Tableau électrique d’un logement : cours NF C 15-100 et exercices
Résumez cet article :
En bref
Le tableau électrique d'un logement répartit le courant qui arrive du compteur entre des circuits séparés, chacun protégé par son propre disjoncteur. La NF C 15-100 (révision 2024) fixe l'essentiel : l'AGCP et le tableau prennent place dans l'ETEL, sur une GTL ; au moins 2 interrupteurs différentiels 30 mA, dont un de type A, avec 8 circuits au plus par différentiel ; 8 points par circuit d'éclairage, 8 socles en 1,5 mm² sous 16 A ou 12 socles en 2,5 mm² sous 20 A ; des circuits spécialisés pour les gros appareils ; une réserve de 20 % et un repérage de chaque circuit.
Sur un chantier de logement neuf ou de rénovation complète, le tableau est la pièce que l'on dessine en premier et que l'on câble en dernier. En premier, parce que c'est en comptant les circuits qu'on sait combien de modules commander, combien de différentiels poser et quelle taille de coffret prévoir. En dernier, parce que tous les câbles de la maison viennent y aboutir. Un tableau mal conçu se voit tout de suite : un différentiel qui saute et coupe toute la maison, des disjoncteurs sans étiquette, plus aucune place pour ajouter le circuit de la future borne de recharge.
Ce cours suit l'ordre de travail de l'électricien, du compteur jusqu'à la conception complète du tableau d'un T3, avec des exercices corrigés du CAP au BTS.
Ce que dit la norme NF C 15-100 sur le tableau électrique
La NF C 15-100 fixe les règles des installations électriques basse tension en France. Sa révision publiée le 23 août 2024 l'a découpée en une série de 21 normes. Pour un logement, deux parties comptent au quotidien : les exigences générales (NF C 15-100-1) et la partie consacrée aux bâtiments d'habitation (NF C 15-100-10), complétées par la partie sur la salle d'eau et celle sur les réseaux numériques. Toute installation neuve ou entièrement rénovée doit la respecter ; c'est ce que vérifie le Consuel avant la mise en service.
Côté tableau, la norme ne décrit pas un modèle unique. Elle impose des principes : diviser l'installation en circuits, protéger chaque circuit, protéger les personnes par des différentiels 30 mA, garder de la place pour l'avenir et repérer chaque départ. Le nombre de circuits, leur répartition et le calibre des différentiels se calculent ensuite à partir du logement.
Du compteur au tableau : AGCP, ETEL et GTL
Le courant arrive du réseau Enedis, passe par le compteur Linky, puis par l'AGCP, l'appareil général de commande et de protection. Dans une maison, c'est le disjoncteur de branchement, souvent appelé disjoncteur d'abonné. Il joue trois rôles : il coupe toute l'installation (c'est la coupure générale, utilisable en urgence), il protège le branchement contre les surintensités, et il contient un différentiel, en général de 500 mA, qui coupe en cas de défaut d'isolement important. Ce différentiel protège l'installation ; il ne protège pas les personnes, puisque 500 mA est bien au-delà du courant dangereux pour le corps humain. Notre article sur le disjoncteur de branchement détaille ses réglages.

En aval de l'AGCP vient le tableau de répartition. La norme regroupe l'AGCP, le tableau, le coffret de communication et tous les départs de câbles dans un volume réservé, l'ETEL (espace technique électrique du logement). Ce volume contient la GTL, la gaine technique logement, qui mesure au minimum 60 cm de large et 25 cm de profondeur et monte du sol au plafond pour recevoir les câbles. Les organes de manœuvre, c'est-à-dire la manette de l'AGCP et celles des disjoncteurs, doivent se trouver entre 0,90 m et 1,80 m du sol fini. Le coffret de communication, qui reçoit la box, se place dans le même espace, avec au moins une prise de courant pour l'alimenter.
Un point à retenir pour les logements collectifs : chaque logement doit avoir son propre dispositif de coupure d'urgence, accessible de l'intérieur. Quand l'AGCP est dans la gaine palière, on ajoute par exemple un interrupteur sectionneur en tête du tableau. Les conditions d'emplacement de la GTL (garage, placard, escalier) sont traitées dans notre dossier la gaine technique de logement.
