BTS Électrotechnique : programme, épreuves et cours pour réviser
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En bref
Le BTS Électrotechnique (niveau 5, bac + 2) forme le technicien qui conçoit, dimensionne, met en service et maintient les installations électriques, de la production d'énergie jusqu'aux usages, en bâtiment, en infrastructure et en industrie. Il se prépare en lycée, en apprentissage ou en formation continue, avec un stage de 6 à 8 semaines pour les étudiants. À partir de la session 2027, l'examen compte huit épreuves obligatoires, dont l'écrit E4 Conception – étude préliminaire (coefficient 5) et deux épreuves sur projet. Pour réviser, suivez nos cours en cinq thèmes : bases, sécurité, distribution, machines, systèmes et énergies.
Le BTS Électrotechnique est le diplôme des techniciens qui calculent avant de câbler. Un bac pro sait réaliser une installation ; un technicien supérieur doit savoir justifier pourquoi ce transformateur, cette section, ce réglage de disjoncteur, et le prouver par un calcul que quelqu'un d'autre pourra relire. Cette page présente le diplôme, ses voies d'accès, son examen tel qu'il se présente à partir de la session 2027, puis le parcours de révision à travers les cours du site, dans l'ordre où nous conseillons de les travailler.
Ce que prépare le BTS Électrotechnique, et les métiers visés
Le référentiel, présenté sur Éduscol et repris par France Compétences (fiche RNCP41007), fait du titulaire un spécialiste des installations électriques « intelligentes », c'est-à-dire intégrant le numérique, la communication et les objets connectés. Ses terrains : la production d'énergie centralisée ou décentralisée, les réseaux de transport et de distribution, les infrastructures, les bâtiments résidentiels, tertiaires et industriels, et l'industrie. Il intervient en neuf, en rénovation, en adaptation (extension, optimisation, mise en sécurité) et en maintenance.
L'arrêté du 30 mars 2026, qui modifie l'arrêté du 21 février 2020 définissant le diplôme, organise le métier en cinq pôles d'activités :
- Conception – étude préliminaire : analyser le besoin du client, modéliser, dimensionner, proposer une architecture.
- Conception – étude détaillée du projet : simuler, choisir les matériels, produire les documents techniques.
- Conduite de projet/chantier : appliquer la réglementation, gérer les risques, organiser l'équipe et le planning.
- Réalisation, mise en service d'un projet : réaliser, programmer, paramétrer, vérifier le fonctionnement.
- Analyse, diagnostic, maintenance : diagnostiquer, évaluer les performances, conduire la maintenance.
À la sortie, la fiche RNCP cite des emplois de technicien, de concepteur en bureau d'études, d'installateur et metteur en service, de technicien de maintenance ou de chef de chantier. Avec l'expérience, elle cite les postes de responsable de maintenance, de chef d'équipe et de chargé de projet. Pour une idée concrète du quotidien, lisez notre interview d'un technicien d'études en électricité et notre article sur l'électricité industrielle.
Accès : lycée, apprentissage, formation continue
Le BTS se prépare en deux ans après le bac. Les profils les plus fréquents viennent du bac pro MELEC, du bac STI2D ou d'un bac général à dominante scientifique ; l'admission se fait sur dossier. Trois voies coexistent : la voie scolaire en lycée, avec un stage en entreprise de 6 à 8 semaines indiqué par Éduscol ; l'apprentissage, très répandu dans cette spécialité ; la formation continue pour les salariés et les personnes en reconversion. La VAE est également ouverte.
Venant d'un bac pro, la marche la plus haute est en mathématiques et en calcul de dimensionnement. Venant de STI2D ou d'un bac général, c'est l'inverse : la théorie passe, mais le câblage, la lecture de schémas industriels et le réflexe sécurité sont à construire. Le parcours ci-dessous est pensé pour les deux profils : chacun passera plus ou moins vite sur les premiers thèmes. Si vous arrivez du bac pro, la page Bac pro MELEC : programme, épreuves et cours vous permet de vérifier vos acquis avant d'attaquer.
