixe, due même si le logement est vide. Elle dépend de la puissance souscrite et de l'option. Elle est facturée au prorata de la période.
La consommation. C'est la part variable : le nombre de kWh multiplié par le prix du kWh, pour chaque période tarifaire. La facture donne l'ancien et le nouvel index. Il faut regarder s'ils sont relevés ou estimés : avec un compteur communicant, ils sont en principe relevés ; avec un ancien compteur, une estimation trop basse pendant des mois finit par une régularisation douloureuse. Le prix du kWh comprend la fourniture d'énergie et l'acheminement, c'est-à-dire la rémunération des réseaux par un tarif fixé par le régulateur (le TURPE).
Les taxes et contributions. Elles sont trois. L'accise sur l'électricité, qu'on appelait auparavant TICFE ou CSPE, est proportionnelle aux kWh consommés. La contribution tarifaire d'acheminement (CTA) est calculée sur la part fixe du tarif d'acheminement, donc liée à l'abonnement. La TVA s'applique à 20 % sur l'ensemble : abonnement, consommation et les deux autres taxes. Jusqu'au 31 juillet 2025, l'abonnement et la CTA bénéficiaient d'un taux réduit de 5,5 % ; depuis le 1er août 2025, tout est à 20 %.

Déroulons l'exemple du schéma. Le client a un contrat de 6 kVA en option base, avec un abonnement d'énoncé de 15,00 € par mois et un kWh à 0,16 € hors taxes. Sur deux mois, l'index passe de 24 310 à 25 130 kWh : la consommation vaut 25 130 − 24 310 = 820 kWh. L'abonnement coûte 2 × 15,00 = 30,00 €. La consommation coûte 820 × 0,16 = 131,20 €. L'accise, à 0,03 € par kWh dans notre énoncé, vaut 820 × 0,03 = 24,60 €. On ajoute une CTA de 3,00 €. Le total hors TVA est de 30,00 + 131,20 + 24,60 + 3,00 = 188,80 €. La TVA vaut 188,80 × 0,20 = 37,76 €, et le total TTC 188,80 + 37,76 = 226,56 €.
Ce calcul répond aussi à la question de tous les clients, « combien me coûte vraiment un kWh ? » : ici, 226,56 / 820 ≈ 0,28 € tout compris, bien plus que les 0,16 € affichés hors taxes, parce que l'abonnement et les taxes pèsent sur chaque kWh.
Calculer une consommation et un coût
La méthode tient en trois lignes, à poser dans cet ordre. On convertit la puissance en kilowatts (diviser les watts par 1 000). On multiplie par la durée en heures pour obtenir l'énergie en kWh. On multiplie par le prix du kWh.
Prenons un chauffe-eau de 2 400 W qui chauffe 5 heures par nuit, avec un kWh d'énoncé à 0,16 € en heures creuses. Puissance : 2 400 W = 2,4 kW. Énergie par jour : 2,4 × 5 = 12 kWh. Coût par jour : 12 × 0,16 = 1,92 €. Sur un an : 12 × 365 = 4 380 kWh, soit 4 380 × 0,16 = 700,80 €.
Deux précautions évitent les erreurs classiques. Les durées se comptent en heures décimales : 45 minutes font 0,75 h, pas 0,45 h. Et un appareil régulé ne tourne pas en continu : un radiateur piloté par un thermostat ne consomme sa puissance nominale qu'une partie du temps. La meilleure vérification reste la mesure, en relevant l'index le matin et le soir.
La télé-information client (TIC)
Sous le cache-bornes client du compteur, un petit volet non scellé, distinct du cache-bornes plombé du distributeur qui couvre les bornes de puissance et qu'on n'ouvre jamais, se trouvent cinq bornes à la disposition du client. Deux d'entre elles, C1 et C2, forment le contact sec qui se ferme pendant les heures creuses. Les trois autres, I1, I2 et A, constituent la sortie de télé-information client. Entre I1 et I2, le compteur émet en permanence des trames qui décrivent ce qu'il mesure. Entre I1 et A, il fournit une alimentation de très faible puissance, prévue pour un petit récepteur comme un émetteur radio. Ces bornes sont accessibles sans rompre de scellé, et elles sont réservées aux professionnels : elles côtoient le contact sec, qui peut être au potentiel du secteur.
La liaison se fait avec un câble de type téléphonique, une paire torsadée avec écran, vers l'appareil qui exploite l'information : gestionnaire d'énergie, délesteur, borne de recharge qui module sa puissance, afficheur déporté, box domotique. Un délesteur relié à la TIC lit directement ce que voit le compteur et coupe un circuit avant que le compteur ne coupe tout.