Les circuits obligatoires et les circuits spécialisés
Première règle, simple et non négociable : un disjoncteur par circuit, un circuit par disjoncteur. Les coupe-circuits à fusible ne sont plus admis en neuf ni en rénovation lourde. Deuxième règle : on ne mélange pas les usages. L'éclairage a ses circuits, les prises ont les leurs, et chaque gros appareil a son circuit à lui.
Les circuits d'éclairage
Un logement compte au moins 2 circuits d'éclairage, sauf le studio ou le T1, qui peut n'en avoir qu'un. Chaque circuit alimente 8 points lumineux au plus, en fils de 1,5 mm², protégé par un disjoncteur de 16 A au maximum (10 A est courant). Un point, c'est un point de centre, une applique, ou une prise commandée par un interrupteur : cette dernière est comptée dans l'éclairage, pas dans les prises. On répartit en général les deux circuits entre partie jour et partie nuit, de façon qu'un défaut ne plonge jamais tout le logement dans le noir.
Les circuits de prises
Pour les prises 2P+T, deux solutions : 8 socles au plus en 1,5 mm² sous un disjoncteur 16 A, ou 12 socles au plus en 2,5 mm² sous 20 A. Le décompte se fait au socle : un bloc de deux prises compte pour deux. Une prise USB seule n'entre pas dans le compte. La cuisine a en plus son propre circuit de prises, en 2,5 mm² sous 20 A, limité à 6 socles, hors appareils spécialisés.
Les circuits spécialisés
Les appareils puissants ou qui tournent longtemps ont chacun leur circuit, en 2,5 mm² sous 20 A : lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge, four, chauffe-eau, congélateur si on le souhaite. La norme en exige au moins trois par logement, avec un seul appareil par circuit. La plaque de cuisson a un circuit dédié en 6 mm² sous 32 A en monophasé. Les volets roulants motorisés ont au moins un circuit dédié ; les répartir sur deux circuits évite de se retrouver dans le noir, volets fermés, si l'un disjoncte. Enfin, si une prise de recharge pour véhicule électrique est installée, elle a son propre circuit, un point de recharge par circuit. Notre article sur les circuits spécialisés donne des exemples de câblage.
Le chauffage électrique
Les radiateurs électriques sont regroupés sur des circuits réservés au chauffage. La section et le disjoncteur dépendent de la puissance totale raccordée : 3 500 W au plus en 1,5 mm² sous 16 A, 4 500 W en 2,5 mm² sous 20 A, 5 750 W en 4 mm² sous 25 A, 7 250 W en 6 mm² sous 32 A. En pratique, on vise le 20 A en 2,5 mm² et on crée un circuit par tranche de 4 500 W.

Une remarque de méthode : la section se choisit ici d'après la norme logement, parce que les longueurs restent courtes. Sur une longue ligne, vers une dépendance ou un garage éloigné, il faut vérifier la chute de tension et parfois augmenter la section, comme l'explique le cours sur les sections de câble et la chute de tension.
Combien de prises et de points lumineux par pièce
Le nombre de circuits dépend directement du nombre de prises et de points à alimenter. La norme fixe des minimums par pièce ; on commence toujours par là avant de dessiner le tableau.
| Pièce | Prises 2P+T minimum | Éclairage minimum |
|---|---|---|
| Séjour jusqu'à 28 m² | 1 par tranche de 4 m², au moins 5 | 1 point de centre équipé d'un DCL |
| Séjour de plus de 28 m² | 7, réparties en périphérie | 1 point de centre équipé d'un DCL |
| Chambre | 3 | 1 point de centre équipé d'un DCL |
| Cuisine de plus de 4 m² | 6, dont 4 au-dessus du plan de travail, sur circuit dédié | 1 point de centre équipé d'un DCL |
| Cuisine de 4 m² au plus | 3 | 1 point de centre équipé d'un DCL |
| Autres pièces de plus de 4 m² (hors WC) | 1 | 1 point de centre ou applique |
| Multimédia | 2 prises en plus, en priorité dans le séjour | Extérieur : 1 point au-dessus de chaque entrée |
Pour le séjour, on arrondit à la tranche supérieure : un séjour de 22 m² fait 5,5 tranches de 4 m², donc 6 prises. Dans la salle de bains, la prise se place hors des volumes 0, 1 et 2, sauf prise rasoir alimentée par un transformateur de séparation.
