Chauffage électrique, fil pilote et chauffe-eau : cours et exercices

Chauffage électrique, fil pilote et chauffe-eau : cours et exercices

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En bref

Dans un logement, le chauffage électrique et le chauffe-eau sont alimentés par des circuits spécialisés. Pour des convecteurs ou des panneaux rayonnants, la NF C 15-100 admet 4 500 W au plus en 2,5 mm² sous un disjoncteur de 20 A (3 500 W en 1,5 mm² sous 16 A). Le chauffe-eau a son propre circuit en 2,5 mm² sous 20 A. Le fil pilote transmet aux radiateurs six ordres (confort, confort − 1 °C, confort − 2 °C, éco, hors gel, arrêt) ; il est protégé par un disjoncteur de 2 A, comme la commande du contacteur heures creuses qui enclenche le chauffe-eau. Un gestionnaire d'énergie ou un délesteur coupe le chauffage quand l'installation approche de la puissance souscrite.

Un pavillon tout électrique, c'est facilement 8 000 W de radiateurs et un ballon de 200 litres : à eux seuls, ces deux postes pèsent plus lourd que tout le reste du tableau. L'électricien qui les câble doit donc savoir trois choses : répartir la puissance sur des circuits correctement dimensionnés, raccorder la commande (fil pilote, programmateur, contacteur jour/nuit) sans la mélanger avec la puissance, et expliquer au client comment tout cela se pilote. C'est aussi un sujet fréquent à l'épreuve pratique du CAP électricien, où l'on vous demande de câbler un contacteur heures creuses ou un départ chauffage avec son fil pilote.

Ce cours s'appuie sur la NF C 15-100 dans sa version 2024, dont la partie 10 traite des logements. Il complète le cours sur le tableau électrique d'un logement, qui présente l'ensemble des circuits : on se concentre ici sur le chauffage et l'eau chaude.

Circuits de chauffage électrique : sections et calibres

Un radiateur électrique est une résistance : il absorbe sa puissance nominale tant que son thermostat demande de la chaleur, parfois pendant des heures. On ne le branche donc jamais sur un circuit de prises. La norme range l'« appareil de chauffage électrique » parmi les usages qui exigent un circuit spécialisé, c'est-à-dire un circuit qui ne sert qu'à cela, avec son disjoncteur au tableau.

Plusieurs radiateurs peuvent partager un même circuit de chauffage. Ce qui est limité, c'est la puissance totale raccordée, en fonction de la section des conducteurs et du calibre du disjoncteur (article 10.1.7.7.2 de la NF C 15-100-10).

Puissance maximale du circuitSection minimale (cuivre)Disjoncteur maximalCourant à pleine charge
3 500 W1,5 mm²16 A15,2 A
4 500 W2,5 mm²20 A19,6 A
5 750 W4 mm²25 A25 A
7 250 W6 mm²32 A31,5 A

La dernière colonne n'est pas dans la norme : c'est le calcul I = P / U qui permet de comprendre le tableau. Pour 4 500 W sous 230 V, I = 4 500 / 230 = 19,6 A, juste sous les 20 A du disjoncteur. Un radiateur étant résistif, son cos φ vaut 1 et la formule s'applique sans correction. Ces valeurs concernent les convecteurs et panneaux rayonnants en 230 V ; les planchers chauffants ont leur propre ligne dans le tableau de la norme, avec des puissances plus faibles à section égale.

Tableau des circuits de chauffage électrique et de chauffe-eau selon la NF C 15-100 : 3 500 W en 1,5 mm² sous 16 A, 4 500 W en 2,5 mm² sous 20 A, chauffe-eau en 2,5 mm² sous 20 A, fil pilote en 1,5 mm² sous 2 A
Les circuits de chauffage, de chauffe-eau et de commande : section minimale, disjoncteur maximal et puissance admise.