Les épreuves du BTS Électrotechnique (session 2027)
L'arrêté du 30 mars 2026 réorganise le règlement d'examen à compter de la session 2027. Les intitulés des épreuves professionnelles ne changent pas sur le fond : l'ancienne épreuve E5 (sous-épreuves E51 et E52) et l'ancienne E6 (E61 et E62) deviennent quatre épreuves distinctes, E5 à E8, avec les mêmes coefficients.
| Épreuve | Intitulé | Coef. | Forme |
|---|---|---|---|
| E1 | Culture générale et expression | 2 | Écrit ou CCF selon la voie |
| E2 | Anglais | 3 | CCF pour les scolaires et apprentis |
| E3 | Mathématiques | 2 | CCF pour les scolaires et apprentis |
| E4 | Conception – étude préliminaire | 5 | Écrit ponctuel de 4 h |
| E5 | Analyse, diagnostic, maintenance | 3 | CCF pour les scolaires et apprentis |
| E6 | Conduite de projet/chantier | 3 | CCF pour les scolaires et apprentis |
| E7 | Conception – étude détaillée du projet | 3 | Projet, puis soutenance orale |
| E8 | Réalisation, mise en service d'un projet | 3 | Projet, puis soutenance orale |
| EF1, EF2 | Langue vivante facultative ; engagement étudiant | – | Facultatives |
Deux chiffres résument la stratégie. L'épreuve E4 pèse 5 à elle seule, autant que l'anglais et les mathématiques réunis : c'est le grand écrit technique du diplôme, un dossier d'étude d'une installation où l'on dimensionne, choisit et justifie. Et les épreuves professionnelles E4 à E8 totalisent 17 coefficients sur 24 : le BTS se gagne sur la technique. Les candidats qui passent encore l'examen selon l'ancienne organisation (E51, E52, E61, E62) retrouveront exactement les mêmes contenus sous d'autres numéros.
Le parcours de révision : les cours dans l'ordre
Nos cours vont du CAP au BTS. Pour le BTS Électrotechnique, 28 chapitres sont utiles. Nous vous conseillons de les suivre en cinq thèmes, du plus fondamental au plus spécialisé ; les chapitres marqués BTS dans le catalogue sont concentrés dans les thèmes 3 et 4.

Thème 1 : consolider les bases (E3, E4)
- Loi d'Ohm et grandeurs électriques : à relire vite, pour vérifier les unités et les ordres de grandeur.
- Monophasé et triphasé : tensions simples et composées, couplages, équilibre des phases.
- Puissance en triphasé et facteur de puissance : P, Q, S, et le calcul d'une batterie de compensation, classique de l'E4.
- Courant alternatif et circuits RLC : notation complexe et impédances, préalable au calcul de court-circuit.
- Les mesures en électricité : isolement, terre, boucle ; la base de la mise en service et du diagnostic.
- Lire un schéma électrique : unifilaire, développé, repérage ; indispensable pour produire le dossier du projet.
Thème 2 : sécurité et protection des personnes (E4, E5, E6, E8)
- Habilitation électrique, zones et consignation : l'épreuve de conduite de chantier vous demande d'organiser la sécurité des autres.
- Régimes de neutre TT, TN, IT : choix du schéma de liaison à la terre, conditions de protection, longueurs maximales.
- Disjoncteur et différentiel : courbes de déclenchement, pouvoir de coupure, types de différentiels.
- Liaison équipotentielle : équipotentialité principale et supplémentaire, souvent vérifiée à la mise en service.
Thème 3 : distribution et dimensionnement (E4, E7)
- Bilan de puissance, ku et ks : le point de départ de toute étude préliminaire.
- Le transformateur : choix de la puissance, rendement, tension de court-circuit.
- Désignation des câbles et conduits : choisir l'âme, l'isolant et le mode de pose avant de calculer.
- Sections de câble et chute de tension : courant admissible, facteurs de correction, vérification de ΔU.
- Calcul du courant de court-circuit : méthode des impédances, Icc maximal pour le pouvoir de coupure, minimal pour la protection.