La TIC existe en deux modes. Le mode historique reprend les trames des anciens compteurs électroniques, à 1 200 bauds : c'est le mode dans lequel les compteurs sortent d'usine, et il garantit la compatibilité avec les appareils anciens. Le mode standard, apparu avec les compteurs communicants, est plus rapide (9 600 bauds) et plus riche : tensions, puissance par phase, énergie injectée pour un producteur. Le changement de mode se demande (en pratique, par l'intermédiaire du fournisseur) et c'est le gestionnaire du réseau qui reprogramme le compteur. Sur un chantier, quand un gestionnaire d'énergie « ne voit pas » le compteur, la première chose à vérifier est que l'appareil est réglé sur le même mode que la sortie.
| Étiquette (mode historique) | Information | Unité |
|---|---|---|
| OPTARIF | Option tarifaire du contrat | sans |
| ISOUSC | Intensité souscrite (puissance souscrite en VA / 200 V) | A |
| BASE, ou HCHC et HCHP | Index de l'option base, ou index heures creuses et heures pleines | Wh |
| PTEC | Période tarifaire en cours | sans |
| IINST | Intensité instantanée | A |
| PAPP | Puissance apparente, arrondie à la dizaine | VA |
| ADPS | Avertissement de dépassement de la puissance souscrite, émis quand l'intensité dépasse l'intensité de référence | A |
Remarquez l'unité des index : la TIC les donne en wattheures, alors que l'afficheur les montre en kilowattheures. Une valeur de 25 130 482 dans la trame se lit 25 130 kWh.
Pour aller plus loin (bac pro et BTS)
kVA souscrits et facteur de puissance. Une charge de 30 kW dont le cos φ vaut 0,8 appelle S = P / cos φ = 30 / 0,8 = 37,5 kVA : elle dépasse un contrat de 36 kVA alors que sa puissance active est inférieure. Relever le facteur de puissance par une batterie de condensateurs fait baisser le courant et les kVA appelés ; c'est l'objet du cours sur la compensation de l'énergie réactive.
Au-delà de 36 kVA. Les sites plus puissants sortent du cadre de ce chapitre : le comptage se fait avec d'autres compteurs, la puissance souscrite peut être différente selon les périodes tarifaires, les dépassements ne coupent plus l'alimentation mais sont facturés, et l'énergie réactive peut l'être aussi. En BTS, ces notions se travaillent avec le plan de comptage et les sous-compteurs divisionnaires, présentés dans le cours sur l'efficacité énergétique et le plan de comptage.
Les erreurs qui reviennent
Confondre kW, kVA et kWh. « Mon compteur fait 6 kWh » ne veut rien dire. La puissance souscrite est en kVA, la consommation en kWh. Et « kW/h » est une faute d'unité qui coûte des points à l'examen.
Additionner toutes les puissances installées pour choisir l'abonnement. On obtient 20 kVA pour un pavillon qui n'en appellera jamais plus de 9. Ce sont les appareils simultanés qui comptent, et la puissance maximale lue au compteur tranche le débat.
Proposer d'augmenter la puissance au premier dépassement. C'est la solution la plus chère pour le client, tous les mois. Décaler un usage, rééquilibrer les phases ou poser un délesteur règle souvent le problème.
Brancher le chauffe-eau directement sur le contact C1-C2. Ce contact ne commande que la bobine d'un contacteur ; il n'est pas fait pour couper la puissance.
Oublier l'abonnement et les taxes dans un calcul de coût. Multiplier les kWh par le prix hors taxes donne un chiffre trop bas, et le client vous le rappellera à la première facture.
Exercices corrigés
Les cinq premiers exercices correspondent au niveau CAP, les trois suivants au bac pro. Tous les prix sont des prix d'énoncé. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.
Exercice 1. Un radiateur de 1 500 W fonctionne 6 heures par jour pendant 30 jours. Le kWh est facturé 0,20 € toutes taxes comprises. Calculez l'énergie consommée et son coût.
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Puissance : P = 1 500 W = 1,5 kW. Durée : t = 6 × 30 = 180 h. Énergie : E = P × t = 1,5 × 180 = 270 kWh. Coût : 270 × 0,20 = 54,00 €. Conclusion : le radiateur consomme 270 kWh sur le mois, soit 54 €.
Exercice 2. Le compteur d'un logement en option base affichait 41 258 kWh le 1er mars et 41 934 kWh le 1er mai. Le kWh coûte 0,18 € hors taxes. Calculez la consommation de la période et son montant hors taxes, hors abonnement.