Sur chantier, on retient presque toujours le circuit en 2,5 mm² sous 20 A, et on en crée autant qu'il faut. Pour un logement de 7 500 W de radiateurs, 7 500 / 4 500 = 1,67 : il faut deux circuits. On les découpe par zone de vie, par exemple un circuit « jour » pour le séjour et la cuisine, un circuit « nuit » pour les chambres, ce qui prépare la programmation. Le dimensionnement se vérifie ensuite en chute de tension si le radiateur est loin du tableau ; la méthode est dans le cours sur les sections de câble et la chute de tension. Pour le choix du calibre radiateur par radiateur, voyez aussi notre article Quel disjoncteur pour un radiateur électrique ?

Côté protection différentielle, les circuits de chauffage sont, comme tous les circuits terminaux du logement, en aval d'un dispositif différentiel 30 mA, de type A ou AC. Deux règles leur sont propres. D'abord, pour choisir le calibre de l'interrupteur différentiel par la méthode dite « par l'aval » (son calibre doit être au moins égal à la somme pondérée des calibres des disjoncteurs qu'il alimente), les disjoncteurs du chauffage direct et de l'eau chaude comptent pour 1 fois leur calibre (comme ceux d'une borne de recharge), contre 0,5 pour les autres usages : ces appareils fonctionnent longtemps et en même temps. Ensuite, lorsque les radiateurs sont commandés par fil pilote, tous les circuits de chauffage d'une même zone de pilotage, fil pilote compris, sont placés sous le même différentiel.

Raccorder un radiateur électrique

Un radiateur fixe se raccorde sur une sortie de câble, pas sur une prise de courant. Son cordon comporte en général trois conducteurs : la phase (marron), le neutre (bleu ou gris) et le fil pilote (noir). Beaucoup de radiateurs sont de classe II, repérée par le double carré : ils n'ont pas de conducteur de protection. Le vert-et-jaune arrive tout de même dans la boîte, où il reste en attente, isolé, car le circuit doit pouvoir recevoir un jour un appareil de classe I.

Deux pièges guettent le débutant. Le fil noir du radiateur n'est pas une terre : relié à la borne de terre, il met le fil pilote en défaut et fait déclencher le différentiel dès qu'un ordre est envoyé. Et si l'installation n'a pas de fil pilote, le fil noir ne se raccorde à rien : on l'isole dans une borne, et le radiateur fonctionne en mode confort, piloté par son seul thermostat.

Dans la salle de bains, le sèche-serviettes est lui aussi alimenté par un circuit spécialisé de chauffage, et son emplacement dépend des volumes : un appareil de chauffage n'est admis en volume 2 que s'il est de classe II, jamais en volume 1. Les règles sont détaillées dans le cours sur les volumes de la salle de bains.

Le fil pilote et ses six ordres

Le fil pilote est un conducteur de commande, en 1,5 mm², qui part d'un programmateur ou d'un gestionnaire d'énergie placé au tableau et relie tous les radiateurs d'une zone. Il ne transporte pas de puissance : il porte un signal, fabriqué à partir de la tension du secteur, que l'électronique de chaque radiateur décode. Selon le signal, le radiateur garde sa consigne, l'abaisse ou s'arrête. Le thermostat du radiateur continue de réguler ; le fil pilote ne fait que déplacer la consigne.

Tableau des six ordres du fil pilote avec la forme du signal : confort (aucun signal), éco (alternance complète), hors gel (demi-alternance négative), arrêt (demi-alternance positive), confort moins 1 °C (3 s toutes les 5 min) et confort moins 2 °C (7 s toutes les 5 min)
Les six ordres du fil pilote : le signal est mesuré entre le fil pilote et le neutre.
OrdreSignal sur le fil piloteCe que fait le radiateur
ConfortAucun signalIl régule à la consigne réglée sur l'appareil
ÉcoAlternance complète, 230 V en permanenceIl abaisse la consigne de 3 à 4 °C selon l'appareil
Hors gelDemi-alternance négative seuleIl maintient environ 7 °C
ArrêtDemi-alternance positive seuleIl ne chauffe plus ; c'est l'ordre utilisé pour le délestage
Confort − 1 °C230 V pendant 3 s, toutes les 5 minIl abaisse la consigne de 1 °C
Confort − 2 °C230 V pendant 7 s, toutes les 5 minIl abaisse la consigne de 2 °C