Protections : disjoncteurs et interrupteurs différentiels
Le disjoncteur divisionnaire protège le circuit, c'est-à-dire ses conducteurs, contre les surcharges et les courts-circuits. L'interrupteur différentiel 30 mA protège les personnes contre les contacts indirects : il compare le courant qui part par la phase et celui qui revient par le neutre, et coupe si l'écart atteint 30 mA. Les deux sont indispensables et ne se remplacent pas. Leur fonctionnement interne est expliqué dans le cours sur le disjoncteur et le différentiel.
Les règles de la norme sont les suivantes. Tous les circuits du logement sont protégés par un différentiel 30 mA. Il en faut au moins deux, pour que la coupure de l'un n'arrête pas toute la maison. Chacun protège 8 circuits au plus. Au moins un est de type A (ou F) : c'est obligatoirement sous lui que l'on place la plaque de cuisson et le lave-linge, dont l'électronique peut produire des courants de défaut que le type AC ne détecte pas correctement. Les autres circuits peuvent être sous un type AC, A, F ou B.
Calculer le calibre d'un interrupteur différentiel
Un interrupteur différentiel n'a pas de protection contre les surcharges : il faut donc vérifier que le courant qui le traverse ne dépasse pas son calibre (25, 40 ou 63 A en général). La méthode pratique, reprise par les fabricants, consiste à additionner les calibres des disjoncteurs placés en dessous, avec un coefficient : 1 pour les circuits de chauffage et de chauffe-eau, qui fonctionnent longtemps à pleine puissance, et 0,5 pour tous les autres, qui ne tirent jamais leur calibre en même temps.
Exemple : sous un même différentiel, un circuit de chauffage 20 A, un circuit de prises 16 A et un circuit d'éclairage 10 A. Le calcul donne 20 × 1 + 16 × 0,5 + 10 × 0,5 = 20 + 8 + 5 = 33 A. On choisit le calibre normalisé immédiatement supérieur : un interrupteur différentiel de 40 A. Si la somme dépasse 40 A, on passe en 63 A ou on déplace un circuit vers une autre rangée. Pour aller plus loin sur ce point, lisez notre article combien de disjoncteurs sous un interrupteur différentiel.
Réserve, repérage et étiquetage
Un logement vit : on ajoute une climatisation, une borne de recharge, un abri de jardin. La norme impose donc une réserve d'emplacements libres dans le tableau, de 20 % en logement individuel. Le calcul se fait en modules : si le matériel occupe 24 modules, le coffret doit en offrir au moins 24 ÷ 0,8 = 30. Les fabricants recommandent de laisser ces places libres en bout de rangée, là où l'on pourra glisser un disjoncteur sans décaler tout le peigne.
Chaque disjoncteur porte une étiquette qui dit ce qu'il alimente, en clair (« Prises chambres », pas « P2 » tout seul), et l'installateur remet un schéma détaillé de l'installation avec le repérage des circuits. C'est ce document qui permet au dépanneur, dix ans plus tard, de consigner le bon circuit sans tout couper. Les solutions pratiques (étiquettes imprimées, pictogrammes, applications des fabricants) sont présentées dans les solutions pour étiqueter le tableau électrique.
Concevoir le tableau électrique d'un T3 : exemple complet
Prenons une maison de plain-pied de type T3, 65 m², chauffée par des radiateurs électriques. Le plan donne : un séjour de 24 m², une cuisine fermée de 9 m², deux chambres de 11 et 10 m², une salle de bains de 5 m², un WC de 1,5 m² et une entrée-dégagement de 4,5 m². La démarche se fait en quatre temps.
Étape 1 : compter les prises et les points. Séjour : 24 ÷ 4 = 6 prises, plus 2 prises multimédia, soit 8. Chambres : 3 + 3 = 6. Salle de bains et entrée-dégagement (plus de 4 m² chacune) : 1 + 1. Cuisine : 6 prises sur son circuit dédié. WC : aucune prise imposée. Côté éclairage : 7 points en partie jour (2 au séjour, 2 en cuisine, 1 dans l'entrée, 2 à l'extérieur au-dessus des accès) et 5 en partie nuit (1 par chambre, 2 dans la salle de bains, 1 au WC).