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Consommation : 41 934 − 41 258 = 676 kWh. Montant : 676 × 0,18 = 121,68 €. Conclusion : le client a consommé 676 kWh en deux mois, facturés 121,68 € hors taxes et hors abonnement.
Exercice 3. Un client abonné à 6 kVA en monophasé fait fonctionner en même temps un four de 2 500 W, une plaque de 3 500 W et un lave-linge de 2 200 W (on prend cos φ = 1). Quelle puissance appelle-t-il ? Quel courant cela représente-t-il sous 230 V ? Que se passe-t-il, et que proposez-vous ?
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Puissance appelée : 2 500 + 3 500 + 2 200 = 8 200 W, soit 8 200 VA puisque cos φ = 1. Courant : I = S / U = 8 200 / 230 ≈ 35,7 A. La puissance souscrite est de 6 000 VA : le dépassement est de 2 200 VA, soit plus du tiers. Si les trois appareils restent en marche, le compteur finit par couper. Solutions, de la moins chère à la plus chère : ne pas lancer le lave-linge pendant la cuisson, poser un délesteur, passer à 9 kVA (9 000 VA, supérieur à 8 200 VA). Conclusion : 6 kVA ne suffisent pas pour ces trois appareils simultanés.
Exercice 4. Convertissez en intensité, avec la convention du distributeur (200 V), les puissances souscrites suivantes : 9 kVA en monophasé, 12 kVA en monophasé, 24 kVA en triphasé (intensité par phase).
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Monophasé 9 kVA : 9 000 / 200 = 45 A. Monophasé 12 kVA : 12 000 / 200 = 60 A. Triphasé 24 kVA : la puissance par phase vaut 24 000 / 3 = 8 000 VA, donc 8 000 / 200 = 40 A par phase. Conclusion : 45 A, 60 A et 40 A par phase.
Exercice 5. Un chauffe-eau de 2 400 W chauffe 5 heures par jour, toute l'année. En option base, le kWh coûte 0,20 €. En option heures creuses, il coûte 0,16 € en heures creuses, et l'abonnement est plus cher de 20 € par an. Combien le client économise-t-il par an sur ce seul chauffe-eau s'il le fait fonctionner uniquement en heures creuses ? Pourquoi ce résultat ne suffit-il pas pour conseiller l'option ?
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Énergie annuelle : E = 2,4 × 5 × 365 = 4 380 kWh. Coût en base : 4 380 × 0,20 = 876,00 €. Coût en heures creuses : 4 380 × 0,16 = 700,80 €. Écart : 876,00 − 700,80 = 175,20 €. En retirant le surcoût d'abonnement : 175,20 − 20 = 155,20 € par an. Mais en option heures creuses, le kWh d'heures pleines est plus cher qu'en base : il faut aussi chiffrer ce que le reste de la consommation du logement coûtera en plus pendant les 16 heures pleines. Conclusion : le chauffe-eau fait gagner 155,20 € par an, et l'option n'est intéressante que si ce gain dépasse le surcoût des autres usages en heures pleines.
Exercice 6 (bac pro). Reconstituez la facture de deux mois d'un client abonné à 9 kVA en heures pleines / heures creuses. Abonnement : 18,00 € par mois. Heures pleines : 540 kWh à 0,22 €. Heures creuses : 380 kWh à 0,16 €. Accise : 0,03 € par kWh. CTA : 3,40 €. TVA : 20 % sur l'ensemble. Calculez le total TTC et le prix moyen du kWh tout compris.
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Abonnement : 2 × 18,00 = 36,00 €. Heures pleines : 540 × 0,22 = 118,80 €. Heures creuses : 380 × 0,16 = 60,80 €. Consommation totale : 540 + 380 = 920 kWh. Accise : 920 × 0,03 = 27,60 €. CTA : 3,40 €. Total hors TVA : 36,00 + 118,80 + 60,80 + 27,60 + 3,40 = 246,60 €. TVA : 246,60 × 0,20 = 49,32 €. Total TTC : 246,60 + 49,32 = 295,92 €. Prix moyen : 295,92 / 920 ≈ 0,32 € par kWh. Conclusion : la facture s'élève à 295,92 € TTC, soit environ 0,32 € par kWh tout compris, alors que le kWh d'heures creuses est affiché à 0,16 € hors taxes.
Exercice 7 (bac pro). Un gestionnaire d'énergie relié à la télé-information d'un compteur monophasé reçoit, en mode historique : ISOUSC = 45, PAPP = 06250, HCHC = 012480350, HCHP = 030915720. Quelle est la puissance souscrite ? Quelle marge reste-t-il avant le dépassement ? Quels sont les index en kWh ? Le client veut mettre en marche un radiateur de 2 000 W et un sèche-linge de 2 500 W (on prend cos φ = 1) : que doit faire le gestionnaire ?