Les quatre premiers ordres sont les plus anciens : on parle de fil pilote « 4 ordres ». Les deux abaissements légers sont venus ensuite et donnent le fil pilote « 6 ordres », que tous les radiateurs récents savent lire. Un radiateur 4 ordres relié à un programmateur 6 ordres ne comprend pas les ordres confort − 1 et confort − 2 ; il faut alors se limiter aux quatre ordres de base.

Pour retenir le tableau, pensez à la logique de sécurité : pas de signal, c'est le confort. Si le fil pilote est coupé ou débranché, le logement reste chauffé. C'est aussi ce qui explique la panne la plus courante en sens inverse : un radiateur qui reste bloqué en éco ou en hors gel reçoit un signal qu'il ne devrait pas recevoir, souvent parce que le programmateur est resté sur une position forcée.

Protection et sécurité du fil pilote

Le circuit du fil pilote, comme tout circuit d'asservissement tarifaire ou de gestionnaire d'énergie, se câble en 1,5 mm² et se protège par un disjoncteur de 2 A. Cela crée une situation que l'apprenti doit avoir en tête à chaque intervention : quand on coupe le disjoncteur 20 A d'un circuit de chauffage, la phase et le neutre du radiateur sont hors tension, mais le fil pilote peut encore être à 230 V, puisqu'il dépend d'un autre disjoncteur. Avant d'ouvrir une boîte de raccordement, on coupe aussi le disjoncteur du programmateur, puis on vérifie l'absence de tension sur les trois conducteurs. La bonne pratique consiste à repérer cette particularité au tableau et dans les boîtes.

Programmation, gestionnaire d'énergie et délestage

Trois appareils modulaires se partagent le pilotage du chauffage, du plus simple au plus complet.

Le programmateur fil pilote envoie les ordres selon un horaire : confort le matin et le soir, éco la journée et la nuit, hors gel pendant les vacances. Il gère une, deux ou trois zones ; chaque zone a son fil pilote et, comme on l'a vu, ses circuits regroupés sous un même différentiel.

Le délesteur surveille le courant total de l'installation, avec un tore placé sur l'arrivée ou grâce aux informations du compteur. La puissance souscrite fixe la limite : dans la convention du distributeur, 30 A pour 6 kVA, 45 A pour 9 kVA, 60 A pour 12 kVA en monophasé (voir le cours sur le comptage et la puissance souscrite). Si le four, la plaque, le chauffe-eau et les radiateurs fonctionnent ensemble, cette limite est dépassée : le disjoncteur de branchement, ou le compteur communicant lui-même, coupe, et tout le logement se retrouve dans le noir. Le délesteur évite cela : dès que le courant approche du seuil, il coupe pendant quelques minutes les circuits déclarés non prioritaires, typiquement une zone de chauffage, puis les remet en service quand la pointe est passée. Avec des radiateurs à fil pilote, il n'ouvre pas le circuit de puissance : il envoie simplement l'ordre arrêt. Le principe et les schémas de câblage sont développés dans notre article sur le délesteur électrique.

Le gestionnaire d'énergie réunit les deux fonctions et en ajoute une troisième : il programme par zone, il déleste, et il tient compte du tarif en cours. Il reçoit pour cela la télé-information client (TIC) du compteur, une liaison sur laquelle le compteur émet la consommation et la période tarifaire en cours. Certains modèles comportent aussi une sortie pour commander le chauffe-eau en heures creuses.