Étape 2 : en déduire les circuits. Les 8 prises du séjour tiennent sur un circuit 20 A en 2,5 mm² (12 au plus). Les 8 prises des chambres, de la salle de bains et du dégagement tiennent tout juste sur un circuit 16 A en 1,5 mm² (8 au plus). Les radiateurs font 3 250 W côté jour et 2 500 W côté nuit : deux circuits 20 A, chacun sous les 4 500 W. On ajoute les circuits spécialisés, la VMC sur son petit disjoncteur, et un circuit pour les prises du coffret de communication.
| Circuit | Contenu | Section | Disjoncteur |
|---|---|---|---|
| Éclairage 1 (jour) | 7 points | 1,5 mm² | 10 A |
| Éclairage 2 (nuit) | 5 points | 1,5 mm² | 10 A |
| Prises séjour | 8 socles | 2,5 mm² | 20 A |
| Prises chambres | 8 socles (chambres, salle de bains, dégagement) | 1,5 mm² | 16 A |
| Prises cuisine | 6 socles | 2,5 mm² | 20 A |
| Plaque de cuisson | 1 appareil | 6 mm² | 32 A |
| Lave-linge, lave-vaisselle, four | 3 circuits, 1 appareil chacun | 2,5 mm² | 20 A |
| Chauffe-eau | 1 appareil, commandé par contacteur heures creuses | 2,5 mm² | 20 A |
| Chauffage 1 et 2 | 3 250 W et 2 500 W | 2,5 mm² | 20 A |
| Volets roulants | 5 moteurs | 1,5 mm² | 16 A |
| VMC et prises communication | 2 circuits | 1,5 mm² | 2 A et 16 A |
Total : 15 circuits. Avec 8 circuits au plus par différentiel, deux suffiraient sur le papier ; nous en posons trois, pour mieux répartir les calibres et pour que les deux circuits d'éclairage et les circuits de prises soient sous des différentiels différents.
Étape 3 : répartir sous les différentiels et calculer leur calibre. Le différentiel de type A reçoit la plaque et le lave-linge, comme l'impose la norme, avec les volets et l'éclairage jour : 32 × 0,5 + 20 × 0,5 + 16 × 0,5 + 10 × 0,5 = 16 + 10 + 8 + 5 = 39 A, donc 40 A. Le deuxième reçoit le chauffage jour, le chauffe-eau, le four et les prises du séjour : 20 + 20 + 10 + 10 = 60 A, donc 63 A. Le troisième reçoit le chauffage nuit, le lave-vaisselle, les prises cuisine, les prises chambres, l'éclairage nuit, la VMC et les prises de communication : 20 + 10 + 10 + 8 + 5 + 1 + 8 = 62 A, donc 63 A, avec 7 circuits.

Étape 4 : dimensionner le coffret. Trois interrupteurs différentiels de 2 modules, 15 disjoncteurs de 1 module et un contacteur de 1 module : 6 + 15 + 1 = 22 modules. Avec la réserve de 20 %, il faut au moins 22 ÷ 0,8 = 27,5, soit 28 modules. Un coffret de 2 rangées de 13 modules (26) ne suffit pas ; on prend 3 rangées de 13, soit 39 modules, dont 17 libres. Une rangée par différentiel rend le tableau lisible et facilite le peignage. L'ordre de câblage d'une rangée est traité dans comment organiser une rangée de tableau électrique.
Pour aller plus loin (bac pro et BTS)
Le calibre du différentiel, deux méthodes. La méthode des coefficients vue plus haut s'appelle aussi règle de l'aval. Il existe une règle de l'amont, plus simple et plus prudente : choisir un interrupteur différentiel dont le calibre est au moins égal à celui du disjoncteur de branchement. Quand l'installation comporte un générateur, du photovoltaïque par exemple, il faut aussi tenir compte du courant qu'il injecte.
Le type de différentiel selon les charges. Le type AC convient aux charges résistives classiques. Le type A détecte en plus les courants de défaut redressés (électroménager à électronique, plaques, lave-linge). Le type F est prévu pour les appareils monophasés à variateur de vitesse, comme une pompe à chaleur ou une pompe de piscine. Le type B couvre les redresseurs et variateurs triphasés. Pour la recharge d'un véhicule, la protection dépend du mode de recharge : type A ou F, complété dans certains cas par un dispositif de détection des courants continus de 6 mA (souvent intégré à la borne), ou type B.