- Sélectivité et filiation : faire déclencher la seule protection concernée.
- Poste de livraison HTA : schémas d'alimentation, cellules, comptage ; souvent au début d'un sujet d'E4.
Thème 4 : machines et conversion d'énergie (E4, E5, E8)
- Moteur asynchrone triphasé : glissement, couple, bilan des puissances et rendement.
- Contacteur et relais thermique : schémas de commande et de puissance, réglage du relais.
- Démarrages direct, inversion et étoile-triangle : courants d'appel et choix du mode de démarrage.
- Variateur de vitesse et électronique de puissance : redresseur, onduleur, commande en U/f ; très présent en maintenance.
- Harmoniques et qualité de l'énergie : THD, surcharge du neutre, filtrage ; la suite logique du variateur.
Thème 5 : systèmes communicants et énergies (E7, E8)
- Grafcet et automate programmable : lire et écrire une séquence, la programmer à la mise en service.
- Courants faibles et réseaux de communication : le socle des installations communicantes.
- Installation photovoltaïque : production décentralisée, dimensionnement de chaîne et d'onduleur.
- Borne de recharge IRVE : puissance appelée, pilotage, impact sur le bilan de puissance.
- Éclairage de sécurité ERP : réglementation à intégrer dans un projet tertiaire.
- Tableau électrique d'un logement : utile quand le projet porte sur un bâtiment résidentiel ou collectif.
Trois chapitres de niveau CAP sont hors parcours : le va-et-vient, les commandes d'éclairage et les volumes de salle de bain. Ils restent utiles si votre projet de deuxième année porte sur du résidentiel.
Conseils pour l'examen
Pour l'E4, entraînez-vous sur les sujets des sessions précédentes publiés sur Éduscol, en temps réel. Le correcteur attend une démarche lisible : hypothèse, formule, application numérique, unité, conclusion qui répond à la question posée (« la section de 35 mm² convient », « le disjoncteur retenu a un pouvoir de coupure suffisant »). Lisez le dossier technique en entier avant de commencer ; les données d'une question se trouvent souvent en annexe, trois pages plus loin.
Pour les épreuves sur projet (E7 et E8), le dossier compte autant que l'installation. Tenez un carnet de bord dès la première semaine, gardez les versions de vos schémas et de vos notes de calcul, et préparez la soutenance comme une réunion de chantier : ce que le client voulait, ce que vous avez choisi et pourquoi, ce qui a posé problème. Un jury pardonne une difficulté bien expliquée ; il pardonne mal une solution dont vous ne savez pas justifier le choix.
Pour l'E5 (diagnostic, maintenance), la méthode est la même qu'au bac pro, à un niveau d'exigence supérieur : symptôme, hypothèses, mesures ciblées, conclusion, puis proposition d'amélioration. Pour l'E6 (conduite de chantier), pensez planning, coordination avec les autres corps d'état et prévention des risques : on attend d'un technicien supérieur qu'il organise la sécurité de l'équipe, pas seulement la sienne.
En pratique comme en projet, la sécurité reste éliminatoire dans les faits : aucune intervention sans consignation ni vérification d'absence de tension. Relisez le résumé de la norme NF C 18-510 avant votre stage.
Après le BTS : emploi, poursuite d'études et habilitations
La majorité des diplômés entre dans la vie active comme technicien : bureau d'études, mise en service, maintenance industrielle, travaux. Les métiers d'atelier restent ouverts, comme celui de tableautier, avec une évolution rapide vers la conception d'armoires. Pour poursuivre, les voies classiques sont la licence professionnelle dans les métiers de l'électricité et de l'énergie, et la classe préparatoire ATS qui mène aux écoles d'ingénieurs ; notre article sur les ingénieurs en génie électrique décrit ce débouché.