L'intérêt du délestage est concret pour le client : un logement dont la somme des puissances dépasse largement 9 kVA peut souvent conserver un abonnement de 9 kVA, parce que tous les appareils ne tournent jamais ensemble très longtemps et que l'inertie thermique du logement masque une coupure de chauffage de quelques minutes.

Le chauffe-eau électrique : circuit et raccordement

Le chauffe-eau à accumulation est une cuve isolée dans laquelle une résistance chauffe l'eau, sous le contrôle d'un thermostat. Un ballon domestique de 200 litres a une puissance de l'ordre de 2 200 W, soit I = 2 200 / 230 = 9,6 A. La norme lui attribue un circuit spécialisé en 2,5 mm² protégé par un disjoncteur de 20 A, quelle que soit sa puissance dans cette gamme : la section est imposée par le tableau de la norme, pas par le seul calcul du courant.

Où le poser dans une salle d'eau

La règle de base est simple : un chauffe-eau à accumulation s'installe hors volume. Si les dimensions de la pièce ne le permettent pas, la norme l'admet dans le volume 2, et même dans le volume 1 à condition qu'il soit de type horizontal et placé le plus haut possible. Un chauffe-eau instantané peut être installé dans les volumes 1 et 2 s'il est alimenté directement par un câble, sans boîte de connexion dans ces volumes.

Le raccordement électrique

Le chauffe-eau à accumulation est alimenté par l'intermédiaire d'une boîte de connexion accessible, dont l'indice de protection correspond au volume où elle se trouve ; la liaison entre la boîte et l'appareil doit être la plus courte possible. On raccorde trois conducteurs sous le capot : la phase et le neutre sur le bornier du thermostat, le conducteur de protection vert-et-jaune sur la borne de terre de la cuve. Ce dernier n'est jamais facultatif : le chauffe-eau est un appareil de classe I dont la cuve métallique est pleine d'eau. On ne ferme le disjoncteur qu'une fois la cuve pleine, robinet d'eau chaude ouvert jusqu'à ce que l'eau coule sans air : une résistance alimentée à sec est détruite.

Le thermostat assure deux fonctions. La régulation coupe la résistance quand l'eau atteint la consigne. La sécurité thermique, à réarmement manuel, coupe définitivement en cas de surchauffe : si un client n'a plus d'eau chaude alors que le circuit est sous tension, c'est l'un des premiers points à contrôler, après avoir consigné. On ne baisse pas le réglage d'usine du thermostat : une eau stockée tiède favorise le développement des légionelles.

Enfin, la résistance se contrôle à l'ohmmètre, circuit consigné, directement sur ses bornes et un fil débranché : R = U² / P. Pour 2 200 W, R = 230² / 2 200 ≈ 24 Ω. Une valeur infinie signale une résistance coupée ; un isolement faible entre la résistance et la cuve, mesuré au contrôleur d'isolement, explique un différentiel qui déclenche. Ces diagnostics sont décrits dans notre article Chauffe-eau qui fait disjoncter : causes et solutions, et les mesures elles-mêmes dans le cours sur les mesures en électricité.

Contacteur jour/nuit et heures creuses

Avec une option tarifaire heures pleines / heures creuses, le client paie son kilowattheure moins cher pendant 8 heures par jour. Un ballon d'eau chaude se prête parfaitement à ce décalage : il stocke. Il suffit de ne l'autoriser à chauffer que pendant les heures creuses, et c'est le rôle du contacteur heures creuses, appelé aussi contacteur jour/nuit.

Le compteur fournit l'information. Il possède un contact sec, entre deux bornes repérées C1 et C2, qui se ferme pendant les heures creuses et s'ouvre pendant les heures pleines. Ce contact, protégé par un petit fusible dans le compteur, n'est pas fait pour alimenter un chauffe-eau : il ne commande que la bobine du contacteur. C'est le contacteur, avec ses contacts de puissance, qui établit et coupe les 9,6 A du ballon.