La protection contre la foudre. Le parafoudre au tableau est obligatoire dans certains cas, par exemple quand le bâtiment porte un paratonnerre, ou dans les zones de forte activité orageuse selon le mode d'alimentation ; ailleurs, il relève d'une analyse de risque. La révision 2024 a durci un point : un parafoudre supplémentaire est demandé pour protéger des équipements situés à plus de 10 m du tableau, contre 30 m auparavant. Les détecteurs d'arc (DPDA) restent, eux, recommandés dans des cas précis plutôt qu'imposés dans le logement.
Le lien avec la prise de terre. En schéma TT, le différentiel de l'AGCP doit couper avant que la tension de contact dépasse 50 V : R ≤ 50 V ÷ IΔn. Avec 500 mA, R ≤ 50 ÷ 0,5 = 100 Ω. Le cours sur la prise de terre et les régimes de neutre développe ce calcul. En triphasé, enfin, on répartit les circuits monophasés entre les trois phases pour équilibrer les courants, ce qui ajoute une contrainte au découpage des rangées.
Les erreurs qui reviennent
La première est de mettre la plaque ou le lave-linge sous un différentiel de type AC. Le tableau semble fonctionner, mais le différentiel peut ne pas réagir correctement à un défaut produit par l'électronique de l'appareil. Le type A pour ces circuits n'est pas une option.
Vient ensuite le neuvième circuit sous un même différentiel. On ajoute « juste un disjoncteur » en fin de chantier, on oublie de recompter, et on dépasse la limite de 8. Même travers avec le calibre : ajouter un circuit de chauffage de 20 A sous un différentiel de 40 A déjà chargé à 33 A le fait passer à 53 A.
Troisième erreur : compter les prises doubles pour une seule. Un circuit en 1,5 mm² avec cinq blocs doubles fait 10 socles, pas 5 ; il dépasse la limite de 8.
Quatrième erreur : oublier la réserve, ou la calculer sur les modules occupés au lieu du total. Et enfin, l'étiquetage bâclé : « D1, D2, D3 » ne dit rien à personne.
Exercices corrigés sur le tableau électrique
Les trois premiers exercices correspondent au niveau CAP, les suivants au bac pro et au BTS. Cherchez avant d'ouvrir le corrigé.
Exercice 1. Un séjour mesure 30 m². Combien de prises 2P+T faut-il au minimum, sachant que c'est dans cette pièce que l'on place les prises multimédia ?
Voir le corrigé
Le séjour dépasse 28 m² : la règle d'une prise par tranche de 4 m² ne s'applique plus, la norme demande 7 prises au minimum, réparties en périphérie. On ajoute les 2 prises multimédia : 7 + 2 = 9 prises au minimum dans ce séjour.
Exercice 2. Quels section, disjoncteur et type d'interrupteur différentiel faut-il pour le circuit d'une plaque de cuisson en monophasé ?
Voir le corrigé
Un circuit dédié en 6 mm², protégé par un disjoncteur de 32 A, placé sous un interrupteur différentiel 30 mA de type A (ou F). Le type AC est interdit pour ce circuit.
Exercice 3. Un apprenti a raccordé les prises de trois chambres, soit 10 socles, sur un circuit en 1,5 mm² protégé par un disjoncteur 16 A. Est-ce conforme ? Proposez deux corrections.
Voir le corrigé
Non : en 1,5 mm² sous 16 A, un circuit alimente 8 socles au plus, et 10 > 8. Première correction : refaire le circuit en 2,5 mm² protégé par 20 A, qui accepte 12 socles. Seconde correction : partager les prises en deux circuits de 1,5 mm² sous 16 A, par exemple 6 et 4 socles.
Exercice 4. Sous un interrupteur différentiel, on trouve : chauffage 20 A, chauffe-eau 20 A, prises 20 A, prises 16 A, éclairage 10 A. Quel calibre choisir ?
Voir le corrigé
Coefficient 1 pour le chauffage et le chauffe-eau, 0,5 pour les autres : 20 × 1 + 20 × 1 + 20 × 0,5 + 16 × 0,5 + 10 × 0,5 = 20 + 20 + 10 + 8 + 5 = 63 A. Le calibre de 63 A convient tout juste ; il n'y a plus aucune marge. Il serait plus sage de déplacer un circuit de prises sous un autre différentiel.
Exercice 5. Un tableau de maison individuelle comporte 26 modules d'appareillage. Un coffret de 2 rangées de 13 modules suffit-il ? Sinon, que choisir ?