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Puissance souscrite : 45 A × 200 V = 9 000 VA, soit 9 kVA. Puissance appelée : 6 250 VA. Marge : 9 000 − 6 250 = 2 750 VA. Index : les valeurs sont en Wh, donc 12 480 kWh en heures creuses et 30 915 kWh en heures pleines. Appareils demandés : 2 000 + 2 500 = 4 500 W, soit 4 500 VA, supérieurs à la marge de 2 750 VA ; le total atteindrait 10 750 VA. Le gestionnaire doit délester au moins 10 750 − 9 000 = 1 750 VA : il coupe le radiateur de 2 000 W le temps que le sèche-linge fonctionne ou qu'un autre usage s'arrête. Conclusion : contrat de 9 kVA, marge de 2 750 VA, délestage du radiateur nécessaire.
Exercice 8 (bac pro). Un petit atelier abonné à 36 kVA en triphasé absorbe 28 kW avec un facteur de puissance de 0,75. Montrez qu'il dépasse sa puissance souscrite. Calculez la puissance réactive de la batterie de condensateurs qui ramènerait le facteur de puissance à 0,95 et la nouvelle puissance apparente.
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Puissance apparente initiale : S1 = P / cos φ1 = 28 / 0,75 ≈ 37,3 kVA, supérieure à 36 kVA : il y a dépassement, alors que P n'est que de 28 kW. Avec cos φ1 = 0,75, tan φ1 ≈ 0,882 ; avec cos φ2 = 0,95, tan φ2 ≈ 0,329. Batterie : Qc = P × (tan φ1 − tan φ2) = 28 × (0,882 − 0,329) ≈ 15,5 kvar. Nouvelle puissance apparente : S2 = 28 / 0,95 ≈ 29,5 kVA. Conclusion : une batterie d'environ 15,5 kvar ramène l'atelier à 29,5 kVA, sous les 36 kVA souscrits, à condition que la charge soit équilibrée sur les trois phases (12 kVA au plus par phase).
Sources
- Enedis, Sorties de télé-information client des appareils de comptage Linky (note technique : bornes I1, I2, A, C1, C2, modes historique et standard, trames, contrôle de la puissance par l'organe de coupure).
- Enedis, Compteur Linky triphasé, notice d'utilisation (afficheur, contact sec, télé-information, rétablissement après un dépassement de puissance).
- Commission de régulation de l'énergie, Focus sur l'évolution du placement des heures creuses (6 février 2025).
- Médiateur national de l'énergie, energie-info.fr, Toutes les taxes sur ma facture (accise, CTA, TVA).
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📖 Le glossaire de cet article
Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.
- Chauffage Électrique — Le chauffage électrique désigne tout système qui convertit l'énergie électrique en chaleur, soit par effet Joule (résistances), soit par transfert thermodynamique (pompe à chaleur).
- Compteur Linky — Le compteur Linky est le compteur électrique communicant déployé par Enedis sur le réseau de distribution français.
- Contacteur Jour/Nuit — Le contacteur jour/nuit est un relais électromécanique commandé par le signal tarifaire Enedis (700 Hz modulé sur le réseau 230 V) qui bascule automat…
- Facteur de puissance — Le facteur de puissance (souvent noté cos φ) est le rapport entre la puissance active réellement utilisée (kW) et la puissance apparente fournie (kVA) par une installation électrique.
- Kilowattheure — Le kilowattheure (kWh) est l'unité pratique de mesure de l'énergie électrique consommée ou produite : 1 kWh = 3 600 000 joules = 3,6 MJ.
- Puissance Active — La puissance active est l'énergie réellement convertie en travail utile (chaleur, lumière, mouvement mécanique) par un récepteur électrique, par oppos…
- Puissance Réactive — La puissance réactive est la puissance associée à l'énergie échangée entre la source et les éléments réactifs d'un circuit AC — inductances et condens…
- Puissance apparente — La puissance apparente est la puissance totale « demandée » au réseau par un récepteur électrique : elle combine la puissance active (W, travail utile…
- Puissance instantanée — La puissance instantanée est le produit, à un instant donné, de la tension instantanée u(t) par le courant instantané i(t) : p(t) = u(t) × i(t).
- Tableau électrique — Le tableau électrique est le coffret centralisé qui regroupe l'ensemble des dispositifs de protection d'une installation : disjoncteurs divisionnaires…
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