Schéma de câblage d'un chauffe-eau avec contacteur heures creuses : bobine A1-A2 commandée par le contact sec C1-C2 du compteur sous un disjoncteur 2 A, circuit de puissance en 2,5 mm² sous un disjoncteur 20 A
Circuit de commande en 1,5 mm² sous 2 A, circuit de puissance en 2,5 mm² sous 20 A : les deux ne se mélangent pas.

Le câblage se lit en deux circuits distincts.

Le circuit de commande. Un disjoncteur de 2 A alimente la bobine en 1,5 mm². La phase part du disjoncteur vers la borne C1 du compteur ; elle revient de la borne C2 vers la borne A1 de la bobine. Le neutre va directement du disjoncteur à la borne A2. Quand le compteur ferme son contact, la bobine est sous 230 V et le contacteur colle.

Le circuit de puissance. Le disjoncteur de 20 A alimente les bornes amont des contacts (1 et 3) ; les bornes aval (2 et 4) partent vers le chauffe-eau en 2,5 mm², avec le conducteur de protection qui, lui, ne passe pas par le contacteur. Le contacteur est bipolaire : il coupe la phase et le neutre.

En façade, une manette à trois positions donne la main à l'occupant : 0 (arrêt, pour une absence prolongée), Auto (fonctionnement en heures creuses) et I (marche forcée, quand la cuve est vide en fin de journée). Sur la plupart des modèles, la marche forcée retombe d'elle-même en automatique au passage suivant en heures creuses. L'usage est décrit dans notre article Comment passer un chauffe-eau en marche forcée ?, et le fonctionnement complet du composant dans Le contacteur jour/nuit, tout savoir.

Un point d'actualité à connaître : les plages d'heures creuses évoluent. Depuis novembre 2025, et progressivement jusqu'à fin 2027, les clients gardent 8 heures creuses par jour, dont au moins 5 heures consécutives la nuit, le reste pouvant être placé l'après-midi, entre 11 h et 17 h, pour profiter de la production solaire. Pour l'électricien, rien ne change dans le câblage : le contact du compteur suit les nouvelles plages. En revanche, un ballon peut désormais chauffer en deux fois, et il faut en tenir compte quand on calcule son temps de chauffe.

Pour aller plus loin (bac pro et BTS)

Énergie et temps de chauffe d'un ballon. L'énergie nécessaire pour chauffer un volume d'eau V (en litres) d'un écart de température Δθ (en °C) vaut E = 1,163 × V × Δθ, en wattheures. Le coefficient vient de la capacité thermique massique de l'eau, 4 186 J/(kg·°C), divisée par 3 600. Pour 200 L de 15 °C à 65 °C : E = 1,163 × 200 × 50 = 11 630 Wh, soit 11,63 kWh. Avec une résistance de 2 200 W, le temps de chauffe est t = E / P = 11,63 / 2,2 ≈ 5,3 h, hors pertes de la cuve. On comprend pourquoi les fabricants associent puissance et capacité : le ballon doit se recharger entièrement pendant les heures creuses.

Chauffe-eau triphasé. Les gros ballons existent en triphasé 400 V, avec trois résistances identiques. Le courant en ligne vaut I = P / (√3 × U). Pour 3 000 W : I = 3 000 / (1,732 × 400) ≈ 4,3 A par phase, contre 13 A en monophasé. La charge est répartie sur les trois phases et le neutre ne transporte aucun courant. Beaucoup de modèles sont « tous courants » : des barrettes sur le bornier permettent de coupler les résistances pour le 230 V monophasé ou le 400 V triphasé. Les relations sont celles du cours sur le monophasé et le triphasé.