Le diplôme ne vaut pas habilitation : c'est l'employeur qui délivre le titre, après formation, selon les tâches confiées. Un technicien de mise en service aura besoin de symboles pour les essais et mesurages, un technicien de maintenance d'un BR, un conducteur de travaux d'un symbole de chargé de travaux, et ceux qui interviennent sur un poste HTA d'un symbole H. La page habilitation électrique : tous les symboles vous aide à y voir clair.
Testez-vous
Question 1. Quelle épreuve du BTS Électrotechnique a le plus fort coefficient, et quelle est sa forme ?
Voir la réponse
L'épreuve E4, Conception – étude préliminaire, coefficient 5. C'est un écrit ponctuel de 4 heures.
Question 2. À partir de la session 2027, que deviennent les anciennes sous-épreuves E61 et E62 ?
Voir la réponse
Elles deviennent deux épreuves distinctes : E7, Conception – étude détaillée du projet, et E8, Réalisation, mise en service d'un projet, chacune de coefficient 3.
Question 3. Dans une étude préliminaire, dans quel ordre enchaîner bilan de puissance, choix du transformateur, calcul de Icc et choix des sections ?
Voir la réponse
Bilan de puissance, puis choix du transformateur, puis sections (courant admissible et chute de tension), puis calcul des courants de court-circuit pour vérifier les pouvoirs de coupure et les conditions de protection. Le court-circuit dépend des impédances du transformateur et des câbles : il se calcule après les avoir choisis.
Sources
- Éduscol STI, BTS Électrotechnique : présentation, secteurs, stage, référentiel.
- Légifrance, arrêté du 30 mars 2026 modifiant l'arrêté du 21 février 2020 portant définition du BTS « Électrotechnique » : pôles d'activités, épreuves E1 à E8 et coefficients, application à la session 2027.
- France Compétences, fiche RNCP41007, BTS Électrotechnique : blocs de compétences, métiers visés, voies d'accès.
Pour aller plus loin sur le site
- Interview de Soufiane Nagi, Technicien d’études en électricité
- L’électricité industrielle, définition et enjeux du métier
- La norme NF C 18-510 : comprendre la référence incontournable de la sécurité électrique (mise à jour A2 – 2025)
- Tableautier: zoom sur le métier de câbleur électricien
- Génie électrique : les ingénieurs électriciens dans l’industrie
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📖 Le glossaire de cet article
Les termes techniques abordés dans cet article, expliqués simplement.
- Chute de tension — La chute de tension est la diminution de la tension électrique entre l'origine d'une installation et le point d'utilisation, provoquée par la résistan…
- Courant alternatif — Le courant alternatif (AC, ou CA en français) est un courant électrique dont l'intensité et le sens varient périodiquement dans le temps selon une fonction sinusoïdale.
- Facteur de puissance — Le facteur de puissance (souvent noté cos φ) est le rapport entre la puissance active réellement utilisée (kW) et la puissance apparente fournie (kVA) par une installation électrique.
- Habilitation Électrique — L'habilitation électrique est la reconnaissance formelle, par l'employeur, de la capacité d'un salarié à effectuer en sécurité des opérations définies…
- Photovoltaïque — Le photovoltaïque désigne la conversion directe de la lumière solaire en électricité par effet photoélectrique dans des semi-conducteurs, principalement le silicium.
- Relais thermique — Le relais thermique est un appareil de protection qui détecte une surcharge prolongée sur un moteur électrique et provoque son arrêt avant que les bobinages ne s'échauffent dangereusement.
- Schéma de liaison à la terre — Le schéma de liaison à la terre (SLT), aussi appelé régime de neutre, définit la manière dont le neutre du transformateur d'alimentation et les masses…
- Schéma électrique — Un schéma électrique est une représentation graphique symbolisée d'un circuit ou d'une installation, montrant les connexions entre composants à l'aide…
- Tableau électrique — Le tableau électrique est le coffret centralisé qui regroupe l'ensemble des dispositifs de protection d'une installation : disjoncteurs divisionnaires…
- Variateur de vitesse — Le variateur de vitesse est un appareil électronique qui fait varier la vitesse de rotation d'un moteur électrique en modifiant la fréquence et la tension qui lui sont appliquées.
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