Voir le corrigé
Avec une réserve de 20 %, les modules occupés ne peuvent représenter que 80 % du total : 26 ÷ 0,8 = 32,5, donc 33 modules au minimum. Le coffret de 2 × 13 = 26 modules est plein, sans réserve : il ne convient pas. On choisit 3 rangées de 13 (39 modules, 13 libres) ou 2 rangées de 18 (36 modules, 10 libres).
Exercice 6. Une maison compte 8 000 W de radiateurs électriques. Combien de circuits de chauffage prévoir en 2,5 mm² sous 20 A, et quel courant parcourt chaque circuit si on partage la puissance en deux parts égales ?
Voir le corrigé
Un circuit en 2,5 mm² sous 20 A alimente 4 500 W au plus. 8 000 ÷ 4 500 = 1,78, donc 2 circuits. Avec 4 000 W par circuit : I = P ÷ U = 4 000 ÷ 230 = 17,4 A, inférieur aux 20 A du disjoncteur. Deux circuits de 4 000 W conviennent.
Exercice 7. On vous présente ce projet : un seul interrupteur différentiel de type AC de 63 A protège 9 circuits dont la plaque de cuisson et le lave-linge ; un second, de type A, protège 4 circuits d'éclairage et de prises. Relevez les non-conformités et proposez une correction.
Voir le corrigé
Deux non-conformités. La plaque et le lave-linge sont sous un type AC, alors qu'ils doivent être sous un type A (ou F). Le premier différentiel protège 9 circuits, au-delà de la limite de 8. Correction : placer la plaque et le lave-linge sous le différentiel de type A, ce qui ramène le premier à 7 circuits et porte le second à 6, puis vérifier par le calcul des coefficients que les calibres restent suffisants ; ajouter un troisième différentiel si l'un d'eux dépasse 63 A.
Sources
- Legrand, NF C 15-100, révision 23 août 2024 : points clés, guide pour électriciens (GTL et ETEL, tableau, différentiels, circuits, prises).
- Legrand, Norme NF C 15-100 : suivez le guide, présentation de la révision 2024 et de la série de normes.
- Legrand, Combien d'interrupteurs différentiels dans mon tableau électrique ?
- Promotelec, La norme NF C 15-100 a évolué, sur l'ETEL, les prises par pièce, les différentiels et la réserve.
Pour aller plus loin sur le site
Résumez cet article :
📖 Le glossaire de cet article
Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.
- Chauffage Électrique — Le chauffage électrique désigne tout système qui convertit l'énergie électrique en chaleur, soit par effet Joule (résistances), soit par transfert thermodynamique (pompe à chaleur).
- Chute de tension — La chute de tension est la diminution de la tension électrique entre l'origine d'une installation et le point d'utilisation, provoquée par la résistan…
- Compteur Linky — Le compteur Linky est le compteur électrique communicant déployé par Enedis sur le réseau de distribution français.
- Interrupteur différentiel — Un interrupteur différentiel détecte la différence entre le courant entrant (phase) et le courant sortant (neutre) : dès qu'un courant de fuite s'étab…
- Photovoltaïque — Le photovoltaïque désigne la conversion directe de la lumière solaire en électricité par effet photoélectrique dans des semi-conducteurs, principalement le silicium.
- Pompe à chaleur — Une pompe à chaleur (PAC) est une machine thermodynamique qui transfère la chaleur d'une source froide (air extérieur, sol, nappe phréatique) vers une…
- Tableau électrique — Le tableau électrique est le coffret centralisé qui regroupe l'ensemble des dispositifs de protection d'une installation : disjoncteurs divisionnaires…
- Transformateur — Un transformateur est une machine électrique statique qui transfère de l'énergie entre deux circuits par induction magnétique, en modifiant la tension…
- Variateur de vitesse — Le variateur de vitesse est un appareil électronique qui fait varier la vitesse de rotation d'un moteur électrique en modifiant la fréquence et la tension qui lui sont appliquées.
- Véhicule Électrique — Un véhicule électrique (VE) utilise un moteur électrique alimenté par une batterie rechargeable comme source principale de traction, sans moteur therm…
Téléchargez notre guide gratuit pour gagner du temps et de l'argent sur vos travaux électriques !
« * » indique les champs nécessaires