La forme des signaux du fil pilote. Les ordres hors gel et arrêt s'obtiennent en ne laissant passer qu'une demi-alternance de la tension du secteur, ce que fait une simple diode. La valeur efficace d'une sinusoïde redressée en simple alternance vaut Û / 2, soit 325 / 2 ≈ 163 V, et sa valeur moyenne Û / π ≈ 103,5 V. Un multimètre ne sait pas distinguer l'alternance positive de la négative : en position alternatif, il indique une tension intermédiaire, nettement inférieure à 230 V, qui dépend de sa technologie. Pour identifier l'ordre avec certitude, il faut un oscilloscope ou un testeur de fil pilote.

Plancher rayonnant électrique. Pour les planchers chauffants, la norme impose une protection par dispositif différentiel 30 mA, prévue pour une puissance assignée des éléments chauffants au plus égale à 7,5 kW en 230 V ou 13 kW en 400 V par différentiel. Au-delà, on répartit les trames sur plusieurs différentiels.

Réglementation thermique. Dans le neuf, la RE2020 demande que l'installation de chauffage comporte un ou plusieurs dispositifs d'arrêt manuel et de réglage automatique en fonction de la température intérieure du local, et que les occupants soient informés de leur consommation par usage (chauffage, eau chaude sanitaire, prises, etc.). Le gestionnaire d'énergie et les tores de mesure au tableau répondent à ces deux exigences. La partie 8-1 de la NF C 15-100, consacrée à l'efficacité énergétique, cite d'ailleurs le gestionnaire d'énergie parmi les mesures simples.

Les erreurs qui reviennent

Relier le fil pilote à la terre, ou le laisser dénudé dans la boîte. Le fil noir est un conducteur actif : il se raccorde au fil pilote de l'installation, ou s'isole s'il n'est pas utilisé.

Oublier que le fil pilote reste sous tension quand on a coupé le seul disjoncteur du circuit de chauffage. On coupe aussi le 2 A du programmateur et on vérifie l'absence de tension.

Surcharger un circuit. Remplacer deux radiateurs de 1 000 W par deux de 2 000 W sur un circuit qui en alimente déjà un troisième fait vite dépasser 4 500 W. On refait la somme des puissances à chaque modification.

Faire passer la puissance du chauffe-eau par le contact du compteur, ou alimenter la bobine du contacteur depuis le disjoncteur 20 A. Commande et puissance sont deux circuits, avec chacun sa protection : avant de toucher au contacteur, on coupe les deux disjoncteurs et on vérifie l'absence de tension sur la bobine comme sur les contacts.

Répartir les radiateurs d'une même zone de fil pilote sous deux différentiels. Le signal du fil pilote se referme par le neutre : s'il part d'un différentiel et revient par un autre, chacun voit un courant de fuite et des déclenchements intempestifs apparaissent. C'est la raison de la règle « une zone de pilotage, un différentiel ».

Oublier la terre du chauffe-eau ou le brancher sur une prise. C'est un appareil de classe I, sur circuit spécialisé, raccordé par une boîte de connexion.

Exercices corrigés

Les quatre premiers exercices sont du niveau CAP, les deux suivants du niveau bac pro, l'exercice 7 du niveau BTS, le dernier du niveau bac pro et BP. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.

Exercice 1. Un circuit de chauffage alimente trois panneaux rayonnants de 1 000 W, 1 500 W et 1 500 W. Calculez le courant à pleine charge, puis choisissez la section et le disjoncteur.

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Puissance totale : P = 1 000 + 1 500 + 1 500 = 4 000 W. Courant : I = P / U = 4 000 / 230 ≈ 17,4 A. 4 000 W dépasse les 3 500 W admis en 1,5 mm² : on passe à la ligne suivante du tableau, 4 500 W. Conclusion : conducteurs de 2,5 mm² et disjoncteur de 20 A.

Exercice 2. Un appartement est chauffé par 7 500 W de radiateurs. Combien de circuits en 2,5 mm² sous 20 A faut-il au minimum, et quel courant parcourt chacun si la puissance est répartie également ?

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Nombre de circuits : 7 500 / 4 500 = 1,67, arrondi à l'entier supérieur, soit 2 circuits. Puissance par circuit : 7 500 / 2 = 3 750 W. Courant : I = 3 750 / 230 ≈ 16,3 A, inférieur à 20 A. Conclusion : deux circuits de 3 750 W, par exemple une zone jour et une zone nuit, chacun parcouru par 16,3 A.

Exercice 3. Sur le bornier d'un radiateur, vous mesurez 230 V en permanence entre le fil pilote et le neutre. Quel ordre le radiateur reçoit-il ? Que se passe-t-il si vous débranchez le fil pilote ?

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Une tension de 230 V permanente, c'est l'alternance complète : l'ordre éco. Le radiateur abaisse sa consigne de 3 à 4 °C. Si on débranche le fil pilote, le radiateur ne reçoit plus aucun signal : il passe en confort et régule à la consigne réglée sur son thermostat. Conclusion : ordre éco ; sans fil pilote, le radiateur fonctionne en confort.

Exercice 4. Un chauffe-eau de 200 L porte la plaque 2 200 W, 230 V. Calculez son courant et la valeur de sa résistance, puis indiquez la section et le calibre de son circuit.

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Courant : I = P / U = 2 200 / 230 ≈ 9,6 A. Résistance : R = U² / P = 230² / 2 200 = 52 900 / 2 200 ≈ 24 Ω. Circuit : spécialisé, en 2,5 mm², protégé par un disjoncteur de 20 A. Conclusion : 9,6 A, 24 Ω ; à l'ohmmètre, hors tension, on doit lire environ 24 Ω aux bornes de la résistance.

Exercice 5 (bac pro). Le même ballon de 200 L doit passer de 15 °C à 65 °C. Calculez l'énergie nécessaire et le temps de chauffe avec la résistance de 2 200 W, pertes négligées.

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Écart de température : Δθ = 65 − 15 = 50 °C. Énergie : E = 1,163 × V × Δθ = 1,163 × 200 × 50 = 11 630 Wh, soit 11,63 kWh. Temps : t = E / P = 11,63 / 2,2 ≈ 5,29 h, soit environ 5 h 17 min. Conclusion : il faut un peu plus de 5 heures pour recharger entièrement la cuve ; une plage d'heures creuses de 8 heures suffit, une plage de nuit réduite à 5 heures ne suffit pas tout à fait si la cuve est entièrement froide.

Exercice 6 (bac pro). Un logement a un abonnement de 9 kVA en monophasé. Un soir d'hiver fonctionnent en même temps : 6 000 W de chauffage, le chauffe-eau de 2 200 W en marche forcée, une plaque de cuisson qui absorbe 4 000 W et un four de 2 500 W. L'alimentation va-t-elle être coupée ? Que fait un délesteur réglé sur la zone de chauffage ?

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Puissance totale : 6 000 + 2 200 + 4 000 + 2 500 = 14 700 W, soit 14,7 kVA pour ces récepteurs résistifs (cos φ = 1). Courant : I = 14 700 / 230 ≈ 63,9 A. C'est très au-dessus des 9 kVA souscrits (9 000 / 230 ≈ 39 A) : le disjoncteur de branchement, ou le compteur communicant, coupe. Avec le délesteur, le chauffage reçoit l'ordre arrêt : il reste 14 700 − 6 000 = 8 700 W, soit 8,7 kVA et I = 8 700 / 230 ≈ 37,8 A, sous les 39 A. Conclusion : sans délestage, coupure générale ; avec délestage du chauffage, l'installation reste sous les 9 kVA et le chauffage reprend dès que la plaque ou le four s'arrête.

Exercice 7 (BTS). L'ordre hors gel est une demi-alternance du secteur 230 V, 50 Hz. Calculez la valeur maximale, la valeur efficace et la valeur moyenne (en valeur absolue) de ce signal.

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Valeur maximale : Û = U × √2 = 230 × 1,414 ≈ 325 V. Pour un signal redressé en simple alternance, la valeur efficace vaut Û / 2 = 325 / 2 ≈ 163 V : le carré du signal n'existe que la moitié du temps, donc la valeur efficace est celle de la sinusoïde complète divisée par √2, soit 230 / 1,414 ≈ 163 V. Valeur moyenne : Û / π = 325 / 3,14 ≈ 103,5 V. Conclusion : 325 V crête, 163 V efficaces, 103,5 V en moyenne ; ces deux dernières valeurs sont identiques pour l'ordre arrêt, seule la polarité change, d'où l'impossibilité de les distinguer au multimètre.

Exercice 8 (bac pro et BP). Un tableau comporte trois circuits de chauffage direct protégés chacun par un disjoncteur de 20 A, un circuit chauffe-eau de 20 A et deux circuits de prises de 16 A. On voudrait les placer sous un seul interrupteur différentiel de 63 A. Vérifiez par la méthode « par l'aval » et proposez une répartition.

Voir le corrigé

Règle : le calibre du différentiel doit être au moins égal à 1 fois la somme des calibres du chauffage direct et de l'eau chaude, plus 0,5 fois celle des autres circuits. Calcul : 3 × 20 × 1 + 20 × 1 + 2 × 16 × 0,5 = 60 + 20 + 16 = 96 A, supérieur à 63 A : la solution ne convient pas. Répartition proposée : un premier différentiel de 63 A pour les trois circuits de chauffage (60 A), qui forment ainsi une seule zone de pilotage avec leur fil pilote ; un second de 40 A pour le chauffe-eau et les deux circuits de prises (20 + 16 = 36 A). Conclusion : deux interrupteurs différentiels, 63 A et 40 A, le premier regroupant tout le chauffage et son fil pilote.

Sources

Tous les cours d'électricité, du CAP au BTS

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📖 Le glossaire de cet article

Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.

  • Chauffage Électrique — Le chauffage électrique désigne tout système qui convertit l'énergie électrique en chaleur, soit par effet Joule (résistances), soit par transfert thermodynamique (pompe à chaleur).
  • Chauffe-eau électrique — Le chauffe-eau électrique produit l'eau chaude sanitaire (ECS) en immergeant une résistance électrique dans un ballon d'eau isolé.
  • Chute de tension — La chute de tension est la diminution de la tension électrique entre l'origine d'une installation et le point d'utilisation, provoquée par la résistan…
  • Contacteur Jour/Nuit — Le contacteur jour/nuit est un relais électromécanique commandé par le signal tarifaire Enedis (700 Hz modulé sur le réseau 230 V) qui bascule automat…
  • Courant de fuite — Le courant de fuite est un courant non intentionnel qui circule entre un conducteur actif et la terre (ou la masse d'un équipement) via un chemin d'is…
  • Installation électrique — Une installation électrique regroupe l'ensemble des équipements, câbles, canalisations et appareils de protection permettant la distribution et l'util…
  • Interrupteur différentiel — Un interrupteur différentiel détecte la différence entre le courant entrant (phase) et le courant sortant (neutre) : dès qu'un courant de fuite s'étab…
  • Radiateur électrique — Un radiateur électrique est un appareil de chauffage qui convertit l'énergie électrique en chaleur par effet Joule, distribuée ensuite par rayonnement, convection ou les deux combinés.
  • Schéma électrique — Un schéma électrique est une représentation graphique symbolisée d'un circuit ou d'une installation, montrant les connexions entre composants à l'aide…
  • Tableau électrique — Le tableau électrique est le coffret centralisé qui regroupe l'ensemble des dispositifs de protection d'une installation : disjoncteurs divisionnaires…
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Vérifié par Raphaël Bossoreil, électricien
Raphaël Bossoreil
Électricien
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